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Publié par Laziz

Un bon patron est un patron mort. Dicton

Abraham Lincoln et la démocratiePourquoi craindre le principe de supériorité ou ceux qui sont supérieurs ? Craint-on l’enseignement supérieur ? Le fils craint-il le père parce qu’il lui est supérieur ? Craint-on son grand frère ? Craint-on Dieu ? Non, sauf s’ils sont méchants. Sinon on les aime d’un amour sans borne.

L’amour est un trait d’union qui unit des êtres qui se font confiance et s’entraident. On craint quelqu’un en position d’autorité si l’on commet une bêtise mais pas au point de lui dénier son droit de nous corriger ou de rejeter son statut de supériorité.

Mais la classe bien pensante des sociétés modernes, suivie du bon peuple, abhorrent la notion de supériorité. Si c’était en leur pouvoir ils feraient disparaître le mot du dictionnaire. Avec eux il ne faut pas même dire par exemple que l’homme est supérieur à l’animal, car ils pensent béatement que c’est faux. « Nous sommes tous égaux », voilà un slogan qui sonne doux à leurs tympans.

En vérité, culturellement et historiquement l’homme supérieur opprime les faibles, et cela depuis les Grecs et les Romains, les Égyptiens et les Juifs. Chez eux, le faible, celui qui n’est pas favorisé par une bonne naissance est un esclave ; l’homme supérieur à tous les droits sur lui. C’est sur ce rapport entre maître et esclave que s’est élaborée la démocratie. Depuis toujours* dans ce système il y a les riches, une élite d’un bord, et la masse des pauvres, de l’autre.

 Vers la fin du 18e siècle, les pauvres en ont eu assez de cette condition et ont lutté pour le changement. Ils se sont accaparés à grand-peine, par le fer et le sang, une partie du pouvoir. Seulement une partie, car jamais le peuple faible et pauvre n’a pu en jouir complètement, jamais.

Brel et la démocratie. CitationMais au moins le citoyen au XXe siècle a voix au chapitre et peut espérer, quand il vit dans un pays riche et développé, à l’instar de certains en Europe ou en Amérique du Nord, ne plus être abusé ou réduit en esclavage par l’homme supérieur (oui, oui, on sait, l’homme supérieur n’existe pas…). Mais cette liberté, cette notion démocratique -le meilleur des gouvernements- n’est pas ancienne comme on nous l’enseigne et aime à nous le faire entendre. Elle n’a surtout rien à voir avec la Grèce, n’en déplaise à ceux qui ne jurent que par cette croyance. Tant que l’on colporte ce dogme comme étant le phare de l’humanité, on nourrit l’ignorance du peuple. 

Durant l’Antiquité, Athènes et Rome devaient leur richesse et leur prestige à la tyrannie et à l’esclavage. C’est un pont aux ânes. Si l’on veut se rapprocher de la démocratie platonique telle que nous la cultivons, c.à.d idéalement, l’exemple le plus probant d’une civilisation évoluée, intelligente et dont le peuple est paisible, c’est celui que l’on retrouve décrit dans le Mahabharata ou les Puranas, livres qui relatent l’histoire antique de la civilisation hindoue. Le problème c’est que la masse des gens pauvres et faibles ne connait pas l’Inde ancienne, son manque de culture est à couper au couteau. Non pas parce que le peuple en est incapable, loin de là cette idée*, mais parce que l’homme supérieur lui a appris à se détourner de ce savoir pour mieux paver la voie au peuple élu d’Israël, tribu à laquelle il s’identifie encore aujourd’hui malgré lui, et qui fonde sa nation.

*La plupart des immigrés parlent deux ou trois langues alors que le Québécois ou le Français peinent à en connaître deux.

Ces gens, en fait, ne savent même pas en quoi consiste réellement la démocratie. Les hommes intelligents et supérieurs leur répètent inlassablement qu’elle est née en Grèce et que ce pays est l’initiateur spirituel des libertés et des Droits de l’homme. Mais, en vérité, l’homme supérieur a toujours détesté la démocratie, pour lui elle est démonique. (Oliver Wolcott)

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« Le monde que j’essaye de comprendre ne me rend ni politiquement
optimiste ni moralement satisfait, ce qui revient à dire que je trouve
difficile de jouer l’imbécile heureux. »

Charles Wright Mills

Christophe Barbier, directeur de L'ExpressL’homme intelligent et supérieur ne veut pas que la masse apprenne qu’il existait une civilisation supérieure en Asie ; il ne veut pas que le peuple sache en quoi consiste véritablement notre modèle de démocratie, celle qui nous est parvenu de la Grèce. Il ne veut pas qu’il prenne conscience que l’homme riche et supérieur fait comme il a toujours fait : il exploite les pauvres jusqu’au sang.

