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Publié par Laziz

Ce texte est la suite de

 


À ce point-ci de la narration mon hôte se tut. Cherchait-il ses idées... ou pensait-il tout simplement? N’osant l’interpeller, j’attendis et me mis à réfléchir sur la transmission du savoir. Précédemment, après l'avoir interrompu pour qu’il me débrouille une énigme, il m'avait expliqué ce que je voulais savoir tout en ajoutant: « C’est très bien de poser des questions. Ce faisant, le narrateur et celui qui écoute en bénéficient. Il vaut mieux néanmoins attendre que j’aie fini de raconter, cela me permet de rester concentré et de maintenir la dynamique du récit. » Mais là, il ne disait toujours rien et je me sentais un peu mal à l’aise. Je me gardai cependant de le déranger. Il est si rare d'être invité par un hindou chez lui.

Je continuai à réfléchir. À l’origine, selon l’histoire que je venais d’entendre, Brahma enseigna ce Purana à Vyasadeva. Pourquoi alors lit-on si souvent sous la plume d’érudits hindous que leur religion n’a pas de fondateur? N'est-il pas stipulé ici et ailleurs que Brahma est à l’origine de la connaissance védique? Il l’a transmise à de prestigieux disciples, en l’occurrence Vyasa, celui qui a vulgarisé les écritures saintes pour les mettre à portée d’une plus large audience. En fait, le Purana de Ganesh nous indique que Brahma enseigna ce même Purana à Vyasa, et, à son tour, Vyasa l'enseigna à Bhrigu muni qui le raconta au roi Somakanta. Plus tard, un disciple notoire de Vyasa, le grand renonçant du nom de Suta, se chargera de transmettre ce savoir aux nombreux sages de la forêt de Naimisharanya. Ceux-ci étaient venus de toutes les parties de l’Inde et s'étaient réunis en ce lieu saint pour pratiquer un sacrifice qui durait déjà depuis mille ans. Cette assemblée de spiritualistes renommés pour leur intelligence et leur dévotion avait pour but de discuter et de prévenir les problèmes à venir inhérents à l’Âge de Kali. Cela se passait il y a de cela 5000 ans environ. (Évidemment, nous ne tenons pas compte des "experts" qui martèlent que le savoir védique est une résultante des Aryens ayant envahi l’Inde, par conséquent ils datent l'avènement et la publication des Puranas selon leur imagination maladive.)

 

Le Purana de Ganesh

 

De la discussion, jaillit la lumière

Mon hôte se leva nonchalamment et m’invita en silence à le suivre. Nous nous rendîmes au temple qui était à deux pas de là. Comme toujours à l’heure de l’office, il grouillait de dévots dans une ambiance de musique et de chant. Nous offrîmes nos hommages à Ganesh et nous tournâmes trois fois autour de l’autel, selon la tradition. Je me rendis compte que beaucoup de gens connaissaient mon guide car régulièrement quelqu’un venait le toucher et le saluer respectueusement. On s’arrêta devant une niche dans le mur où se tenait assise en tailleur une personne qui distribuait des boules de riz sucrées. Elles avaient été préalablement offertes à Ganesh qui, dit-on, les adore. Puis il s’excusa de devoir me quitter et me laissa en me recommandant de me procurer le Purana de Ganesh et de le lire tous les jours pour ma purification. « Tu apprendras, me dit-il, ce que signifie dépenser les fruits de ses activités pieuses sous forme de bon karma. »

Ganesh, au sommet d'un montagneJ’ai cherché longtemps mais je n’ai pas trouvé cet ouvrage dans une langue que je pouvais lire. Dieu donne le drap selon le froid. Grâce à cet Indien cependant, Ganesh demeurera pour moi un Dieu attractif et indispensable. Sans lui, point de quête spirituelle et de progrès; sans lui, le néophyte ressemble à cette abeille qui vole autour du pot de miel fermé sans pouvoir l'atteindre.

Quelque mois plus tard, alors que je me trouvais à Bangalore, j’entendis quelqu’un qui, de loin, m’appelait par mon prénom arabe. Cela me fit une impression bizarre car je ne l’utilise jamais, bien qu’il figure sur mon passeport. Mes parents ne m’appelaient pas par ce nom. En fait, c’était un des responsables du temple de Ganesh à Anégudde. Pour pouvoir louer l’appartement dans la villa, il m’avait fallu m’inscrire auprès des autorités du temple dont elle dépendait et leur présenter mon passeport. Inutile de vous dire que j’eus un mal fou pour les convaincre. Et cela parce que j’appartenais à une tradition musulmane et que j’étais un Occidental, un Westerner, comme ils nous désignent. D’autres diraient un intouchable. C’est seulement devant mon obstination et après des heures de patience et de tractations que je réussis à leur faire baisser les bras. Ganesh n’était-il pas le Dieu le plus miséricordieux d’entre les Dieux? N’accordait-il pas refuge à des êtres mal famés s’ils cherchaient sa protection? Les Puranas n’avaient-ils pas été pensé pour les êtres incapables d’avoir accès à la littérature et aux rites des classes supérieures? Je parsemais mon plaidoyer de plusieurs versets en sanskrit que je connaissais par cœur et dont je me servais dans ces situations pour convaincre les gardiens des temples de me laisser entrer.

