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Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

Étienne Klein explique l'Univers à la façon européenne

  En voilà un, scientifique et philosophe fort estimé des étudiants, dont nous avons déjà montré ailleurs, sur ce blog, les lacunes du raisonnement.

Étienne Klein, mythes, science et religion

  Mais allez apprendre ou rappeler à un groupe de musulmans enthousiastes que l'histoire de leur religion est entachée d'horreurs, comme ont fini de le reconnaître les chrétiens pour la leur, vous vous heurterez pratiquement à la même défense, plus ou moins violente, mais traditionnelle, culturelle, identitaire:

Touche pas à mes croyances !

  Monsieur Klein, vous êtes-vous jamais demandé, alors que vous discutez des Origines pour en éclairer une salle pendue à vos lèvres, quel était parmi la multitude des mythes celui ou ceux qui avaient le plus d'allure? Ou la Gauche prendrait-elle la mouche et considérerait ce questionnement comme une traîtrise? Il impliquerait que vous chercher à solutionner les problèmes épistémologiques et ontologiques par une sympathique alliance avec la civilisation védique hautement évoluée, plutôt que par l'étude des pauvres tribus d'Amazonie? Surtout, ne pas briser le pacte de l'égalité des peuples et des civilisations! Et puisque nous sommes tous égaux, travaillons à la recherche des Origines, ignorant la civilisation indienne et en suivant sur les traces de Lévi-Strauss et de Rousseau.

Lévi-Strauss et tribus d'Amazonie, avec Étienne Klein et les mythes

  Il faut dire tout de même qu'expliquer à un public qui ne sait à peu près rien des cosmogonies antiques n'assure pas, logiquement, de la qualité de l'orateur ni des auditeurs.

Je suis à peine au début de la causerie et je peux vous assurer
que Klein ne soufflera mot sur l'Inde et sa conception scientifique des origines.

  Pourtant, contrairement aux Grecs par exemple (n'a-t-il pas citer Héraclite?), l'Inde est la seule culture dont le mythe à propos des Origines peut inspirer les sciences. Mais il est tabou d'en parler.

La carte de l'Inde et Étienne Klein

  Sachez également, désolé pour ce pont aux ânes, que tout est lié à une origine: l'homme, les civilisations, la maîtrise du feu, l'univers ou le mal. Toujours est-il qu'il leur est impossible de décrire rationnellement les phénomènes ayant conduit à leur naissance et le pourquoi, of course, sauf à spéculer et à marteler au fer rouge qu'ils ont découvert le fonctionnement de la Nature,  qu'ils ont enfin découvert la particule de Dieu!

  Quand je dis que Klein n'est pas bête, cela signifie qu'il a le mérite de ne pas tomber dans la vulgarisation prosélyte à deux sous tant il est conscient que la science est devenue un immense malentendu. 

La particule de dieu. Étienne Klein

  Toute la Création est un mystère, profond. Mais les athées et les matérialistes de la même trempe ne peuvent accepter cette fatalité qui les laisse le bec dans l'eau. La vie, à ses débuts ou durant son évolution, est d'autant plus mystérieuse que philosophes et scientifiques, à l'instar de Klein, savent très peu de choses, si l'on écarte les Grecs dont on a tant fait mousser les prouesses au dépend des autres civilisations.

  Malheureusement, ces intellectuels ne sont pas formés à la recherche universelle, par conséquent, ils ne peuvent pas éclairer leur auditoire au-delà d'un savoir paradigmatique qui peine à se tenir debout tout seul, sans l'aide des institutions et du cannibalisme financier qui les font vivre.

Surveillance de l'État. Étienne Klein

 

  L'idée essentielle chérie par Klein est que nous venons tous d'Afrique. Nous sommes tous noirs. L'Afrique est le berceau de l'humanité. [Cette théorie laisse entendre ouvertement que l'évolution s'est faite en massacrant nos aïeux et les animaux nos cousins les singes, ou en les jetant en esclavage. Et pour le mieux: les grands mangent les petits, comme de raison.] Reste que racialement, selon cette configuration, les Africains sont nos ancêtres.

