Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.
4 Février 2026
/image%2F0554291%2F20260204%2Fob_1b4adc_hare-krishna-devotees.jpg)
Ce matin, en écoutant les nouvelles accablantes sur l’état du monde, une colère sourde m’a envahi. Ce n'est pas seulement parce qu'il est en guerre ou que les puissants abusent des faibles avec une cruauté qui frise le satanisme ; c'est surtout parce que les dévots de Krishna restent silencieux, comme si cela ne les concernait pas, et qu'ils n’avaient jamais lu le Mahabharata et la Bhagavad-gita. Bref, comme si nos Écritures et la prédication de Prabhupada nous avaient formé moralement à fermer les yeux sur la politique de ces pays qui tirent les ficelles et plongent les nations dans le sang et la mort.
Dans un autre registre, mais empreint des mêmes vices, se dessine un schéma similaire : il est révélateur du mal qui ronge notre société, la Conscience de Krishna. Il démontre que, dans les faits, celle-ci ne se distingue finalement pas de ce monde barbare, sauf en théorie et dans le passé lointain des histoires du Srimad-Bhagavatam.
Lorsque Kishori est allée trouver Srila Prabhupada pour l'informer que des individus violents et des pédophiles dirigeaient le Gurukula de Vrindavan, elle l'a fait devant ses disciples. En réaction, Prabhupada est entré dans une vive colère et a exigé que les coupables soient sévèrement punis. Cependant, aucune mesure n'a été prise et la situation a perduré sans changement. Un dévot, autrefois chargé d'enquêter et de rétablir l'ordre au sein des Gurukulas, a même déclaré : « Srila Prabhupada et Krishna ont le contrôle, donc tout ira bien, ne vous inquiétez pas. » Jusqu'à aujourd'hui, ces abus sexuels et ces violences sont le martyr des enfants dans certains gurukulas, et des plus fameux, dans ISKCON. Je ne révèle pas un scoop en le dénonçant.*
"Comme l'homme perdu de dettes qui fait argent de tout, l'âme, à un certain degré de malheur tire de toutes rencontres les symboles où puiser la force de se soutenir." Francis Ambrière
Le sens de cette citation est très clair, pour moi : l’âme, ou ce que l’on entend par âme, l’égo disons, fait flèche de tout bois pour servir ses intérêts. La Conscience de Krishna, qu’il s’agisse d’ISKCON, du GBC, de la Gaudiya Math ou des nombreux groupes dissidents s’opposant à ces institutions, est atteinte du même mal qui est en train de ronger les âmes en perdition. Ces dévots de Krishna se devaient d’aller à travers le monde et de combattre le mauvais esprit qui plane sur lui, mais ils sont incapables d’ouvrir la bouche et de dénoncer les coupables : les États-Unis et Israël.
* Vedic Inquirer sur Facebook.
/image%2F0554291%2F20260204%2Fob_54cc57_krishna-and-the-material-world.jpg)
Ces dévots se bercent sans relâche des enseignements de la Bhagavad-Gita, récitant à l’envi qu’ils ne sont point ce corps et qu’ils ne sauraient s’y identifier. C’est un credo qu’ils professent jour et nuit. Pourtant, dans l'arène du quotidien, ils demeurent captifs de cette illusion tenace du « Moi » et du « Mien », incapables de briser leurs chaînes. Et je ne parle pas ici de quelques âmes égarées, mais de la multitude. Tout en proclamant la nature hautement spirituelle de leur âme, distincte de son enveloppe charnelle, ils restent, dans les faits, intimement persuadés d'être Américains, Anglais, Français ou Indiens. Leur prétendue identité spirituelle s'efface ainsi derrière les frontières de leurs origines séculaires.
