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Publié par Laziz

Mircea-EliadeDe mon époque, dans les années 70, Mircéa Éliade était profusément cité comme une référence érudite hors du commun (avec son mentor et ami Georges Dumézil) pour ce qui concerne son savoir sur les anciennes religions, et spécifiquement l'Inde. Une fois que j'eu découvert ce pays par moi-même, j'ai alors réalisé que lire Éliade, pour comprendre l'Inde, c'était une perte de temps. Et plus tard encore, qu'il n'écrivait que bêtise sur bêtise. Je vous en donne des exemples. «Je dois cependant évoquer un fait qui m'a ému et qui ne manquera pas d'entraîner des conséquences pour l'élévation de mon âme.» Quelques années plus tard, éditant ses réflexions qui deviendront un livre, Le journal des Indes, Mircéa Éliade fera une parenthèse quant à cette note. Il écrira, dans l'ignorance à demi avouée de ce qu'est sa compréhension de l'âme: «En réalité, il n'eut aucune conséquence. Comme d'ailleurs, tant d'autres faits et rencontres extraordinaires.»

Puis, sur ses impressions de l'Inde, il transpose sa vision intérieure de ce qu'il croit être la nature des hommes sur l'Inde. Il faut savoir qu'à cette époque, en Roumanie, il était le leader d'une génération de jeunes qui ne juraient qu'avec le poing levé, c'était un fasciste, et avait des amis comme Cioran; Hitler était un homme, un vrai! pour Éliade. Dans cet esprit, il donne son impression (une généralisation stupide) sur la spiritualité qu'il entrevoit en Inde. «Je comprends que c'est seulement en Inde, où les liens (famille, ancêtres, mariages) sont si nombreux, si intolérants et si définitifs, que pouvaient se développer l'esprit et le désir violents de "libération" (mukti). C'est ici seulement, où la société et la communauté sont souveraines, que la solitude pouvaient être appréciée. Parce que la sensualité est luxuriante, l'ascèse est violente et inhumaine. C'est d'ailleurs en Inde, oû le mariage des enfants est presque obligatoire, qu'est obligatoire l’ascétisme au dernier stade de la vie (vanaprasthana, sanniasi).»

Et pendant qu'on y est, voyons le niveau spirituel de celui qui est devenu le guide des religions pour une masse importante d'étudiants et de chercheurs universitaires: «Alors j'éprouve le besoin impérieux de sortir, d'aller dans le parc, parmi les arbres, plus que tout parmi les arbres. » Il me rappelle François Mittérand qui adorait les arbres, et les ortolans...

 

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«Cela me semble d'autant plus curieux, écrit-il à la prochaine ligne, que je n'accorde nulle conscience à la nature. Ce n'est pas elle qui pourrait m'apprendre ce que je dois penser, ce qu'il est de mon devoir de faire.»

Sur la route des Indes

On comprend qu'il n'a pas beaucoup d'estime pour la philosophie. Il fait partie d'une époque où la science avait battu en brèche la philosophie ( depuis elle ne s'en est jamais remise.) On voit bien ce penchant quand il écrit ceci : « Il convient de souligner le caractère technique, scientifique, de la "philosophie" indienne. »

À noter que cette nouvelle édition correspond à une ancienne dont le titre était "Le journal des Indes" et dont je reproduis ci-dessous la version.


Mircéa Éliade, sur la route des Indes- livre

 

Lien en relation: le Mahabharata de Madeleine Biardeau: notes
 

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