L'Afrique, avec Étienne Klein

  Nous, Européens et Néandertaliens, qui avons changé de couleur grâce à Darwin, en évoluant plus vite nous sommes entrés dans l'Histoire, eux (les Africains) sont restés attachés à la Nature. Puisque Étienne Klein a cité Hegel en partant, je souligne cette pierre angulaire de l'histoire de la philosophie qui semble l'habiter. Malgré tout nous représentons une race commune. Les tenants de notre origine animale n'insisteront jamais assez là-dessus. Notre rupture avec la magie et l'omniprésence des esprits, soigneusement consommée par le christianisme et les philosophes, a permis le désenchantement du monde. Étienne Klein peut donc expliquer, sans être questionné sur la pertinence du modèle, que la vie et l'univers sont la conséquence d'un système mécanique extrêmement subtil. Un immense ordinateur, pareil au moteur premier d'Aristote.

Mécanique quantique et Étienne Klein

 

Voici ce qu'est l'obscurantisme institutionnel.

  À l'intention d’Etienne Klein, déterminé à garder le silence sur la cosmogonie védique, la seule en effet à développer une connaissance scientifique de l'âme et de l'univers en détail. Vous avez dit obscurantisme?

Brahmananda, l'univers sous forme d'un œuf, avec Étienne Klein

Je ne peux m'empêcher de revenir à ce philosophe exceptionnel pour mieux traiter ce sujet. (Ma traduction) 

Paul Feyerabend et les mythes. Avec Étienne Klein

 

La bonne blague!

Étienne Klein et les mythes

  Pourquoi les hommes d'aujourd'hui seraient-ils prêts bien que les sociétés peinent à enseigner aux enfants des valeurs permettant de changer leurs rapports aux êtres vivants et aux choses? Croyez-vous, par exemple, que les enfants à qui on a expliqué que la viande provient d'un animal vivant, comme un lapin ou un canard, ne seraient pas dégoûtés d'apprendre cette horreur? Et puis pensez-vous que cela a un lien avec la question posée par Étienne Klein?

  Nimporte qui, avec un brin d'esprit sain, s'intéressant sérieusement à la science, devrait avoir collecté tout ce que les anciens ont possiblement pensé sur le temps. N'importe qui, s'étant aventuré à rechercher des informations contenues dans les textes védiques, que ce soit les Védas ou les Puranas, ne peut manquer d'apprécier la pertinence des données sur la roue du temps qui datent de milliers et de milliers d'années. 

  Sauf Klein, en l'occurrence. 

La roue du temps des Védas, avec Étienne Klein

 

La littérature védique est la première des sciences
sociales et psychologiques.

Le chat se prend pour un tigre. Illusion avec Étienne Klein

Fondement de l'obscurantisme. 

Fantômes et mythes, avec Étienne Klein

Extrait tiré du livre de Wilhelm Halbfass, India and Europe, an essay in philosophical understanding.

Idolâtrie et mythe avec Étienne Klein

En dépit de cette révélation, les lecteurs de Kant pensent, renforcés des plus laids préjugés, que les Hindous sont racistes. Pourtant, il est clairement mentionné ici que les Hindous ne forcent jamais les autres à adopter leur religion parce que tous les peuples ont la leur. Kant a aussi souligné que la pensée hindoue n'était pas engluée dans le dogmatisme et l'intolérance.

Inde et Étienne Klein

 

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Mythe, science et technologie ave Étienne Klein

Il faut croire. La croyance est le nerf du progrès. Elle assure la jouissance du roman ou de la mythologie, par exemple, en permettant l'immersion totale du corps et de l'âme, sans parler du stimulus qu'elle procure aux scientifiques. Tuer la croyance, comme nous le faisons systématiquement depuis quelques siècles, philosophes en tête, c'est faire l'apologie des techno-sciences, en définitive. Il faut croire, il n'y a guère d'autre choix, la nature humaine étant faite ainsi, mais il y a une différence fondamentale entre croire au Père-Noël ou croire au bon sens. Lorsque la distinction est trop subtile et embarrassante -les intéressés ayant grandi en gardant imprimé dans leur subconscient l'expérience de ce joyeux mensonge délibéré et organisé-, ils déclarent alors que toute croyance au Saint-Esprit est de l'ordre de celle du Père-Noël et que seule la technologie est preuve de vérité.

