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Publié par Laziz

 

 

 

 

 

 

 

Yves Paccalet

« Moi, je suis un homme », ai-je écrit dans Heavy Metal. Je défie la culture dominante et tous les dogmes nihilistes, scientifiques ou religieux. Au diable leurs jugements! Plus rebelle que moi, je n’en vois aucun signe, même pas en littérature ou en virtuel. Ce vide me désole. Je rêve, en fait, que cela ne soit pas vrai et de retrouver mon innocence. Du temps où je croquais la vie à pleines dents et que je tombais en admiration devant mes aînés. L'école primaire avait été construite à deux pas de notre porte, au milieu des champs. J’ai connu de vrais hommes, des maîtres, quasi des dieux. Pas des animaux sur deux pattes, sales d’esprit et de corps. Ce temps est vite passé. J’ai baigné dans l’islam. J’ai grandi au milieu des religieuses en cornette et humé l’encens des chapelles. J’ai connu le bled et les cités, les junkies, le LSD, le rock et les centres Inde Mahabharata, yoga, Maroudijide désintoxication. J’ai rencontré le professeur Claude Olievenstein qui m'a, sans le savoir, propulsé dans un autre monde. Je n'en reviendrai jamais. J’ai fait la route. J’ai attrapé la tuberculose à quatre ans et subi une chimio à cinquante (hépatite C). J’ai fait la mauvaise expérience des hôpitaux de brousse, pratiqué la méditation, le yoga, la fidélité; je me suis gavé de joie de vivre, sans jamais connaître la souffrance. Je n’ai jamais vu la mort ni ai-je été frappé d’aucun traumatisme. J’ai aimé Dieu comme j’aime ma femme. J’ai cru dans les hommes, j'ai aimé les enfants, les animaux, les arbres et les fleurs; j’ai jardiné et pratiqué la non-violence. Enfin, j’ai aimé l’amour comme un fou.

Puis, ils sont tous partis. L’ignorance plane désormais en reine sur ce monde. Il n’y a personne à écouter, personne pour partager ses réalisations. Les gens se sont barricadés derrière leur porte de peur pour leur conscience.

Leur Dieu, qu'ils appellent Jésus, pend sur un crucifix.Mon enfance était la meilleure part de cette innocence. Quand je porte mon regard sur ce passé, je vois des champs à perte de vue, des vergers, des jardins, des trains de marchandises et des forêts. Et des copains à foison ! La vie était belle ! Aujourd’hui, la pollution a atteint tous ces lieux de prédilection. Cette ennemie est omniprésente. L'être humain est le cocher de cette charrette de la mort. Ce sont les hommes vêtus de noir, leur couleur préférée. Ils aiment le sang et le noir. Ils comptent et recompte leur profit. La charrette du progrès roule sur les cadavres et ils se vantent de leur pacifisme. Ils font claquer leur drapeau et trompettent la fierté de leur race: le nationalisme et la religion. Sinon le communisme, l'idéalisme, l'utopisme, le capitalisme, le darwinisme, le spiritualisme, l'anarchisme, le socialisme ou le sadisme, voilà leur culture et leur science. Et ils tuent! Leur Dieu pend sur un crucifix. C'est ainsi qu'ils l'adorent, dans le sacrifice du sang et de la douleur. Le summum bonum. La souffrance est pour eux le sésame qui ouvre les portes du paradis. Dans mon livre à moi, on désigne une telle civilisation de "démoniaque".

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Vie amoureuse et vie spirituelle

Extrait du livre : « Cependant, dans les temps modernes, n’existent plus que deux états : celui de maître de maison (grihastha) et de sannyâsin, comme le dit un texte tantrique particulièrement adapté à notre temps. ‘Le livre de la grande libération.’ (Mahânirvanatantra) : “O Bien-Aimée! Il n’y a en cet âge noir ni brahmacharya, ni varnaprasta. Il n’y a plus que deux états, ceux de grihastha et de bhishuka (ou mendiant) : sannyâsin.” »

Je donne l’impression d’une personne qui n’aime pas les religions, ou certaines d’entre elles, que je suis amoureux de l’Inde et, par conséquent, que je dois être plus conciliant avec leurs traditions religieuses. C’est mal me connaître. En réalité, en Occident, il est très difficile de critiquer la pensée indienne car il n’y a pas d’opposition qualifiée, les gens n’y comprennent que dalle et cela ne sert donc à rien d’en faire la démonstration. À la rigueur, certains, très peu nombreux, peuvent me suivre lorsque j’aborde les questions en regard du brahman ou du bouddhisme, mais cela s’arrête là. En fait, les Hindous me détestent quand j’ouvre la bouche pour citer les Écritures ou que j’utilise ma plume pour débattre de leurs idées.

