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Publié par Laziz

Michel Onfray, Comos et le bluff des athéesJe venais d’écrire sur ce blog à propos du temps cosmique tel qu’envisagé par le Mahabharata, ce qui m’incite à dire quelques mots à propos du bluff des athées sur le même sujet*, notamment sur le livre de Michel Onfray, Cosmos. En effet, il débute par un chapitre sur « Le temps » -quoi de plus normal- mais son temps et son cosmos ne sont que diversion et poudre aux yeux, car il n’en est guère question...

*

Ne croire qu’à ses petites idées
Ce "philosophe", mis à part sa frivole partialité pour les rites païens, ne croit en rien, ni en l’âme, ni aux autres mondes, ni aux religions, ni aux grands maîtres spirituels, sauf aux révélations de la science, ainsi que celles de Darwin et de son père. Depuis sa mort, ce dernier a pris beaucoup de place dans sa vie : « il me donnait une force sans nom ». En tout cas, il ne rate pas une occasion pour en parler, ni de la nuit étoilée le soir de son décès, dans ses bras. La description qu’il en fait partout sur les plateaux de télévision et à la radio s’apparente à la transmission mystique et magique du savoir entre maître et disciple telle que décrite dans les livres ésotériques : « Je crois, écrit-il, que ce soir-là, à ce moment-là, dans cette occasion-là, mon père m’a transmis un héritage. »

Sur l’âme
Comme quoi on peut cracher vers le ciel et sur les traditions religieuses millénaires, tout en les vidant de leur signification et se réapproprier leur contenu. Exemple classique, il écrit : « Je ne crois pas à l’âme immortelle » mais à celle d’Aristote, qui est matérielle! Voilà un bel oxymore dont se repaissent les athées qui ne peuvent inventer une nouvelle façon de s’exprimer. Les Témoins de Jéhovah, qui suivent la tradition juive, ne croient pas non plus à l’âme. Pour eux, les juifs y compris, le sang joue la fonction de l’âme. Sinon, comme Onfray l’écrit, paraphrasant la Genèse : « Dieu crée l’homme à partir de la glaise qu’il pétrit et à laquelle il donne un souffle, l’âme. » C’est la limite du périmètre de sa pensée provinciale. Or n’importe quel philosophe qui se respecte comprend que le sang c’est du liquide et que le souffle c’est de l’air. Ces deux éléments, le sang et l’air sont on ne peut plus matériels; ils n’ont rien à voir avec une conception spirituelle de l’ontologie de l’être qui, originellement, ne faisait pas partie de la révélation de Moïse. En effet, celui-ci ne jurait que par la résurrection des corps.

Dire tout et son contraire
Voilà à quoi il faut s’attendre en lisant Michel Onfray quand il s’aventure dans le champ de la métaphysique : à de piètres jongleries de mots et d’idées. « Cordonnier pas plus haut que la chaussure » écrivais-je ailleurs sur ce genre de spéculations à la va comme je te pousse, selon la direction du vent. Le comble, c’est que ses admirateurs prennent ces cabrioles intellectuelles pour originales…

Le vin et les poètes
Buveur de vin temps anciensDès les premières pages de son livre, il annonce qu’il « préfère partir à la recherche du temps perdu, celui d’un champagne… » Puis le voilà engagé pendant des pages sur un thème privilégié, celui du vin… et selon une méthode chère « aux poètes ». Quand je dis bluff, c’est parce qu’il n’aborde en aucune façon le temps qui caractérise la révolution du cosmos, car pour lui l’approche est trop « cérébrale et conceptuelle ». Il veut aller plus loin et disserter « sur le temps à partir d’une poétique du grenier ou d’une phénoménologie de la cave, de la vacillation de la flamme d’une chandelle ou du parfum dominical d’un poulet rôti. » Le plus important philosophe de France a dit ! Et c’est lui qu’on considère être à l’avant-garde du végétarisme et un grand défenseur des animaux !?!

Végétarien sans l’être
Sans vouloir enfoncer le clou -parce que, en fait Onfray semble sympathique en tant que personne et son livre, de par ses sujets éclectiques, devrait se lire avec beaucoup d’intérêt au-delà de l’effet marketing- mais là, sur le végétarisme, il est plutôt dans les choux. Il s’y prend comme avec la religion; partant du plus bas dénominateur commun, le Dieu de la Bible, il généralise son idée boiteuse à toute la planète. Exemple que l’on donne souvent : « Les plantes vivent, souffrent, elles réagissent aux stimuli. Seul l’anthropomorphisme empêche cette conclusion –qui met mal l’argument des végétariens qui accordent à l’animal un statut ontologique refusé aux végétaux eux aussi capables de souffrir… » Pfff! Il confond végétariens et néo végétariens à la sauce darwinienne. Son grand problème, comme tous les penseurs qui s’aventurent sur ce terrain, c’est qu’il ne connaît pas grand-chose de l’Inde, d’où provient le végétarisme. Et même s’il le sait, s’il lui arrive de tomber sur un végétarien jusque dans l’âme, un vrai, il bloque. C’est trop pour lui, surtout arrivé à son âge.

