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Publié par Laziz

Très tôt le matin du troisième jour, Bhishma disposa son armée en forme de Garuda, l’oiseau. Les Pandavas, en conséquence, ordonnèrent leurs troupes en forme de demi-lune. Les hommes des deux côtés étaient impatients de se battre et la confrontation fut très brutale. Le chaos se généralisa vite à l’ensemble des deux armées. Dès le départ Arjuna se mit à massacrer en grand nombre les Kauravas. Rapidement, les plus vaillants des généraux ennemis l’entourèrent pour endiguer le mal. Il fut couvert d’un nuage de dards mais ne manifesta aucune inquiétude. Le son si fort que produisait la corde de son arc en vibrant à chaque flèche décochée ne faiblit pas un instant; il gardait ses assaillants spécialement déployés contre lui à bonne distance. Malgré la poussière qui obstruait les rayons du soleil, les dieux s’était assemblés dans le ciel et observaient les duels entre ces géants des arts martiaux avec beaucoup de plaisir.

Ailleurs sur le champ de bataille, l’armée de Sakuni*, l’oncle de Duryodhane, entoura Abhimanyu et Satyaki. Comme ce dernier venait de perdre son char, il avait sauté sur celui d’Abhimanyu et les deux ensemble étaient maintenant invincibles. Les soldats de Sakuni ne pouvaient résister à leur énergie combinée et la mort les fauchait à vive allure.Ghatotkacha, le fils de Bhima Pendant ce temps, Bhima et son fils, Ghatotkacha**, mi-homme mi-démon, qui se battaient côte à côte dévastaient tout sur leur passage. Duryodhane, soutenu par une centaine de chars, fut obligé d’intervenir et de les affronter pour stopper le bain de sang qui affligeait ses troupes. Ce ne fut pas long avant que Bhima lui envoya une flèche qui l’assomma et lui fit perdre beaucoup de sang. Son aurige se hâta de le conduire en lieu sûr et de le soigner. À la suite de ce coup dur, les soldats prirent peur et battirent en retraite. Mais Bhima et Dristadyumna, le commandant en chef, les poursuivirent et il en résulta une destruction de masse. Le pire c’est que cette ambiance de fin du monde se déroula sous les yeux impuissants de Bhisma et Drona. C’est seulement lorsque Duryodhane revint sur les lieux que les soldats reprirent confiance. Quand il constata la déroute de son armée et la désolation dans laquelle elle se trouvait, il devint rouge de colère. Il alla trouver Bhisma et Drona pour les réprimander : « Mais que faîtes vous là sans agir, pendant que mon armée se fait charcuter sous vos yeux !? Il y a quelques jours de cela, on pouvait encore se questionner au sujet de votre sympathie pour les Pandavas mais il devient clair maintenant que par votre attitude, vous et Drona n’avaient d’autre intention que de les favoriser. Vous auriez dû me le dire que vous n’alliez pas vous battre contre les cinq frères, ce faisant je ne vous aurais pas placé à la tête de mon armée; j’aurai pris d’autres dispositions. Honorable Grand-père, vous avez voulu être le commandant de mon armée, il vous sied par conséquent d’en finir avec ce laxisme indécent et de lutter de toutes vos forces et de tout votre cœur pour la cause des Kauravas. Je vous l’ordonne si vous avez de l'affection pour moi! » La langue n’a pas d’os mais elle a le pouvoir de les briser et les paroles désagréables de Duryodhane causèrent à Bhisma une douleur qu’il sut dissimuler par orgueil. Il répondit en ricanant dédaigneusement : « Combien de fois, encore et encore, ne t’ai-je pas prévenu que les Pandavas ne sauraient être battus! Même le Dieu des dieux, Indra, avec la meilleure volonté, ne peut en venir à bout. Personne n’a jamais réussi à te convaincre, imperméable comme tu l’es à mes conseils et à ceux des sages qui t’ont prévenu, des hommes de valeurs tels que Vyasa, Vidura ou Krishna. Tu ne nous écoutes tout simplement pas. Je suis vieux et je dois me battre contre les meilleurs des kshatriyas et dans la force de l’âge, mais je vais te montrer de quoi je suis capable. Je te promets, parole de kshatriya, qu’aujourd’hui je vais mettre toute mon énergie et mon savoir martial à détruire les forces ennemies. Ouvre grand tes yeux, mon gamin, tu vas voir! » Comme un éléphant piqué cruellement par le crochet du cornac, Bhisma lança son char en direction des Pandavas avec une vigueur renouvelée. Il souffla dans sa conque et, au son, les Pandavas comprirent qu’il était vraiment fâché. Il était midi et jusqu’à ce moment tout allait plutôt bien pour eux. Quelque chose leur disait que la situation allait changer.

