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Publié par Laziz

Nous faisons un grand saut dans l'histoire de cette saga et donnons-là un chapitre de la fin du Mahabharata.

 

Après la bataille de Kurukshetra, Yudhistir fut sacré empereur et régna pendant plus d'une décennie. Mais à la terrible nouvelle de la mort de Krishna, ainsi que de la majeure partie des membres de sa dynastie, qui se sont entretués selon la prophétie, il décida de laisser son royaume et de se retirer comme renonçant dans les Himalayas. C’était plus qu’il ne pouvait endurer. Il fut suivi sans hésitation ( tous pour un, un pour tous ! ) par ses frères et Draupadi qui partageaient son affliction au plus haut point ; et un chien se joignit au groupe. Celui-ci s’était particulièrement attaché à Yudhistir et trottait derrière lui, collé à son ombre. Malheureusement, à part Yudhistir et son chien, tous périr sur le trajet. Le destin qui venait de frapper mortellement sa race ne les épargnait pas. Bref, lui seul et son chien arrivèrent vivants devant Indra, le roi des rois et le patron du paradis. Là, Yudhistir, étonné, aperçu Duryodhane, leur ennemi juré, tout souriant et jouissant des plaisirs édéniques. Regardant anxieusement ici et là, Yudhistir n’aperçut ni ses frères ni sa femme. Il s’enquit alors, tout remué de la présence de son cousin haineux, du lieu où se trouvaient ses frères ? Indra lui répondit qu’ils étaient en enfer ! Comme si la vie n’avait pas été assez dure et injuste avec lui, voilà que dans l’autre monde le mauvais sort le poursuivait ! Comment les dieux, ces êtres supérieurs et justes, pouvaient-ils s’accommoder d’un tyran comme Duryodhane, tout en sachant que ses frères, les meilleurs des hommes, souffraient en enfer !? L’injustice était flagrante mais Indra lui expliqua que dans son royaume paradisiaque les choses ne se résumaient pas à la morale terrestre, il lui fallait abandonner ses préjugés. Impossible, c'est l'abomination de la désolation, pensa-t-il en son fort intérieur et il pressa Indra de lui permettre sur le champ d’aller rencontrer ses frères en enfer, il ne pouvait tolérer une minute de plus cette situation des plus déplorables. Indra se rendit à son désir et lui fournit un guide qui l’accompagna sur le chemin sinistre de l’enfer. Là, il retrouva effectivement ses frères qui furent si heureux de le revoir ; leurs souffrances se trouvaient atténuées du fait de sa présence. Yudhistir décida par conséquent de rester avec eux dans ce lieu infâme : si Duryodhane, qui est du bois dont on fait les égarés, résidait dorénavant au paradis, cette libération n’était pas pour lui, il préférait de loin partager le sort de ses frères. (Cela me rappelle le voyage d’Ulysse pour retrouver sa mère au royaume d’Hadès, je vous place le lien où je raconte cette histoire qui a un goût de sang.)

 

 