Mes premiers contacts avec l’Inde, je les dois à mes parents, surtout à ma grand-mère. Ils regrettèrent par la suite de m’avoir ouvert la voie, car ils ne s’imaginaient pas que je plongerais corps et âme dans cet océan de connaissance. Pendant de nombreuses années, j’ai pratiqué un yoga strict, c’est-à-dire sans sexe, pas même en pensée. Et comme je persistais dans cette discipline sévère (j’étais végétarien, je me levais très tôt, je ne buvais ni thé ni café, je ne regardais que très rarement la TV, etc.), un jour, ma grand-mère m’expliqua tendrement : « Il y a deux voies dans l’islam, celle du renoncement et de la pauvreté et celle de la vie de famille, avec toute son opulence. C’est cette deuxième voie, mon fils, que tu dois choisir, l’autre est pénible, plein d’embûches et stérile, elle est réservée aux fous de Dieu. Il faut te marier, avoir des enfants et remercier Dieu pour la santé et le bonheur qu’il t’accorde. » Je n’en tins pas compte; à mes yeux elle était par principe conservatrice.

Mais par la suite, et cela se fit plus évident lorsque je rencontrai ma femme, je réalisai, à la lumière des doctrines hindoues, que ma grand-mère avait raison. Depuis, son conseil est devenu un argument massue. Chaque fois qu’un renonçant -et ils étaient nombreux- développait sa prêche, comme il y est question dans ce passage cité par Dussault, (grosso modo le sannyasi ridiculisait la femme comme étant un objet de désir indigne d’un spiritualiste et, du même coup, il se moquait des hommes attachés à leur compagnie), je m’élevais contre lui et démolissais ses préjugés. Je m’étais marié et cela avait transformé ma vision du monde et du yoga. Et aujourd’hui que je vieillis, je n’ai pas faibli dans mes convictions. Ceux qui pratiquent le yoga sérieusement promettent à leur guru, au jour de l’initiation, qu’ils ne s’adonneront pas à des relations sexuelles en dehors des règles prescrites par les Védas, c’est-à-dire pour avoir des enfants uniquement. Pour cette raison, je n’ai jamais pris ce vœu lors de mon mariage, parce que nous n’avons jamais trouvé un maître sérieux qui réalisait à quoi un couple amoureux et dont le mariage n’était pas arrangé allait se heurter durant son évolution. En général, ces sannyasis exigeaient des nouveaux mariés qu’ils vivent comme des moines !

En ce qui me concernait, j’avais conscience que l’abstinence était impossible, pour moi et la majorité. Et j’avais aussi conscience que les renonçants étaient pour la plupart des hypocrites qui finissaient un jour dans le lit d’une femme, ou d’un homme. Comme j’étais familier avec les textes anciens, je pouvais facilement démontrer l’incohérence de leurs doctrines. L’exemple de ce passage du livre de Dussault est très approprié. Ironiquement, il a écrit : « comme le dit un texte tantrique particulièrement adapté à notre temps. » 

À Haridvar, prêtre chrétien

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Heavy Metal

Moi, je suis un homme
J’adore la Terre
Que vous exploitez
Forcez à vos désirs
Déchiquetez, noircissez, souillez
Tous ici, vous êtes proches de la bête sauvage
Car chez les bêtes, il y a aussi ce que l’on appelle…
L’amour !

La Terre vous exècre !
Vous avez exterminé les races animales
Créé des abattoirs
Mais vous êtes fiers d’être juifs
Musulmans
Canadiens

Conquistadors !!!

Vous tous ici
Peuple du mensonge
Vous salivez du sang
Domination et destruction
Sont les nerfs de vos pulsions
Et vous parlez d’amour !

Vous haïssez l’amour !
Il vous fait peur
Vous avez l’esprit grégaire
Nationaliste. Français. Russe
Protestant. Rose-croix
Militaire. Noir. Indien
Vous avez l’esprit des machines
Moi, je suis un homme !

[...]

Vous vivez à l’image de vos origines
Tribus avec vos tabous et vos fêtes
Peintes sur les parois poreuses et humides
Des cavernes

Égorgez les vaches !
Soufflez les trompettes !
Vous avez là votre bouc émissaire
L’Américain, le juif ou le Tutsi

Sauvages que vous êtes
Je me venge
Comme l’ont fait les poètes

Peuples du mensonge
Je m’adresse à vous
Vos maîtres sont des pilleurs
Je vous dénonce !

 

 

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