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* Sakuni est né quelque part dans le pays que l’on appelle aujourd’hui l’Afghanistan et qui était connu à cette époque comme la contrée de Gandhara. Sakuni est le frère de Gandhari, la femme du roi aveugle, donc l’oncle de Duryodhane. Celui-ci l’aime et le respecte beaucoup, et Sakuni le lui rend bien. C’est lui qui a monté tout le complot pour envoyer les Pandavas en exil dans la forêt en organisant un jeu de dés truqués. Il est considéré extrêmement intelligent mais aussi pervers jusqu’au bout des doigts. Son histoire vaut la peine d’être racontée mais ici on retiendra seulement que la responsabilité du plan démoniaque ayant servi à programmer cette guerre peut lui être attribuée. Il vivait à la cour d’Hastinapur alors qu’en fait il était le roi de Gandhara. Il fut critiqué pour avoir négligé de s’occuper des gens et des affaires de son royaume mais Sakuni avait une vengeance à assouvir, une promesse faite à son père. Au fond de lui, il détestait Bhisma qu’il tenait responsable pour avoir forcé sa sœur à se marier avec un roi aveugle. C’était un grand adorateur de Shiva.

* La mère Ghatotkacha s'appelait Hidimba. Elle était une démone de la race des asuras que maria Bhima lorsque les Pandavas vivaient dans la forêt durant leur exil. Naturellement il hérita d'elle des pouvoirs magiques tels que la possibilité de voler ou d'augmenter sa taille jusqu'à toucher les nuages. Ces qualités firent de lui un combattant redoutable durant la guerre de Kurukshetra. En outre, il reçut de Krishna le don d'être le plus grand des magiciens et que personne au monde, à part Krishna, ne pourrait le surpasser en ce domaine.


Debout sur son char, Bhisma commença à faire vibrer intensément la corde de son arc; il envoyait des bordées de flèches tout en tournant sur lui-même. Cette chorégraphie, connue sous le nom de Gandharva Vidya, était un style d’art qu’avait utilisé autrefois Sri Rama pour détruire les forces de Ravana*. Bhisma créait ainsi des cercles en tournoyant sans cesse comme une toupie, pendant que son char se déplaçait dans un mouvement similaire, avec lui au centre et comme en feu. Pendant qu’il s’agitait ainsi, ses flèches volaient dans toutes les directions, rendant impossible de le situer exactement car elles formaient un épais nuage sur le champ de bataille. Depuis le début du conflit, personne n’avait vu un phénomène comparable. Les corps qui tombaient sous ses flèches s’entassaient à tel point que les chars circulaient péniblement en cahotant. Une seule flèche atteignait trois soldats à la fois. Malgré son âge, il était si agile et si rapide dans ses mouvements que les soldats avaient l’impression de voir plusieurs Bhisma en action : tantôt en avant, tantôt à gauche ou à droite, la magie en action rendait impossible sa localisation. Les soldats s’écroulaient par milliers dans le temps de le dire. S’en était plus qu’ils ne pouvaient supporter; ils commencèrent à paniquer et à fuir le plus loin possible de la portée de ses flèches. Abrutis par le choc de la souffrance, du vacarme des armes et des corps qui volaient en éclats autour d’eux, certains marchaient sans but précis, les bras ballants, comme s’ils ne savaient pas où ils se trouvaient, d’autres avaient carrément enlevé leur armure pour mieux courir, les cheveux défaits au vent et d’autres encore étaient assis, parlant tout seuls et indifférents à leur environnement. Krishna prit la mesure de la situation et dit à Arjuna : « Ne te souviens-tu pas de ta promesse de tuer tous les guerriers Kurus ? Qu’est-ce que tu attends, ne vois-tu pas le désastre que l’Aïeul est en train de perpétuer ? À cette allure, il ne faudra pas longtemps pour qu’il liquide tous nos hommes. Ne perds plus de temps Arjuna et agis, l’armée entière attend de toi que tu prennes les choses en main et renverse la situation!
- Mon cher Krishna, tu as raison, il faut que j’en finisse avec lui tout de suite. S’il te plaît, conduits mon char pour qu’il soit à la portée de mes flèches. Nous sommes en guerre mais il y a des limites à cette barbarie ! »