Les Tziganes de l’Inde
gitans de l'IndeJe m’explique en deux mots à l’aide d’un autre exemple, celui des Tziganes sur lesquels on peut lire de belles pages sous sa plume. Il écrit : « Ce peuple qui remonte à la nuit des temps et porte en lui le signe, le nombre et le chiffre des premières peuplades de l’humanité*, ce peuple dont on sait qu’historiquement il vient du Nord de l’Inde (la linguistique, précise-t-il entre parenthèses, montre que le romani dérive du sanskrit)… ». Malgré qu’il sache cela, l’Inde, où le végétarisme a été cultivé comme un art de vivre et une science, dans le sens véritable du mot, ne l’intéresse pas, il préfère bluffer et nous dire que tout cela, ce qu’il appelle en gros la Volonté de puissance, n’est que le fruit du hasard, le résultat de l’homme des cavernes...

* (ah bon?)

Regard aviné sur les temps anciens
Revenons un instant sur un trait psychologique de Michel Onfray concernant sa méthode d’acquisition du savoir, en partant de sa passion pour le vin. J’en ai déjà touché quelques mots plus haut. Il y a une intéressante anecdote racontée par Vyasa, l’auteur du Mahabharata, dans les premières pages de son œuvre et dans laquelle il est question du vin, avant son interdiction pour les brahmanas. Les adeptes de symbolisme devraient y trouver leur compte. Il faudra que je la traduise en français.

Onfray écrit : « Le verre de champagne ramasse également le passé climatique (l’italique est de lui) : celui des temps les plus anciens, on l’a vu… » Il est vrai que je n’ai pas lu son livre attentivement, mais je ne me souviens pas d’avoir lu quoique ce soit sur ces temps les plus anciens concernant l’Inde. Il s’agit peut-être des temps bibliques, celui en lien avec l’arche de Noé ou alors celui du déluge de Gilgamesh. On nous les ressasse dès que l’on se penche sur l’histoire ancienne et mythique, mythique dans le sens le plus étroit et primitif du terme au lieu de l’histoire réellement intelligente, avec un début, une fin et des corollaires généalogiques qui s’emboitent et s’articulent logiquement. Cela permettrait de faire la part des choses, de mieux les distinguer des fables et des légendes.

Les bûchers de Bénarès Michel OnfrayCependant, de cette histoire « des temps les plus anciens » provenant de l’Inde -puisque pratiquement toutes prennent leur source en cette partie du monde, il faudra repasser ou lire quelqu’un d’autre qu’Onfray, car on n’a jamais rien vu sous sa plume sur cette partie du « cosmos », en tout cas pas dans ce livre.

( Il en a bien écrit un, Les bûchers de Bénarès, à la suite d’un voyage de deux semaines en Inde. Vous conviendrez que deux semaines pour nous pondre une centaine de page, c’est léger…)

* Pour en lire plus au sujet de ce livre :

L'avatar poisson, Matsya, sauvant son dévot durant le délugeTout les gens cultivés aujourd’hui devraient être au courant que l’histoire du déluge a déjà été racontée dans les textes védiques. Voici une peinture pour vous faire une idée de ce dont je parle. Il s’agit de Matsya le Poisson, une incarnation de Vishnou, en pleine action. Il est en train de sauver un roi et des sages éminents de ce fameux déluge qui a fait couler tellement d’encre. De nombreux peuples anciens ont un récit similaire.  

Ne plus lire de livres
« Trop de livres se proposent de faire l’économie du monde tout en prétendant nous le décrire. » Dixit, Michel Onfray. C’est le comble de l’ironie puisqu’il agit de même en faisant fi des textes littéraires et scientifiques les plus riches que l’humanité ait produits dans le passé.

Selon sa logique propre aux bluffeurs, il préconise de ne plus lire de livres pour s’éduquer et chercher les vérités (on n’est plus à une contradiction prête) car les esprits sains « recherchent moins la vérité du monde dans les livres qui disent le monde que dans le monde lui-même, directement. » Bonne chance !

Gitane écriture mémoire onfrayLui et ses lecteurs assidus, athées en principe, ne voient pas la puérilité d’une telle proposition. Parce que la Bible et autres livres saints, selon lui, racontent des balivernes, il préconise de jeter le bébé avec l’eau du bain : ne lisons plus de livre pour apprendre comment est fait le monde ! Et pourquoi donc écrit-il des livres, en l’occurrence Cosmos ?!?

Voir également ce qu’il dit sur les Tziganes. Ils n’ont nul besoin qu’on leur bourre le crâne avec l’éducation nationale qui s’apparente, toujours selon lui, à un lavage de cerveau, ce que je seconde. « À quoi bon, d’ailleurs, lire et écrire? Le Tzigane n’apprend rien à l’école de ce qui fait l’essentiel de sa vie quotidienne [---] ce peuple dont on voulait qu’ils vivent selon notre raison qui est déraison pure ( je souligne ).»

Mémoire : où l’on martèle que l’homme a progressé !
Art préhistoriqueVoici ce qu’il propose en abordant la mémoire où d’ailleurs l’essentiel est ignoré, notamment la capacité prodigieuse des anciens à se remémorer un enseignement de plusieurs heures instantanément, d’où l’inutilité des livres, et par conséquent de l’écriture. Et l’on martèle que l’homme a progressé !?  Car pour Onfray -mais c’est le cas des athées en général- l’homme, autrefois, était  bête. Et Darwin était bien plus intelligent que Vyasa, l’auteur du Mahabharata, même s’il est de plus en plus contradictoire sur cet aspect de l’évolution -en cela, il suit la communauté scientifique.

