Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.
22 Juin 2026
Je ne suis qu'un aspirant dévot. Aucune illusion, aucun doute là-dessus. D'une manière ou d'une autre, j'ai été attiré comme un aimant par la conscience de Kṛṣṇa et j'ai sacrifié ma jeunesse pour Srila Prabhupada. J'ai ensuite passé ma longue vie à l'étudier et à écrire sur ses enseignements et sur la philosophie vaishnava.
Cet exemple concernant la façon dont Kunti s'adresse à Kṛṣṇa illustre parfaitement ma maturité et ma compréhension de la conscience de Kṛṣṇa. (Voir sa causerie dans les commentaires.)
L'explication de Prabhupada sur l'attitude de Kunti face à l'importance de la présence de Krishna a vraiment donné de la force à ma propre compréhension. Même une aussi grande dévote que Kunti Devi implorait Krishna de ne pas la quitter, car elle se sentirait diminuée. C'est ma philosophie concernant la présence physique.
Quand je dis que j'ai sacrifié les meilleures années de ma vie, c'était pour sauver littéralement Srila Prabhupada de la maladie qui le consumait et qui allait bientôt l'emporter vers l'autre monde. Nous ne voulions pas que notre maître spirituel nous quitte. À cette fin, mois après mois, nous avons distribué ses livres pour qu'il puisse retrouver la santé. Lui non plus ne voulait pas nous quitter. Même s'il n'était pas physiquement à nos côtés, le simple fait de savoir qu'il était en vie, en chair et en os, était plus réconfortant et merveilleux que de l'imaginer à Krishna-loka.
Je vous le jure, c'était de l'amour. Et pour aimer, il faut être deux. C'est cela, pour moi, la définition du personnalisme. Et c'est ainsi que Prabhupada l'a enseigné.
Eh bien, je sais que ce n'est pas facile à comprendre : une fois conditionné, l'esprit déploie toutes ses ressources pour se convaincre qu'il a raison, qu'il peut dénigrer tout ce qui ne colle pas avec sa vision des choses. Pourtant, nous écoutons les mêmes classes et lisons tous les mêmes livres. Dois-je insister pour prouver que j'ai raison, que je sais mieux, que j'ai plus lu, que j'ai une meilleure maîtrise de l'histoire et de la philosophie ? Vanité !
Pourtant, Prabhupada revient toujours aux mêmes idées, jusqu'à ce qu'elles pénètrent les esprits. Ce n'est pas -sa- philosophie. Il se défend constamment contre cette notion. C'est la philosophie de son maître spirituel, celle du Srimad-Bhagavatam, des Vedas. Les exemples qu'il fournit sont frappants et divers, parfois apparemment contradictoires. Il est clair que le maître spirituel continue de vivre dans le cœur de son disciple en son absence. C'est une vérité fondamentale, presqu'un lieu commun. Certains, pourtant, refusent de le voir ainsi, et ils utilisent un marteau pour enfoncer encore plus fort le clou de la distinction.
La vérité est que la nécessité de la présence de Krishna est ressentie tout autant, sinon plus, par les purs dévots que par les néophytes ou les madhyama-adhikaris. Et dans cette classe magistrale sur Kunti, Prabhupada insiste sur ce point important. La première étape, précise-t-il, est de rechercher la protection de Krishna, car sans elle nous sommes perdus. Alors pourquoi ne me protégerait-il pas, moi qui la recherche comme n'importe quel dévot ayant sacrifié sa jeunesse sur le chemin de la bhakti ? Il donne cet exemple :
« Sans Sa protection, personne ne peut vivre, ne serait-ce qu'un seul instant. C'est un fait. Alors si vous pensez : "Krishna protège tout le monde, alors à quoi bon devenir un dévot spécial ?" Non, cela a une utilité. Tout comme le roi protège tout le monde, chacun de ses citoyens. C'est son devoir. Mais il réserve une protection spéciale à ses propres hommes. C'est cela, la distinction. »
Vous comprenez ? Vous voyez la différence ? Prabhupada dit que Dieu n'est pas partial, mais qu'Il accorde une attention particulière à Son dévot. Pas n'importe quel dévot, mais un pur dévot.
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Extraordinaire coïncidence
Nouvelle Mayapura, France, 1976. Je viens de trouver ce cliché --en terminant article-- sur la page d'un dévot qui publie d’anciennes photos avec Srila Prabhupada et ses disciples à travers le monde. Au centre, derrière lui, c'est moi.)
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