Étienne Klein et Michel Onfray sur l'Univers

  Nous avons en la personne d’Étienne Klein et de Michel Onfray deux intellectuels distingués et recherchés pour leur capacité à réfléchir le monde, matériel et psychologique. En l'occurrence, tous deux se sont penchés sur la composition et la structure de l’Univers et ont pour se faire écumé tout ce qui était disponible en la matière. Par conséquent, le résultat de leurs recherches et la méthode utilisée sont des références précieuses pour le lecteur. Il y a malheureusement un gros hic: soit ils ont bâclé leur travail et ne se sont pas donnés comme consigne de faire le tour de la question, soit ils participent à une conspiration mondiale et ancienne qui consiste à ne jamais mentionner la culture hindoue, en l’occurrence leur cosmogonie.

  Et je vous donne tout de suite la version de Michel Onfray, un clipvidéo. Vous comprendrez la raison pour laquelle celle des Hindous ne l'inspire pas autant que sa théorie quantique.

« Garde-toi d’ajouter une vue personnelle de plus
à toutes celles qui courent le monde. »
Jean Paulhan

  Pourquoi le lecteur de livres songés sur la philosophie et la science n'est-il pas enclin à porter son attention sur la culture védique? Elle promulguait pourtant, avec force détails, l'origine et la création de l'univers? Ne peut-il concevoir l'univers autrement que par le paradigme de la physique mécanique?

La mécanique quantique et les Védas avec Étienne Klein

Que ces messieurs, Onfray et Klein, rechignent par sectarisme ou athéisme forcené à prononcer le nom de Brahma, Vishnou ou Krishna et de faire allusion à la philosophie indienne du jnana, qui explique par le menu le procédé permettant le développement de l’univers, on peut l’admettre à contre cœur, mais qu'en est-il des millions de gens qui lisent leurs livres et écoutent leurs conférences? N'ont-ils pas d’appétit pour une vision alternative et universelle autre que ce marronnier aux théories mâchées et remâchées jusqu'au trognon? Ils savent bien, ces lecteurs, que malgré le silence de ces deux penseurs notoires sur l'existence d'une grande et savante civilisation antique, flanquée d'une somme phénoménale d’écrits sur la création, ils peuvent théoriquement se documenter par eux-mêmes, s'ils ont l'étoffe du philosophe.

Silence, ne faite pas savoir que l'Inde existe

Étienne Klein fait bien son travail... Il est bon pédagogue et un orateur agréable à écouter. Il est trop grec, cependant. Il voit le monde uniquement à travers la lorgnette de cette toute petite civilisation. Que les Grecs se soient inspirés des arts du continent indien, il l'ignore, tout bonnement. Il ne sait donc pas ce qu'est vraiment le yoga, ce que les savants connaissaient du corps humain, ce qu'est l'origine de l'acupuncture, leur conception du temps, leur incroyable maîtrise des mathématiques, qu'ils étaient des artistes en religion et des écrivains hors-pair. Il ne sait pas qu'ils possédaient une science, le jnana-yoga, qui permettait, à l'aide de l'intelligence, de regarder directement dans le ciel la nature du temps et de son action sur les éléments de notre univers.

Étienne Klein et la mécanique quantique

Écoutez son conseil:

  Voilà le principe premier de toute philosophie et science, démocratique en sus: pour savoir de quoi on parle et débattre en connaissance de cause, une qualification est exigée: le participant doit être capable de reproduire ou de faire ressortir pour la dialectique les meilleurs arguments de son opposant. Moins que ça, toute tentative d'un débat objectif et positif est une farce.

Deux marchés avec Étienne Klein et Michel Onfray
Étienne Klein et le bluff

  Du bluff. Klein connaît à peine les récits indiens. Comment peut-on comparer les mythes grecs sur le ciel avec ceux de l'Inde comme il le fait?

Ce qu'on nous a appris en guise d'histoire des origines.

L'homme préhistorique et l'Inde

"À mesure que le temps passe nos connaissances augmentent."

  Klein n'est pas bête, il sait les préjugés que charie le peuple si enthousiaste à entrer en communion avec la science. Il reprend quelqu'un qui lit un texte en faisant remarquer: "c'est vrai, mais il y a des découvertes par exemple qui augmentent notre ignorance."