 En effet, vu son paganisme latent et son amour pour la Grèce, la terre et les paysans, « ces taiseux, écrit-il, comprennent mieux la terre que les bavards ». Il est prêt à concéder que l’homme préhistorique n’était pas si primaire qu’on l’a supposé.

 

Lire aussi sur ce blog :

Retour sur l’esprit du vin, le végétarisme

« Boire du vin, c’est avaler des atomes de pluie et de soleil, de neige et de glace. [---] Boire un vin, c’est avaler les atomes du travail des paysans parfumant ce que l’on ingère. [---] Boire un vin, c’est avaler des atomes d’intelligence des cépages agencés parfumant ce que l’on ingère. Ce passé devient présent… » Etc; etc. Bonjour l’ivresse! Et je rajouterai, comme un truisme, qu’elle est bien plus abordable et tangible pour les matérialistes que l’extase.

Souvent, les poètes arabes soufis et autres mystiques la confondent dans leurs métaphores. Intoxiqués par les mouvements de leur corps ou ignorant obstinément leur égo, ils voient au-delà du feu qui enflamme leurs désirs fous. Éperdus à la longue par le jeûne et la prière, la paix enveloppe enfin le cocon rendu absolument vide par tant de détermination et de soif divine à l’appel des sens : ils y baignent comme dans la matrice universelle qu’ils confondent avec Dieu, ce que personne ne peut leur dénier. Les spiritualistes, dignes de ce nom, contrairement aux poètes mondains et autres philosophes, ne boivent pas de vin pour générer l’inspiration.

Boire du vin, poète et Dieu
 

Marijuana, LSD et hypocrisie
Quelque part, je disais que Michel Onfray était conservateur, comme le sont le plus souvent les Français qu’ils soient de gauche ou de droite. Il y a des forums de discussions dédiés à l’alcool en toute bonne conscience, malgré les ravages qu’il occasionne, mais dès qu’on s’exprime positivement sur la Marijana ou le LSD, qui sont un moindre mal (sauf pour les ados qui ne devraient pas en consommer), les voilà qui vous lancent des cris d’orfraie et vous expulsent manu militari des sites. (Mais on vous y expulse aussi facilement parce que vous communiquez avec un autre langage que le leur.) Et ces mêmes gens extravaguent à n’en plus finir sur l’art de Baudelaire, Rimbaud, Artaud et compagnie, faignant d’ignorer que leur imagination était stimulée par ces intoxicants !

Perdre son temps ou le temps qui passe



Quand j’ai commencé à lire Cosmos de Michel Onfray, j’étais persuadé, sans même avoir ouvert le livre, qu’il n’avait rien écrit sur le vaste savoir qui a fait la renommée de l’Inde. J’avais raison. Je pensais aussi à mon fil de discussion sur un forum, que j’avais intitulé L’athéisme n’est que du bluff. * Je voulais ne rédiger que quelques lignes car je suis occupé par mon travail sur le Mahabharata, mais je me suis pris au piège : à la lecture de mes notes prises rapidement dans le train sur un carnet et mon ordi, je n’ai pu me retenir d’écrire encore et encore sur les incohérences que j’y ai lues. C’est ma faiblesse, surtout lorsque je constate le peu d’intérêt et de réaction intelligente que cela génère. Je me demande alors pourquoi je perds mon temps ainsi...

Sigle :  forum.fr. -Athéisme et bluff


* Pour lire la discussion

 

 

 


À mon âge, je ne lis plus sur le végétarisme, la souffrance des animaux, Montaigne, l’âme, la Bible, les chrétiens, la tauromachie, la poésie, l’art pictural, etc. Plus jeune, j’aurais dévoré un livre comme Cosmos. On y apprend plein de choses et Onfray écrit très bien. Il y a quelques années, pendant tout un été, j’ai écouté avec plaisir sa collection audio sur la contre-culture. Aujourd’hui, je le lis occasionnellement, comme tant d’autres, comme-ci, comme ça, pour me distraire ou pour savoir où en sont les intellos, et mieux les critiquer. Mais, en définitif, j’ai l’impression de perdre mon temps. Dans le cas de Cosmos, je voulais simplement le compulser. J’ai lu quelques chapitres en diagonale.

Je ne parle pas des bons passages -ils sont nombreux-, cela me prendrait encore plus de temps, que je n’ai pas. Et je n’écrit pas pour dire du bien de lui, ses fans peuvent s’en charger bien mieux que moi.

Le plaisir intemporel des poètes
Encore une note, sur le temps que je retrouve dans mes papiers. Je les avais prises dans le train, un peu abasourdi par le décalage horaire et les nuits blanches passées à Paris, à cause du bruit et de la chaleur, alors qu’il se dirigeait en direction du Sud de la France.

« On le croit perdu mais il est possible de le retrouver, il suffit pour cela de partir à sa recherche et de savoir qu’on y accède moins de façon purement cérébrale et conceptuelle qu’en mobilisant une intelligence sensuelle, une mémoire affective … [---] chères aux poètes. »* Des poètes du vin, bien évidemment, et non des poètes sobres et clairs à la recherche du temps védique, celui qui nous permet de sortir de notre paradigme ringard, sanglant et usé jusqu’à la corde. Là, on y tourne en rond : des Grecs, aux Romains, de la Mésopotamie aux Juifs, des chrétiens aux musulmans, en marchant fièrement sur le ventre de la civilisation hindoue.

