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Publié par Laziz

Dans Jeune Afrique, je lis une critique d’un livre, Jérusalem, de l'auteur Sebag Montefiore. Je vous donne le lien pour que vous la lisiez en entier, si cela vous tente*.

Jérusalem, sainte et mauditeCe matin, je parlais à mon vieux père, au téléphone, qui se plaignait des juifs. J’ai mis fin à ses reproches en lui rappelant que les juifs sont des leaders prestigieux dans le monde; leaders en science, technologie, éducation, religion, culture, et mettez-en. Ce sont vos maîtres, en fait. Vous êtes issus de leur pensée spirituelle. Oui, vous avez bien essayé de vous en débarrasser, aux premiers temps de l'histoire jusqu’à aujourd’hui, mais ce ne fut que peine perdue. Ils vous ont imposé leur paradigme et vous vivez dedans. Aucun signe ne laisse entrevoir que les musulmans cherchent à s'en sortir, au contraire.

Il s’est tu, le pauvre. Il sait que son fils est cultivé et qu’il a quitté depuis longtemps -quand j’étais encore à la maison- ce paradigme de la violence qu'est le monothéisme occidental. En tout cas, la violence, c’est ce que j’ai retenu de cette critique, dans Jeune Afrique, intitulée : Les soupirs de la Sainte. Voici des extraits, auxquels je rajoute quelques brèves notes entre parenthèses.

« Elle est la tentation et la rédemption, elle est tous les contraires réunis. Parfois pieuse, parfois pécheresse, toujours sainte, le cœur du monde bat avec le sien. Combien de rois ont vécu et sont morts pour ses faveurs ? Combien de prophètes l'ont chantée ou maudite ? »
« Elle a enfanté les trois monothéismes, mais engendré les plus violents schismes. Elle devait unir les hommes : elle reste une pomme de discorde au banquet des nations. »
« L'histoire de Jérusalem est l'histoire du monde » (Rien que ça!)
« Et Montefiore finit par nous persuader que la cité sacrée est le nombril de l'univers » (Il faut tout de même avouer qu'il est en terrain familier et qu'il prêche, pour la plupart, à des lecteurs convaincus.)
« L'épopée débute comme un péplum macabre, avec la destruction de la ville dirigée par le futur empereur romain [---]La tragédie concentre les grands traits de l'histoire : l'ineptie des occupants et l'indomptabilité des habitants, la ferveur religieuse et la débauche la plus sauvage, la volonté de résister et celle d'annihiler. Elle culmine dans un déchaînement de violence qui n'a cessé de se répéter au cours des siècles. »
« Tout autour des murs se déroulaient des scènes semblables à l'enfer sur terre. »
« La cité de Dieu est celle des prophètes qui l'ont sanctifiée. C'est d'abord Abraham, le « père des peuples », à qui Dieu ordonne de sacrifier son fils Isaac sur le mont Moria, là où sera bâti le temple de Yahvé. »
«
http://img.over-blog.com/300x293/1/06/49/61/image-religion/Sodome-et-Gomorrhe.jpg Et au fil des pages, Jérusalem semble davantage concentrer la violence des hommes qu'abriter la paix de Dieu. Que dire des pieux croisés qui, lors de la prise de la ville en 1099, tranchèrent têtes, pieds et mains, se glorifiant des fontaines de sang infidèle qui les aspergeait? Régicides, fratricides, parricides, infanticides : les pires crimes deviennent justes pour s'arroger le contrôle de la ville. Prostitution, débauche et inceste : Jérusalem n'a pas à rougir de Sodome et Gomorrhe, comme si Dieu et le diable s'y donnaient régulièrement rendez-vous. »
Non, mon vieux père n’avait pas besoin de savoir tout ça. Ce n’est plus de son âge. Il va à la mosquée tous les jours malgré un corps perclus de rhumatismes. Il n’a jamais levé la main sur quiconque, ni même insulté quelqu’un, à ce que je sache (sinon ma mère qui lui demandera certainement des comptes au ciel). 

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*Philosophie magazine, pour lire l'article: Lien
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Dans cet vidéo, un prêcheur musulman replace les choses dans leur perspective historique.

 

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