Prenant acte de sa décision, le guide s’en retourna au palais d’Indra et lui raconta son expérience. Ravis, Indra, Dharma, Narada et de nombreuses personnalités se rendirent à la rencontre de Yudhistir. Au fur et à mesure qu’ils progressaient, le chemin auparavant jalonné de matières infectes et de signes de mauvais augures, se transformait en un paysage sublime. Quand ils arrivèrent sur place, il ne restait plus aucune trace de ces horreurs. Enchanté, mais demeurant sur ses gardes, Yudhistir demanda à ses hôtes la signification de cette métamorphose. Indra prit la parole : « Nous t’avons fait passer à travers un dernier test. À partir de maintenant, tu vas rejoindre tes frères qui se trouvent déjà sur les planètes supérieures réservées aux hommes et aux femmes les plus méritants, ceux dont les actions sont des exemples de vertu pour tous les être de l’univers. Ce que tu as vécu là, mon cher, était l’illusion de l’enfer, maya ; elle n’a duré en fait que quelques minutes pour toi et à peine plus longtemps pour ta famille. Tu devais passer par ces désagréments à cause de ton hésitation sur le terrain de bataille à mentir lorsque Krishna te l’a demandé. Pour ta gouverne, sache que selon les lois du dharma, notamment celle du karma, après la mort les âmes qui ont vécu une vie de pécheur viennent d’abord au paradis pour jouir de leurs bonnes actions –il faut rappeler, insista Indra, que Duryodhane est mort comme un soldat et que pour tout soldat abattu sur le champ de bataille, les planètes édéniques lui sont assurées, sans aucun doute. Après le fruit de leur mérite épuisé, ils devront aller subir la peine qui leur est échu, s'il en est, en enfer. Il en va exactement de même, mais à l’inverse, pour ceux qui ont passé leur vie à faire le bien, dans l’amour de Dieu; ils vont d’abord, en coup de vent, au royaume des morts purger leurs fautes, puis ils accèdent au mien.

 

Ainsi prend fin le Mahabharata, l’exaltante épopée qui raconte la vie des cinq Pandava et de leur ami Krishna, le seigneur des mondes spirituels et matériels. Cette saga marque la fin d’un âge et le début du nôtre, le kali-yuga, qui commença il y a approximativement 5000 ans.

 

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Le secret de Kunti : Karna, l'enfant abandonné

Le roi Pandu, fils du grand sage Vyasa ( l'auteur et acteur du Mahabharata), était le père officiel, mais non biologique, de ceux qu'on nomma par la suite les cinq Pandava. En fait, ces enfants furent conçus par des dieux à travers les deux femmes de Pandu, Kunti et Madri, avec son assentiment enthousiaste. Ainsi, sa descendance et la direction du royaume seraient assurées. C'était le devoir temporel et spirituel le plus important pour une homme de son rang d'avoir une descendance pour lui offrir et continuer le rituel du shrada, la cérémonie destinée aux ancêtres, qu'il faut pratiquer dès le décès, avec zèle et gravité, sinon peine et chagrin seront le lot de l'âme départie.

 

En effet, Kunti détenait un secret. Avant son mariage, elle reçut d’un sage la bénédiction de faire apparaître devant elle, grâce à un mantra, le dieu qu’elle souhaitait. Naturellement, et sans trop y croire, un jour, elle essaya son efficacité. Puisqu'elle avait invoqué Surya, le dieu du Soleil, il se présenta à elle. Elle ne réalisait pas qu’une telle invocation, comme le lui apprendra Surya, surtout venant d’une aussi jolie fille, avait pour implication une relation sexuelle ; c’était pour cette raison qu’il se présentait à elle. Scandalisée, Kunti refusa catégoriquement, prétextant l'impossibilité, par la suite, de trouver un mari. Surya la rassura : les dieux ne procréent pas comme les humains ; elle aura un enfant sans les marques de l’accouplement ; elle restera vierge.

 

Ainsi, son premier fils, Karna, naquit. Confuse, elle l’abandonna. comment aurait-elle pu expliquer cette aventure sans encourir le scepticisme de la part de sa famille et du peuple ? Rapidement, elle le plaça dans une corbeille et pria pour que le courant de la rivière l'emporte vers un lieu qui lui portera bonheur. L’enfant possédait à la naissance des caractéristiques surnaturelles, il était sorti de son sein avec des parures sur le corps, tels que boucles d'oreilles et bracelets. Ces atouts naturels le rendraient tout puissant et prouvaient son origine divine. Grâce à ces ornements, et les bijoux qu'elle plaça, en plus, dans le panier, pour dédommager celui qui l'adoptera, un jour, pensa-t-elle, elle le retrouvera.

Avec un film sur la vie de Karna, dessins animés en anglais, seulement 

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