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Publié par Laziz

« Mais nous ne voulons pas entrer ici dans les discussions auxquelles tout cela
pourrait donner lieu ; nous tenions seulement à montrer, par ces exemples, combien
il est difficile à certains de sortir des cadres "classiques" où leur éducation occidentale
a enfermé leur pensée dès l’origine. » René Guénon


Quand voir et entendre se confondent et permettent de réaliser que la diversité n’implique pas l’opposition mais sont variations qui conduisent à une même réalité : Shiva, Vishnou, Brahma ne sont pas antagonistes, au contraire, ils se complètent.

 Shiva, Vishnou, Brahma ne sont pas antagonistes, au contraire.

Dans ce titre introductif, j’utilise le mot « religion » à dessein car en Occident, quand on parle de Dieu, cela passe irrémédiablement par le canal de la religion telle qu’elle est vécue depuis deux mille ans. Un Occidental pense que tout ce qui vient de lui, de la Grèce, en fait, et du judaïsme, correspond à un entendement supérieur. Et par Occidental, j'entends les Russes, les Maghrébins, les Australiens et même, jusque dans une certaine mesure, les chrétiens et les musulmans de l’Inde. Il y a l'Occident physique, géographique, mais ici on parle de l'Occident culturel et moral.

René Guénon-védanta- IndeDans l’extrait ci-dessous par exemple, René Guénon explique ce qu’il en est de la religion, selon les Védas, en l’occurrence le Védanta qui en est le résumé explicatif par Vyasa. Résumé qui prend en compte le changement d’époque, plus précisément l’humanité qui entre dans un autre âge, le kali-yuga. À noter, qu’époque ou âge ne signifie pas dix ou vingt siècles, mais des centaines de milliers d’années. Donc, les Écrits védiques s’adaptent en quelque sorte à l’évolution du temps. Qu’est-ce que cela signifie ? L’évolution n’est pas synonyme de progrès : le temps, quand il passe, il détruit, tout. Plus tard, il faudra même en venir à écrire ces enseignements millénaires -ce que l’on ne faisait pas avant- vu que la mémoire devint défectueuse et par conséquent la transmission du savoir inefficace.

 

L’homme et son devenir selon le Védanta-René GuénonL’homme et son devenir selon le Védanta
« Les diverses conceptions métaphysiques et cosmologiques de l’Inde ne sont pas, à rigoureusement parler, des doctrines différentes, mais seulement des développements, suivant certains points de vue et dans des directions variées, mais nullement incompatibles, d’une doctrine unique. D’ailleurs, le mot sanskrit darshana, qui désigne chacune de ces conceptions, signifie proprement "vue" ou "point de vue", car la racine verbale drish , dont il est dérivé, a comme sens principal celui de "voir" ; il ne peut aucunement signifier "système", et, si les orientalistes lui donnent cette acception, ce n’est que par l’effet de ces habitudes occidentales qui les induisent à chaque instant en de fausses assimilations : ne voyant partout que de la philosophie, il est tout naturel qu’ils voient aussi des systèmes partout. »

L'art de voir et d'entendre

« La doctrine unique à laquelle nous venons de faire allusion constitue essentiellement le Vêda , c’est-à-dire la Science sacrée et traditionnelle par excellence, car tel est exactement le sens propre de ce terme ( 1 ) »

Et voici la note qu’il écrit en bas de page :

1 — La racine vid , d’où dérivent Vêda et vidyâ , signifie à la fois « voir » (en latin videre ) et « savoir » (comme dans le grec οιδα ) ; la vue est prise comme symbole de la connaissance, dont elle est l’instrument principal dans l’ordre sensible ; et ce symbolisme est transporté jusque dans l’ordre intellectuel pur, où la connaissance est comparée à une « vue intérieure », ainsi que l’indique l’emploi de mots comme celui d’« intuition » par exemple.

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