Ces dévots nourrissent une haine envers les musulmans. Je sais, cela peut sembler abrupt de le dire ainsi, mais c'est le constat que je tire de mes rapports avec eux. L’Inde ayant subi l'invasion brutale des musulmans dès la fin du premier millénaire — à l'instar de l’Europe — nos Écritures, à partir des Goswamis, font souvent allusion à cette histoire dont les conséquences se font ressentir encore aujourd'hui, précisément à travers cette haine. Celle-ci trouve son ressort dans le fait que les musulmans font partie intégrante du pays et qu'ils tuent des vaches*.
Cette haine est particulièrement attisée par des politiciens véreux et des médias experts en manipulations cognitives, voués à la destruction des civilisations anciennes, en particulier musulmanes. Les Américains, par exemple, ayant juré de redessiner la carte du Moyen-Orient avec leurs alliés inconditionnels — les Anglais et les Israéliens — se montrent toujours prêts à perpétrer les massacres les plus immondes et inimaginables. L'Inde, le Bangladesh ou le Pakistan sont également très concernés. Ces dévots sont influencés par leur morale, bien qu'ils fassent mine d’être au-delà de ces affaires monstrueuses.
* La plupart des hindous mangent de la viande — et pour beaucoup, cela inclut la vache. L’Inde est actuellement le premier exportateur mondial de viande.
Comment peuvent-ils, ces dévots de Krishna, ignorer que le tapage médiatique sur l'Iran est tout aussi trompeur que celui qui a précipité la guerre en Irak ? Ce conflit, échafaudé sur des mensonges, a coûté la vie à des centaines de milliers d’innocents, dont une immense majorité d'enfants. Le même scénario s'est répété en Libye, jadis l'un des pays les plus stables d'Afrique, ainsi qu'en Syrie, où l'on a renversé un leader élu, Bachar al-Assad, pour le remplacer par l’horreur : un chef terroriste de DAESH qui, avec ses hordes, massacraient les musulmans à tour de bras — sans oublier le calvaire des chrétiens et des Kurdes.
Et maintenant, l'Iran. Pourquoi ? D’où vient cette haine aveugle pour ce pays ? Est-ce par une prétendue compassion pour son peuple, ce même peuple qui endure depuis des décennies des sanctions — illégales— imposées par l'Amérique et l'Europe ?
Je pose la question à ces dévots qui se réfugient derrière leur sac à chapelet dès qu'il s'agit d'affronter la réalité du monde. Srila Prabhupada ne vous a-t-il pas enseigné que ces gouvernements sont des Asuras — des démons de la pire espèce ? Sous couvert de démocratie, ces leaders déploient leur arsenal militaire pour semer le chaos, orchestrer des coups d'État et perpétrer des génocides, se félicitant entre eux de leur cruauté. Et vous, vous approuvez. Je lis vos commentaires, reflets serviles de la propagande de ces "pays des droits de l’homme" et de la "démocratie". N’avez-vous pas honte ?
/image%2F0554291%2F20260205%2Fob_f60e41_gridart-20260204-170050018.jpg)
Pourquoi ce silence quand je vous interpelle ? Répondez ! Expliquez-vous. Pensez-vous qu'un véritable vaishnava reste de marbre quand on brûle des êtres humains, qu'on les affame ou qu'on abat des enfants par des tirs de snipers ? Qu'est-ce que le peuple iranien vous a fait, à vous qui semblez vous définir comme Anglais, Américains ou Français avant d'être des dévots de Krishna ? Dites-moi : cette haine gratuite envers l'Iran puise-t-elle sa source dans les livres de Prabhupada ? Est-ce vraiment le bhakti-yoga et le kirtana qui vous ont inculqué un tel mépris ?
Vous êtes des dévots, mais quel camp est le vôtre ? Vous semblez avoir pris le parti de ceux qui conspirent contre Krishna...
À mon sens, si vous êtes de ceux qui insultez Bhisma, en raison de son silence lors de l'outrage subi par Draupadi des mains de Karna et Dushasana, alors vous méconnaissez les causes de ce conflit. Par ce comportement, vous vous rangez de fait aux côtés des démons.
