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Publié par Laziz

Lire la traduction en passant votre curseur sur l'image

Que l'innocent lisant pour la première fois les instructions de Krishna ne puisse les comprendre passe encore, on ne peut s'en étonner, Krishna étant une personne complexe; qu'un pauvre diable ne trouve ni lumière ou soulagement à son anxiété après y avoir jeté un coup d’œil, ne doit pas nous contrarier, sous peine de paraître fanatique ou manquer de patience; au curieux qui achète une Bhagavad-gita à deux euros, comme celle représentée ici (éd. Mille et une nuits), et qui reste sur sa faim, on peut lui montrer de l’empathie et lui fournir des explications, c'est dans l'ordre des choses. Dans ces cas, il y a justification et matière à progrès. Mais qu'un pandit, un exégète ou un traducteur, qui a bûché pendant des années sur le sanskrit et a coutume de la lire, vous disent que les dieux sont égaux ou que le Brahman, Shiva ou Krishna, c'est du pareil au même, comme l'affirme avec un sophisme hardi Aurobindo, c'est un détournement de sens, de la désinformation. (La citation en question définit la matière comme non-différente du Brahman, puisque tout est Brahman, ce qui n'est pas faux vu d'un certain angle...) La Bhagavad-gita n'y va pas avec le dos de la cuillère pour décrire ces gens qui s'inscrivent à faux contre lui, Krishna, et le diminuent, elle les traite de "sots" (mudha). 

               

Ceux-ci se font également les complices d'une autre catégorie de personnes dénoncées par Krishna; il les appelle des voleurs (stenah); dans leur ostentation, ils s'approprient les ressources de ce monde et ignorent leur propriétaire, Dieu. Arrivés en ce monde nus et sans bagages, ils s'accaparent les richesses sur lesquelles ils peuvent mettre la main dessus et se déclarent avec arrogance maîtres et possesseurs. Tels les démons, avides et avares, ils ne sacrifient rien en retour à Dieu, dixit Krishna.

Le comble de cette incurie spirituelle - qui consiste à ne pas tenir compte des paroles de Krishna et prétendent pourtant retransmettre- ce sont les Hindous eux-mêmes! Sous couvert de patriotisme, de religion et de modernisme, nombre d'entre eux interprètent le sens de ce message divin au titre évocateur, Le chant du Bienheureux, (la Bg.), en en faisant une lecture impersonnelle et concluent qu'il est le produit d'un poète génial, qu'en toute fin pratique ce n'est qu'un livre religieux parmi d'autres, même s'ils s'accordent de propos délibérés à dire qu'il est le meilleur, parce que hindou, naturellement. Ces « fous », ainsi que les désignent la Bg, poussent le bouchon jusqu'à déclarer que Krishna est un personnage mythique, voire qu'il n'existe que dans l'imagination de ses dévots (par définition niais), qu'il n'est qu'un homme ordinaire de la trempe de Jésus-Christ ou Bouddha, même si ces derniers n'ont jamais fait la démonstration ni n'ont affirmé qu'ils étaient créateurs des mondes et qu'à la fin ils se résorbaient en eux. C'est pourtant ce qu'enseigne la Bhagavad-gita, que Krishna est Dieu, la personne suprême et absolue. Si l'on veut bien le prendre au pied de la lettre, il n'y a pas de doute: sarva-loka-mahesvaram, "Je suis le Seigneur suprême de toutes les planètes". Mais ils tirent à hue et à dia leurs traductions et ne cherchent qu'à banaliser son enseignement pour augmenter leur prestige et arrondir leur fin de mois.

Que vous soyez athée, professeur, religieux, admirateur ou simplement curieux, pour réaliser le sens de la Bhagavad-gita il faut se départir du complexe de l'ethnologue. Dans mes mots à moi, cela renvoie à l'attitude qui consiste à observer l'autre à travers notre filtre culturel, sans étudier les caractéristiques spécifiques de l'objet en lui-même. En fait, ces gens qui lisent et traduisent ces textes, ne le font jamais du point de vue de Vyasa, l'auteur de la Bhagavad-gita; au contraire, ils s'empressent de faire transpirer leurs opinions à travers leurs écrits tendancieux ou athées.

