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Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

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Varnashrama-dharma versus Marxisme. 

Un policier en Inde garde un immeuble

Nous ne pouvons pas avoir de société sans gouvernement, tout comme personne ne peut vivre sans une structure sociale organisée. Par conséquent, si un groupe d'hommes et de femmes souhaite se développer et être reconnu comme une société civilisée par d'autres civilisations avancées, une certaine forme de gouvernement doit nécessairement être adoptée.

​Pendant longtemps, les nations les plus développées de l'Occident ont qualifié ces régimes de « démocratie ». Pourtant, nous devons reconnaître que les Gaudiya Vaishnavas n'ont jamais proposé ni développé de conception politique comparable, malgré leur défense rigoureuse d'un ordre social basé sur le système de classes connu sous le nom de varnashrama.

​Cette absence de philosophie politique explicite laisse un fossé évident entre les idéaux de l'ordre divin des Gaudiya et la question pratique de la gouvernance dans la société humaine.

De nos jours, ces aspects de la prédication — les discussions et les spéculations sur la manière de réorganiser la société — sont reportés indéfiniment, un peu comme si l'on balayait une poussière indésirable sous le tapis. C'est devenu un réflexe normal, compte tenu de la difficulté de réimposer un système fondé sur les classes dans un monde où le marxisme a révolutionné et réorganisé la société presque partout sur la planète. Il est devenu un modèle universel.

Malheureusement, les dévots de Krishna ont peu d'appétit pour l'étude de ce que l'on appelait autrefois les sciences naturelles et sociales. Ils préfèrent les couleurs de l'ambiance bhajananandi et soulignent son excellence par-dessus tout. L'intervention d'un dévot, par exemple, avec ce titre : « Qui sont les dévots purs ? » s'appuie sur un verset du Srimad-Bhagavatam et son commentaire, tout en ignorant l'effort à long terme de Srila Prabhupada pour reconnecter la société avec ses racines panthéistes immédiates, pratiques et universelles.

« Qui sont les dévots purs mentionnés ici ? Dans une assemblée de dévots purs, il n'est pas question de discuter de sujets matériels comme la politique et la sociologie. Dans une assemblée de dévots purs, on ne discute que des qualités, des formes et des passe-temps de la Personne Suprême de Dieu. Il est loué et adoré avec une attention totale. En association avec des dévots purs, en écoutant constamment ces sujets avec respect, même une personne qui souhaite se fondre dans l'existence de la Vérité Absolue abandonne cette idée et s'attache progressivement au service de Vasudeva. » (S.B. 5.12.13.)

Teneur et portée : « Les symptômes des dévots purs sont décrits dans ce verset. Le dévot pur ne s'intéresse jamais aux sujets matériels. Śrī Caitanya Mahāprabhu a strictement interdit à Ses dévots de parler des affaires du monde. Grāmya-vārtā nā kahibe : on ne doit pas se complaire à discuter inutilement des nouvelles du monde matériel. On ne doit pas gaspiller son temps de la sorte. C'est là un trait très important dans la vie d'un dévot. Un dévot n'a d'autre ambition que de servir Kṛṣṇa, la Personne Suprême de Dieu. Ce mouvement pour la conscience de Kṛṣṇa a été lancé pour occuper les gens vingt-quatre heures sur vingt-quatre au service du Seigneur et à Sa glorification. Les étudiants de cette institution se consacrent à la culture de la conscience de Kṛṣṇa de cinq heures du matin à dix heures du soir. Ils n'ont en réalité aucune occasion de perdre leur temps inutilement en discutant de politique, de sociologie et d'actualité. Ces choses suivent leur propre cours. Un dévot se préoccupe uniquement de servir Kṛṣṇa de manière positive et sérieuse. »

Ne vous méprenez pas : vous n’êtes pas des dévots purs. Loin de là. ( Mon conseil. )

Ainsi, les plus radicaux prennent ces instructions au pied de la lettre, car elles ne laissent aucun doute sur les préoccupations honnêtes et légitimes d'un dévot qui veux devenir pur. Les critiques — comme celles venant des marxistes, très répandues en Inde à l'époque de Prabhupada — interprétaient ce penchant pour la bhakti comme un signe de facilité et de sentimentalité, par opposition au travail sérieux requis pour organiser et protéger une société.

Comme vous le savez bien, cet aspect de la bhakti n'est qu'un côté de la médaille. L'autre côté est celui où Prabhupada accepte l'ordre du renoncement et décide que la philosophie de la Bhagavad-gita et du Srimad-Bhagavatam doit s'imposer comme une doctrine essentielle pour les sociétés — y compris les sociétés occidentales — et doit les influencer de manière décisive, du sommet jusqu'à leurs fondations mêmes. C'est précisément ce qu'il a entrepris de faire lorsqu'il a quitté sa patrie pour l'Amérique du Nord en 1965.

