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Publié par Laziz

Une revue fondée en 2013 a pris pour emblème Ganesh, le Dieu qui a écrit le Mahabharata sous la dictée de Vyasa. La rédaction a choisi -puisqu’il s’agit de se pencher une énième fois sur la mémoire- ce truisme comme credo : « Savoir, c’est se souvenir », d’Aristote.

Ganesh, la mémoire et la revue L'Éléphant

Au Québec, tout aussi questionnable, il est écrit sur les plaques d’immatriculation des véhicules : « Je me souviens ». Allez demander aux gens de quoi ils se souviennent ? Réponse, que je formule au pif : de ce qu’ils veulent bien se souvenir, et certainement pas de ce que leurs ancêtres ont fait subir (j’oserai même le mot de génocide) aux Indiens qui vivaient depuis toujours sur ces terres.

Pensez-vous que cette revue est différente dans son approche de l’histoire ?

Que le destin m’en donne la volonté, et je vous démontrerai que si on a changé de contenant, on a gardé les mêmes recettes pour cuisiner sa popote au goût douteux. Mais les rédacteurs n’ont pas à s’inquiéter, les lecteurs n’ont pas beaucoup de mémoire. C’est d’ailleurs le but de cette revue, de leur en fournir une bien adaptée à notre époque…


L'exception française
Voici donc ce qu’on lit lorsque l’on arrive sur cette page : « La culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde. Cette idée désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic, est pourtant la conviction de L’éléphant. »

Dans ce cas, oui, on peut parler d’éternel recommencement.

Et les rédacteurs continuent ainsi : « Nous la revendiquons sans complexe, convaincus que cette belle idée, héritée des philosophes des Lumières, ancrée dans l’inconscient français au point de défendre l’exception culturelle dans le monde global, reste aujourd’hui plus que jamais fondamentale. »

Les philosophes des Lumières… Ils ne se rendent pas compte combien cette expression est ringarde et « désuète ». Ils vont finir par avoir des problèmes avec leurs chevilles à force de se péter les bretelles comme ça ! Quand au journal
Le Monde, il qualifie ce nouvel avatar du savoir par « L'Éléphant, une revue pour parfaire sa mémoire ».

Voici ce qu’on lit lorsque l’on arrive sur cette page : « La culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde. Cette idée désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic, est pourtant la conviction de L’éléphant. »

Je suis donc allé sur le Net pour constater de quoi il en retourne et j’ai lu un article* d’eux sur « L’invention de l’écriture » dans lequel il est question de l’Égypte, la Chine, la Mésopotamie, la Grèce, mais de l’Inde pas un traître mot…

Je leur écrit de temps à autre pour les mettre au parfum ou pour les secouer un peu, mais c’est peine perdue, ils font la sourde oreille. Je n’ai plus sous la main ce que je leur ai envoyé et comme ils n’ont pas publié le commentaire, j’en ai un autre sur le même sujet, l’invention de l’écriture, que j’avais destiné à quelqu’un sur Youtube. Comme c’est le même scénario, comme ils répètent tous la même chose, cette autre réponse fera l’affaire :

« Vous ne mentionnez pas les Hindous qui ont pourtant écrit une somme colossale de textes, et cela bien avant tous les peuples. D'ailleurs, le plus ancien livre d'histoire et le plus long jamais écrit par les hommes, c'est le Mahabharata. Mais chez eux, écrire est secondaire puisque en ces temps reculés la mémoire servait de véhicule à la transmission. C'est seulement après qu'elle soit devenue défaillante qu'ils eurent recours à l'écriture.

Or, en Inde, il existait des tonnes d'écritures sur le yoga, la médecine (ayur-veda) ou la religion. Selon leurs textes même, ils les ont écrits il y a plus de mille ans au moins avant notre ère... Exemple, le Mahabharata dont la Bhagavad-Gita fait partie. Mais avant l'écriture, ils ont pensé, grâce à la mémoire, une somme prodigieuse d’enseignements tels  que les Véda ou les Upanishad. À côté, comme dirait Platon, l'écriture est une béquille. »

Lien en relation :

Ganesh, la mémoire et la revue L'Éléphant

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