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Publié par Laziz

Immortalité et réincarnation alexandra David-Néel, livre« Qu’était le Taoïsme philosophique originaire plusieurs siècle avant J.-C? » se demande Alexandra David-Néel en couchant les premières lignes d’"Immortalité et réincarnation". Et elle répond : « L’on peut penser qu’il représentait de nombreux traits de ressemblance avec le Védanta indien. » Ce qui, à mes yeux, est une approximation tirée par les cheveux, car dans le Tao « Un véritable commencement de l’univers, un commencement absolu, n’est pas envisageable. […] Le commencement de notre monde se situe dans le chaos. »

Et se termine dans le chaos. C’est loin de ressembler à la cosmogonie hindoue. Ou, pour être plus précis, le chaos, tel qu'envisagé, littéralement, est un concept des plus vagues et des plus grossiers pour expliquer une création cosmique.

 

le singe et le chaos cosmologiqueLes Grecs avaient une conception similaire et ils restent souvent la  référence pour les Occidentaux naïfs et chauvins. Les juifs et les Arabes ont puisé à satiété dans ce vivier sans dessus dessous des idées plagiées. Lorsque les téméraires s’aventuraient en dehors des sentiers battus, c’est pour s’amouracher derechef d’un concept qui s’apparente au leur, comme ici la cosmogonie chinoise et son chaos.

 

Tao, Véda et méditation: Alexandra David-Néel et les comparaisons vraisemblables

Tao, Véda et méditation: Alexandra David-Néel et les comparaisons vraisemblables«La méditation du taoïste est une non-méditation.» Elle est surtout à l’image d’une anguille qui ne se laisse point saisir et qui n’existe que dans les eaux troubles de l’imaginaire. Avec ce genre de philosophie, on se retrouve constamment en présence de contradictions du genre : «Rechercher l’union avec le Tao, avec le Tout, avec l’Un dénote un manque complet de compréhension. Cette union n’a pas à être produite: elle existe, elle a toujours existé. » Car, continue David-Neel, «Je n’ai pas à me rendre immortel. L’Eternité est, à la fois unité et diversité, moi et l’autre. » Si je lui avais demandé de m’éclairer au sujet de cette dualité, elle m’aurait peut-être répondu : ce mysticisme est au-delà de la philosophie, c’est une question de foi. Proposition à laquelle j’adhère. Mais elle ne peut servir de langage universel. Elle est un dogme. 

Elle déclare, vers la fin de son livre, que «L’Inde ne nous offre pas un champ aussi touffu de variétés de croyances» que celles des Chinois ou des Tibétains. Je comprends! Il faut compenser par l’imaginaire et les superstitions. «La croyance la plus répandue, dans l’Inde, concernant le Moi, l’individu, est, à première vue, quelque peu comparable à celle exprimée dans les catéchismes chrétiens : "L’homme est composée d’un corps mortel et d’une âme immortelle." »… Même cette dame, qui semble douée pour les choses spirituelles, sort des approximations en guise de références didactiques. Dans les catéchismes, de ce que je sais, il est enseigné que le corps et l’âme sont une et même chose. La distinction claire et nette entre le corps et l’âme n’a jamais été abrogée par les savants catholiques ou protestants. L’explication donnée par la Bible à ce sujet, c’est que le corps ressuscite du lieu où il a été enterré. C’est tout aussi simple que ça mais on fait tous comme s’il n’y avait pas de chaînon manquant entre ce concept de corps éternel, pour ainsi dire, et l’âme, éternelle et immortelle par définition.

Heureusement, elle se rattrape au paragraphe suivant, quoique ‘passablement’, mot qu’elle utilise ci-dessous, est un euphémisme à mes yeux. Selon elle, cette compréhension du corps et des sens (incluant l’esprit, c’est-à-dire l’intelligence, le mental et l’égo conditionné) «tel que l’entendent les Indiens, diffèrent passablement de l’âme, et joue un rôle différent. Tandis que l’âme, d’après la croyance occidentale, est créé de toutes pièces lors de la naissance de l’individu», en Inde l’être, l’âme «existe depuis une période de temps inconcevable et il a cheminé, de réincarnation en réincarnation, jusqu’au moment où il apparaît sur la terre revêtu d’une forme humaine. »

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André Couture

Andre-couture--reincarnation--chretien--hindou.jpgIl doit bien connaître la littérature hindoue ancienne puisqu'il a traduit du sanskrit, dans les années 90, un livre au titre accrocheur (les Krishna en avaient produit un du même nom) et que j'avais lu avec curiosité, vu la rareté de tels ouvrages en français. Couture en avait également pondu un autre, "la réincarnation au-delà des idées reçues", sur lequel j'aimerais émettre quelques critiques pour contrebalancer les spéculations farfelues qui y sont colportées. Je reporte cependant le projet à plus tard mais, en attendant, pour ma rubrique sur le sujet (ma page Facebook), je détache ce passage sur sa conception de l'âme qui doit être celle de son affiliation religieuse chrétienne : « Le christianisme est sensible aux problèmes de l'âme, mais cette âme ne peut être dissociée de ce tout complexe qu'est la personne humaine. » (C'est moi qui souligne.)