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* Roi des rakshasas, une race d’êtres dont le cannibalisme faisait partie de leurs mœurs. On les appelle aussi des asuras, c’est-à-dire des démons. Établi à Lanka et adorateur de Shiva, Ravana avait dix têtes. Il avait kidnappé Sita, la femme de Rama, ce qui conduisit à une guerre mémorable dont des singes formèrent le plus gros des contingents de l’armée de Rama et de son frère Lakshmane. Cette histoire est décrite dans tous ses détails dans le Ramayane. Avec le Mahabharat, cet ouvrage constitue un des chef-d’œuvres de la littérature hindoue.

Quand les soldats de son camp aperçurent leur char se diriger vers Bhisma et Arjuna prêt à bander son arc contre ce dieu de la guerre, ils reprirent confiance et se rallièrent derrière eux. Bhisma couvrit instantanément de flèches leur attelage si bien que l’on ne pouvait plus les distinguer. Malgré cela, l’arc de Bhisma éclata soudainement en deux. Arjuna venait de le couper. Il en reprit un autre mais il subit le même sort. Bhisma sourit. La dextérité avec laquelle Arjuna l’attaquait le ravissait. Il en reprit un autre et cette fois, déjouant l’attention de son ancien pupille, il l’atteint lui et Krishna. À la vue du sang qui s’écoulait de la cuirasse que portait Krishna, Arjuna devint furibond et se déchaîna. D’une flèche il fit tomber la bannière du héros. À ce moment-là, les Kauravas s’étaient déjà rassemblés autour de Bhisma et se réjouissaient de la façon dont l’Aïeul menait le combat. Depuis quelques heures, ils avaient repris un énorme avantage sur les Pandavas. Il y avait là pour le soutenir Drona, Vikarna, Jayadratha, Bhoorisravas et d’autres aussi fameux. Tous ensemble ils s’acharnèrent sur Arjuna, ce qui permit à Bhisma de continuer son apocalyptique destruction. Ces guerriers hors du commun cherchaient à profiter de la situation pour en finir avec lui, en mauvaise posture, semblait-il. Satyaki réalisa le danger et se hâta de venir l’assister. Cela permit à l’armée de Yudhistir composée d'éléphants de se repositionner et de mieux couvrir Arjuna. Krishna, cependant, n’était pas content de son ami et disciple; il sentait bien qu’il ne s’investissait pas entièrement, et cela malgré l’enseignement exhaustif prodigué à la veille de la bataille. Il voyait qu’Arjuna se battait mollement avec son aïeul sans vouloir l’atteindre de façon décisive. La compassion à l'égard de la panthère cruelle est une injustice pour les moutons. Il n’avait pas encore coupé le cordon ombilical de son affection pour lui malgré tout ce qu'il laissait paraître. Satiaki, quant à lui, le constata sans mal et s’en étonna s’en rien dire, en bon disciple qu’il était. Sa perspicacité n’échappa pas à Krishna qui ne se contenta pas de le lui faire remarquer ; il passa à l’action malgré sa promesse de ne pas prendre les armes! Au diable la morale, il était sorti de ses gonds! Vu les circonstances, il semblait que le destin irréversible et fatal qu’il avait prédit -en enseignant à son disciple, il y a quelques jours, que tous les belliqueux combattants périraient- leur jouait des tours. Bhisma, par sa vaillance et sa bravoure, paraissait plus grand que nature, comme s’il faisait fi des lois naturelles du cosmos. À la vitesse qu’il perpétrait le massacre, des soldats et des éléphants de Yudhistir, le soir venu il n’en resterait plus rien! Cette catastrophe aux signes criants était générée avant tout par le laxisme d’Arjuna. Comment pouvait-il laisser Bhisma agir ainsi tout en s'adonnant à des joutes à l'arc sans le neutraliser ? Sans même adresser la parole à Arjuna, il lâcha les rennes et sauta de son siège. Ce faisant, il lança à Satiaki : « Je vais remédier tout de suite à ce fléau puisque notre ami commun n’en ressent ni l’urgence ni le besoin. Regarde! J’invoque mon disque (sudarshane-chakra) pour tuer sur le champ Bhisma*. Ensuite tous les autres, Drona et tous les fils de Dritharastra y passeront. On n'en parlera plus. Les Pandavas pourront enfin reprendre leur royaume. » Satiaki était sidéré par ce qu’il voyait, les transformations du paysages qui s'illuminait et le comportement de Krishna.