  À méditer. Vous savez maintenant, si vous m'avez lu, que Klein est de cette école socratique qui veut que l'homme intelligent est celui qui a réalisé ne rien savoir. L'ignorance est érigée en vertu. Un jour, on nous apprendra que le summon de l'expérience humaine est de mourir ignorant et satisfait. Ce qui n'est pas l'exemple que nous a laissé Socrate. Ce que le narrateur et Klein n'ont pas pris en considération cependant,  c'est l'oubli, l'oubli naturel et l'oubli voulu.  Mais j'ai tant de fois abordé le sujet... Ce que malheureusement lapopulation bien éduquée retient, ce sont les images d'Épinal qui déforment complètement le passé et empêchent l'individu de penser proprement.

  "Les mythes décrivent des événements astronomiques, biologiques et sociologiques, et leur contenu astronomique peut inclure non seulement des périodes évidentes marquées par le soleil, la lune et le mouvement planétaire mais aussi la connaissance de la précession (mouvement de rotation autour d'un axe fixe), bien que celle-ci ne s'exprime pas dans la forme mathématique qu’elle prend en astronomie." Paul Feyerabend

Krishna en bande dessinée et la science avec Étienne Klein

  Souvent, pour éluder l'existence exotique d'une vision du monde d'un autre genre, d’une perspective qui nous fait défaut, nous chassons d'un revers de la main ces informations anthropologiques pour les ranger dans le registre des mythes. Mais quel historien ou esprit attentif ne prendrait-il pas au sérieux son travail pour vérifier si Krishna a véritablement existé? Pauvres de nous, ce manque de curiosité conduit à un situation où  on ne sait même plus comment s'y prendre tant nous avons peur de découvrir que les païens raisonnaient aussi!

Voici un exemple de ce dont je parle lorsque j'affirme qu’Étienne Klein ne peut comprendre le contenu de la littérature védique sans prendre la peine de se pencher dessus. Cette image reproduit l'émoi d'un chasseur tribal s’apercevant avec effroi que sa cible est un humain. Pis que ça, c'est Krishna lui-même qui se reposait sous un arbre! Sa flèche l’a atteint au talon, ce fameux talon d'Achille... Il réalise immédiatement les conséquences dramatiques de son geste: Krishna est mortellement atteint... Le pauvre hère est submergé sous l'illusion produite par ses émotions qui lui empêchent une analyse sereine de la situation. Dieu n'a pas de talon d’Achile. Bien qu'il paraisse sous une forme humaine, sons corps est complètement spirituelle. Dixit la Bhagavad-gita.

Krishna en bande dessinée et la science avec Étienne Klein
Krishna en bande dessinée et la science avec Étienne Klein

Si Étienne Klein s'était intéressé à l'histoire de l'atome autrement que par la Grèce, il aurait compris que Krishna ne peut être tué, qu'il est immortel. Pendant la bataille de Kurukshetra les guerriers ne s’attaquaient pas à lui, il savait son invincibilité. Krishna avait une notoriété nationale et historique. Il doit bien rester quelque chose de tout ça, non? Plaît-il à Klein d’apprendre que Krishna possédait des palais et que la ville s'appelait Dwarka? Il lui suffirait d'aller sur Wikipédia, en supposant que ce site a été mis à jour, pour apprendre qu’effectuellement une ville de ce nom a existé et qu'elle se trouve sous la mer. Peu de temps après la disparition de Krishna, un tremblement de terre secoua sévèrement la région et engloutit le complexe royal. Ce drame historique est raconté dans le Mahabharata. 

Dwarka, la ville de Krishna sous la mer, avec Étienne Klein

C'est en ce même Mahabharata que Krishna énonce dans le chapitre de la Bhagavad-gita: "Je suis le temps". Il y a belle lurette avant les Grecs, la question de l'atome et du temps était discutée en long et en large chez les Hindous. Leurs mythes regorgent de ces moments, comme l'écrivait Feyerabend.

Écouter ce qu'ils disent de vive voie, en moins d'une minute, sur l’histoire de cet atome.

Les atomes

L'invention du feu, l'invention de l'écriture, l'invention de la raison, l'invention de la cuisine, l'invention de l'agriculture sont des lubies intellectuelles dignes des obscurantismes du Moyen-âge, car le feu ne s'invente pas, ni la cuisine, ni la raison. Pourtant, on apprend aux élèves de tous les niveaux, en commençant par la maternelle jusqu'aux plus grandes écoles, ces incohérences de logique, sans contexte historique global.