* J’ai lu quelque chose à ce propos dans le livre de Dominique Wohlschlag, sur les Clés du  Mahabharata:
. J’en reproduis l’essentiel.


Les animaux sont des boucs émissaires
 « Il n’y a pas de différence de nature entre l’homme et l’animal, mais une différence de degré. » Onfray répète cette phrase tout au long de son livre comme un mantra. Ça ne veut pas dire grand-chose à mes yeux mais c’est une réalisation qu’il brandit comme un argument original. Même un enfant peut constater cette différence si on ne lui a pas court-circuité les neurones en
coco le cheval de Maupassantl’obligeant à manger les animaux qu’il aimait tant pourtant, et s’il n’a pas l’esprit démoniaque, à l’exemple qu’il cite en se référant à Maupassant dans ‘Coco’.

Ce dernier y décrit le sadisme d’un enfant gâté. S’occupant d’un cheval, à force de tortures, il finit par le tuer dans des atrocités sans nom que seul un artiste peut faire ressortir avec un raffinement sublime. C’est un peu comme les films d’horreur; les gens les regardent avec un malin plaisir mêlé de dégoût qui les envoûte. Quant aux réalisateurs, ambigus eux-mêmes, ils exploitent ce filon ad nauseum. Voire Polansky.

magma musique groupeC’est la culture du sang, celle d’une civilisation pour qui, depuis les Grecs et les juifs, entre autres, le sang et la souffrance forment le summum du bien, du bon et du beau. Tel Jésus-Christ sur la croix, dégoulinant de son sang. Tels les tauromachies et les combats de coq. Quelqu’un a cité dernièrement sur ce fil de discussion le groupe méconnu des années 70, Magma. Plus de 40 ans après, la référence en dit long de l’attraction qu’exerce l’art démoniaque sur les esprits. En musique, il est encore plus probant qu’au cinéma. Voire Led Zeppelin ou Richard Wagner. J’ai été un grand consommateur de ces musiques et quand je les entends encore aujourd’hui, ils réussissent toujours à me captiver. Pour les écouter jusqu’au bout -rarement cependant- je mets en veilleuse ce que je sais à leur sujet. J’ai aussi lu et aimé Maupassant et Nietzsche.

 

Faut-il faire la chasse aux Inuits ?

Les Inuits, la chasse et le végétarismeMichel Onfray ne sait pas grand-chose sur le végétarisme mais il se permet d’écrire, comme pour d’autres sujets, un peu n’importe quoi. Voyez encore : « Les véganes ont raison : en toute bonne logique, l’argument des végétariens ne tient pas, seul celui des véganes paraît logique. » Si celui qui me lit le connaît, faites suivre ce message à son intention : qu’il vienne ici, sur ce forum indiqué plus haut, ou qu’il me contacte, je lui ferai une rapide démonstration de ce qu’est la logique en la matière, et ce qu’est le véritable végétarisme, cela évitera qu’il se répande en niaiseries publiquement. Ne dit-il pas souvent, citant le père d'Albert Camus : « Un homme, ça se retient » ?


Plus d’un sait claquer le fouet,
mais peu savent conduire

Maupassant … Oui, il écrit bien, mais alors ! Je préfère quelqu’un ne sachant pas écrire et qui est un « homme qui se retient » que ce dégénéré; il a d’ailleurs fini dans un asile … Tout comme Nietzsche … Mais ce sont là des signes qui ne représentent rien pour Onfray, qui n’ont pas de signification. C’est normal, c’est le hasard (l’argument ultime), certains finissent sages, d’autres fous.

Même un enfant, disais-je, peut constater, qu’il soit analphabète ou pas, Tzigane ou pygmée, ange ou démon, qu’un chien respire, possède des yeux, des oreilles, un sexe, qu’il se reproduit, qu’il aime et marche comme un humain. Surtout s’ils ont regardé les dessins animés de Walt Disney.

Quiconque a lu le Ramayana ou le Mahabharata sait qu’il n’y a qu’une différence de degré entre l’homme et l’animal. Les Hindous le savaient déjà il y a des milliers d’années; ils l’ont toujours su. Mais passons ! Pour beaucoup, ils ne font que l’apprendre mais ils se croient à l’avant-garde de la culture … C’est ce que l’on appelle la Puissance de Maya, l’illusion.



L'image ci-dessus représente Rama et son frère en train de construire un pont avec l'aide des singes, dont le plus fameux, encore aujourd'hui, adoré à l'égal d'un Dieu, se nomme Hanuman.

