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Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

Les préjugés qu'entretenait Darwin

Darwin méconnu, de Jacques Henry, critique de Maroudiji

Voici quelques extraits du livre de Charles Darwin « La descente de l’homme ». Ils proviennent du livre Darwin méconnu, de Jacques Henry. Je les ai trouvés sur un site d’obédience chrétienne dont vous trouverez le lien en bas de page. J’y fais également un bref commentaire. Les titres accolés aux trois paragraphes suivant sont de moi

Le sauvage peut-il mieux comprendre que le chien?
« Le sauvage et le chien ont souvent trouvé de l’eau dans les dépressions du sol, et la coïncidence de ces deux circonstances s’est associé dans leur esprit. Un homme civilisé ferait peut-être quelque raisonnement général à ce sujet; mais tout ce que nous savons sur les sauvages nous autorise à penser qu’ils ne feraient sans doute pas ce raisonnement et le chien ne le ferait certainement pas. Toutefois le sauvage, aussi bien que le chien, malgré de nombreuses déceptions, continuerait ses recherches; et, chez tous deux, ces recherches semblent constituer également un acte de raison, qu’ils aient ou non conscience qu’ils agissent en vertu d’un raisonnement. » La descente de l’homme, I.3, p.80.

La conscience du chien vis-à-vis de celle d’une femme australienne
« On peut évidemment admettre qu’aucun animal ne possède la conscience de lui-même si l’on implique par ce terme qu’il se demande d’où il vient et où il va, qu’il raisonne sur la mort ou sur la vie, et ainsi de suite. Mais, sommes-nous bien sûrs qu’un vieux chien, ayant une excellente mémoire et quelque imagination, comme le prouvent ses rêves, ne réfléchisse jamais à ces anciens plaisirs à la chasse ou aux déboires qu’il a éprouvés? Ce serait là une forme de conscience de soi. D’autre part, comme le fait remarquer Büchner, comment la femme australienne, surmenée par le travail, qui n’emploie presque point de mots abstraits et ne compte que jusqu’à quatre, pourrait-elle exercer sa conscience ou réfléchir sur la nature de sa propre existence? La descente de l’homme, I.3, p.88.

Des animaux ont des facultés supérieures à certains humains.
« Le sentiment du beau, en tant qu’il s’agit tout au moins de la beauté chez la femme, n’est pas absolu dans l’esprit humain, car il diffère beaucoup chez les différentes races, et il n’est même pas identique chez toutes les nations appartenant à une même race. A en juger par les ornements hideux et la musique non moins atroce qu’admirent la plupart des sauvages, on pourrait conclure que leurs facultés esthétiques sont à un état de développement inférieur à celui qu’elles ont atteint chez quelques animaux, les oiseaux par exemple. Il est évident qu’aucun animal ne serait capable d’admirer une belle nuit étoilée, un beau paysage ou une musique savante; mais ces goûts relevés dépendent, il ne faut pas oublier, de l’éducation et de l’association d’idées complexes, et ne sont appréciés ni par les barbares, ni par les personnes dépourvues d’éducation. » La descente de l’homme, I.3, p.98-99.

Mes commentaires
Dire que « Darwin était un homme de son temps », comme beaucoup le font, notamment sur le site en question, n'est pas une excuse. C'est une insulte pour des millions d'hommes qui ne pensaient pas comme lui, c'est-à-dire que l'homme blanc était supérieur ou le plus civilisé d’entre les peuples. Lui et ses confrères puisaient dans une telle attitude l’arrogance et la supériorité dominatrice sur le reste du monde. En tout cas cela en dit long sur la mentalité et l'intelligence de ceux qui prennent encore aujourd’hui Darwin pour un génie, en définitif une grande partie de nos sociétés.

« Les découvertes scientifiques de Darwin, me répond-on, doivent être évaluées pour ce qu’elles sont, indépendamment de tout autre type de considérations, » C’est là où le bât blesse. Je remets en question cette fascination pour son œuvre scientifique, s'il en est.

Je ne pratique pas cette dichotomie que vous suggérez, telle que séparer la morale de la philosophie ou de la science. Cette attitude conduit irrémédiablement à un résultat, négatif. Les Américains, pour faire progresser la science, ont fait venir, juste après la guerre, tous les nazis compétents pour les employer dans leurs laboratoires et leurs universités. Dans mon livre à moi, la science est un tout, et elle est en premier lieu un respect envers Dieu, les hommes, les animaux et la nature.