** Dans certaines versions, il est dit qu'il arracha une roue d’un char à terre et cette scène se trouve souvent reproduite en peinture. Mais dans le MBh il est mention plutôt du sudharsane chakra, un disque.

Au fur et à mesure que le chakra se rapprochait, l’ambiance se transformait : le ciel s’illuminait comme si le soleil de la fin des temps transperçait les nuages de poussière. Les éléments grondaient et la terre elle-même tremblait. Les éléphants et les chevaux s’excitaient tant qu’il fallait les pacifier et le tenir la bride serrée pour ne pas qu’ils s’emballent. À la suite de ces augures perturbants, les oiseaux se précipitèrent dans le ciel et s’éloignèrent à tire d’ailes le plus loin et le plus vite possible. Avec le chakra incandescent et tournoyant dans sa main droite, prêt à être projeté, Krishna laissa échapper un cri de guerre qui attira l’attention de tous les êtres présents sur le champ de bataille. On aurait cru le rugissement d’un lion chargeant un éléphant. Contemplant cette scène à la fois magnifique et terrifiante, les guerriers des deux camps étaient persuadés que d’ici peu les Kauravas allaient tous être exterminés.

Pendant ce temps, Bhisma ne perdit pas le moindre moment de cette geste divine. Il était debout sur son char, attendant les mains jointes et souriant. Ce qu’il voyait le ravissait au plus haut point. Il s’en délectait spirituellement. Depuis le début de la bataille, il anticipait cet instant sublime où Krishna serait acculé à briser sa promesse de ne pas combattre et de le tuer. C’était son rêve le plus cher pour en finir avec cette malédiction qui l’avait astreint à prendre naissance sur Terre. Alors que Krishna s’approchait de lui, avec son châle jaune qui volait sous la brise, il lui dit : « Seigneur, je vous en prie, frappez-moi et jetez-moi de mon char que je morde la poussière. J’attends ce moment avec impatience et comme une libération. Je ne considère rien d’aussi glorieux que de mourir par votre main. Ainsi je rejoindrais le plus merveilleux des mondes. Ne savez-vous donc pas que je vis dans l’expectative d’une opportunité d’en finir avec cette vie sur Terre et que ce corps humain me répugne?
- Bhisma, lui répondit Krishna, comme pour enfoncer le clou, honte à toi! Tu es l’instigateur véritable de ses massacres car en tant qu’autorité supérieure tu as laissé les rapports entre cousins s’envenimer pour en arriver-là.
- Mon Seigneur, pourquoi m’accuser ainsi de tous ces maux ? J’ai fait de mon mieux pour convaincre Duryodhane de renoncer à ses plans maléfiques, mais il ne m’a pas écouté. Donner de conseils à un sot, c’est comme jeter de l’eau sur une oie. D’ailleurs vous avez bien essayé vous aussi, mais le résultat ne s’est guère avéré meilleur. »

