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Publié par Laziz

Où je raconte l'histoire de Rukmi et des circonstances qui ont amené Krishna à kidnapper sa sœur Rukmini, ainsi que celle de Yuyutsu, un personnage peu connu du Mahabharata mais qui en est un héros; c'est un des rares survivants de cette guerre qui anéantira tous ses frères menés par Duryodhane, et il deviendra le prochain roi après que Yudhistir ait renoncé au trône.

"C'est pourquoi cet enseignement doit te servir de règle pour décider
de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire. Ayant pris connaissance
de ce que prescrivent les Traités, il t'incombe de le mettre en pratique."

Bhagavad-gita: 16-24

Mahabharata-Rukmini-Krishna

Au début (au milieu et à la fin du monde), il y a les dieux et les démons. Sur cette image, ils s'unissent malgré eux pour baratter l'océan et obtenir le nectar d'immortalité, le soma, qu'ils devront partager entre eux... Aujourd'hui, les êtres à la mentalité démoniaque ont une théorie qui veut que, à la différence des dieux dont l'origine est céleste, leurs ancêtres furent des animaux; la matrice originelle étant le Big Bang. Pour cette raison, ils pensent que la violence est innée en l'homme, c'est à dire naturelle et a préséance sur la bonté. Pour la maîtriser ou la dépasser, il leur faut adopter la théorie de Darwin et évoluer. Ce faisant, par la culture, les règles et les lois, la société a pour devoir de brider l’instinct animal et de rendre les humains plus paisibles et responsables.

Gandhari-Mahabharata, avant son mariage
Cet homme est Dhritarastra, le roi aveugle

 

Gandhari-Mahabharata, avant son mariage

 

"Chacun a son propre diable, certains deux."

Voici deux exemples tirés du MBh pour distinguer le vrai du faux dévot de Krishna, Rukmi et Yuyutsu. Les faux sont les individus à l’esprit démoniaque. Quand Krishna descend en ce monde et se révèle en tant que Dieu la personne suprême, les êtres démoniaques vont chercher midi à quatorze heures au lieu de le reconnaître comme tel. Rukmi est le beau frère de Krishna, sa sœur étant Rukmini, et Yuyutsu le frère de Duryodhane, il deviendra, après la bataille de Kurukshetra, l’empereur de la Terre. On s’accorde généralement pour ranger Duryodhane parmi les démons bien que cela reste délicat vu l’amitié que lui portait Balarama, le frère de Krishna. Même Dritharastra, son père, d’après les critères que nous allons utiliser ici (midi à quatorze heures), entre dans la catégorie des êtres démoniaques. Encore une fois, on se demande alors pourquoi Yudhistir, ou Yuyutsu, en l’occurrence, les respectent, lui et sa femme, Gandhari, comme ses propres parents, en dépit des ravages innommables dont ils seront responsables par cette guerre, du fait de leur position royale, entre autres. Quoique Gandhari soit reste néanmoins en dehors de cette catégorie démoniaque, car elle s’est toujours opposée avec rigueur à l’injustice commise délibérément par ses enfants et son mari envers les Pandavas. Son gros problème fut son attachement et son amour pour Duryodhane.

Mahabharata-Rukmini-KrishnaRukmi voulait marier sa sœur, Rukmini, si jeune et si belle, à un puissant roi avancé en âge, Jarasandha. Quelle horreur que cette manie qu’ont certains de soumettre des adolescentes à un tel sort! Rukmi était l’aîné de la famille et il persuada ses parents, contre leur gré, de procéder à cette union. Ces derniers avaient envisagé de la marier à Krishna après avoir entendu parler de ses exploits. Tout jeune il tua Kamsa, le roi de Mathura, et délivra ses parents de la prison dans laquelle ils avaient été enfermés depuis de longues années. Il avait aussi refusé la couronne et la redonna au père de Kamsa, Ugrasena. Il avait été également jeté en prison par son fils, ce même Kamsa qui usurpa le trône. Jarasandha était l’empereur, il régnait sur une grande partie de l’Inde. Il y avait donc de grands intérêts en jeu. Lui, Kamsa et Rukmi étaient de grands amis. Ce dernier organisa la cérémonie du mariage en grandes pompes et de nombreux princes et personnalités furent invités. Mais Rukmini prit les choses en main. Elle était amoureuse de Krishna et Krishna était amoureux d’elle. Elle lui écrivit une lettre en le suppliant d’intervenir le plus rapidement possible et de l’enlever, selon une ancienne tradition guerrière, avant qu’il ne soit trop tard. Elle précisa que le tout devait se faire sans armes, car elle ne désirait pas que son père et sa mère en subissent les conséquences. Ce qui fut fait.