http://image3.archambault.ca/2/F/F/A/ACH003144257.1339417100.580x580.jpgEn fait, c'est de ce livre-ci dont je voulais vous parler en priorité. Publié chez Québecor, une impressionnante maison d'édition canadienne comme la mondialisation en génère, on se dit, sans l'ombre d'un doute, que l'auteur a été retenu pour ses qualifications, s'il en est, en ce domaine, la réincarnation. Selon les informations glanées sur le Web, Marillac a écrit plusieurs livres à succès. Or, à la bibliothèque, en feuilletant l'ouvrage, je me rends compte que la démarche de l'auteur s'apparente plus à du charlatanisme qu'à de la pédagogie ; qu'il est bête à manger du foin, en tout cas sur le sujet qu'il traite, l'âme et sa genèse. Je vais voir la bibliothécaire et m'adresse à elle sans mâcher mes mots : « Mais qu'est-ce que c'est que cette maison d'édition, Québecor ?! N'ont-ils donc aucun scrupule à publier cette littérature digne d'une pédagogie sectaire et obtuse jusqu'à la malhonnêteté et qui vous promet plus de beurre que de pain ! Dieu, que je plains le pauvre hère qui lirait ce livre pour comprendre la réincarnation ! » Désorientée, elle m'affirme qu'elle va en parler avec la personne en charge des achats, mais cela ne signifie pas grand-chose ; les responsables de la bibliothèque sont à mille lieux de se préoccuper du contenu bon ou mauvais des livres ou des magazines qu'elles offrent au public. La démocratie ne fonctionne pas ainsi ; seulement s'il y a plusieurs personnes qui se plaignent, alors il y aura matière à réflexion. Les voix de la majorité sont nécessaires pour que les choses bougent. Et encore ! En outre, de tels choix ne sont pas sélectionnés pour le bien absolu de la culture mais pour le bénéfice du plus grand nombre. Bref, voyons ce qu'enseigne Marillac sur la transmigration de l'âme.

«La réincarnation suppose qu'une personne meurt et que son âme, durant un certain temps, fera le point sur son parcours avant de revenir dans un nouveau corps humain pour continuer son évolution. » C'est moi qui souligne. On constate le niveau. Ce sont les détails concernant cette proposition que l'on aimerait comprendre. Quand on lit ce qui suit, il n'y a plus de doute quant à l'érudition de ce monsieur. Voici son explication sur l'origine de la réincarnation : «Quelles (sic) sont les sources d'information capables de nous éclairer sur la réincarnation ? En fait, ce sont des textes religieux comme la Bible, Le Bardo Thodöl (ou livre tibétain des morts. » Ah bon ?! La Bible est une source première d'informations sur la réincarnation ? Par elle on devrait s'instruire sur le sujet ?! Le Bardo Thodöl ? Mais les tibétains ne croient pas à l'âme ! Ce qui se réincarne chez eux n'est pas une âme. Vous ne le savez pas ?! Selon leur concept, c 'est un agrégat d'atomes subtils qui se réincarne. Pour en rajouter une couche, il précise aussi que les bouddhistes sont les mieux placés pour en parler : « C'est là que le caractère incréé de l'âme se retrouve avec le plus de force. » Grave... Pourtant, il est de notoriété publique que les bouddhistes s'opposent fermement à l'idée d'âme spirituelle et éternelle. Cette tradition spirituelle a été et demeure une réaction à l'enseignement des Védas qui préconisait la libération de l'âme des griffes du karma, le cycle des morts et des renaissances. Mieux, lisez la suite, plus ridicule que ça, ça ne se peut pas ! « Le concept le plus complexe qui existe à propos de l'âme a été élaboré par les Grecs. » Faut vraiment être né sous une mauvaise étoile pour se retrouver à écouter ce drôle de pistolet... Le niveau intellectuel aujourd'hui, en tout cas, à en juger par ces publications, est à ras des pâquerettes. Pourquoi puiser au ruisseau quand on peut aller à la source ? La Bhagavad-gita ou les Upanishads, par exemple. Ces textes sacrés nous livrent tout ce que l'on veut savoir à ce sujet ; c'est clair, scientifique -le savoir lié au yoga en fait la démonstration-  et abondent en détails. Au lieu de cela, Marillac préfère radoter les pires inepties sur le sujet. Comment peut-on se poser en enseignant et débiter des explications pareilles sur l'âme !

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Réincarnation avec Laurel et Hardy

laurel hardy réincarnation chevalLa première fois que le concept de la réincarnation m'a été révélé. C'est aussi par ce film que j'ai ma première expérience de la mort. La deuxième surviendra 30 ans plus tard, avec le décès de ma chère grand-mère. Laurel et Hardy, faisaient partie de ma vie ; chaque jeudi après-midi, je les regardais avec volupté sur le petit écran faire les pitres et nous amuser jusqu'au bonheur. Mais ce jour-ci, le gros, Hardy, allait mourir. Ce n'était pas normal. Je devinais-là un présage de mauvais augure. J'étais frustré qu'un de mes héros retourne au ciel alors qu'il me restait de nombreux jeudis après-midi en perspective à attendre avec impatience leurs prestations. Le destin me montrait ses couleurs. La scène dans l'avion, avant l'accident mortel de Hardy, était épouvantable. Je riais, tout en m'accrochant à mon siège, sans me douter qu'il allaitHardy laurel réincarnation chevalmourir. Ce fut un choc. Laurel et hardy ne pouvaient interrompre ainsi, subitement, sans crier gare, notre série préférée, la mienne et celle de mes sœurs. Mais, de ce jour, pour moi qui était encore tout jeune, Hardy était mort pour de bon; je le prenais personnellement. Qu'il se soit réincarné en cheval ne me disait rien qui vaille de bon non plus, surtout qu'à l'époque, je ne savais rien de cette croyance. (Je considérais dégradant d'être rétrogradé dans cette espèce, aussi noble soit-elle, bien que je me défende bec et ongles d'être raciste. La preuve -car il faut toujours prouver aux yeux des antiracistes que vous ne l'êtes pas, tellement ils sont à cheval sur les principes- j'adorais aussi une émission dont un cheval, Mr. Ed, était la vedette.)

Je vous prépare un petit montage de la dernière séquence du film mais en attendant voici Mr. Ed.

 

  

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