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Publié par Laziz

marianne.jpgJe crois que c'est la première fois que je lis Marianne. J'ai trop été dégoûté par les agissements de la gauche durant la période rouge pour apprécier ce magazine à sa juste valeur, s'il en fût. Visitant mon beau-frère à Marseille, ce dernier m'a mis entre les mains une édition bourrée de bons articles. Je m'en suis inspiré pour écrire ce qui suit et l'inclure aux nombreux échanges que j'ai eus durant ma vidéo sur la manifestation à Montréal.
-Excuse-moi mais l’Égypte, la Tunisie ou la Libye, ce n'est pas l'Algérie. Chez nous, la religion fait partie du paysage culturel et social, mais c'est tout. La bigoterie ne nous prend pas la tête. Elle ne s'affiche pas comme un must tous azimuts. Et ne parlons pas de l'armée! En Algérie, elle représente la force politique principale, avec tous les malheurs que cela comporte. Je ne voudrais pas médire sur le peuple algérien, mais il part de beaucoup plus loin. En Tunisie, il a fallu un seul suicide au benzol pour provoquer une lame de fond irréversible, alors qu'en Algérie le décompte des suicidés en flammes s'allonge sans que le pays réagisse en puissance. Pourtant, c'est chez eux que tout aurait dû commencer... Ils ont peur et ils ont raison d'avoir peur, croient-ils. Parce que, entre autres, ils ne veulent pas donner des armes aux kabyles qui en profiteraient pour assoir leur indépendance. Ils se pensent plus fins, les kabyles. Ils croient qu'en passant de la religion musulmane à celle de la chrétienté, ils vont grandir! Ils raisonnent encore comme au XVIII siècle. (Voir ma critique du film Le voyage de Nadia sur mon blog, ici) qui vise directement la condition des femmes.

voyage nadiaQue d'insultes j'ai essuyées à la suite de mes propos pourtant tout à fait raisonnables. Dans certaines régions d'Algérie, la condition des femmes décrites dans le documentaire est comparable à celle du Moyen-Âge. Misérables algériennes, ce sont elles, soutenues par leurs sœurs des grandes villes, qui devraient mener la révolution dans ce pays aux mœurs attardés. J'écrivais dans ce pamphlet qu'elles ne devraient pas compter sur les hommes, ceux-là sont, pour la plupart, des lâches. En Algérie, comme ailleurs, la véritable rupture se fera grâce aux femmes ou ne se fera pas. Leur liberté constitue un rempart contre le fondamentalisme de quelque religion que ce soit. Et quand on dénonce leur sort comme je m'y prends, ils vous jettent à la porte manu militari. Ils préfèrent entendre le grand mufti d'Arabie Saoudite, l'autorité religieuse à son plus haut niveau "imaginal" comme dirait un penseur notoire de la philosophie islamique, feu Henry Corbin, haranguer les foules en dénonçant ces manifestations de révoltes comme "un complot de la part des ennemis de l'islam visant à les transformer en pays arriéré". C'est pour cette raison, remarque un journaliste perspicace -et je le répète avec sarcasme-, que le président Ben Ali s'est réfugié dans ce pays converti à la modernité. 

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