Personnellement, je trouve l’idéal démocratique très noble, car depuis des décennies, en Europe et en Amérique, beaucoup de gens pauvres et malchanceux ont pu accéder aux rêves que laisse entrevoir cette fameuse démocratie idyllique, aux bienfaits qu’elle a générés malgré les vices flagrants dont elle est infligée. La démocratie est imparfaite et nous sommes loin de pouvoir nous vanter d’avoir créé un système qui s’en rapproche de près, notamment un système juste et édifiant pour tous. Nous en sommes si éloignés que nous glissons dans un gouffre noir et sans fond. Et c’est là que les Athéniens s’éteignirent.

Ce n’est pas le fait que les races* existent qui est un danger ; ce n’est pas le fait que les gens parlent d’autres langues qui est un danger ; ce n’est pas le fait que les gens s’habillent différemment qui est un danger ; ce n’est pas parce que les gens pratiquent une autre religion qui est un danger ; non, c’est le fait qu’il n’y ait plus d’hommes supérieurs bons et justes qui est le danger.

* Donnez-lui le nom que vous voulez pour désigner ce concept : espèce, ethnie, groupe, famille, type, classe, peuple, peu importe, c’est l’idée qu’il faut retenir. Car je sais que le président français, François Hollande, avait formulé le désir d’effacer le mot de la constitution tant les Français y sont allergiques. Ailleurs dans le monde il est utilisé normalement, même par les instances gouvernementales.

Socrate et la démocratie

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« à l’heure actuelle (…), on présente les barons voleurs comme les
grands hommes d’État de l’industrie »

Charles Wright Mills, dans L'élite au pouvoir.

L'Obs et les inégalitésLes inégalités, l’aveuglement des élites.

C’est un gros titre à l’intérieur des pages de L’OBS. Avec pour sous-titre :

Alerte. À force d’ignorer les démunis et d’oublier les classes moyennes, nos dirigeants mettent en péril la démocratie. C’est le constat inquiétant que dressent deux ‘Nobel’ d’économie et de nombreux universitaires de renom.

Notez bien, la démocratie n’est pas encore en péril, elle risque de le devenir. Ce que l’on entend par là, c’est que ça va très mal mais la démocratie fonctionne encore, ce qui revient à dire que la démocratie s’accommode assez bien des injustices. Mais il y a un moment où « la coupe est pleine et nos poches sont vides ».

Des universitaires de renom, deux Nobel ?! Tant que la science ne le proclame pas, pourquoi s’en inquiéter ? Il y a pourtant des quidams qui depuis des années s'étaient aperçus de la chose, à leur corps défendant le plus souvent.

Les élites sont aveugles. Il n’y a pas de doute. Mais les masses, elles, sont-elles lucides ou seulement réactionnaires ? À vrai dire, c'est quand elles en éprouvent directement les méfaits, à ce moment-là elles réagissent et la démocratie s'ébranle.

Le Point : ce n'était pas mieux avantNous en sommes là. L’eau bout dans la cocotte minute, elle siffle depuis longtemps. Mais quel est le brave homme qui ne sait pas que ça va mal ? Il y a dorénavant un malaise palpable qui s'est emparé des classes moyennes. Et c’est là que le bât blesse. Quand il s’agit du peuple d’en bas, on peut continuer comme si de rien n’était, mais quand ça touche à la bourgeoisie, c’est de la dynamite qui peut exploser.

Malgré cela on entend dire que l’avenir est plein d’espoir. Qu’aujourd’hui c’est mieux qu’avant. Que la vie est belle. Il est vrai cependant que l’assurance est moins musclée, la conviction n’y est plus car de plus en plus de gens de toutes les couches de la société se plaignent de leur sort.

Dans cet article de L’Obs, un dénommé Hakim El Karoui  a écrit au sujet des classes moyennes affectées par la « désoccidentalisation » : « Aujourd’hui elles se rendent compte que le monde ne suit plus le chemin tracé par l’Occident. L’avenir n’est plus à elles, il est à d’autres. Elles n’arrivent plus à se situer. » Quel coup dur pour nos démocraties, n’est-ce pas !?  (sarcasme.)

 

 

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Exemples d’hommes supérieurs

« C'est alors que je compris le sens des mots de Griboïedov :
Plus que toute peine épargne-nous
La colère du maître, et du maître l'amour!
»
Vladislav Khodassévitch

Je me débarrasse de mes livres. C’est un processus long et difficile qui a débuté il y a quelques années. L’Internet y est pour quelque chose. Mais les livres résistent. Il va sans dire que je ne les envoie pas au pilon, je les donne. Non, j’avoue, la plupart du temps je les abandonne sur un banc ou sur le capot d’une voiture. J’ai cependant constaté qu’en repassant rapidement à travers leurs pages et que j’écrémais ce qu’ils ont de meilleur à partir de l’index que j’établis généralement à la fin d’un livre, alors la séparation est moins douloureuse.

