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Publié par Laziz

« Qui nous prouvera que les Aryens avaient la peau blanche,
les yeux bleus et le crâne allongé ? »
Rudolf Virchow, 1989

 

Le peuple guerrier Indo-EuropéenDans le chapitre VII, L’habitat originel des Indo Européens, l’auteur nous renseigne sur ses croyances historiques : « Avec ce chapitre, l’objet même de l’étude change, il ne s’agit plus de reconstruire, en utilisant les méthodes de la paléontologie linguistique, une culture virtuelle, hors de l’espace et du temps, mais d’identifier un peuple réel, qui a vécu en un temps et sur un espace à déterminer. »

Ce faisant, il pose les conditions nécessaires pour rendre intuitions et hypothèses dignes d’une théorie capable de jeter un éclairage nouveau sur nous éclairer sur la réalité de nos origines : « Conformément à la démarche suivie jusqu’ici, on partira des données linguistiques pour poser trois questions fondamentales : Quand les Indo-Européens ont-ils formé une unité ? Où se situait leur communauté ? Qui étaient-ils ? »

À ces trois questions ( le livre a été écrit en 1981 ), aucune n’a reçu de réponse satisfaisante et elles continuent à susciter des débats interminables parmi les experts, d’où le livre de J-P Demoule Mais où sont passés les Indo-Européens ?. Demoule remet les pendules à l’heure et met en perspective la vacuité et les fantasmes animant ces thèses d’inspiration douteuse, vu les circonstances colonialistes et racistes qui les ont motivées en premier lieu. Haudry, l’auteur de ce Que sais-je ?, continue par exemple à colporter des sornettes et des incohérences grosses comme le nez au milieu de la figure en écrivant : « Les données de la paléontologie linguistique sont souvent confirmées par les traditions : les Védas et les Brahmanas mentionnent l’invasion aryenne en Inde… » Ne perdons pas notre temps à chercher les références dans ces écrits sacrés, d’autant plus que les dates correspondant à leur élaboration sont faussées par la conception matérialiste que les historiens, souvent influencés par le marxisme, telle la notoire Romila Thapar, se font de leur existence et de leur rédaction : ils théorisent en ignorant l’importance de la tradition orale de ce savoir qui remonte à la nuit des temps. Cette dernière expression n’étant pas une figure de style.
 

Les Dieux sont-ils mortels ?

Comment peut-on faire de l’anthropologie et de l’histoire en connaissant approximativement le sujet ? Il est certain que face à la complexité du vaste savoir védique, quiconque s’y aventure en amateur ne fera que déblatérer des balourdises. Dans la section Des Dieux aux héros, Jean Haudry tente de démontrer qu'avec le temps les Dieux s’humanisent. Pour cela il cite G. Dumézil qui, comme lui, et comme tout le monde d’ailleurs*, ne croit pas aux Dieux, mais il donne son avis : « Jadis les dieux étaient mortels », selon les anciennes écritures qui n’ont eu de cesse de le répéter...


Or le plus humble des lecteurs du Mahabharata aura appris que tous les Dieux meurent, sans exception, depuis toujours, même le Démiurge, Brahma. Le plus humble des lecteurs, ayant lu ne serait-ce que la Bhagavad-gita, sait que selon la cosmogonie védique l’Univers est détruit complètement au moment voulu par Vishnou. Pour cela les circonstances de cette annihilation sont mentionnées. C’est un pont aux ânes.

* Dans le magazine  L’Histoire (Aout 2013), Paul Veyne déclare que « La mythologie grecque est un trésor de contes, et rien d’autre ; exactement comme la Bible. … Leur but est simplement de divertir. Ils n’ont pas d’autre fonction que littéraire. … Se nettoyer l’esprit des faussetés légendaires n’était pas une question d’hygiène, comme cela l’est devenu à notre époque où la science historique fait le tri entre le vrai et le légendaire, et où croire à des légendes est devenu un trait d’inculture ridicule et populaire. »  De là à considérer le Mahabharata et les Puranas de la même eau, il n’y avait qu’un pas à franchir et qui le fut allégrement.

PS. En tout cas, « la science historique » fait bien sourire.

Liens en relation :

Le Que sais-je?, réimprimé par Les éditions de la forêt.

Le Que sais-je?, réimprimé par Les éditions de la forêt.

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Les Aryens : des néonazis aux Iraniens
 

Je rajoute ce bon documentaire. Étrangement, la réalisatrice ne mentionne ni l'Inde, le pays d'origine, ni les Védas ou le Mahabharata, dont ses héros de l'antiquité lointaine sont nommés par leur nom : Aryens.

Pour en lire plus à ce propos, ci-dessous un lien sur ce blog

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