Hanuman, au secours de Sita, la femme de Laksman

La pensée préhistorique : qui a raison ?
« J’ai lu, écrit-il, ce que les penseurs ont pensé et écrit sur le temps. » Cela ne fait-il pas sourire? Et puis : « On ignore tout de la pensée de l’homme préhistorique. » Ce n’est pas ce que l’on disait hier encore. Dans L’apparition de l’homme de Teilhard de Chardin on peut lire le contraire : « Tous les Hommes de Néanderthal que nous connaissons ont été trouvés en grottes, c’est-à-dire chez eux, et encore entourés des traces de leur activité : conditions éminemment favorables pour que nous puissions nous faire une assez juste idée de leur mode d’existence. Bien entendu, ils savaient allumer du feu. … Ils avaient même coutume, semble-t-il, d’enterrer leurs morts, ce qui prouverait l’existence chez eux de certaines conceptions ou émotions religieuses. »

Écriture et mémoire

 

Hommes préhistoriques caverne feu

« Quand les hommes ignoraient l’écriture, ils versifiaient afin de pouvoir se remémorer la geste et bien la dire à l’assemblée réunie. » Il y a tant de préjugé et d’ignorance dans cette phrase qu’ils sont à couper au couteau. Tarte à la crème insipide, il généralise en clamant que l’homme d’antan, préhistorique et sauvage par définition, vivant dans les cavernes et vêtu de peaux de bête, était stupide et ignorant (darwinisme oblige). Selon les intellectuels, à la suite de Jorge L. Borges -et non Giordano Bruno qui, lui, pensait différemment-, trop de mémoire est un handicap et l’écriture un avantage… Ils sont vraiment rigolos avec leurs croyances ! Et ça passe comme une lettre à la poste, les intellectuels reprendront ces balivernes comme des perroquets. Ils s'affichent païens, athées ou agnostiques, mais ils ne font que reproduire, sans s’en douter, la version judéo-chrétienne du monde.

 

« Ce que je suis semble éphémère et impalpable, mais ce que
je fus est immuable et définitif ; c’est la base solide d’après
laquelle on peut prévoir ce que je serai dans l’avenir. Il se
trouve donc que je suis identifié de façon plus précise par ce
qui n’existe plus que par ce qui est présentement ! »

Allan Watts, dans Le bouddhisme zen

Tourisme éducatif
Alors que je traverse une petite ville du nom de Bruniquel, je lis dans le journal de la région, La Dépêche, ce titre racoleur : « Un voyage dans la vallée au cœur de la préhistoire. » Il y aurait à Bruniquel un campement préhistorique bien caché, selon l’auteur de l’article. Mon hôte me demande si je veux le visiter. Je hausse les épaules en signe de désintérêt. De toute façon, il me dit que ce n’est qu’un camp qui a été monté de toutes pièces pour les touristes. L’article conclut ainsi : « Un voyage dans le temps qui vous en apprendra bien plus que vous ne le pensez ! » Il me rappelle un livre de Jean-Louis Brunaux, Les Celtes, Histoire d’un mythe, dont la pertinence peut s’appliquer à ce cas : « En revanche, écrit-il, pullulent les manifestes et déclarations qui ne se donnent pas pour mission d’apporter des matériaux, arguments ou autres preuves, mais cherchent seulement à partager une même foi avec ceux qui sont acquis à cette cause. » Les enfants et les ados sont un champ fertile. Et les doctrinaires de tous poils savent en profiter.   

Campement Préhistorique de Bruniquel
Campement préhistorique de Bruniquel

Qui ne dit mot consent
« Nous savons ce que Darwin nous a appris en publiant L’Origine des espèces en 1859, mais nous vivons comme si nous ne le savions pas.  Nous disons que l’homme descend du singe,  ce qui n’est pas rendre justice exactement à ce qu’affirme le naturaliste anglais  [---] Ce singe n’existe plus sous sa forme primitive.  » Conséquemment, nous ne pouvons pas établir le lien. C’est là le sens de l’expression "le chaînon manquant", cette précision pour ceux qui trompètent son inexistence, qu’en fait il n’a jamais existé, que c’est une invention des religieux, comme on peut le lire sur ce fil de discussion sans que personne ne relève l’incohérence. Ailleurs, un chercheur darwinien m’avait traité d’ignorant parce que je déclarais que, selon les évolutionnistes, l’homme descend du singe. Pour ce prolétaire de laboratoire de haute gamme, ce n’est pas vrai. L’argument, s’il en est, n’avait de but que d’insulter Darwin. Et cet échange se déroulait sur un site dédié à l’écriture (In Libro Veritas), fréquenté par des internautes que l’on qualifierait d’intelligents. Mais, comme ici, personne ne s’est élevé pour le corriger, pour lui signifier qu’effectivement le naturaliste anglais voyait les choses ainsi.

L’homme descend du singe, quid le chaînon manquant !
Darwin caricaturé en singeOnfray : « C’est donc dans La descente de l’homme, publié douze ans après, en 1871, que Darwin aborde franchement la question et annonce que l’homme est le produit de l’évolution d’un singe. » Et il réitère l’affirmation, selon une logique empruntée aux Picq, Coppens et autres scientistes de ce monde, à la suite de Darwin, « que l’homme est le produit de l’évolution d’un singe qui, du fait même de cette évolution, a disparu puisqu’il a donné l’homme. »  

« Mais, continue Onfray, ce singe, nous le sommes encore et nous le seront toujours, quoique nous fassions. » Voilà quelqu’un qui ne doute pas, malgré sa philosophie et la science qui l’invitent à renoncer aux certitudes absolues . . . « Les plus sages savent qu’ils sont singes et restés singes. » Si je dis que c’est un brave singe, le prendra-t-il comme une insulte ou un compliment ? 