Mais là, à Bangalore, l’homme avait littéralement changé. Il était très content de me voir et se renseigna sur les lieux que j’avais visités depuis mon départ d’Anégudde. Il me donna sa carte de visite et m’invita à revenir les voir si je repassais dans la région. Enfin, il me parla de mon hôte. C’était une personnalité connue des dévots de Ganesh; il était un des prêtres du temple de Gokarna où il officiait et donnait des discours. Il était étonnant qu’il m’ait accordé cet entretien car les Occidentaux n’étaient pas admis à cet enseignement. Je savais tout cela, je connaissais cette règle, car l’entrée du temple de Ganesh à Gokarna était strictement interdite aux étrangers. Je devais donc m’estimer chanceux, selon lui, d’avoir eu son darshan. À vrai dire, m'expliqua-t-il, des membres du comité de ce temple aimeraient beaucoup modifier la règle pour que tous y soient admis, y compris les étrangers, mais les oppositions et les rivalités sont trop fortes pour l’instant et ne le permettent pas.

Bref, cela me prendra plusieurs années encore pour me replonger dans ses souvenirs et retrouver l’importance que joue Ganesh dans la spiritualité hindoue...

Le Purana de Ganesh

Les sages de la forêt de Naimisharanya, anxieux de connaître la suite des événements, demandèrent à Sri Suta de leur raconter ce qu’il advint du roi et de sa femme après avoir tous deux renoncé et quitté le royaume. Comment un couple royal, habitué aux confort et service excellents dont jouissent les Dieux mêmes, peut-il du jour au lendemain changer aussi radicalement de style de vie et passer de l’opulence à la vie des bois? Comment une reine peut-elle vivre dans ces conditions? Pourquoi, et si vite? « Raconte-nous, ô Suta. »

Il continua son récit. Deux ministres les accompagnaient le couple royal dans l'exil. Ils vivaient en renonçants, tout comme le roi, et le servaient; cueillaient des fruits, des baies, des racines, faisaient la cuisine et autres tâches, par fidélité et amour. Ils dormaient sur du sable fin, se baignaient dans les rivières et les lacs, pratiquaient leurs rituels, marchaient de forêts en montagnes. Assez agréable somme toute que cette vie, avec de grands bienfaits spirituels. Mais le mal était à l’œuvre, toujours plus pénible, toujours plus mauvais. Le roi acceptait son sort avec courage et dignité; il ne s’en plaignait pas. Pourquoi donc un roi aussi bienveillant devait-il souffrir ainsi et placer ses sujets dans l’impuissance de réagir? Dieu, n’est-il pas d’abord miséricordieux avec ses dévoués serviteurs?

suta-goswami-foret-naimisharanya.
Suta goswami dans la forêt de Naimisharanya
 

Suta goswami vit juste. Après avoir récité aux sages de la forêt de Naimisharanya les dix huit Puranas majeurs, il pensa que son auditoire était prêt à écouter le Purana de Ganesh. Il ne se trompa pas, les sages voulaient tout savoir sur la vie de ce roi, Somakanta, et la raison de ses revers de fortune aussi laids qu'une lèpre suppurante.

 

Mais que font les Dieux face à la douleur des hommes?

Suta continua donc son récit. Ganesh, la souffrance et le hasardDeux ministres accompagnaient le couple royal dans l’exil. Â l'exemple du roi, ils vivaient en renonçants et le servaient; cueillant fruits, baies, racines, faisant la cuisine et autres tâches, par fidélité et amour. Tous dormaient sur du sable fin, se baignaient dans les rivières et les lacs, pratiquaient leurs rituels, marchaient de forêts en montagnes. Assez agréable somme toute que cette vie, avec de grands bienfaits spirituels. Mais le mal était à l’œuvre, toujours plus pénible, toujours plus mauvais. Le roi acceptait son sort avec courage et dignité; il ne s’en plaignait pas. Pourquoi donc un souverain aussi bienveillant devait-il souffrir ainsi et placer ses sujets dans l’impuissance de réagir? Dieu, n’est-il pas miséricordieux avec ses dévoués serviteurs?