Comment se fait-il que notre enseignement soit aussi déconnecté des faits? Comment peut-on écrire dans les manuels scolaires que les premiers hommes on inventé ou découvert le feu? Comment peut-on continuer à enseigner, sans complexe, à l'ére des réseaux sociaux et de la mondialisation, que les Grecs sont les inventeurs de la science et de la philosophie, ou même de la démocratie ?

Les atomes, l'Inde et Étienne Klein

À écouter parler Étienne Klein par exemple, les Grecs sont les seuls à prendre conscience de l'existence des atomes et à spéculer sérieusement sur leurs propriétés. Si l'Occident s'est distingué en ce domaine, la bombe nucléaire faisant foi de ce succès, nous le devons au miracle grec.

Si ce n'est pas de l'obscurantisme, comment désigner cela?

Car Klein sait bien (et s'il n'est pas encore au courant, c'est inadmissible) que d'autres civilisations se sont également penchées sur l'étude des premiers éléments matériels, il n'en souffle mot. Il suffit pourtant de se pencher moindrement sur la culture indienne pour se rendre compte que ces notions basiques de science physique étaient populaires. Il suffit d'aller sur Google et de taper atome et purana. On tombe sur ce verset du Bhagavatam en anglais et qui marque le début d'une discussion sur le sujet:

  • "Pris seul, l'atome reste le plus petit des corps physiques et l’état ultime de l’univers manifesté. Il est alors connu comme unité illimitée et complète en elle-même. Quand les atomes se cantonnent à leur propre existence, sans former d'autres corps, on les nomme: l’unité illimitée. Il y a certainement différents corps dans les formes physiques, mais les atomes eux-mêmes forment la manifestation complète."

Après ce long préambule, il est temps d'éclairer le concept de science à l'aide de ce que les ancêtres ont dit eux-mêmes sur le sujet, concept n'ayant rien à voir avec les descriptions que l'on trouve partout de l'homme du néolithique ou de l'âge de pierre. Je me sers pour cela d'une formulation que je traduis sous la plume de Paul Feyerabend:

  • "Il est clair que la théorie raffinée, nous permet de comparer la science et le mythe et d’appliquer les mêmes normes à chacun. Les mythes décrivent des événements astronomiques, biologiques et sociologiques, et leur contenu astronomique peut inclure non seulement des périodes évidentes marquées par le soleil, la lune et le mouvement planétaire mais aussi la connaissance de la précession (mouvement de rotation autour d'un axe fixe), bien que celle-ci ne s'exprime pas dans la forme mathématique qu’elle prend en astronomie."

L’œuf primordial à l'origine de notre univers était sans vie. Sa coquille, constituée de couches matérielles d’éléments grossiers et subtils tels la terre, l'eau, le feu, l'espace (l'éther), etc,. Nuls dieux ou humains, aussi puissants fûssent-ils, ne peuvent les traverser. Personne ne peut s'aventurer hors de l'univers dans lequel il est né. Même Brahma, le dieu des dieux, lui qui a pensé pratiquement l'univers, ne peut le quitter.

L'œuf de Brahma, l'univers avec Étienne Klein

 

Brahma et les Védas.  Son nom est formé de la racine brh, dont une des significations est : puissance d'expansion immense. Et puisque anda désigne l'œuf, le tout devient l'Oeuf de Brahma, en expansion. Nous comprenons donc que le dieu Brahma est la personnification de l'Univers, mais il n'en est pas l'auteur.

Tous les mythes ne sont pas égaux. Beaucoup n'en sont pas, ce sont plutôt des allégories ou des légendes.

  La création de Brahma, cependant, dans la littérature puranique, va au-delà du mythe. Cette super histoire offre l'opportunité à de nombreux apprentissages comme la langue, la logique, l'histoire, le yoga, le calcul, la philosophie, la médecine ou la science; chacun selon la catégorie, la classe à laquelle il appartient, ou les intérêts personnels, y trouve ses lumières. D'abord transmissions orales, puis scripturaires, ces narrations philosophiques et spirituelles ont été disséminées dans toute l'Inde, titrées et classées dans un ordre professionnel, il y a des milliers d'années avant J.-C. Comment se fait-il qu'on ne sache pas, en Occident, ces faits historiques? Parce qu'à l'école primaire et durant toute leur formation académique, les étudiants ont appris que l’histoire débute avec l'écriture, tout ce qu'il y a avant compte pour du beurre, ce n'est pas de l'histoire.