Livre abandonné sur un banc

Comme j’écrivais récemment à propos de la démocratie, j’ai pris quelques notes sur la biographie de Gaston Gallimard de Pierre Assouline. Il me fallait des exemples d’élites dans différents domaines pour compléter mon pamphlet, et le monde de l’édition en fournit à foison. En tout cas, ce livre tombe à pic. Il illustre bien ce que produit de mieux la France d’intelligence et de culture parmi nos élites. « Le résultat de cette recherche ne prétend pas à l’objectivité mais à l’honnêteté intellectuelle. » Dixit Assouline. Voici donc quelques extraits que je recopie en paraphrasant.

Pourquoi Gallimard ? Parce qu’il fut unique et exceptionnel. Il ne fut l’auteur d’aucun livre, mais il les a tous signés. Pour parvenir à ses fins, l’homme que tout le monde appelait Gaston était prêt à tout. Le charme et l’esprit, la gentillesse et l’attention bien sûr, mais aussi bien plus, l’intransigeance, le mensonge et le double jeu.

Pourquoi Bernard Grasset ? Il investit le meilleur de lui-même dans chacun de ses livres, quand il y croit. Il ne délègue rien et fonce souvent la tête baissée. Il a un caractère impulsif. Cela fait partie de son charme, de même que ses mensonges et parfois, sa muflerie vis-à-vis des dames et des auteurs. Il n’hésite pas à humilier publiquement un tiers, pour le plaisir, par cynisme et par jeu. À Armand Godoy, un riche poète cubain qui se plaignit d’être encore édité à compte d’auteur, Grasset lui répondit simplement : -Oui, mais tes livres me déshonorent. Ça n’a pas de prix.

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Radio-Canada en apprend sur la démocratie...

Radio-Canada et la démocratieUn bonjour ou bonsoir à M Homier-Roy. Je vous ai écouté un peu ce matin, alors que vous étiez en compagnie en train de faire le tour du monde virtuel, comme à l'habitude avec vos collègues. À un moment donné, l'un de vos interlocuteurs s'est exprimé sur la grandeur de la civilisation grecque, mentionnant que ces derniers avaient découvert la philosophie et la démocratie, etc. (On voit pointer la race des grands hommes, dont le prolongement sera l'Indo-Européen et qui enfanta le fameux Aryen -cela vous dit peut-être quelque chose...) Il faut lui expliquer qu'on ne devrait pas parler ainsi à la radio, ça fait un peu ringard. Il n'y a que le petit peuple pour penser encore de cette manière, comme on le faisait il y a une bonne décennie, sans être pris pour un inculte ou un dogmatique. Pour la petite anecdote, les bouddhistes, apparus bien longtemps avant Épicure ou Anaximandre, ont plus ou moins rabâché à l'envie les mêmes spéculations; et en ce qui concerne l'atomisme, les jaïns par exemple jonglaient allègrement avec ces concepts, ils étaient plus civilisés et n'avaient rien à envier aux Grecs du point de vue intellectuel. Pour ce qui est de la démocratie, les Grecs ont pris le train en marche; les fondements de la démocratie existaient en Inde depuis belle lurette. Lisez Le génie de l'Inde, à ce propos, de Guy Sorman pour vous en convaincre. Mais n'importe quel indianiste digne de ce nom, vous le confirmera.

31 août 2012

Liens en relation: L'état de la culture au Québec
Québec choisit son avenir: vote
 

Commenter cet article

Quasimodo 27/11/2016 14:50

Et encore un abruti qui ne fait pas la différence entre l'égalité de tous les êtres humains et l'égalité en droits. Le tout en se pensant supérieur. Çà fait peur.

Anonyme 19/11/2016 16:32

Bon on a tout compris : pour toi les Asiatiques sont la race supérieure. Et tu ne nous épargne même pas un petit couplet antisémite... Écœurant, et sans intérêt.

Laziz 19/11/2016 19:09

Non, vous ne comprenez pas ou vous faites comme si, car les blancs comme vous aiment à la folie l'idée ensanglantée d'avoir inventé la philosophie, la science et la démocratie, toutes nées en Grèce, bien évidemment. Ce goût saumâtre vous le savourez et vous ne cessez de trompéter que nous sommes les meilleurs. Et quand quelqu’un vient vous dire que la chanson est finie, que désormais elle sonne faux, vous grimpez au rideau. Pour corriger le tir, maintenant que le pot-aux-roses est connu de tous, vous échafaudez des dogmes : « nous sommes tous beaux, nous sommes tous égaux, la hiérarchie n’existe pas, tout le monde il est gentil, même les Chinois et les Américains. » De la grande philosophie de vie, en effet. Mais dans les faits, les choses n’ont pas beaucoup changé, la démocratie reste ce qu’elle a toujours été, un moyen sophistiqué d’exploitation.