Dans ma vision du monde, Zelensky et Netanyahou sont les asuras déclarés de notre temps. Ils ne s'en cachent pas. Ils sacrifient des milliers de vies innocentes au service d'un jeu maléfique. Pourtant, vous restez muets, quand vous n’allez pas jusqu'à les soutenir. Et malgré tout cela, vous persistez à vous prétendre dévots de Krishna dignes d’enseigner sa parole au monde entier et le guider sur le droit chemin ! ?
Il me vient à l’esprit, le passage dans le Mahabharata où Vyasa raconte comment Krishna lui-même, doit se prévenir contre les intentions perverses des membres de la famille royale, car ils ont décidé de l’emprisonner pour détruire les Pandavas:
Pendant ce temps, les conspirateurs avaient préparé leur coup pour passer à l'action.*
Yudhisthira : À quoi cela ressemblait-il ?
Shri Krishna : Je te l'ai dit, leur but était de m'arrêter et sans doute de me supprimer, car je vous apporte mon appui. Je suis le garant de cette volonté de faire respecter le Dharma, et d'une certaine manière, je soutiens cette guerre à vos côtés pour empêcher le mal de triompher. Ils s'imaginent qu'une fois que je ne serai plus là, votre voix sera étouffée à jamais et qu'ils auront le champ libre.
Yudhisthira : Comment as-tu réagi face à cette machination ?
Shri Krishna : Mon ami Satyaki a senti le danger. Il a prévenu Kritavarma, qui m'en a informé par signes alors que j'étais encore au milieu de l'assemblée en train de plaider votre cause. Te souviens-tu que j'avais pris soin d'emporter tout mon arsenal dans mon char pour cette mission périlleuse ? Satyaki restait sur ses gardes, prêt à intervenir au moindre incident ; il surveillait l'évolution des débats et la tournure qu'ils prenaient. Je voulais mettre fin à la guerre sur-le-champ, s'il y avait ne serait-ce qu'une légère tentative de la déclencher.
Yudhisthira : Je vois. Continue.
Shri Krishna : Curieusement, Dhritarashtra a aussi fini par l'apprendre. J'ignore s'il était dans la confidence, mais il était au courant. Dans l'assemblée, tout le monde s'est mis à blâmer les coupables. Pourtant, ils ont sorti des cordes pour me ligoter. J'ai alors manifesté ma forme cosmique pour prouver que je ne suis jamais seul, que tout réside en moi et que je suis en toute chose. À l'exception de Bhishma, Drona, Sanjaya, et Vidura aussi, tous ont fermé les yeux. Ces insensés se sont entravés les uns les autres, car chacun croyait voir en l'autre ma propre image. Je les ai laissés à leur confusion et j'ai quitté les lieux. Ils n'avaient pas la grâce nécessaire pour supporter l'éclat de cette vision.
Yudhisthira : Mon oncle t’a-t-il vu sous ta Forme universelle ?
Shri Krishna : Je lui ai accordé la vision l'espace d'un instant, afin qu'il reçoive un ultime avertissement.
Yudhisthira : Quelle chance !
Shri Krishna : Ne dites pas cela. Même après, il n'a pas changé. N'ayant plus d'autre choix, je suis reparti pour revenir ici.
_________________________
* Dr. K.S. Narayacharya in Those Eighteen Days, Vol: 1
/image%2F0554291%2F20260210%2Fob_34565d_english-bhagavad-gita-10-10.jpg)
Le vendredi 6 février 2026, un haut gradé russe est la cible de plusieurs coups de feu devant son domicile à Moscou. Le général Alexeïev est hospitalisé dans un état grave et se trouve dans le coma au moment où j'écris ces lignes.
Il participait aux pourparlers de paix entre Russes et Ukrainiens à Abou Dhabi. Le but de cet attentat n’est pas difficile à comprendre : empêcher ou miner les négociations, les Européens et les Ukrainiens n’étant pas satisfaits du déroulement. Ces deux parties ne conçoivent une sortie de crise que par la défaite de la Russie et ont coupé toute communication avec Poutine et son pays.
