Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Laziz

graffiti-Om-brahma-veda.jpg Ainsi, tel que rapporté dans les Puranas, Dieu, Vishnou, transmis à Brahma, le premier être et démiurge de l’univers, l’essence du savoir sous la forme de la vibration spirituelle OM. De ce vocable, formé des trois lettres originelles, A.U.M, Brahma constitua l’alphabet. Puis, de ses quatre têtes, il dispensa ce savoir condensé en quatre versets qui servirent aux sages comme moyen de réalisation spirituelle. 

À travers les âges védiques (les yuga, qui durent, chacun des milliers d’années et dont le nôtre est le plus court), ces quatre versets durent être interprétés pour l’édification de l’humanité, incapable, en général, d’en saisir toute la portée. Sous l’inspiration divine, des saints éminents tels que Vyasa et ses disciples, notamment Paila Rishi, Jaimini et Vaishampayana, nous livrèrent les quatre Véda : le Rig, l’Atharva, le Sama et l’Ayur. Les Upanishads en découlèrent. Ce savoir, néanmoins, demeurait toujours le privilège d’une élite, les brahmanas, seuls aptes à assimiler le contenu. 

Cependant la plupart d’entre ces brahmanas n’avaient plus les qualifications spirituelles requises pour guider en ce domaine les sociétés. Depuis peu, le dernier avatar, Krishna, venait de disparaître aux yeux du monde et quitter la planète pour retourner dans son royaume spirituel. Par cet événement, l’humanité entrait dans l’âge de Kali : l’âge de fer et d’hypocrisie. (Selon le Mahabharata et les Puranas, cela se produisit il y a 3000 ans avant J.C.). 

Sanskrit--vegetal--ecriture--inde.jpgVyasa allait donc, sans discrimination de sexe, de caste, de couleur ou de race, donner accès à ces renseignements. Une réforme majeure était entreprise, une réforme de l’instruction, unique au monde. La mémoire des humains commençant à défaillir, il devenait impossible de transmettre le savoir oralement, comme de coutume. Les livres n’existaient pas encore, étant sans utilité. On allait dorénavant fixer le savoir sur des feuilles végétales : apparaîtront les Puranas, le Ramayana et le Mahabharata. C’est de cette dernière oeuvre qu’est extrait le chapitre intitulé la Bhagavad-gita. Phénomène extraordinaire et paradoxale, ces Écritures, conçues pour les gens de moindre intelligence, traitent des choses de la vie de manière plus directe et donnent plus de précisions quant à la nature du monde spirituel et de Dieu. 

http://api.ning.com/files/aY1N5jMDvS6q1yPCQ7tmoqiLG1Xo14maYRE1C8XbFZMBgrUsgVUFB1sQw-BCNOMmcOcJpwY1IVa9hvgTzwcaPT*93wwCNIM3DX15J5aIg9E_/NaradMuni1.jpgL’histoire nous rapporte cependant, que, même après avoir présenté scrupuleusement cette somme colossale d’écrits sacrés et uniques au monde que représentent les Védas et leurs corollaires, les Upanishads, Vyasa, acclamé et vénéré par toutes les autorités spirituelles de l’univers, éprouvait une insatisfaction dont il ne pouvait retracer la source. À la suite de ce malaise persistant, son maître spirituel, Narada muni, qui voyage d'Univers en Univers, lui rendit visite. Il fit observer que, malgré son excellent travail littéraire et son fameux commentaire, le Védanta, recueil d’aphorismes résumant son œuvre, il n’avait pas glorifié Dieu sous son aspect le plus pur et le plus intime. Vyasa se remis à la tâche et rédigea le Bhagavat Purana, la crème des Védas. 

http://news.iskcon.com/files/photos/sukadeva.jpgSuta Goswami, une autre figure remarquable du panthéon des sages, fut le disciple de Vyasa et le promoteur de cette œuvre. Il l’enseigna notamment à Parikshit Maharaj, le petit fils de Krishna, et c’est de cette façon que la révélation fit son chemin dans toute l’Inde et par-delà ses frontières*. Aujourd’hui encore, les dévots de Vishnou célèbrent avec enthousiasme ce moment privilégié de l’histoire hindoue. 

Donc, Sri Suta, le renonçant, sannyasse par sa condition sociale, le narrateur originel de ce livre immaculé, décrit ainsi la composition de son maître : « Ce Bhagavat Purana est aussi brillant que le soleil. Il se manifesta juste après le départ de Sri Krishna pour son royaume, accompagné par la religion, le savoir, la vérité, etc. Ceux qui ont perdu leur vision, due aux denses ténèbres de l’âge de Kali, pourront s’éclairer à l’aide de ce Purana. » 

* Ce temple situé au Cambodge est généralement considéré comme le plus vaste édifice religieux du monde. A l'instar des autres sanctuaires des montagnes d'Angkor, celui-ci constitue une réplique de l'univers en miniature. La tour centrale représente le mont Meru, entourée de pics plus petits (les autres tours) au milieu des continents (les cours intérieures) et des océans (les douves). Le naga à sept têtes représente l'arc en ciel, pont symbolique entre l'homme et la demeure des Dieux. Angkor Wat fut construit au XIIème siècle en l'honneur de Vishnou, la suprême divinité hindoue.

ankor.jpg

Liens en relation : La réincarnation
Akbar, l'islam à son meilleur
Kabir: une expérience mystique au-delà des religions
Octavio Paz : spéculations sur l'origine de l'Inde
 

Commenter cet article