Lire aussi

La bhagavad-gita à hue et à dia

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J.R. 26/11/2013 13:59

Puisque vous nous demandez de commenter cet article, je vais vous répondre. Pour moi le comble, c'est que des dualistes sectaires qui ne représentent même pas l'hindouisme, mais seulement leur secte, prétendent être les seuls, envers et contre tous, à avoir compris le sens véritable de la Gita et se permettent de dévoyer la traduction de certains versets qui les dérangent et d'insulter les autres interprétations, de pandits et exégètes sanskritistes.

Il y aurait tellement d'exemples de malfaçons à relever dans chaque chapitre de la version de Bhaktivedanta, mais ce matin, j'étudiais le verset VIII.9 comme je le fais d'habitude en comparant 8 versions différentes (et il y en a bien d'autres que je ne possède pas) où il est clairement écrit que la forme divine est inconcevable, en sanskrit "acintya rupam". Hé bien non seulement la traduction de "forme inconcevable" n'apparaît pas chez le swami Bhaktivedanta, mais il ressent le besoin de rajouter "et qui toujours demeure une personne". et ce n'est qu'un exemple de traduction abusive, je pourrais vous en trouver à la pelle si vous êtes objectif. Après si vous avez choisi cette version, parce qu'elle vous fait du bien, ça vous regarde, mais ce n'est pas un gage de véracité.

Les théistes dualistes dans leur besoin primaire de merveilleux tiennent absolument à limiter Dieu à une idole, à une forme humaine. Alors je vous dis, que vous éprouviez le besoin d'adorer un dieu sous forme humaine, à la limite je n'ai pas à juger, cela correspond à votre besoin, mais on ne peut pas laisser dire que c'est le sens exclusif de la Gita car cela n'apparaît nulle part. Quand Dieu parle par la bouche de Krishna, ou à travers d'autres avatars ou prophètes, et dit "Je suis le chemin" ou "abandonne toi à Moi seul" il ne parle pas de forme humaine. C'est en esprit qu'il faut l'adorer. Ne dénigrez pas les pandits et exégètes à cause de votre vision limitée, qui n'est pas très conforme aux principes du sanatana dharma, et j'irais plus loin, même de toutes les religions monothéistes qui pourtant sont aussi dans une approche dualiste. Allez par exemple, expliquer à un musulman que Dieu a une forme humaine et vous verrez...
Bien à vous

Maroud 26/11/2013 16:32

Non seulement vous n'avez pas de Bhagavad-gita de référence à nous donner, selon ce que vous nous avez déjà dit, mais vous ne voyez pas de problème quand dans un livre pédagogique Vyasa n'est pas mentionné comme l'auteur de toute cette littérature, auteur que vous prenez quasiment pour un guignol, sinon pour un personnage fictif, au mieux, et maintenant vous déversez votre fiel sur Bhaktivendanta Swami Prabhupada. Vous avez manger quoi, ce matin, avant d'étudier la Gita, de la vache enragée? (Car je suppose que vous ne tenez pas compte non plus que la vache est sacrée dans la culture hindoue... On sait bien que, selon votre façon de faire de l'histoire, vaches et chevaux étaient sacrifiés à Vishnou ?!?
Pour ce qui concerne votre acrimonieuse argumentation sur le monisme et le dualisme, nous avons traité ces questions en long et en large ici, vous n'apportez rien de nouveau sauf reprendre les lieux communs qu'athées et bouddhistes répètent à l'envi, et qu'ils ne croient rien de tout cela. C'est comme si quelqu'un voudrait nous donner des leçons sur la signification de l'âme mais qu'il n'y croit pas. Quelle importance voulez-vous qu'on lui accorde ? C'est simplement du snobisme pour les salons mondains. Vous n'avez qu'à taper Québec comme mot clé sur ce blog et vous verrez ce que je pense des universitaires québécois. C'est pas jojo.