L’OTAN veut la guerre, ou à tout le moins mettre la Russie à genoux. Réalisant la difficulté insurmontable de la tâche, ils déploient leur plan vicieux : tuer les négociateurs. Ces derniers mois, nous voyons que c'est leur manière d’opérer : les Israéliens avaient bombardé par surprise le Qatar alors que les négotiations de paix s'y déroulaient entre Américains et le Hamas. .
Quand Krishna rencontre le roi Dhritarastra et ses généraux pour discuter d’un plan de paix, il est conscient que cette opposition n’a pas en grande estime la diplomatie ; il faut donc rester sur ses gardes. Pour les rassurer, Krishna confie aux Pandavas que son char est rempli d'armes au cas où, et que Satyaki, son conducteur, est prévenu : « J'aurais mis fin à cette guerre en la tuant dans l’œuf au moindre signe d’agressivité. Heureusement pour eux, nous savons maîtriser la situation. »
En juin 2025, alors même que se déroulent les négociations avec l’Iran sur le nucléaire, les États-Unis et Israël y mettent brutalement fin en bombardant par surprise le pays de leurs interlocuteurs, provoquant le retrait immédiat de l’Iran et une impasse diplomatique. Six mois plus tard, rien n’étant réglé, de nouvelles négociations sont en cours, avec cette fois, en signe d’intimidation, une gigantesque armada navale qui pèse sur la tête de l’Iran comme une épée de Damoclès. « Tu me trompes une fois, honte à toi ; tu me trompes deux fois, honte à moi ! » Cette fois, les Iraniens sont prêts, et ils préviennent les Américains (et Israël) que s'ils attaquent à nouveau, ils s'exposent à de lourdes conséquences.
Mais vous, dévots de Krishna, de quel bord êtes-vous ?
Vous qui voyez comme moi tous ces mensonges et toutes ces cruautés, de quel côté êtes-vous ? Krishna affirme vous donner l’intelligence, au chapitre 10, verset 10. Puis, dans le suivant, il précise le moyen qu'il emploie pour purifier cette intelligence : « Résidant en leur cœur, Je dissipe, par le flambeau lumineux de la connaissance, les ténèbres nées de l’ignorance. »
Si vous avez choisi le mauvais camp, comme vous êtes nombreux à l’avoir fait — celui des génocidaires, de ceux qui mentent comme ils respirent et se murent dans le silence face aux pires injustices, incapables de compassion et drapés dans l'hypocrisie — alors vos seules qualités dévotionnelles sont celles que vous claironnez sans dignité. La Bhagavad-gita confirme mon analyse : votre ignorance est profonde. Le maha-mantra n’a aucun effet sur vous et votre dévotion n’a manifestement pas ému Krishna.
Quand les médias annoncent que l’État iranien a tué 30 000 à 40 000 personnes en deux jours et que vous répétez cela comme des perroquets, votre intelligence ne mérite plus son nom. Les Israéliens déclarent officiellement 70 000 Palestiniens tués en deux ans, mais vous croyez la propagande occidentale quand elle martèle que le gouvernement iranien en a tué la moitié en seulement quarante-huit heures !
Une telle aberration cérébrale révèle une déconnexion profonde avec les enseignements de Krishna dans la Bhagavad-gita sur la nature et l’origine de l’intelligence.
En outre, dès le début des révoltes sanglantes en Iran, des communiqués américains et israéliens affirmaient sans ambiguïté, que des agents du Mossad infiltraient massivement les manifestations pour préparer un coup d’État.
Et vous, dévots de Krishna, censés être guidés par le Stratège Suprême, comment pouvez-vous rester sans réaction ? Pire encore, comment pouvez-vous soutenir cette haine viscérale, orchestrée et génocidère, qui plongerait l’Iran dans un chaos similaire à celui de l’Irak ou de la Syrie ?
C’est le monde à l’envers, même chez les Krishna! On marche sur la tête. ■