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Publié par Laziz

À la suite de mon texte sur Jean Haudry* dont je rajoute le lien sur mon blog

Le mariage de Draupadi MahabharataL'humilité n'est pas la seule prédisposition pour comprendre le Mahabharata, il faut le lire également avec attention et assiduité. Haudry nous fournit malgré lui un bon exemple d'une lecture insuffisante. Toujours dans cette même section Des Dieux aux héros, il s'exprime sur le statut matrimonial des Pandavas : « Et leur épouse commune Draupadi est la transposition de la grande déesse trifonctionnelle représentée dans le Véda par Sarasvati -ce qui explique la présence dans la grande épopée indienne d'un mariage polyandrique pourtant scandaleux dans l'Inde brahmanique. » Scandaleux ? Il est vrai que l'annonce des cinq frères se partageant la femme qui s'était offerte à Arjuna durant la cérémonie de mariage a pris tout le monde de court. Mais il n'y a pas eu de scandale. Yudhistir est allé s'expliquer auprès du père de la mariée. Il l'informa que la décision avait été prise par sa mère, indirectement, et qu'il ne pouvait pas revenir dessus, la parole d'une mère étant sacrée. Et le fameux sage Vyasa vint à son tour témoigner de la conformité de cette union singulière et rare mais non impossible avec l'éthique du dharma. Tout cela, à lire soigneusement le Mahabharata avec un esprit ouvert et respectueux, est accessible à tout un chacun.

Revenons un instant sur cette notion d'une Inde brahmanique... Qu'est-ce que cela veut-il bien dire ? L'Inde à toujours était brahmanique, dans le sens que les brahmanas ont toujours été à la tête de la structure sociale. Y a-t-il jamais eu, à part l'ère contemporaine, une Inde non brahmanique ?!

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Et pour en lire plus sur le mariage en question, voici un passage que j'extrais d'un article* écrit sur ce blog :

Draupadi et la polyandrie

A leur retour dans la forêt, les Pandavas trouvèrent leur mère occupée à l’intérieur de la maison. Avant même de traverser la porte, enthousiaste et pressé de lui annoncer la surprise, elle qui les avait encouragés à se rendre aux célébrations, Arjuna s’écria: « Mère, regarde ce que nous avons gagné! » Absorbée par ses travaux domestiques, Kunti ne prit pas la peine de se retourner, elle répondit simplement: « Partagez-le entre vous. » La parole d’une mère est absolue. Bien que la proposition fût incongrue, Yudhistir décida qu’il en serait ainsi, que l'on ne peut pas revenir sur la décision d’une mère, peu importe les circonstances. Avec la bénédiction de Vyasa, Draupadi devint la femme des cinq Pandavas. La seule condition que l’on posa à cette singulière union, c’est que Draupadi vivrait intimement avec l’un d’eux durant une année et que pendant cette période aucun des autres frères n’aurait le droit de pénétrer dans les appartements du couple, sous aucun prétexte, sinon il devra s'exiler pendant douze années dans la forêt et vivre en célibataire. (C’est ce qui arriva à Arjuna.) Ainsi on éviterait toute brouille qui risque de créer la bisbille entre frères, car nous avions là une situation explosive. Une femme, comme le préviendra Vyasa à l’aide d’un exemple historique, peut détruire la relation la plus soudée entre deux hommes.

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Jean Haudry et le Mahabharata

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