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Publié par Laziz

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Avant de commencer, voici un résumé du premier jour.

 

Dés le début de la bataille Bhima est remonté à bloc et sème la peur dans les rangs ennemis. Abhimanyu, le fils d’Arjuna et de Subhadra, son autre femme, qui est également la sœur de Krishna, n’est pas en reste. Malgré son jeune âge -il n’a que 16 ans et se distingue par son courage et sa maîtrise de l’arc dont l’égal n’a que son père. Cependant, les Kauravas, conduits par Bhisma, prirent le dessus et causèrent des pertes considérables. Alors, sans hésiter, Abhimanyu se dépêcha au cœur des affrontements et défia l’aïeul. Avec des flèches à tête de serpent, il déstabilisa les rois qui entouraient Bhisma pour sa protection. Celui-ci était ravi par l’habilité et l’audace du fils d’Arjuna. Il avait même réussi à causer de sérieux dégâts à son char. Pour se défendre, Bhisma avait été contraint d’utiliser toutes ses ressources guerrières. A ce point du conflit, Bhima, Dristadyumna, Shikandi et d’autres vaillants soldats durent intervenir pour protéger Abhimanyu.

Le roi Virata est une figure importante du Mahabharata et dont on parlera beaucoup durant la guerre. C'est dans son royaume que les Pandavas passeront leur dernière année incognito; Bhima comme cuisinier, Arjuna comme un eunuque enseignant la danse, Draupadi comme servante de la reine, etc. Virata enfanta, d'une de ses femmes, une fille et un garçon : l'un, Uttara sera tué durant le premier jour de la bataille de Kurukshetra et la fille, du même nom, fut mariée à Abhimanyu. De leur union naquit Parikshit. Il sera le prochain empereur et élevé par un des fils de Dhritarastra, Yuyutsu, le seul demeuré vivant. Sweta et un autre des fils de Virata, mort aussi au premier jour de la bataille, comme nous l'avons vu.

Un autre jeune, Uttara, le fils de Virata, qui y resta malheureusement, émerveilla l’aïeul par ses prouesses guerrières. Il fut tué par Shalya, de façon douteuse quant au code d'éthique. Le frère d’Uttara, Shveta le vengera, mais Bhisma sera obligé d’utiliser un brahmastra, une arme de puissance nucléaire, pour stopper la dévastation qu’il engendrait sur son passage. Les morts jonchaient le sol des deux cotés mais les Kauravas prirent le dessus à tel point que Yudhistir en perdit confiance ; il se demandait, encore une fois, s’il n’était pas plus sage de renoncer à la guerre, à cette boucherie, pour retourner dans la forêt et y vivre comme des ermites, au lieu de continuer dans cette voie infernale. C’était le premier jour et l’ennemi avait déjà causé un désastre sans nom. Les Kauravas avaient tué deux de leurs héros, deux frères, Uttara et Shveta, des personnalités remarquables et qui ne méritaient pas leur sort. Yudhistir s’en plaignit à Krishna qui le rassura : -Ne sois pas découragé, nous avons dans notre camp de puissants soldats et Shikandi, selon l'oracle, tuera bientôt Bhisma. Je t’en prie, ne t’en fais pas. Prends ton mal en patience et aies confiance en moi ! Bientôt, tout cela sera fini.
 

Pour lire le déroulement entier
 

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À l’aube du deuxième jour, Yudhisthir organisa son armée en la dotant d’une forme d’oiseau que l’on désigne sous le nom de Krauncha*. Arjuna et Dhristadyumna s’affairèrent en conséquence et disposèrent les troupes selon la meilleure stratégie. À la tête de cette structure, ils placèrent Drupada et son armée et à l’emplacement des yeux, Kunti Bhoja et le roi des Chédis; le cou fut comblé par la division de Satyaki. Yudhistir et ses hommes se postèrent à la queue de l’oiseau ; Bhima, Abimanyu et Dhristadyumna formèrent les ailes de chaque côté.

 

Quand, dans l’autre camp, Duryodhane observa la manière dont les Pandavas envisageaient de les attaquer, il accusa le coup, sachant que c’était là une vyuha difficile à parer. Il s’adressa à ses gurus, Drona et Kripa : -Peut importe, notre armée est beaucoup plus puissante que la leur! Grâce à vous, nous allons leur donner une leçon qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Chacun de vous d’eux, seul, est capable d’finir avec les fils de Pandu, je compte donc sur vous pour en faire la démonstration aujourd’hui et de m’assurer la victoire.


