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Publié par Laziz

http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/425958_10150537245673985_702803984_8944955_1215665363_a.jpg Le génocide, on en parle beaucoup mais sans réussir à en fixer une définition applicable à des situations contemporaines. Le président Sarkozy a décidé, finalement, d'appeler un chat un chat et de reconnaître officiellement le génocide arménien commis par les Turcs qui continuent obstinément de le nier. Pourtant, quand on veut utiliser ce vocable pour l'appliquer au Cambodge ou aux événements en Argentine, ou même en Arménie, on se rend compte qu'il y a de nombreuses résistances dues au flou qui entoure la notion de génocide. Les juifs ont joué un rôle important pour essayer de circonscrire son sens à leur drame. Cela n'a pas fonctionné et aujourd'hui il lui préfère le terme biblique de Shoah pour sauvegarder le caractère distinctif et unique de l'épouvantable supplice qu'ils subirent.

 

http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/402649_10150537234688985_702803984_8944934_1550379586_a.jpgAvec ce film, Arusha, qui traite des massacres du Rwanda en 1994, où il est dit qu'un million de Tutsis ont péri, prononcer le mot génocide au Tribunal international reste encore un exercice diplomatique et judiciaire qui ne va pas de soi. Bien que le documentaire m'ait laissé sur ma faim, l'étude des mentalités et des formes que prend le mal est passionnante. Ce film, après celui du procès des Nazis à Nuremberg, continue cette exploration d'une facette humaine invraisemblable et démoniaque, du moins on aimerait croire qu'il en est ainsi, qu'une facette, dont les impulsions seraient maîtrisables par les gens sains d'esprit. L'histoire n'a-t-elle pas prouvé que ces derniers existent ? Les justes.

 

En regardant Arusha, en ne peut s'empêcher de penser à cet autre documentaire québécois, Le jeu de la mort, qui reproduit, dans une émission télévisée, les fameuses expériences de Milgram dans les années 60, toutes aussi explosives, et qui démontrent qu'un individu, soumis à l'autorité, est capable d'infliger les pires souffrances à un autre être humain, même s'il doute de sa culpabilité ou qu'il le sait innocent, simplement parce qu'il suit l'ordre de son supérieur. Par conséquent, il estime qu'il ne peut être tenu responsable pour ses actes, même injustes. Après tout, nous savons que durant les guerres, les aviateurs ont lâché des milliers de bombes sur des villages peuplés de civils et que certains d'entre eux ont été reçus par les dirigeants de leur pays comme des héros nationaux! (Voir le documentaire Little Dieter needs to fly.*)

 

http://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/425922_10150537250213985_702803984_8944959_1614657776_a.jpgDans Arusha, cette même psychologie du tueur servant les intérêts nationaux et ethniques de son pays est à l’œuvre et s'ajoute à d'autres perversités. En outre, par ce documentaire historique, on peut constater les moyens et les arguments utilisés pour élucider les origines de ce mal et la manière dont il se déploie, comment les juges s'y prennent pour condamner ceux qui sont condamnables et pour rendre justice le mieux qu'ils peuvent, même si cela s'avère quasiment une utopie. Au moins, on aura essayé et des coupables seront punis. Au yeux des survivants, une décénie plus tard, l'atmosphère doit leur paraître plus respirable et la vie peut reprendre. Doucement, car il faudra du temps pour oublier.

 

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Liens en relation, Le jeu de la mort
Népémakö: le Tibet ce n'est pas la Palestine
Namibie: Un génocide qui n'a pas dit son nom

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