Question: quel peuple de l'antiquité a élaboré une compréhension scientifique similaire à la création de Brahma, avec sa notion d'expansion?

  En Inde, il y a dix mille ans, grâce à Vyasa, grâce aux Purana et Ithihasa, connus sur tout le territoire indien, de Bharata, les peuples et ses dirigeants discutaient des prouesses de Brahma, le premier de tous les êtres. Il y avait une florissante civilisation dont les sujets, du plus petit au plus grand, allant de la lavandière au brahmana, du laitier au guerrier, étaient socialement exposés aux enseignements philosophiques et scientifiques qui ruisselaient de ces textes populaires d'une perspicacité morale et technique sans pareille. Cette culture démocratique et variée n'impressionne ni Onfray ni Klein. Les Français ont pourtant constamment le mot laïcité en bouche mais ils n'éprouvent aucun désir à tester les faisabilités en se référant à des civilisations antiques ayant su gérer avec succès l'extrême diversité religieuse.

Ces deux-là, Onfray et Klein, qui sont à peu prêts ce que nos institutions académiques produisent de mieux, participent à la désinformation et à l'obscurantisme par leur silence obtus sur le savoir védique et dont le peuple jouissait au théâtre, au temple, au travail et à travers les chants populaires. Il y a des dizaines de milliers d'années, ce peuple savait que l'Univers avait la forme d'un œuf, en expansion indeed, et qu'au début il n'y avait que de la matière, c'est-à-dire la coquille, celle-ci constituée de couches d'éléments bruts: le feu, la terre, l'eau et l'espace, l'intérieur étant vide, celui n'étant pas le néant puisque la vie y est en dormance subtile.

 

 

 

 

  Dans cette autre partie du monde qu'est l'Inde, l'histoire nous apprend plein de choses que nous ignorons totalement. Saviez-vous par exemple que le plus long livre du monde jamais écrit sur l'histoire d'une civilisation et par une plume incomparable s'appelle le Maha-Bharata? Et bien c'est un auteur indien notoire qui l'a composé, Vyasa. Il explique même pourquoi il a décidé de passer de la tradition orale à l'écrit. Bref, par ce propos j'attire votre attention sur une grande partie de l'histoire cruellement sous-estimée. 

Le concept d'histoire élargie

Purana, Véda, Krishna, Vishnou et Étienne Klein

  Ce concept d'histoire élargie, voici comment l'a présenté Vyasa, en sanskrit: itihāsa-purāṇāni pañcamaṁ vedam īśvaraḥ. Il dit par ces mots que : "Dieu, ishvarah, créa les Ithihasa et les Purana et les plaça au même niveau que les Védas". Nous avons donc là une compréhension du concept d'histoire d'un autre genre, articulé par des penseurs qui, en outre, composaient mentalement ces "chroniques" et "biographies" -avant- l'avènement de l'écriture, c'est dire des milliers d'années auparavant. À creuser.

 

Je vous ai fourni -une- explication de la création, les Purana en donnent des versions multiples.

Livres sur les puranas et les mythes à Étienne Klein

  Il y a cent huit Purana et dix-huit d'entre eux sont majeurs. Parmi ces derniers, le Srimad Bhagavatam est tenu pour le plus important, selon l'auteur lui-même Vyasa. Cet ouvrage me sert à rappeler que le concept de science se base originellement sur une méthode d'analyse et de technique se voulant la plus efficace possible pour la stabilité et l'épanouissement de la société et de l'individu. La première leçon que donne le Bhagavatam est pleine de sens: Brahma reçut la révélation en son coeur. De ce principe premier le lecteur réalise que la transmission première du savoir se fait entre deux personnes, en l'occurrence de Vishnou à Brahma,  puisque l'acquisition de la connaissance n'est pas instinctive; l'homme n'a pas le moindre instinct, il doit tout apprendre.

À suivre...

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