Écoutez maintenant la réponse à ces questions. Un jour, dans la forêt, Sudharma, la femme du roi, aperçut un jeune et beau garçon qui passait par là avec sa cruche pour puiser de l’eau au lac. Ils se regardèrent, étonnés l’un comme l’autre de leur présence au milieu de la forêt sauvage. Le hasard n’existait pas en ces temps comme explication philosophique pour les imprévisibilités et les aléas de l’existence. Sudharma l’approcha et s’enquit auprès de lui. Elle était fascinée par une telle beauté dont l’aura resplendissait et faisait rayonner sa puissance intérieure.

« Qui es-tu, brahmane? Qui est ta mère et que fais-tu dans ces environs hostiles, loin de toutes habitations ?
-Femme de la forêt, mon nom est Chyavana. Je suis fils de Bhrigu et de Puloma. Je viens ici sur ordre de mon père pour chercher de l’eau. Et vous, qui êtes-vous, que fait une aussi jolie femme aux allures princières dans la jungle ? Et qui est cet homme en retrait, est-ce votre mari ? Pourquoi qu’une si belle femme comme vous est-elle à son service ? Avez-vous marié un homme atteint de la lèpre ? Pourquoi est-il affligé ainsi de cette maladie de peau dont le pus dégouline de ses plaies ? Quel mauvais karma est-il en train de subir pour que l’odeur infecte qui s’en dégage se répande jusqu’à moi ? Tout cela me laisse perplexe car dans cette situation, il ne peut y avoir de vie sociale, il ne peut être question de bonheur; seul le malheur et la solitude peuvent être vos compagnons. Qui sont ces deux personnes à ses côtés ? Et pourquoi vivez-vous dans ces bois ? Si je peux vous aider, je ne manquerai pas de le faire.

Parenthèse: regard sur la Bible

Le malheur de Job sur son fumier

Après cela Job maudit le jour de sa naissance et il parla ainsi: Périsse le jour où je suis né. Pourquoi ne suis-je pas mort dans le sein de ma mère? Pourquoi n'ai-je pas expiré aussitôt que j'en suis sorti? Car ce qui faisait le sujet de ma crainte m'est arrivé et ce que je redoutais est tombé sur moi. Ne me suis-je pas tenu dans la réserve? N'ai-je pas gardé le silence, le repos? Et la colère divine est tombée sur moi…

Le karma engendre la confusion

Toute crainte chez Sudharma envers le fils de Bhrigu s’était maintenant dissipée. Se sentant en confiance, elle expérimentait une joie qui apportait du baume à sa peine. Elle lui raconta les malheureuses péripéties qui les ont conduits jusque dans les bois : « Nous sommes de la fameuse ville de Devata, dans le Surastra. Mon mari y était roi. Puissant, courageux et héroïque, il avait de nombreuses troupes fidèles et prêtes à tout pour lui. Aucun royaume belligérant, s’il en fut, n’osait le défier. Le cas échéant, il en venait rapidement à bout. Il était fort apprécié de son peuple. Ses qualités, ô brahmane, sont innombrables et ses amis l’aimaient comme un frère. Personne ne s’est jamais plaint d’écart de conduite de sa part. Durant son règne, nous vivions dans la joie et le royaume jouissait d’une grande opulence, de splendides fêtes ponctuaient le cours des jours. Mais pour nous tout cela a pris fin quand cette maladie s’est déclarée sans cause apparente. Par conséquent mon mari a décidé de se retirer de la société pour s’établir dans la forêt et y mener une vie spirituelle. Anticipant cette retraite, il a entraîné notre fils aux devoirs de la royauté et l’a placé en charge de l’empire. C’est un bon prince, digne de son père, il en est bien capable. Ces deux hommes qui nous accompagnent sont des anciens ministres, ils ont insisté pour rester avec nous contre vents et marées. Voilà donc notre histoire, cher brahmane. Je suis incapable d’expliquer pourquoi le destin est si cruel avec nous, pour quelle raison nous avons été abandonnés du ciel alors que le roi fut un exemple de probité et de générosité. On ne lui connaît aucun défaut que je sache, que ce soit durant sa jeunesse ou pendant son règne. Depuis ce revers de fortune déconcertant, je vis comme un fantôme, je ne sais plus que penser du bien ou du mal.

