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Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

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Nara et Narayana : quand Dieu descend sur terre.

Nara et Narayana

Ce matin, j'ai lu le Mahabharata dans la version de Madeleine Biardeau. Malgré quelques interprétations discutables, son travail regorge d'idées fascinantes et stimulantes. Il m'invite à revisiter cette grande épopée, à poser un regard neuf sur Dieu et sur l'humanité. Le Mahabharata m'ouvre à une vision unique de l'histoire du monde et des hommes. Et, qui plus est, tout cela est en français !

​Malgré sa maîtrise du sanskrit et sa connaissance de l'Inde, où elle a vécu plusieurs années, Biardeau aborde le Mahabharata d'un point de vue athée qui limite la profondeur de son interprétation.

​Je lisais des passages sur Nara et Narayana, deux figures divines remarquables et incarnations d'avatars : Narayana incarne Dieu, tandis que Nara, dont le nom signifie « homme », est son éternel compagnon. Dans le contexte du Mahabharata, leur relation prend une forme spécifique à travers Krishna et Arjuna, un duo dont la dynamique atteint son apogée dans la Bhagavad-gita.

Ces divinités possèdent l'un des temples les plus célèbres de l'Inde, situé à Badrinath, dans l'Himalaya. Je n'ai jamais eu l'occasion de m'y rendre, car la région reste inaccessible une grande partie de l'année en raison de la neige. Ce temple est l'un des principaux lieux de pèlerinage en Inde.

​Lorsque ces dieux sont évoqués, il est souvent fait allusion à l'analogie des deux oiseaux de la Katha Upanishad. Madeleine Biardeau traduit ces vers en prose ainsi : « Deux oiseaux, un couple d'amis, perchent sur le même arbre. L'un d'eux mange le fruit doux du pippal, l'autre, sans manger, observe. »

​L'interprétation donnée par Biardeau est structurelle. Selon les Écritures et les maîtres vishnouites — c'est-à-dire les adorateurs de Vishnu —, l'explication est tout autre : au sein du cœur résident deux entités : l'âme individuelle et Paramatma (l'Âme Suprême, ou Dieu). L'âme individuelle se plonge dans les plaisirs de la vie matérielle, indifférente à la présence de Paramatma, qui observe, détaché, sans intervenir. Pourtant, Paramatma attend patiemment que cette âme détourne son attention des plaisirs éphémères pour se tourner vers Lui, ouvrant ainsi la voie à une autre réalité, celle de la spiritualité. ■

 

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