Drona promit de faire de son mieux. Puis, avec Bhisma, ils disposèrent également leurs troupes en forme d’oiseau. Lorsqu’ils furent prêts, ils soufflèrent dans leur conque respective et les généraux les imitèrent. Chez les Pandava les conques résonnèrent à leur tour et une immense clameur s’éleva du champ de bataille. Alors les hommes et les animaux s’avancèrent et un affrontement d’une violence terrible éclata. Des ruisselets de sang coulaient à flot et transformaient le terrain en un bourbier. L’intensité des combats et la cruauté avaient monté d’un cran par rapport à la journée précédente. Les oiseaux de proie faisaient des cercles dans le ciel et à la périphérie de ce lieu sacré devenu infernal toutes sortent d’animaux carnassiers attendaient leur tour pour festoyer sur les cadavres. La figure de proue des Kauravas, Bhisma, avançait sur son char conduit par des chevaux blancs et détruisait tout sur son passage. Bhima, Abhimanyu, Satiaki, Virata et Dhristadyumna tentèrent de lui barrer la route mais sans succès. On aurait dit une tornade et, sur son passage, plus rien ne tenait debout. Il tirait ses flèches avec une telle vélocité que bientôt il ne resterait plus âme qui vive dans le camp adverse. Soldats, éléphants et chevaux s’écroulaient, déchiquetés et ensanglantés, formant des montagnes de chair. Drupada réussissait bien à contenir les généraux qui soutenaient Bhisma mais ce dernier, à lui seul, réduisait le nombre des combattants de façon alarmante. En fait, à part Arjuna, personne ne pouvait en découdre avec lui. Celui-ci aperçut la scène de loin et ne put tolérer sa conduite. Indigné par cette furie destructive, il pria Krishna de le conduire immédiatement sur les lieux pour l’affronter : -Je vais le tuer, fulmina-t-il !

 

-Tu fais bien, lui répondit Krishna, le plus tôt tu en termineras avec lui et le mieux nos troupes se porteront.
Le voyant arriver tel un éléphant furieux, les Kauravas repositionnèrent leurs forces; des renforts vinrent avec célérité entourer Bhisma pour le protéger. La bataille fit rage. Au fur et à mesure que de part et d’autre les assaillants se criblaient de flèches et que les échanges s’intensifiaient, d’autres généraux encore se rallièrent à leur chef respectif. Le lieu devint le centre du conflit sans pour autant qu’un des partis ne ne tire un avantage certain. Constatant cependant la vitesse à laquelle ses hommes tombaient sous les flèches ennemis, lui qui pensait, enthousiasmé par le succès de la veille, que la fin des Pandavas était proche, Duryodhane s’en plaignit à Bhisma : -Mais qu’est-ce là ? Le fils de Pandu, conduit par Krishna, est en train de laminer nos forces alors que des géants comme Drona et vous-même, sont présents en chair et en os ! Comment cela est-il possible ? Êtes-vous certain que vous avez choisi la vyuha (formation militaire) appropriée pour attaquer et nous défendre ? J’ai monté cette armée gigantesque à grande peine et j’ai l’impression que par votre favoritisme à tous les deux envers Arjuna, vous êtes en train de la livrer à sa vindicte. N’avons-nous pas de vaillants soldats qu’il faille protéger contre ce déluge de flèches ? Par votre conduite, Seigneur Bhisma, je vais croire que vous êtes en train de comploter contre moi, que vous cherchez ma fin. C’est à cause de vous que Karna ne se bat pas aujourd’hui contre les Pandavas, alors même qu’il est mon grand ami. Vous êtes des ksatriyas, par conséquent vous n’avez pas à considérer vos sentiments d’affection pour Arjuna. En tant que responsable de mon armée, je vous ordonne d’accomplir votre devoir et de le tuer sans plus attendre. Bhisma, malgré qu’il fût capable de se battre contre dix mille hommes à la fois et de refroidir l’ardeur de n’importe lequel des opposants, ou de les affronter tous ensembles, il n’était néanmoins plus jeune; les blessures de la veille et le manque de repos, ajoutés aux paroles blessantes que lui lançait comme des dards Duryodhane, le fatiguaient plus que de coutume, mais il ne laissa pas ce passionné du pouvoir ébranler son enthousiasme. Pour toute réponse, il lui lança : -J’en ai rien à faire de ta morale de kshatriya ! Mon Dieu, faut-il avoir vécu si vieux pour se faire insulter de la sorte par quelqu'un que l'on a élevé ! Et il fonça à la rencontre d’Arjuna.

 

* Le texte précédent :

Le deuxième jour
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