 

Ganesh, le libérateur

Ganesh, le libérateur

Il est vrai, continua-elle, que je n’ai pas choisi délibérément cette condition. Je vis dans ces bois pour le bien de mon mari. Cette forêt est infestée de raksasas (êtres diaboliques assoiffés de sang), mauvais esprits, fantômes qui me terrifient jour et nuit, sans parler des animaux sauvages qui sont un moindre mal. J’avoue que ne sais pas pourquoi ils ne nous ont pas déjà tués et dévorés. Ce qui me tracasse davantage, néanmoins, c’est la déchéance du roi, elle m’est insupportable. Je ne vois pas de fin à mes tourments mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur. Je continue de le servir pour ce qu’il représente à mes yeux : outre d’être mon mari si cher et un dieu, il est pur et sans faute. Si, lui, ce modèle de vertu est coupable d’injustice, alors le monde entier est voué aux gémonies, et cela m’est inconcevable. Car Dieu, le Seigneur tout puissant est infiniment bon et juste. Ô fils de Bhrigu, que tu sois apparu sur notre route est un signe de bon augure, quelque chose me dit que je peux enfin prier pour notre salut. Je ne sais comment l’expliquer mais tu me redonnes courage. Jusqu’à ce jour, je ne croyais plus à la possibilité de traverser cet océan de désespoir, mais tu m’apparais tel un bateau sur la mer, capable de sauver ceux qui sont en train de se noyer. Mon intuition me dit que tu dois être ce bateau et que tu vas soulager mon mari de cette malédiction qui le gruge.

Le purana de Ganesh

Bhrigu, un des pères de l'humanité

Suta Goswami dit aux sages assemblés: "Après avoir entendu la tragédie qu’endurait Sudharma et son mari, le fils de Bhrigu, Chyavana, remplit rapidement son pot avec l'eau du lac et rentra chez lui, bouleversé. Bien qu’il ne connaissait pas la reine et le roi, il promit d’en parler à son père. Arrivé à l’ermitage, Bhrigu muni, le meilleur d’entre les sages, constata tout de suite qu’un trouble agitait gravement son fils. Il lui demanda la raison de son retard et ce qui le tracassait. Il voulait tout savoir. »

 

Suta Goswami dit aux sages assemblés dans la forêt de Naimisharanya (India)


À ce point de la narration telle que décrite dans le purana de Ganesh, il serait opportun d’expliquer rapidement qui sont ces personnages, Bhrigu et Chyavana. Car il faut savoir leur identité afin de réaliser l’importance du destin qui se joue ici, un destin hors du commun. L’écoute de ce récit, comme le font les sages de Naimisharanya, nous touche directement. Ne voulons-nous pas comprendre qui est Ganesh, et sa raison d’être, alors même que cela s’est passé il y a des centaines de milliers d’années, d’après le renonçant Suta ?

Bhrigu, ce grand sage érudit, muni en sanskrit, n’est pas un personnage ordinaire, lit-on dans les écritures. Écritures qui racontent ce que ces grands sages écoutaient déjà (alors que les livres n'existaient pas). D’ailleurs, elles ne s’accordent pas entre elles, tant cet être exceptionnel est complexe. Il est l’un des premiers hommes à naître en ce monde (dans cet Univers, en fait, car il existe des millions d’univers, avec un Brahma différent à leur tête, et par conséquent un Shiva, un Indra, un Bhrigu, etc., à chaque fois pour son fonctionnement).

Pour faire court, le Mahabharata dit qu’il est né du corps de Brahma, le démiurge de l’Univers. Un important purana présente également sa naissance ainsi. En tout cas, il est au-dessus des dieux. Il les crée. Dieu, le suprême, Vishnou, ne crée pas le monde par lui-même. Il en confie à Brahma sa réalisation. Mais Brahma à son tour délègue ce travail. Ce sont des Super Dieux qui s’en chargent, en quelque sorte, les Prajapatis. Bhrigu en est l’un d'eux. Marichi, Daksha, Atri, et Vasishtha en sont d’autres; ils ont aussi été créés par Brahma. C’est à partir de cette étape que les responsables de ce monde s’occupent de le créer plus en détails. Et ainsi de suite, les Prajapatis forment les Subalternes divins qui se succèdent et diversifient l’Univers primitif grâce à leurs pouvoirs divins.