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Le lien en question : Quelques leçons spirituelles de la vie de Darwin

Darwin et la conscience des chiens

Darwin et la conscience des chiens

 Si on lit ses livres et que l'on a quelque intérêt pour l'histoire des idées, on se rend compte que Darwin n'est pas du tout le prodige que les enseignants nous ont décrit, intelligent et perspicace. Mais comme il a transformé la conscience de l'humanité et qu'en Occident et partout ailleurs dans le monde on ne jure que par lui, on peut dire qu'il a réussi un sacré tour de force! "

  En fait, à la publication de ce livre, en 1871, la société des intellectuels ne savait pas encore ce qu'est la conscience. On peut comprendre l'objection de ces savants occidentaux quant à la possibilité pour les animaux d'avoir une âme, car leurs prédécesseurs se sont aussi posés la question concernant les femmes: en avaient-elles? On part donc de loin! Mais, là, il s'agit de la conscience... En d'autre mots, le fait d'être conscient. De constater par exemple qu'il pleut, que des voitures roulent sur la chaussée et qu'il faut être prudent en la traversant, qu'il y a à bouffer dans le bol, ou de se sentir mal à cause d'une patte blessée, etc. À l'évidence, un chien est conscient de toutes ces occurrences, mais Darwin n'en est pas certain, c'est ce qui transparaît à la lecture de cette note dans son livre La filiation de l'homme.

 

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Le darwinisme n'est pas à l'abri des iconoclastes 

Vous le savez, critiquer la théorie de l'évolution est tabou. C'est un péché, un crime de lèse majesté. Sa pertinence scientifique n'est pourtant pas sans incohérences, loin s'en faut. Il n'empêche, elle est enseignée comme seule et unique connaissance sur l'origine des espèces et de l'homme, en particulier dans les pays occidentaux.* Ceux-là ne manquent pourtant pas de moyens épistémologiques pour constater ses lacunes. En dépit du fait qu'elle penche du côté qu'elle va tomber,** de nombreux intellectuels défendent bec et ongles l'idée que la théorie a dépassé le statut de l'incertitude et qu'elle doit être reconnue universellement comme une vérité indiscutable. Or, il n'en est rien. Malgré ses airs de scientificité, la théorie n'est pas à la hauteur de ses prétentions. Elle ressemble plutôt à un de ces nombreux mythes sur la création qu'ont toujours nourris les tribus du passé à travers le monde. Pour la distinguer, les tenants du néo-darwinisme l'ont tout simplement habillée d'une rationalité factice. La preuve qu'elle est une croyance matérialiste et athée, sans plus, est qu'elle ne peut pas être proposée à la discussion dans une assemblée respectable... ***

Il est donc plus que temps d'appliquer à son égard la méthode scientifique. Vérifions sa pertinence en commençant par lui opposer l'épreuve de Karl Popper, la réfutabilité: les hypothèses qui soutiennent la Sélection naturelle peuvent-elles être testées? Si ce n'est pas le cas, le darwinisme n'est pas scientifique, mais une croyance. On peut également se pencher sur le résultat des prévisions concernant les éventuelles apparitions de nouvelles espèces et dont le processus aurait débuté il y a des millions d'années, comme l'exige une théorie sérieuse. Que les prévisions s'avèrent fausses ou qu'elles ne sont pas constatées, on en déduit que le darwinisme n'est pas scientifique. Si on prétend que la vie vient de la matière, pour donner un autre exemple, il faut prouver que la démonstration de Pasteur à ce sujet est erronée. Tant que nous ne pouvons pas réfuter le résultat de son expérience, l'intuition de Darwin, estimant que des cellules dans une mare d'eau auraient été à l'origine de la vie, ne peut servir de base scientifique. Et cetera. 

Les philosophes et les historiens des sciences ont établi une méthode conventionnelle pour déterminer le vrai du faux dans le domaine des inventions et des découvertes, il nous suffit tout bonnement de l'appliquer scrupuleusement. 

 

* La cosmogonie biblique n'est pas une alternative scientifique, il va de soi. 
** Sa faiblesse holistique et structurelle.
*** Le silence et l'indifférence n'en sont pas moins éloquents lorsque la publication n'est pas censurée.

PS. J'ai écrit cette phrase sur la couverture du livre. Harari est un beau cas de ce qui se fait en matière de propagande dans ce domaine.

Isaah Berlin, dans Le sens des réalités. Discussion sur la théorie de l'évolution et la science.

Autre lien sur ce blog : 

Les préjugés qu'entretenait Darwin
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