Femmes et kibboutz

[ Commentaire de l'image : Des Juifs communistes et athées d'Europe ont fondé les premiers kibboutz en Israël sur les principes d'égalité entre hommes et femmes, effaçant délibérément les marqueurs traditionnels de classe sociale. Pourtant, au sein de leur société, ils comptaient également des politiciens, des sociologues et des philosophes qui voyaient au-delà du travail agricole, conscients que le nouveau pays aurait besoin d'une vision plus large pour survivre dans un monde de forces hostiles capables de balayer leur utopie à tout moment. Les femmes ont ainsi été appelées à faire mentir le proverbe, démontrant qu'elles n'étaient pas, comme le patriarcat les avait façonnées depuis des millénaires, destinées uniquement à se rassembler dans des lieux de culte pour chanter et prier. Elles ont prouvé qu'elles pouvaient aller au-delà des rôles étroits qui leur étaient assignés, en participant pleinement au travail et à la vision nécessaires pour bâtir et pérenniser la société. ]

Évidemment, en Amérique, on ne parle pas de brahmanas et de sudras. C’est la démocratie qui y prévaut — c’est-à-dire l’égalité des classes exigée par la Révolution française et renforcée par le marxisme. Quelques années plus tard, Prabhupada dira à ses disciples : « Je suis venu ici pour rétablir le varnasrama. J’ai rétabli la classe brahmanique. C’est à vous de rétablir les autres classes — la classe des Kshatriyas, la classe des Vaishyas et la classe des Shudras. » Témoignage receuilli par Prishnigarbha Dasi.

Cette dernière écrit encore : -- Les toutes premières paroles que j'ai entendues de Srila Prabhupada en personne étaient celles qu'il adressait à nous tous qui étions assis dans la salle du temple : « Je suis venu ici pour rétablir le varnasrama. J'ai rétabli la classe brahmanique. C'est à vous de rétablir les autres classes, la classe des Kshatriyas, la classe des Vaishyas et la classe des Shudras. Les années écoulées jusqu'à aujourd'hui ont prouvé que nous avons assurément besoin de cette classe de gestionnaires que sont les Kshatriyas. Quiconque s'efforcera d'y parvenir a à coup sûr le soutien direct de Shrila Prabhupada !

​Je lui ai demandé : La discussion a-t-elle été enregistrée ?

​— Je n'en ai aucune idée. C'était vers les années 1970 dans le temple de Portland, dans l'Oregon. Certains dévots enregistraient des choses, tout comme d'autres prenaient des photos. Je sais que j'ai entendu cela. La salle du temple était comble. J'ai manqué le premier jour de sa venue parce que j'avais un emploi de bureau à Seattle, dans l'État de Washington, et que je devais travailler ce jour-là. Ensuite, j'ai pris le bus Greyhound pour Portland le lendemain. Quand je suis enfin arrivée à la maison qui abritait le temple, tout le monde était entassé dans une salle et Srila Prabhupada, installé sur son siège, donnait une causerie. Lorsque je suis entrée dans la pièce, personne ne m'a indiqué ce que je devais faire ni où m'asseoir, et comme il parlait, je n'allais pas l'interrompre pour demander ; je me suis donc assise dans un espace vide près de dévots en face de lui. Quand je me suis assise et que je l'ai regardé, il a prononcé ces mots à toute la salle, en regardant tout le monde pour inclure chacun, une sorte de regard circulaire, lent, pensif et global.

Ce que je dirais, c'est qu'un minimum de structure politique reste indispensable : aucune société ne peut survivre et aucune révolution ne peut aboutir sans elle. Le principe même du varnashrama-dharma ne saurait s'en passer. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre ? Pourquoi ignorer une telle évidence ?

La compréhension et l’établissement du varnashrama-dharma sont profondément liés au concept de la science que Prabhupada en avait d’elle. Lorsqu’il enseignait la Bhagavad-gita ou le Srimad-Bhagavatam, il décrivait constamment la conscience de Krishna comme la science de Dieu. Il est important de noter qu’il utilisait le terme de science dans son sens classique ou védique, où la vérité ne découle pas de l’observation empirique, mais existe comme une réalité a priori. Les Vedas, en tant que pramana ultime (source de connaissance), éclairent les vérités éternelles qui forment le fondement du varnashrama-dharma. Évidemment, lui seul pouvait se référer à cet a priori, mais le principe n'en demeure pas moins exigeant. ■

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