La haine que nourrissait Rukmi pour Krishna atteint son paroxysme après l’enlèvement de sa sœur, il lui en voulut à mort. Il l’attaqua pour tenter de la récupérer alors qu’ils s’enfuyaient sur son char, poursuivis par la horde des princes en colère venus assister au mariage de Jarasandha. Mais Balarama, le frère de Krishna, leur fit barrage et ils durent abandonner l’espoir de la revoir de sitôt. Seul son frère s’obstina. Mais, très vite, il fut défait au combat par Krishna lui-même et échappa à son funeste sort grâce à l’intervention de Rukmini. Afin de le punir de son insolence, Krishna lui coupa les cheveux et la barbe. Pour un kshatriya, c'est une honte suprême. Des années plus tard, à la veille de la bataille de Kurukshetra, il arriva inopinément avec ses troupes et proposa de se joindre aux Pandavas pour les aider, car ils en avaient besoin, selon lui…. Ce qu’ils refusèrent catégoriquement; sa suffisance y étant pour quelque chose. Mais en vrai, comment pouvaient-ils accepter dans leurs rangs un individu qui détestait Krishna? Jamais il n’avait cherché à se réconcilier avec lui, même après avoir perdu ses bons amis, Karna et Jarasandha, si bien que Krishna avait été le premier surpris par son opportunisme. Même les Kauravas, à qui Rukmi s’adressa par la suite, n’en voulurent point. Comment les Pandavas pouvaient-ils accepter un type d’une mentalité aussi lèche-botte et démoniaque que la sienne! Pour rappel, Kamsa, un monstre notoire, était prêt à tuer sa propre sœur et avait jeté ses parents en prison par soif du pouvoir. Ce n’est pas tout, Jarasandha avait enfermé dans des cellules des dizaines de princes qu’il désirait sacrifier à la déesse Durga, afin d'accroître son prestige et sa puissance. Il lui en manquait encore une bonne douzaine pour faire le compte, c’est-à-dire cent têtes. Si c’est deux là, Kamsa et Jarasandha, ne sont pas des démons, les mangeurs de chiens -candalas, comme on les nomme dans les Écrits- sont des anges; nous sommes alors dans un monde à l’envers! Heureusement, il n’y a pas très longtemps, Bhima, avec l’aide de Krishna, en a fini définitivement avec lui et ont libéré tous les princes.

Par contre, les Pandavas reçurent à bras ouverts Yuyutsu et ses hommes qui avaient décidé de quitter le camp de Duryodhane. Entre lui et Rukmi, c’est le jour et la nuit. L’un ne vaut pas un fétu de paille, l’autre est un Atiratha, il peut combattre dix milles soldats à la fois. Il est le demi-frère de Duryodhane et son cadet. Mais il est né avant tous les autres. Sa mère était une servante du palais affectée directement au service du roi. Bien qu’il n’ait jamais été considéré comme un prince de sang ayant droit aux privilèges de la royauté, il fut éduqué et a grandi parmi ses frères sans discrimination préjudiciable. Par exemple, il jouissait de la même éducation en ce qui concernait les arts martiaux, la politique ou l'économie, mais il servait ses frères, tout naturellement, avec sa mère lors des repas sans qu'aucun de ses frères ne le regarda de haut. Elle était de la classe des vaishyas (commerçants et agriculteurs). Dhritarastra avait eu des relations sexuelles avec elle et tout le monde le savait. À un certain moment, il n’était pas évident que Gandhari puisse avoir des enfants, c’est dans cet esprit qu’il fut conçu. Il est faux de proclamer par conséquent, ce que nous lisons ici et là, que Dhritarastra eut cent fils. C’est plutôt cent un fils -plus une fille,en fait. C’est deux là ne sont pas de la même fournée, pourrait-on dire, vu la façon extraordinaire dont ils sont venus au monde, ils eurent pour matrice des jarres et non le ventre de Gandhari, sauf pour Yuyutsu, il va de soi.