Quand il ne fait pas bon d’être un ancêtre
Ils n’ont de cesse de nous bourrer le crâne avec ces âneries sur notre filiation simiesque ! À peine sortis du berceau, ils conditionnent les enfants : ils leur enseignent que leurs ancêtres étaient des singes et, par conséquent, nos cousins. Selon eux, les singes que vous observez dans les zoos sont nos cousins... Quel sort tragique que nous réservons aux membres de notre famille ! Mais tout le monde sait qu’en dehors de l’idéologie il y a cousin et cousin. Il y a les animaux-cousins que l’on chéri et il y a les animaux-cousins que l’on massacre. N’est-ce pas ainsi que nous nous conduisons, et cela depuis toujours ? Nous sommes tous égaux mais on tue les plus faibles. Allez comprendre ce qu’ils ont dans la tête ! Au lieu de respecter les anciens, on les torture. Ils disent que nos premiers ancêtres provenaient de l’eau, mais ils pêchent le homard et le jette vivant dans l’eau bouillante pour le déguster. Comment qualifie-t-on ce genre de conduite et de culture ? Dans mon livre à moi, ces horreurs sont issues d'une mentalité démoniaque. (Ah, quel vilain mot, comment ne l’a-t-on pas encore supprimé du dictionnaire !?)

Voici une vidéo sarcastique que j’avais concoctée pour illustrer ce lavage de cerveau.

Onfray et nos ancêtres les serpents

Ulupi, la femme serpent d'Arjuna Mahabharata

Une autre de ses réalisations, darwinienne, il va s’en dire : « Nous sommes serpents avant d’être homme. » Mais il ne lui viendrait pas à l’idée d’étudier ce que les Védas, les Hindous, ont à dire à ce sujet. Il y apprendrait par exemple qu’à l’origine du monde il y avait une race puissante qui le gouvernait : celle des serpents -que cela paraisse fantaisiste ou non. Arjuna, le héros du Mahabharata, avait pris comme épouse une femme de cette race, les Nagas. Mais passons, c’est trop idiot comme information pour la majorité des gens, nonobstant qu’Onfray écrit que le « serpent fut notre parent. » Quand c’est le plus grand philosophe français qui fait cette déclaration ce n’est pas idiot -mais de la science anthropologique !

Sur les serpents et le néant des bouddhistes.
Hier, j’ai visionné des photos qu’une amie nous a envoyées sur une clé USB, en France, alors qu’elle était en vacances au Vietnam. J’ai retenu ce cliché pour accompagner mon texte. Il s’agit de Bouddha en avatar de Vishnou, c.à.d. protégé par Shesha, le Serpent céleste aux milliers de têtes, une représentation que l’on retrouve un peu partout en Asie. L’hindouisme s’est répandu dans le monde entier, et plus particulièrement vers l'Est durant l’antiquité. L’imposant temple d’Angkor au Cambodge, dédié à Vishnou, est un exemple de cette influence qui nous reste. Elle a eu lieu non pas par le fer et le feu, comme l’ont privilégié les religions monothéistes, le christianisme et l’islam, pour ne pas les citer, mais culturellement. Et c’est l’hindouisme que l’on ignore royalement et en toute bonne conscience ! Cela n’en dit-il pas long sur notre manière occidentale d’apprécier l’art et la spiritualité quand elle est non violente ? Food for thought.

Vue aérienne du temple d'Angkor
Vue aérienne du temple d'Angkor

« L’être bref surgit d’un immense néant », écrit-il. C’est le vagissement, pour parler métaphoriquement à sa manière, des ophidiens. Deux ou trois exemplaires seulement de serpents, explique-t-il, parviendront à maturité après que la femelle ait pondu plus d’un million d’œufs.

( C’est drôle, la même histoire est racontée dans le Mahabharata. Mais elle est développée tout au long du récit. En fait, la race des serpents et leur rôle dans l’Univers forment la trame de la saga des Pandavas, les cinq héros orphelins qui tentèrent de reprendre le pouvoir royal sous l’ordre des anciens. )

Bouddha, protégé par le serpent divin, Ananta Shesha N.B. En réalité, n’en déplaise à Onfray, il n’y a pas de néant, selon les Védas, mais un serpent à l’origine de cette imprégnation sexuelle. La confusion est cependant entretenue sous prétexte d’écrire en prose et parce qu’il n’y entend goutte à ce processus de création primordiale. En tant qu’athée, sa seule source de savoir relève du darwinisme. À l’origine il était une hypothèse. Transformée en théorie, celle-ci est devenue une vérité absolue, par l’opération du Saint-Esprit, si je puis dire.

C’est un peu comme les bouddhistes ou les scientifiques, quand on les place au pied du mur au sujet du néant ou du vide, ils rétorquent que c’est une manière de s’exprimer mais qu’en réalité ces deux entités métaphysiques n’existent pas... Onfray s’adonne à la poésie de la même manière. Elle sert à ça, la poésie, chez les modernes, à user de l’intelligence pour enchanter le lecteur tout en racontant n’importe quoi. Et ce raisonnement spécieux, accepté culturellement, plaît beaucoup !

La loi du plus fort, avec Michel Onfray

Page 156 il écrit : « On le sait, Nietzsche n’aimait pas le Christ. » Et pourquoi ça ? Comment ne peut-on pas aimer le Christ, sauf si on est soi-même juif ? Et encore ! On ne peut ressasser ce sentiment éternellement tout de même... La réponse c’est que Nietzsche était fasciné par l’esprit militaire, la Volonté de puissance, la loi du plus fort. Il regardait d’un mauvais œil l’humilité, abhorrait la posture du serviteur. C’était un Germain, un homme fort. Mais même si on était de  race guerrière, comment pouvait-on ne pas aimer un sage de la stature de Jésus-Christ ?