Arjuna avait sauté de son char et s’était agrippé au bras de Krishna pour l’empêcher d’agir et de transgresser son vœu. Mais Krishna est Dieu la personne suprême, le contrôleur des trois mondes, il n’en avait cure et le tirait comme si de rien n’était. Il n’entendait même pas ses appels tant il fulminait contre Bhisma. Tout absorbé qu’il était face à son pur dévot attendant avec humilité et fébrilité le coup de grâce, Krishna avait oublié, pour ainsi dire, le monde extérieur et la forme à deux bras qu’il avait prise. En face de lui, Bhisma, réciproquant avec lui, ne voyait pas une forme humaine mais celle de Narayane, avec ses quatre bras et son chakra. Cette sublime vision de Dieu, avec les yeux pareils-au-lotus rougis par la colère, le jeta dans un état extatique. Il joignit ses mains au-dessus de sa tête et commença à chanter les noms de Vishnou.

Puisque que Krishna ne réagissait pas à l'interposition d'Arjuna, celui-ci se laissa glisser le long de son corps et lui attrapa la jambe pour mieux attirer son attention et pour l’empêcher d’aller plus loin. Son cœur battait la chamade et il pleurait. Krishna s’immobilisa enfin et écouta sa complainte : « Mon Seigneur, implora Arjuna, calmez-vous, je vous en prie, ne faites pas cela, ne brisez pas votre promesse; je vous jure au nom de mon enfant que je vais m’acharner à anéantir les Kauravas comme prévu. Pardonnez-moi, Seigneur, je n’aurai plus d’hésitation dorénavant. » Voyant les larmes qui coulaient de ses yeux et la sincérité avec laquelle il s’adressait à lui, Krishna décida de lui donner une dernière chance. Sans dire un mot, il retourna sur son char et attrapa les rennes, prêt à partir. Mais il n’arborait pas son sourire habituel sur les lèvres.

Quelques minutes plus tard, on entendit la conque de Krishna résonner à travers tout le champ de bataille. Puis vint le tour d’Arjuna de souffler dans la sienne. photo Le diapason des deux sons et des deux esprits, à l’image des divins Nara et Narayane, annonça un nouvel élan guerrier. Bhisma, revenu de ses états spirituels, ne perdit pas de temps et ne se laissa pas impressionner par cet avertissement. Il donna le branle à son armée pour attaquer : il avait bien l’intention de continuer son carnage. Sous son ordre, des bataillons entiers se jetèrent sur Arjuna pour en finir une fois pour toute avec lui. Durant l’après-midi, grâce à Bhisma, les Kauravas avaient décimé les rangs des Pandavas et ils étaient restés sous l’impression que la journée allait se terminer par un forfait de leur part. Mais c’était compter sans la nouvelle disposition mentale d’Arjuna qui ne les laissa pas agir à leur guise cette fois. Il contrecarra toutes leurs armes. Non seulement il repoussa leurs attaques mais il causa des dégâts à une vitesse indicible. Il inondait les Kauravas de flèches qui ne rataient jamais leur but. Les hommes tombaient comme des mouches. Pour montrer à Bhisma que cette fois-ci il était passé à un autre registre de combat, il utilisa ses missiles divins contre lui, dont, Mahendra, la terrible arme d’Indra. Il ne fallut pas longtemps de ce déluge de feu et de sang pour que la panique générale s’empare des soldats. Le vent avait tourné et c’était à son tour maintenant de souffler le chaud et le froid sur tout le champ de bataille. Le son incessant de son arc en action donnait la chair de poule et l’épouvante se lisait dans les yeux : il leur apparaissait telle la mort personnifiée. Autour d’eux, frères, amis, compatriotes et mercenaires tombaient soudainement dans la boue imbibée de sang et personne ne pouvait se mettre à l’abri de cette malédiction de mort qui s’abattait sur eux de toutes parts. Il faillait fuir pendant qu’il était encore temps. Heureusement, le soleil commençait à se coucher. Face à ce déchaînement d’Arjuna et de l’effet létale de son arme dont l’influence continuait à se répandre sur tout le camp, Bhisma, Drona et Duryodhane jugèrent bon de se retirer pour la journée et de faire les comptes.

Fin du troisième jour

Pour lire Le premier jour de la bataille
Pour lire le début, l'

 

Troisième jour de bataille et la colère de Krishna
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