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Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

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Le Jour de l'Indépendance en Inde et la politique, avec Bhaktisiddhanta Sarasvati Maharaj.

En réponse à un article de Madana-gopala Dasa paru dans ISKCON NEWS

Tout à fait, comme tu l'as écrit, chaque célébration du Jour de l'Indépendance invite d'abord ses citoyens à honorer les immenses sacrifices de ceux qui ont donné leur vie et leur énergie pour que l'Inde puisse retrouver sa dignité et son autonomie.

Sans leurs luttes, il n'y aurait pas de liberté de culte, pas d'espace civique où les temples, les festivals et les communautés spirituelles pourraient s'épanouir. La politique, aussi imparfaite soit-elle, reste une condition sine qua none à l'épanouissement de toute société, y compris une société spirituelle.

Pour les dévots, cette reconnaissance ne diminue pas mais enrichit plutôt la célébration : la liberté politique est une valeur précieuse, mais elle ne doit pas être confondue avec la liberté ultime. Les lois, les institutions et les débats publics appartiennent à la sphère du nécessaire ; le japa, le kirtana, le prasadam et le sadhusanga appartiennent à la sphère du vital. L'un fournit les conditions, l'autre donne le but.

Ce cadre indispensable protège également le cœur même de la politique : la possibilité pour les dévots de Krishna de s'exprimer ouvertement dans des forums de discussion — les istagostis — où tous les sujets peuvent être abordés entre participants matures, des « adultes responsables », et non, comme le disait parfois Srila Prabhupada, à la manière des « chiens et des chats », ce que reflète malheureusement souvent une démocratie mal appliquée (si tant est qu'une telle Démocratie ait jamais existé...).*

Ainsi, nous ne disons pas « non » à la politique, mais plutôt « oui, à sa juste place » : intégrée avec sagesse à la vie sociale, respectée comme un cadre indispensable, mais sans coloniser l'intériorité du dévot ni se substituer à la révolution spirituelle qui seule guérit l'oubli de Krishna. Dans cette complémentarité réside le véritable équilibre : rendre hommage à l'indépendance nationale tout en se rappelant que l'indépendance ultime est celle du cœur, éveillé à l'amour divin.

Quelques mots sur la démocratie. Elle est née à Athènes, répète-t-on comme un mantra de lumière. Cette idée qui se veut édifiante et joyeuse est une pauvre illusion qui se révèle aujourd'hui sous son vrai jour : l'Ukraine et l'Israël sont donnés, avec le plus grand sérieux, comme des exemples de ce régime progressiste inhérent au génie de la civilisation occidentale !

 « Pourtant, lors des délibérations à Athènes, la tension était parfois si vive que des catégories sociales étaient exclues des assemblées ou que des coups d'État suspendaient la démocratie pendant un certain temps. Quelques procédures existaient pour protéger l'assemblée et forcer les intervenants à réfléchir. Un citoyen qui avait proposé à l'assemblée une décision qui s'avérait néfaste pouvait être soumis à l'ostracisme, c'est-à-dire privé de ses droits politiques et contraint à l'exil pour quelques années. La procédure dite de la graphē paranómōn permettait à l'assemblée d'accuser et de condamner un magistrat, un stratège ou un orateur pour avoir mis de l'avant une proposition illégale ou préjudiciable à la cité, même si elle avait été adoptée par l'assemblée. La peine pouvait prendre la forme d'une amende ou de la perte des droits politiques. » — Francis Dupuis-Déri, ’Démocratie. Histoire politique d'un mot.’

Ne suivons pas les traces des Témoins de Jéhovah.*

Madana Gopal a écrit : « Parallèlement à cette accusation est venue une mise en garde plus profonde, souvent résumée ainsi : "Les politiciens changeront, mais la politique restera." En d'autres termes, même les victoires légitimes dans la sphère civique ne peuvent guérir la maladie profonde qu'est l'oubli de Kṛṣṇa. Cette tâche exige une révolution spirituelle. »**

— Ce que je dirais, c'est qu'un minimum de politique est nécessaire. Aucune société ne peut survivre sans cela. Aucune révolution ne peut avoir lieu sans cela.

Il a également écrit : « Le point de vue de Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura n'était pas le quiétisme ; c'était la priorisation. »

— Comment pourrait-il en être autrement ? Krishna a dit à Arjuna de se battre. Prabhupada (notre Prabhupada) n'a-t-il pas dit : « Travaillez maintenant, le samadhi plus tard » ?

 * Ils ne veulent pas construire une société dotée de forces armées. Tuer est un crime. Par conséquent, si leur communauté est attaquée, ils ne se défendront pas. Une telle société ne peut tout simplement pas fonctionner. En pratique, ils s'en remettent toujours à la police ou à l'armée pour leur protection, tout en refusant de reconnaître cette réalité politique ou de l'intégrer dans leur vision du monde — si tant est que leur vision du monde puisse être qualifiée de philosophie. À l'inverse, les Vaishnavas — les dévots de Hare Krishna — reconnaissent le varnashrama-dharma comme le fondement d'un ordre social viable et réaliste.

** Comment peut-on faire une révolution spirituelle sans le varnashrama ? Les brahmanas ne font pas le travail des kshatriyas.

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