Je lis souvent les orientalistes et autres sanskritistes nous entretenir sur une soi-disant opposition acrimonieuse, en Inde, entre brahmanas et ksatriyas, mais c’est méconnaître la culture védique. Un sage, qui est de plus un renonçant, et par-dessus le marché un brahmana, est respecté comme un dieu, quasiment, même s’il est d’une religion différente et antagoniste à la sienne. Et un brahmana est par définition non violent. Il dépend entièrement des kshatriyas dont le devoir principal est la protection des brahmanas, des femmes, des enfants et des vieillards.

Un guerrier, selon la culture védique, ne nourrit pas d’animosité envers le sage, l’humble et le doux. Ce n’est pas une brute potentielle qui résume la force à l’assujettissement du faible ainsi que cela s’est pratiqué généralement chez les puissants dans les autres civilisations, la nôtre, notamment. La loi du plus fort ne signifie en aucune façon l’injustice ou l’inégalité. Une telle attitude est antinomique aux principes du dharma, de la religion et de la justice.

Ci-dessous, Krishna, de la classe des guerriers,
en train de laver les pieds à un brahmana, signe de respect.

Krishna, de la classe des guerriers, lavant les pieds d'un brahmana, selon les règles de l'hospitalité et par respect.

L’athéisme comme religion
Dans la même veine que cette bizarrerie sur le Christ et autres incongruités, j’aime beaucoup celle-ci: « Les religions, évidemment, toutes les religions, y compris celles (sic) de l’athéisme, qui est une éthique mais ne saurait être une mystique. » Vous avez bien lu : Michel Onfray déclare que l’athéisme est une religion.

Cochon et l'égalité avec les humainsCette autre idée également, elle revient souvent dans la bouche d’une certaine classe de gens, des néo-végétariens ou des véganes : « -Autrement dit, moralement, les animaux surpassent les humains. » C’est à encadrer, je vous donne le numéro de la page – 273. D’après Onfray, Montaigne penserait ainsi. Il est vrai que ma grand-mère s’écriait des fois de son vivant : « Il est pire qu’une bête ! » en déblatérant contre un ses semblables.

Superstition, quand tu nous tiens !
Ce sont « les vrais dieux » auxquels veut croire Onfray. Quand les athées, incapables d’inventer leur propre langage métaphysique, incapables de se satisfaire de ce monde matériel comme une fin en soi, ils s’approprient alors sans vergogne les concepts des religions. On l’a déjà vu avec l’âme, voici le tour des dieux :
« Épicure écrit que la connaissance scientifique dispense de souscrire aux croyances irrationnelles. [---] La science digne de ce nom sape la religion entendue comme superstition – autrement dit, comme croyance aux faux dieux. Les seuls vrais dieux sont matériels…. » Page 404, si vous voulez vérifier que cette ratatouille provient bien de sa cuisine. Et ce vice n’est pas propre aux épicuriens, les bouddhistes ne s’y sont pas pris autrement ; ils ont tenté sans succès d’abolir la croyance au panthéon des dieux védiques mais ont par la suite inventé une multitude de divinités dans la plus grande hypocrisie. Divinités est un bien grand mot, il ne s’agit en fait que de superstitions et de créations mentales.

Japonaises en train de prier leurs dieux

Sur la photo: Pèlerins japonais se purifiant en recevant l’eau lustrale d’une cascade. Au premier plan, une femme prie sur un chapelet bouddhiste. Bouddhisme et shintoïsme sont depuis sept siècles étroitement entremêlés et la plupart des Japonais adorent indifféremment divinités bouddhistes et shinto. Dieu reconnaîtra les siens.

Frapper le vent avec un gourdin
Dans ce qui va suivre je paraphrase Michel Onfray pour mieux mettre en évidence le ridicule de ce dogme athée tel qu’enseigné de la maternelle, en passant par le primaire, et jusqu’aux plus grandes écoles. Ce faisant, je colle au plus près de ce qu’il écrit, même si ce n’est pas de la même encre, car pour l’écriture, je ne lui arrive pas à la cheville; il faut rendre à César ce qui est à César.

Par le parcours pédagogique de ce philosophe, on constate qu’en élève ayant bien appris sa leçon, qu’il a ensuite transmise en tant qu’enseignant dans un lycée durant un temps non négligeable d’années, qu’il regrette cependant, lui qui a aussi passé plus de 10 ans à plancher sur une histoire de la contre-culture, eh bien on constate qu’il n’a fait que se révolter contre une partie seulement d’un système et qu’en aucun cas il ne s’est attaqué à sa base, celle qui nous a conduit dans le mur auquel nous faisons face aujourd’hui.

