Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Laziz

http://lesindiensdenormandie.nuxit.net/cody3.jpg


On peut évidemment adhérer à l’idée exprimée pas Ernest Renan -conception qui m’horripile- que : « la science renferme l’avenir de l’humanité, qu’elle seule peut lui dire le dernier mot de sa destinée et lui enseigner la manière d’atteindre la fin. » C’était un autre siècle excusable par ses préjugés, selon moi. Mais quand Koestler compare Pythagore, Galilée, Newton, Kepler, Darwin, Spencer, Mach, Hertz, Edison et Marconi aux « Buffalo Bill des frontières de la découverte », on se demande s’il n’a pas, au moment d’écrire ce non-sens, sombré corps et âme dans la même illusion que lorsqu’il parcourait "le sol de cette terre aux allures de géhenne" qu’était l’URSS en 1933. Observant la famine et la misère extrême qui sévissait dans tout le pays, il n’en déduit pas moins que c’était une conséquence positive de la civilisation, à l’instar d’un nombre impressionnant d’intellectuels français qui fermèrent les yeux et se turent sur cette répugnante injustice. Il n’y a qu’à penser à la Révolution française : par la terreur les insurgés ont renversé la vapeur de l’asservissement et ont avalisé horreurs et violences sans nom. « Dès l’origine, le pouvoir bolchévique en avait expérimenté le procédé en empruntant à la Révolution française, dont il voulait usurper l’héritage, ce qu’elle avait produit de pire. » Brillant comme il est, A. Koestler n’en pensera pas moins, « il l’accepta en communiste convaincu, sans remettre en cause le sens de son engagement, sans s’interroger sur la nature véritable de ce camps qu’il avait rejoint. » À cette époque, la base de la morale communiste, disait Lénine, consistait à faire avancer la lutte et à consolider ses assises. ( Inutile de rappeler qu’Arthur Koestler reviendra assez rapidement de l’utopie communiste et sera un des plus virulents critiques de ce "pouvoir inhumain du mensonge" dont parlait Boris Pasternak. )

 

Arthur Koestler : « La raison pour laquelle l’Europe dégringole la pente est évidemment que nous avons accepté la finalité de la mort personnelle. Par cette abdication, nous avons rompu nos liens avec l’infini, nous nous sommes isolés de l’univers où, si vous voulez, de Dieu. Cette perte de conscience cosmique que vous voyez partout exprimé (---) a conduit à l’adoration de ce nouveau Baal, la Société. Je ne parle pas de l’état totalitaire, ni même de l’état en tant que tel : le mal véritable réside dans la déification de la société elle-même. (---) Depuis que nous avons accepté la mort comme finale, la Société remplace le cosmos. L’homme n’a plus de commerce avec l’univers, les étoiles, le sens de la vie; toutes ses transactions cosmiques sont monopolisées et toutes ses impulsions transcendantales absorbées par le fétiche Société. » 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article