 

Mahabharata-Gandhari

À la veille des manœuvres pour se rendre sur le terrain de bataille, Duryodhane décida de tenir le dernier conseil afin d’y voir plus clair et de s’assurer que les troupes étaient prêtes, physiquement et moralement. Plus tôt dans la journée, Bhisma avait été élu commandant en chef. Karna, qui s’était sérieusement brouillé avec lui et Drona, avait quitté l’assemblée et juré qu’il ne participerait pas à la guerre tant que « le vieux » serait en vie et au poste de commande. Cette dispute n’augurait rien de bon pour le moral de Duryodhane. Comment pouvait-on présager ou souhaiter la mort d’une personnalité aussi importante que celle de Bhisma à un moment aussi stratégique au lieu d’encouragements et de témoignages de solidarité! Il se sentit obligé de s’excuser auprès de Bhisma et de Drona pour les mots si durs que son ami leur avait jetés à la figure. À la question : combien de temps cela leur prendrait pour détruire l’armée ennemie, Bhisma et Drona avait répondu respectivement deux mois et un mois; Karna, quant à lui, avait prédit que le travail lui prendrait cinq jours… Ce qui fit pouffer Bhisma qui l’accusa publiquement de grande gueule : qui peut le plus, peut le moins. Les échanges furent houleux et Karna finit par leur dire adieu et se retira. Quand les pros et cons furent clos au sujet de son commandement, Bhisma se leva et demanda à l’assemblée s’il y avait encore des questions ou des commentaires avant de procéder à son discours d'inauguration. Il était sincèrement prêt à écouter en toute humilité les objections et les doutes qui pouvaient encore surgir parmi les généraux présents. Dans un esprit démocratique, il réitéra la question au sujet de sa nomination et des honneurs dont il avait été couvert. Puis il se rassit. Face aux sièges laissés vacants par le départ hâtif de Vidura -qui était le conseiller du roi et particulièrement opposé à une guerre contre les Pandavas, dans le camp duquel Krishna lui-même s’était rangé- et celui de Karna, le mal être était palpable et la tension lourde. Finalement, une voix rompit le silence : « Je m’y oppose… Je ne suis pas contre la nomination de Bhisma, mais contre la guerre elle-même. » Tous les visages se tournèrent dans la direction d’où provenaient ces paroles. Ils reconnurent Yuyutsu.

À la veille des manœuvres pour se rendre sur le terrain de bataille, Duryodhane décida de tenir le dernier conseil afin d’y voir plus clair et de s’assurer que les troupes étaient prêtes, physiquement et moralement. Plus tôt dans la journée, Bhisma avait été élu commandant en chef. Karna, qui s’était sérieusement brouillé avec lui et Drona, avait quitté l’assemblée et juré qu’il ne participerait pas à la guerre tant que « le vieux » serait en vie et au poste de commande. Cette dispute n’augurait rien de bon pour le moral de Duryodhane. Comment pouvait-on présager ou souhaiter la mort d’une personnalité aussi importante que celle de Bhisma à un moment aussi stratégique au lieu d’encouragements et de témoignages de solidarité! Il se sentit obligé de s’excuser auprès de Bhisma et de Drona pour les mots si durs que son ami leur avait jetés à la figure. À la question : combien de temps cela leur prendrait pour détruire l’armée ennemie, Bhisma et Drona avait répondu respectivement deux mois et un mois; Karna, quant à lui, avait prédit que le travail lui prendrait cinq jours… Ce qui fit pouffer Bhisma qui l’accusa publiquement de grande gueule : qui peut le plus, peut le moins. Les échanges furent houleux et Karna finit par leur dire adieu et se retira. Quand les pros et cons furent clos au sujet de son commandement, Bhisma se leva et demanda à l’assemblée s’il y avait encore des questions ou des commentaires avant de procéder à son discours d'inauguration. Il était sincèrement prêt à écouter en toute humilité les objections et les doutes qui pouvaient encore surgir parmi les généraux présents. Dans un esprit démocratique, il réitéra la question au sujet de sa nomination et des honneurs dont il avait été couvert. Puis il se rassit. Face aux sièges laissés vacants par le départ hâtif de Vidura -qui était le conseiller du roi et particulièrement opposé à une guerre contre les Pandavas, dans le camp duquel Krishna lui-même s’était rangé- et celui de Karna, le mal être était palpable et la tension lourde. Finalement, une voix rompit le silence : « Je m’y oppose… Je ne suis pas contre la nomination de Bhisma, mais contre la guerre elle-même. » Tous les visages se tournèrent dans la direction d’où provenaient ces paroles. Ils reconnurent Yuyutsu.

