Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.
1 Octobre 2019
«Ainsi parlait au chat la souris attrapée.
L'autre lui dit: "Tu t'es trompée.
Est-ce à moi que l'on tient semblables discours?
Tu gagnerais autant de parler à des sourds."»
Jean de La Fontaine.
Il est de bon ton aujourd'hui, quand on voit ce que devient notre planète et ses habitants, de s'interroger sur la pertinence de l'exploration spatiale et des lubies futuristes d'émigration pour installer des humains à des millions de kilomètres de chez nous. Pourtant, le vif intérêt que suscite cet autre projet tout aussi inquiétant qu'est l'intelligence artificielle ne génère pas autant de scepticisme chez nos contemporains, si soucieux apparemment du bien être commun, alors que l'argent investi dans ces entreprises de pointe servirait mieux à l'éducation des enfants sur les bancs publics et, ainsi, à préparer un avenir plus certain et de meilleur augure, en phase avec une nature pacifiquement augmentée et un vivre ensemble édifiant. Mais non, au lieu de cela, nos sociétés et leurs leaders préfèrent vendre leur âme aux prophètes de malheur qu'elles prennent pour des scientifiques à la vision progressiste; bonnet blanc et blanc bonnet, bien malins ceux qui savent distinguer l'un de l'autre.
À terme, est-il écrit pour précision sur le site d’où provient l'image, cette technologie permettra de subvenir aux besoins alimentaires de l’ISS ou de toute autre navette habitée, et même de développer des potagers sur la Lune ou sur Mars, en vue de prochaines missions.
Jane Goodall:* "Mais comment est-ce possible que la créature la plus développée intellectuellement à avoir foulée le sol de cette planète ait aussi eu la folle et irrésistible volonté de la détruire?"

(Il ne s'agit pas du chimpanzé mais bel et bien de l'homme,
évidemment, l'image pouvant porter à confusion.)
Le drame, oui, le drame, dis-je bien, est que cette terrifiante question ne frappe massivement les esprits que maintenant, en 2019. Comme si pendant tout ce temps, l'humanité avait été insensible et aveugle à la dégradation de son environnement. Trop intoxiquée par l'espérance dans le futur annoncée par la science matérialiste, elle ne voulait pas voir les liens de connivence intime qu'elle entretenait systématiquement avec le capitalisme sauvage. L'un n'allait pas sans l'autre mais cette perception était trop subtile pour ces esprits, pour les classes populaires et intellectuelles, elle ne cadrait pas avec l'idéologie du progrès et la conception du temps qu'ils s'en faisaient.
* Extrait du Time (Special climate issue) 2019
C'est une pensée qui place tous ses œufs dans le même panier, celui du progrès matérialiste. On commence enfin à réagir à cette question posée frontalement, comme le fait Jane Goodall, entre autres, mais en étant pas moins confus quant à la démarche à suivre pour changer le cours de cette évolution désastreuse.
Cette militante en herbe et les jeunes qui la soutiennent sont les nouveaux contestataires qui illustrent mes propos. (Ils sont au climat ce que sont les végans à la cause animal, une extension de l'idéologie marxiste ou socialiste.)
Mais nous sommes incapables d'entendre les réponses. Parce qu'elles mettent en cause la manière dont nous concevons la ou les sciences. Celles-ci font indiscutablement partie de nos vies et l'on ne s'en séparera pas facilement. La méthode technicienne et matérialiste est le lot des chercheurs en phase avec le concept d'évolution tel que spéculé par Darwin. Elle est caractérisée par une pensée fossilisée chère aux conservateurs dogmatiques, paradoxalement, qui rêvent de l'Homme nouveau.
Ces personnes, à l'instar de Jane Goodall, pensent que nulle autre que la science ne pourra nous venir en aide. Cette même science, qui a induit hommes et femmes à saccager la nature et à torturer les animaux par leurs ignobles expériences en laboratoire, est invoquée pour la soigner... tout comme un poison devient le remède à la maladie. Ne prend-on pas une aiguille pour retirer une écharde?
Goodall écrit donc: "Et, cependant, tous les jours nous inventons des technologies capables de nous permettre de vivre en plus grande harmonie avec le monde naturel (l'énergie propre, par exemple).
C'est elle qui use de la parenthèse, mais elle aboute son analyse par ce complément d'information qui laisse sceptique: "Ces même communautés qui travaillent en Tanzanie à la protection du parc national Gombe, usent de smartphones et d'images provenant de satellites pour mieux s'occuper de leurs forêts, tout en se réservant des terres pour la régénération des villages."

"En ce temps-là
A coup de gueule et de civilisation
A coup d'eau bénite sur les fronts domestiqués
Les vautours construisirent à l'ombre de leurs serres." *
La science, la science, mais arrêtez avec ça! Il suffit d'avoir des yeux et des oreilles pour se rendre compte que les eaux, l'air ou les sols sont pollués à mort par les activités humaines, débiles et assumées pour la plupart. Usez donc de votre intelligence, dirait Greta Thunberg, vous qui avez tant fréquenté les bancs d'école ! Pensez donc par vous même, si c'est encore possible après tout ces années studieuses pendant lesquelles vous êtes devenus de braves innocents, pour user d'un euphémisme.
"Hommes étranges qui n'étiez pas des hommes
Vous saviez tous les livres vous ne saviez pas l'amour." *
C'était mon petit coup de gueule "obscurantiste" de ce matin, après avoir entendu le flot médiatique des misérables reproches des bien-pensants à l'encontre de cette fille de 16 ans parce qu'elle a osé leur dire en face l'hypocrisie et la faiblesse des politiques et des lettrés quant à la destruction de notre planète et dont le climat en est un révélateur, ou du moins un sonneur d'alerte naturel et préoccupant. Faut croire qu'à leur réaction beaucoup se sentent visés.
* David Diop, Les vautours
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À suivre...
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La science et ses dérives - Le blog de Maroudiji
" À notre époque, ce qui est en question, c'est la nature même de l'homme, l'idée que nous nous faisons de ses limites et de ses possibilités en tant qu'homme. L'histoire n'a pas fini d'explor...
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