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Publié par Laziz

Selon Madeleine Biardeau, les clins d’œil de Vyasa, sont de différentes sortes. Par exemple, il use, écrit-elle, d’« un moyen presque infaillible » pour nous faire convaincre que ce récit est un mythe. (Enfonce-t-elle des portes ouvertes? Qui, à part de rares vaishnaves, auxquels ses élucubrations ne s’adressent pas, croient que dieux, demi-dieux et avatars sont des entités qui ont réellement existé et existent toujours ? En tous cas, personne dans les milieux académiques ne le pensent.) C’est que, d’après elle, Vyasa exagère les « descriptions qui y sont faites pour que nous sachions bien que nous sommes dans le domaine de la fiction, du mythe. » Je mettrais ma main au feu que les grands-parents de Biardeau croyaient que le monde matériel a été créé il y a 6000 ans, avec ses étoiles incrustées dans la voûte céleste, et qu’il n’y avait qu’un soleil pour l’illuminer. Aujourd'hui, en 2013, la science rejoint les Védas et reconnaît qu'il y a d'autres univers et d'autres soleils. Un jour, ils comprendront qu'il y en a des millions et seront bien obligés de faire amende honorable, convenant que Vyasa n'avait rien exagéré et qu'ils pétaient, comme à l'habitude, plus haut que leur derrière, ce qui est un trait caractéristique de l'Occident.

Pour ce qui est de l’avatar de Krishna, de sa venue en ce monde il y a 5000 ans, elle attribue cette « figure divine » à une « grande trouvaille de l’auteur épique. » Non pas qu’il ait inventé le personnage de Krishna, car malheureusement pour elle et son « hypothèse » on parlait de lui depuis toujours, plus ou moins, et elle l'admet, mais c’est d’avoir concocté une histoire extraordinaire dans laquelle « Le Dieu suprême, le grand Yogin dans sa forme la plus haute, met au service du prince toute sa propre puissance. » Le prince étant Arjuna. Et c’est une sommité en matière de langue, le sanskrit, et d'ouvrages védiques, qui écrit tout cela! En dépit de son indifférence totale pour la signification spirituelle et traditionnelle de l’œuvre de Vyasa, en passant donc à côté de l'essentiel, ses spéculations d'inspiration athée passent comme une lettre à la poste.

Son hypothèse
« La société brahmanique n’a pas les moyens de répliquer par la force (…) La réplique pourrait alors se faire sur le plan idéologique. L’hypothèse que je propose alors est que le Mahabharata soit précisément la réplique du brahmanisme à la puissance d’Ashoka, empereur bouddhiste. » La question qui la turlupine c’est le fait que Vyasa ait écrit le MBh, tout comme d’ailleurs Valmiki le Ramayana, durant -selon elle- la période où le bouddhisme était à son plus fort... Ces deux œuvres, toujours selon elle, seraient nées à ce moment-là, alors que c’était « le champ de prédication privilégié du Buddha. Et surtout, comment ignorent-elles celui-ci ? » Et pour cause, on ne mentionne jamais la présence ou l’existence des bouddhistes dans ces deux récits… Sa réponse : « Ou bien, serait-ce qu’elles veulent l’ignorer superbement ? » De là à ce que Vyasa soit un fauteur d'illusions par excellence et un politicien aguerri, c’est une ligne qu’elle franchit allègrement. De toute façon, elle n’a aucun problème avec ce cas de figure car son postulat veut que Vyasa soit en grande partie un personnage mythique, c'est-à-dire qu’il aurait bel et bien existé mais qu'il s'est lui-même décrit, dans le Mahabharata, comme pour le cas de Narada, avec des pouvoirs fantastiques, au-delà de l'imagination du commun des mortels.

Elle, qui passe outre la déclaration de Krishna dans la Gita qui affirme avoir créé les varna, ces quatre divisions de la société hindoue, écrit sans gêne, sinon en évoquant un doute imperceptible, qu’un brahmana a : « probablement inventé de toutes pièces un modèle intermédiaire : le varnaprasta -“habitant de la forêt”- qui représente un troisième état de vie fictif. » Et c’est sur ce genre d’experts qu’il faut compter pour apprendre l’histoire ancienne des religions! On réalise pourquoi les gens qui ont voyagé en Inde sont complètement dépourvus quand on leur demande ce qu’ils savent de la tradition spirituelle de l’Inde.

 

 

Je vous donne un autre exemple, directement de la bouche du cheval, comme disent les anglais, de ce procédé abracadabrant. C’est un vidéo de Maharishi qui explique en quoi consiste la spiritualité des Védas; un véritable galimatias d’abstractions. Pourtant, cet individu était considéré pour un temps, la star internationale parmi les yogis!
 

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tomi 19/08/2014 16:12

Merci à toi pour ton topic, je n'est pas confiance à cette Madeleine Biardeau, heureusement que je n'est pas acheté un de ces livres .