Il le répéta : « Je suis opposé à cette guerre. L’élection de Bhisma était prévisible. Mais le prince (Duryodhane) a trompé tout le monde. Il n’a donné que sa version des faits. Elle est erronée et fausse ! On ne peut pas contenter tout le monde et son père mais la présence des anciens dans cette assemblée sera appréciée à sa juste valeur s'ils concentrent leurs efforts à éviter la guerre plutôt que d'y précipiter les princes comme des papillons dans le feu. Car c’est le destin qui les attend inévitablement; des millions et des millions d’hommes vont périr pour rien, pour les intérêts égoïstes d'une seule personne. Ne le prenez pas mal, je m’exprime de l’intérieur du palais, ma voix est celle de la famille des Kauravas et non d’un ennemi. Puisque Bhisma a eu l’obligeance d’offrir aux membres de cette assemblée la possibilité de se prononcer sur les décisions qui viennent d’être prises ces derniers jours, je vais vous révéler le fond de ma pensée. » Tout le monde avait maintenant reconnu Yuyutsu. Même s’il n’était pas considéré comme un prince à l’égal des autres fils de Dhritarastra, il n’en était pas moins respecté comme tel. Il avait la réputation d’être plus posé et sage que ses frères, bien que son franc-parler et son comportement tranchaient avec le leur. Seul Vikarna, qui, comme lui, s'était levé au moment où leurs frères avaient tenté de déshabiller Draupadi, cultivait ce même esprit vertueux et les manières d'un vrai Kshatriya. D'ailleurs, pour cette raison, quand Bhima accomplira sa promesse de les exterminer tous, un par un, pour venger Draupadi, il s'en voulut de l'avoir tué sans discrimination. L’aïeul avait beaucoup d’affection pour Yuyutsu et regrettait qu’il ne soit pas le premier né pour faire valoir son droit à la couronne; tant de souffrances et de difficultés auraient certainement pu être évitées par ce choix. Quant au roi aveugle, assis sur son trône, il tendait l’oreille avec intérêt aux paroles de son fils. Bhisma encouragea donc Yuyutsu à parler : « Je t’en prie, mon enfant, dis tout haut ce que tu as sur le cœur, ne crains rien, nous voulons t’entendre, d’autant plus que tu ne sembles pas d’accord avec les décisions qui viennent d’être prises. Parle librement, personne ne te jettera la pierre pour avoir donné ton point de vue ! »

 

Mahabharata-incendie-jeu de dés-Draupadi

 

