Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.
27 Janvier 2018
À cet égard, le Mahabharata, cet écrit qui raconte exhaustivement l’histoire des premiers temps de la création du monde et de l’humanité,* nous donne une version plus adaptée à la réalité pragmatique et à sa diversité que d’autres écrits saints tels le Coran, les deux Bibles, ou dans un autre registre l’approche matérialiste. Car même si la manière de traiter cette représentation de la réalité nous apparaît du point de vue de notre époque fantasque et mythique, les leçons que l’on tire de ces enseignements singuliers sont d’une richesse inestimée. Arthur Schopenhauer a une belle façon de le dire :
Les Hindous « reconnaissent d’une manière positive la parenté incontestable de l’homme avec toute la nature animale ; et ils le représentent toujours, par la métempsychose et autres systèmes, en étroite relation avec celle-ci. »

Revenons au Mahabharata. Lorsque l’un des premiers rois de la Terre, Maharaj Yayati (il y en eut d’autres, notamment son père, le très célèbre Nahusha1) se rend sur les planètes supérieures pour vivre en compagnie des dieux, il commet une aberration sans nom par manque d’humilité, ce qui est assez fréquent parmi les rois et les guerriers (kshatriyas). Cette faute le condamnera à retourner sur Terre pour y purger sa peine. Comme la malédiction d’un brahmana ne peut être annulée, Yayati implorera les sages qu’il a offensés la bénédiction de renaître dans une bonne famille, soit de brahmana ou de kshatriya. Ce faisant, ainsi que Krishna l’énonce dans la Bhagavad-gita, il aura plus de chance de continuer son évolution spirituelle là où il l’avait laissée avant de se compromettre. Car « À qui marche sur cette voie, dit encore Krishna, aucun effort n'est vain, nul bienfait acquis n'est jamais perdu. »
Plus on est riche plus on vit mieux, faut croire.
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1) Le roi Nahusha avait été choisi par les dieux, malgré sa condition d’humain, pour occuper le siège d’Indra, le Dieu des dieux. En effet, celui-ci étant devenu introuvable, il fallait vite remédier à la situation de peur d’être attaqué par l’ennemi juré, les démons. Mais au bout de quelque temps, le pouvoir lui ayant monté à la tête, imbu de son prestige, Nahusha commença à manquer cruellement de respect envers les dieux et les brahmanas. Il fut châtié par ces derniers. Déchu du paradis, il fut rejeté sur Terre sous la forme d’un serpent. Mais puisque ces malédictions sont toujours accompagnées d’un moyen pour se tirer du mauvais pas dans lequel le pécheur s’est mis, ou du moins pour en atténuer la peine, suite à son repenti sincère Nahusha put être délivré par un membre prestigieux de sa descendance, le grand et humble Maharaj Yudhistir, alors en exil avec ses frères et Draupadi dans la forêt. L’humilité, Yudhistir en est la personnification. Tout le Mahabharata tourne autour de lui. Nahusha, ayant remercié Yudhistir pour ses leçons de sagesse, retournera au Ciel, avec les dieux.
Vous remarquerez qu’ici ou dans l’autre monde, il y a toujours beaucoup d'individus présents, à part soi. Le nihilisme n’y a pas sa place. La diversité du vivant est plus complexe et subtile que le « pur Brahman » ou les conceptions monistes.
Et pour en revenir à nos moutons, une bonne naissance est plus propice à notre évolution ; parce qu'une famille aimante et cultivée rend la vie plus facile ; parce que c’est elle qui nous façonne, qui nous apprend à marcher. Elle nous aime, nous l'aimons. C’est l’orgueil qui fait que l’on ne veut pas apprendre des dieux, voilà ce que nous enseignent ces rois védiques, ce qu'enseigne le Mahabharata.
* Cette publication est extraite du lien ci-dessous :
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Ce que l’on apprend à lire et à étudier le Mahabharata, qui traite de l’histoire ancienne de l’Inde, de la plus grande des civilisations ayant jadis existé sur la surface de la Terre de mémoire d'homme, c’est que cet ouvrage, malgré les sciences, les arts, la philosophie et la présence manifeste de Dieu, et des dieux chargés des éléments de la nature matérielle, comme le vent, la pluie ou le soleil, et bien cet ouvrage ressemble à un gigantesque arbre chargé de fruits mûrs et trônant au milieu d’une forêt profonde où les âmes bornées ne s’y aventurent jamais : le Mahabharata est la preuve vivante, sociale, métaphysique et psychologique que le savoir et la connaissance sont curieusement des matières peu goûtées par nos contemporains, et cela en dépit de la profusion des médias qui offrent 24 heures sur 24 des contenus informatifs et gratuits à la portée de tous.
* Cette publication est extraite du lien ci-dessous :
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Le Mahabharata annonce la fin d'un monde - Le blog de Maroudiji
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