Frapper un mur, avec Michel Onfray

Selon Onfray, le hasard fait les choses mieux que Dieu

 

« En revanche, pullulent les manifestes et déclarations
qui ne se donnent pas pour mission d’apporter des matériaux,
arguments ou autres preuves, mais cherchent seulement à partager
une même foi avec ceux qui sont acquis à cette cause. »
Jean-Louis Brunaux

 

Au commencement étaient les eaux et le soleil
On ne peut mieux dire la vérité moniste de ce qui est : tout commence par l’eau et le soleil. Et c’est ce dernier qui rend la vie possible. Sans le soleil, le monde n’existerait pas. Les premiers hommes ont vite compris cette réalité par nécessité ; il fallait qu’ils s’adaptent s’ils voulaient survivre. Ils ont inventé le feu et ont fait de ce luminaire un dieu. De là le chamanisme qui est la religion des religions, la première de toutes. L’énergie solaire se répand partout sous forme d’atomes dont le flux et la multitude se constatent à travers les rayons de lumière. Ainsi les descendants des premiers hommes en ont déduit que le divin était omniprésent, que chaque atome était habité par l’esprit du Soleil.

Tribu primitive pour le livre d'Onfray, Cosmos

Les Grecs inventent la pensée scientifique
C’est par l’eau, cependant, que tout débute. La vie ne peut exister sans eau, elle est l’élément primordial. Les Grecs, qui sont de grands inventeurs, ont été les premiers à concevoir ce phénomène matériel. Grâce à l’invention de la méthode scientifique, grâce à cette démarche rationnelle qui leur était propre et originale, ce peuple a par la suite inoculé au reste du monde cette manière de penser. Ils ont inventé le raisonnement. Ainsi ils ont pu dompter les émotions humaines et ritualiser les superstitions. Jusque-là celles-ci guidaient leurs actes alors si débridés et sauvages au point que les tribus se décimaient entre elles, empêchant toute organisation sociale constructive. Ils ont été les premiers philosophes, les premiers logiciens, les premiers hommes réellement civilisés. N’ont-ils pas inventé la démocratie, cet art de vivre en société ? N’ont-ils pas été les premiers à créer le concept de ville policée ? Avant eux, les peuples, même les plus avancés, vivaient comme des barbares.

Se cultiver en lisant un bon livre
Le Cosmos, d’où le titre de mon livre, c’est la formation des atomes à partir du chaos (du mot grec khaos, qui signifie l’abime ou le vide). Ce monde, matériel par définition, dans lequel nous vivons, est le résultat de la confusion générale des éléments tels l’eau, le feu et l’air précédent sa formation. Avant, c’était le Vide primordial ou Néant, comme disent certains. Quand on est cultivé un tant soit peu, on réalise qu’il n’y a pas de place ici pour un Dieu avec une longue barbe qui aurait bricolé ce monde et se serait reposé au septième jour, sur un nuage…

Dieu avec barbe blanche assis sur un nuage

Lisez mon livre, vous comprendrez mieux comment s’est formé le cosmos à partir de rien et comment l’homme est né d’un ancêtre commun aux singes, nos cousins. Lisez Démocrite et les philosophes grecs, ils sont des guides certains de l’humanité, les phares du Cosmos, tout le reste n’est que littérature et bondieuseries ! Darwin a confirmé cette cosmologie dont je m’évertue à travers mes livres d’en brosser les grandes lignes. Il nous a expliqué que la vie vient originellement de l’eau. Ses recherches ont été confirmées par la science. C’est la seule et unique explication scientifique possible, à moins que nous prenions des vessies pour des lanternes et que nous croyions que les extra-terrestres aient créé l’homme.

Le génie de Darwin : simple comme bonjour
Grâce à Darwin nous savons maintenant, qu’après probablement des milliers d’essais infructueux, durant des milliards d’années et par le pouvoir quasi divin du soleil, les premières molécules accumulèrent de la chlorophylle et devinrent des plantes à part entière. Cette photosynthèse, que je vous résume ici en deux mots, a permis la création essentielle de l’oxygène et par la suite la couche d’ozone. C’est simple comme bonjour. Il faut qu’un croyant soit abandonné du ciel pour ne pas comprendre cela.

Ma concierge n’aurait pas pu le dire !
La cellule s’étant formée, son noyau ayant ramassé le matériel génétique disponible autour d’elle par intelligence spontanée (à ne pas confondre avec la conscience), celle-ci doit alors trouver de l’eau pour se nourrir. Eh oui ! elle n’a pas pu contourner cette difficulté qui fera loi : pour vivre, tous, de la cellule au mammouth, devront se nourrir d’un plus faible que soi pour exister. C’est ce qu’a mis en lumière Darwin, l’idole des athées. Il a réussi là où les juifs ont échoué ; ainsi qu’ils le pensaient, le paradis est bel et bien sur terre et le corps une fin en soi ! Le matérialisme représente la seule religion adéquate à l’homme. Darwin, maître parmi les maîtres, a eu le génie de réaliser qu’arrivé au point de notre évolution, l’homme n’avait plus besoin d’aller à l’église tous les dimanches. Car Darwin lui-même s’y rendait hebdomadairement, en bon croyant qu’il était. Puis il décida d’interrompre cette pratique, conscient que le peuple suit toujours sur les talons d’un grand homme. Les humains pouvaient dorénavant penser par eux-mêmes et se passer d’un Être absolu et transcendantal qui dicte leurs faits et gestes : Dieu pouvait être remplacé par la Science ; l’homme était prêt à accepter une vérité supérieure, adaptée à son époque et débarrassée des superstitions.

Évangélistes noirs priant en extase dans une église

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