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Publié par Laziz

http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/967/967751-gf.jpgL’évidence, inintelligible pour le commun des mortels, résonne en despote et donne à la science le verdict final. Ainsi, le peuple tout chocolat en reste béat d’admiration; il n’y comprend pas grand-chose mais cultive une foi salvatrice envers les savants (dont il a occulté le fait qu’ils soient des hommes; meilleurs pour certains, pires pour d’autres, mais des hommes). De cette croyance humaniste, le peuple s’en intoxique jusqu’à la lie; «la science nous sauvera», pense-il, de concert avec les médias et l’éducation nationale. Or, je dirais, sans faire de gros calculs, que la science est devenue aujourd’hui, par le biais de ses agents, la technologie et le progrès, le fléau qui cause la mortalité la plus sévère à travers le monde. Je pense, cependant, à mon humble avis, que la maison est finie et que le mort peut entrer, selon le dicton. (Entre parenthèses: François Hollande n’a pas utilisé le mot ‘euthanasie’ durant toute sa campagne présidentielle. Il souhaite, de cette manière, faire accepter les nouvelles mœurs sensées soulager de leurs douleurs les malades en fin de vie. Mais cette invitation à tuer sans mentionner le terme scientifique à consonance bioéthique, ce processus d’euphémisation qui atténue et rassure sont signes des temps.* Par exemple, au lieu d’utiliser le mot ‘pesticides’, ces produits chimiques inventé par les scientifiques «et intentionnellement libérés dans l’environnement pour tuer ou endommager d’autres organismes vivants», organismes que l’on désigne vulgairement par mauvaises herbes ou les petits animaux -insectes et rongeurs-, au lieu de cela les spécialistes préfèrent employer le mot phytosanitaire ou, mieux encore, phytopharmaceutique. Ça fait plus savant et rassurant que pesticide.

http://image.mabulle.com/p/pa/panthere.mabulle.com/des01.jpgJe ne peux affirmer que c’est par pure coïncidence si je vous cite spontanément un passage du livre d’Ulrich Beck, La société du risque, alors même que je termine d’écrire ces lignes. Parce que je ne crois pas au pur hasard. Je n’adhère pas non plus aux spéculations des scientifiques pour donner un sens positif et créatif à ce mot (je rappelle que ‘hasard’ est d’origine arabe et qu’il désigne le jeu de dés. Pour précision, les dés sont originaires de l’Inde.) «Le hasard, dit un proverbe berbère, vaut mieux que mille rendez-vous.» Oui, je sais, mais je ne suis pas Arabe mais du maghreb, ce qui n'a rien à voir avec malgré la présence millénaire de ce colonialisme oriental. Il en va de même pour les explications de vocables tels que ‘vide’ ou ‘néant’ qui, au gré des inspirations, se remplissent de mille et une vertus ; leurs avatars conceptuels sont chaque jour chargés de qualités plus vraies que vraies, mais leur essence et leur énergie personnelle, la vie, riche, intelligente et omniprésente sont niées. Comme quoi le zéro à l’état pur est sans valeur, inexistant, car les nombres font partie intégrante de sa réalité ; sans eux il n’existe pas. (Ailleurs, je m’explique sur le sujet. Jusqu’à aujourd’hui, il était commun d’attribuer l’invention du zéro aux Arabes, or il en est rien ; celui-ci est une création hindoue largement documenté si on se donne la peine de s’y intéresser, lire mon article. link

Cela dit, je me doutais trouver dans ce livre de quoi soutenir mes suspicions sur ce désastre sanitaire qui ravage nos sociétés occidentales arrivées à bout de souffle, et dont les sujets tombent comme des mouches sous l’effet des poisons. Comme un cheval de Troie monté de toutes pièces par l’industrie et qui déverse de son ventre ses agents mortifères dans la nature, avec la faveur des politiques, pour ne pas dire complicité, on les retrouve partout : dans les vergers, les rues**, les intérieurs des résidences et, le pire du pire, dans nos assiettes. Dois-je également rappeler que nous devenons ce que nous mangeons, que la vie entre par la bouche, comme disent les Espagnols…  

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La science et les industries ont fait de la planète un laboratoire à ciel ouvert et les humains y servent de cobayes. Écoutez le sociologue allemand sur ce point : « Les sciences telles qu’elles ont été conçues -avec leur répartition du travail ultraspécialisée, leur appréhension des méthodes et de la théorie, leur absence totale de rapport avec la praxis- se révèlent totalement incapables de réagir de façon adéquate aux risques liés à la civilisation, pour la bonne raison qu’elles participent activement à leur naissance et à leur développement. »

Beck a écrit son livre en 1981, et il a été traduit en français en 2001. Quand je m’adresse à une audience sur les méfaits de la science, je ressens tant de confusion de sa part que j’ai l’impression qu’elle est tout à fait inconsciente que le nombre croissant des cancers tous http://3.bp.blogspot.com/_y5zvPSovEIA/SKZmzAuqH6I/AAAAAAAADQg/OYZ9uq4UF3M/s400/04.jpgazimuts et de nombreuses maladies sont des conséquences du progrès et de l’avancement des sciences dans lesquels l’homme s’est jeté tête baissée. Pour le public, s’opposer à cette cinquième colonne est une réaction digne d’une mentalité d’Amish qui rêve de remplacer les tracteurs par des chevaux. Il préfère ignorer les conclusions alarmantes d’ouvrages tel que celui-ci,  La société du risque, ou de nombreux autres. Pourtant, Beck n’y allait pas avec des pincettes : « Elles se muent bien plutôt -que ce soit avec la bonne conscience de la ‘scientificité pure’ ou avec des scrupules croissants- en protecteurs et légitimateurs d’une pollution industrielle planétaire de l’air, de l’eau, de l’alimentation, etc., et du déclin et du dépérissement des plantes, des animaux et des hommes qui en résultent. »

Petit à petit, dirons-nous, fort heureusement, les écailles tombent des yeux et le peuple commence à s’organiser face au désastre. Devant la tâche gigantesque que sont ces épidémies modernes et ces pestes chimiques, dont les molécules synthétiques agissent et se développent comme les vraies -sauf qu’elles détruisent, devant donc l’incapacité des politiques de se distancer des intérêts des industries et de nous protéger contre cette cinquième colonne aux tueurs invisibles, sans parler de la masse des gens qui joue le jeu des maîtres de la modernité et du progrès, et sans parler de la situation catastrophique dans laquelle se retrouvent nos sociétés, il va sans dire que des solutions de plus en plus radicales sont à envisager, à tout le moins pour freiner le développement des sciences, sinon en finir avec son idolâtrie et en revenir à des réalités plus terre à terre. C’est là où réside notre trésor de connaissances et notre capital, à travers celles des animaux et des plantes –comme des amis et non des pestes. À eux seuls, les animaux et les plantes, recèlent des vérités plus révolutionnaires que toutes les découvertes scientifiques faites auparavant, mais nous n’avons daigné y voir que des choses sans grande importance, que l’on peut au contraire tuer et détruire indifféremment, sans état d’âme.

L'agent orange grafftiLien en rapport: Proulx et le zéro divin 

La biologie pour les nuls

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