Le fils de Bhrigu, Chyavana

Le fils de Bhrigu, Chyavana, pratiquant le yoga dans une termitièreLe fils de Bhrigu, Chyavana, était un enfant exceptionnel. Il grandit en étudiant les Vedas et la littérature qui en est dérivée. Quand il maîtrisa ces connaissances, il reçut l'autorisation de ses parents d’aller s’installer dans les montagnes (centre de l’Inde), à proximité du lac Payoshni. Là, il s’adonna à la méditation et pratiqua d’intenses austérités dont seuls pouvaient s’y exercer les yogis de même trempe tel nous allons le voir, ce qui était seulement possible dans les autres âges que le Kali-yuga. Entré en samadhi, Chyavana devint insensible à l’environnement et à son propre corps. Et cela à tel point que les fourmis construisirent une fourmilière autour de lui et le recouvrirent entièrement de matière organique. Personne ne put jamais deviner qu’il y avait quelqu’un à l’intérieur. Cela dura des milliers d'années avant qu’il ne décide de cesser ses austérités. Ce n’était pas un cas si rare en ces temps-là. Ce type de yoga extrême était pratiqué par d’autres sages à la volonté et la détermination puissantes. D’ailleurs, lorsque le Bouddha apparaît, beaucoup plus tard, dans l’âge de kali, après s’être adonné quelque temps à ce genre de yoga extrême, il y renonça, réalisant le piètre résultat que l’on atteignait désormais par ces austérités qui n’avaient plus leur raison d’être.

Cette image d’un diorama à Dvarka (la ville de Krishna) représente Valmiki, l’auteur du Ramayana recouvert par une termitière d’où son nom, Valmiki, signifiant « celui qui vivait dans une termitière » Avant de pratiquer le yoga, il portait le nom de Ratnakara et faisait partie des classes inférieures de la société. C’était un chasseur mais de très mauvais aloi : il attrapait ses proies et les faisait souffrir jusqu’à la mort, sans parler du sort qu’il faisait subir au voyageur qui s’aventurer sur sa route.. Un jour, sous l’inspiration du sage Narada qu’il rencontra sur son passage et dont il fut grandement impressionné par sa sérénité, il en vint à cesser ses pratiques sadiques et à se mettre au yoga. Plus tard, il rencontrera Sita et Rama lorsqu’ils seront en exil dans les bois. Tout cela se déroule des milliers d’années avant l’avènement de Krishna et la composition du Mahabharata.

Extra : Selon les idéaux du Ramayana, il y a trois types de personnes malchanceuses: ceux qui visitent les temples sans s’enquérir auprès des brahmanas de ce qu’ils ont vu ; ceux qui évitent de lire les Écritures prétextant qu’ils le feront lorsqu’ils auront plus de temps, c’est-à-dire à la retraite ; et ceux qui nient l'existence des avatars, considérant le contenu du Ramayana et des Upanishad de la nature des fables.

Chyavana, le fils de Bhrigu

Chyawanprash, Bhrigu, Chyavana et GaneshAvant de revenir à notre histoire tirée du Purana de Ganesh, il faut mentionner le rôle important, sans entrer dans les détails, qu’a joué dans la médecine Ayur-védique Maharaj Chyavana.


Suite à un incident dont elle fut coupable envers ce très vieux yogi vivant dans une termitière, la fille d’un roi se sentit encline à le marier. Mais grâce aux Dieux que sont les Ashwini Kumaras, des jumeaux experts en médecine et qui sont en fait les médecins des dieux, Chyavana obtint un corps jeune et splendide au grand bonheur de sa nouvelle épouse. Les divins jumeaux créèrent une confiture ayurvédique du nom de Chyawanprash. C’est un tonique puissant à base de plantes médicinales spécialement préparé pour la circonstance, d’où son nom. L’ingrédient principal est un fruit appelé Amla. Aujourd’hui ce produit est commercialisé à travers le monde pour ses vertus qui vous requinquent en un rien de temps.

Les Ashwini kumaras sont souvent mentionnés dans les Védas et les Puranas. Dans le Mahabharata, par exemple, ils sont les Dieux qu’invoquent Madri pour avoir des enfants à la suite de la mort de Pandu et sous l’insistance de sa co-épouse Kunti. Cette dernière avait déjà obtenu comme fils Yudhistir, Arjuna et Bhima respectivement des Dieux Yama, Vayu et Indra (sans compter le tout premier, Karna, du Dieu du soleil Surya et qui fut abandonné par peur du « que dira-t-on ? »). Puis elle transmit le mantra à Madri pour qu’elle en fasse également l’expérience. Mais au lieu d’avoir un fils en invoquant un Dieu comme le fit Kunti, elle eut l’idée de s’adresser aux Dieux Jumeaux représentés avec des têtes de cheval, pour faire d’une pierre deux coups. Ses deux enfants seront les Pandavas Nakula et Sahadeve, réputés pour leur beauté et leur connaissance des chevaux et des vaches.

Les Aswikumaras, des Dieux à tête de cheval

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