Seigneur, notre conduite envers les Pandavas ressort de l’ignominie. Rappelez-vous, d’abord il y a eu la tentative d’assassinat de Bhima par le poison; après leur méfait les coupables ont jeté leur cousin, ligoté et comateux, dans la rivière. Puis il y a eu l’incendie de la maison de laque, ils espéraient ainsi leurs morts, ensevelis sous les flammes et les braises, avec leur mère, Kunti! Il y a eu le fameux jeu de dés pipés et par lequel notre parti leur a littéralement volé tous leurs biens; on a insulté leur épouse jusqu’à essayer de la déshabiller comme une femme sans honneur, et cela dans le palais, au milieu des dignitaires et des kshatriyas sensés défendre le droit des opprimés et de rétablir la justice; puis on les a envoyés vivre en ermites dans la forêt pendant douze années, plus une, celle-là incognito! Seigneur, ces injustices sautent aux yeux de celui qui porte en lui les préceptes du dharma. Cette guerre, dans laquelle nous nous apprêtons à nous lancer corps et âme, est une guerre entre les forces du mal et celles du bien; faut-il préciser de quel côté nous nous trouvons? Rien n’est joué, Seigneur Bhishmadeva, il est encore temps de rétablir les faits et de rendre aux Pandavas ce qui leur est dû. Votre puissance morale est incontestable, si vous imposez votre volonté et réclamez que les Pandavas soient rétablis dans leurs droits, nul n’osera vous contredire. Il n’est pas trop tard, vous pouvez éviter le désastre qui se dessine à l’horizon. Pourquoi laissez notre destin entre les mains d’individus inconscients et irresponsables? Vous rendez-vous compte de la condition dans laquelle se trouveront le royaume et les familles après cet holocauste ? Est-ce vraiment ce que vous souhaitez voir arriver ? Pensez-vous que notre destin est de nous auto-détruire et qu’il est fatal ? Sérieusement, dites-moi, Seigneur, dans votre cœur, au fond de votre âme, nourrissez-vous vraiment le désir de vous battre contre les Pandavas, avez-vous vraiment envie de les tuer ?! S’il vous plaît, laissez parler votre conscience et répondez-moi sans détour!

 Dans le même souffle, il adressa ces mots à Drona, qui était à ses côtés : « Gurudeva, êtes-vous prêt à tuer vos disciples les plus chers? Êtes-vous prêt à tuer Arjuna pour complaire aux fourvoiements de la famille royale? Et vous, Kripa et Ashvattham, ne voyez-vous pas, là, matière à refuser cet engagement plus que douteux, vous qui n’ignorez pas les principes du dharma ? Croyez-vous vraiment que vous servez la justice en attaquant les Pandavas, eux qui ont déjà tant subi la haine de leurs cousins ? Et puis, soyons clair, pourquoi Karna n’est-il pas resté parmi nous? Aurait-il quelque autre engagement à remplir en ville, dit-il sarcastiquement, ou est-ce parce qu’il ne supporte pas la présence de Bhisma pour lequel il n’a aucun respect? Ce type vit avec une épée pendue sur sa tête, un mauvais sort que lui a jeté son guru pour avoir abuser de lui, et ce malheur vous atteindra tous par association au moment le plus décisif. Comment voulez-vous gagner une guerre quand les anciens, les plus qualifiés, nos héros et nos maîtres, ne peuvent mettre toute leur énergie dans la bataille et qu’un vantard, qui trompette autour de lui attendre la mort de l’aïeul pour prendre en main l’armée, se trouve sous le coup d'une malédiction de la part de son guru ? N’y voyez-vous pas là un mauvais présage ? Vous prenez Krishna pour un homme ordinaire, c’est ridicule! Vous êtes hantés par des préjugés déplorables et funestes. Krishna est Dieu ! Pourquoi cherchez midi à quatorze alors que vous le savez tous? Les Pandavas, dans leur sagesse, devant le choix entre Krishna, qui promettait de ne pas prendre les armes, et sa puissante armée, ont préféré sa personne; quant à Duryodhane il était aux anges pour avoir acquis ses soldats et ses généraux. Imbus de votre force militaire, vous nager dans l’illusion. Krishna est Dieu en personne! Avez-vous perdu la tête ou quoi !? Il n’a pas besoin d’armée, ni d'aucun missile pour nous anéantir. Par le clignement d’une paupière, en un instant, il peut faire disparaître à tout jamais de la surface de la terre chevaux, éléphants et tous les hommes assemblés à Kurukshetra, sans qu’il ne reste la moindre trace pour les pleurer… Encore une chose, puis je me tais. Karna a promis de ne pas tuer les Pandavas, sauf Arjuna... » Ces dernières parole firent l'effet d'une bombe. On aurait pu entendre une mouche voler. « Je ne suis pas en train de vous mystifier, je ne mange pas de ce pain-là, ce que je vous dis est la vérité. J'espère que vous vous rendez-compte dans quel pétrin vous vous êtes mis et que vous entendrez raison: nous sommes en reste envers les Pandavas. »

Le démonisme, un point de vue civilisationnel

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