Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.
11 Juin 2014
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Franz-Olivier Giesbert, journaliste et romancier que je connais pour ses émissions littéraires par l’intermédiaire du Web, a publié un livre dans lequel il parle de Dieu. Je reproduis ici quelques-unes de ses pensées à partir d'un interview qu'il a accordé au magazine Le Monde des Religions.
Je tiens à faire remarquer que le nom de ce magazine est abusif car il traite des croyances monothéistes -les "trois grandes religions", comme on dit-, et celles qui tournent autour ou qui s'y rapprochent, dans ce cas-ci le panthéisme, comme nous allons le voir. Rarement ce magazine ne traite du vaishnavisme, par exemple, comme si les centaines de millions d'adorateurs de Vishnou à travers le monde ne comptaient pour rien...
«On me prouverait que Dieu n'existe pas, avoue-t-il d’entrée de jeu, j'y croirais quand même.» Ça fait dur, je trouve. Tout comme lui, je n'ai jamais douté de l'existence de Dieu, je suis né avec la foi, pour ainsi dire, mais je ne croyais pas en un Dieu particulier.
« Le premier homme, explique-t-il,
a probablement dû regarder le ciel et s'est mis à croire. »
Cela résume mon cheminement. Dieu, l'intelligence créatrice, était à l’œuvre sous mes yeux dans la nature; c'était là une preuve vivante et jamais personne n'a pu me faire douter de ce phénomène divin. Mais si quelqu'un m'avait démontré que ce n'était pas là l’œuvre de Dieu, j'aurai certainement commencé à me questionner au lieu de refuser le verdict, quitte à revenir plus tard à mes premières impressions. Sauf que, jusqu'à aujourd'hui, malgré ma sincère curiosité et mes nombreuses lectures sur ce sujet, ma foi est demeurée intacte, sans la moindre entorse. Personne ne peut me reprocher un manque d'ouverture : comment pourrait-on ? J'ai vécu quasiment dans la gueule du loup au Maghreb, en Europe et en Amérique du Nord; la majorité des gens sont athées ou appartiennent à une de ses trois grandes religions.
«Je rejette toute conception anthropomorphique de Dieu, ajoute-t-il encore. Dès ma jeunesse, je lui préférais le panthéisme. »
Personnellement, je ne me souviens pas d'avoir nourri une foi particulière durant mon plus jeune âge. Bien que musulman par mes parents, j'ai flirté avec toutes les croyances, mais quand à 17 ans j'ai découvert Krishna, Maha-Vishnou, Brahma, le créateur de notre univers, qui en était seulement un parmi des millions d'autres, le yoga, le végétarisme, la réincarnation, le karma, la diversité divine, etc., je savais avoir trouvé ma voie. Ce choix ne s'est jamais démenti, au contraire.
« Je me définis davantage comme spinozo-chrétien que comme catholique. Selon Spinoza, Dieu, c'est la nature, donc Dieu c'est nous. Lorsque je l'ai lu, j'ai eu l'impression d'avoir tout compris. »
C'est à tout fait l'état d'esprits des spiritualistes d'aujourd'hui et Franz-Olivier Giesbert délivre un témoignage personnel et représentatif : il a « l'impression d'avoir tout compris. » En clair, il est Dieu, du moins son "impression" le lui confirme. Il n'est qu'une infime entité, une goutte d'eau dans l'océan ou une étincelle par rapport au soleil, mais il s'imagine, grâce à son sentiment, que Dieu et lui sont en vérité une et même réalité. Selon cette logique, si l'on additionne les entités infinitésimales qui font le monde, on obtient Dieu. Ce genre de philosophie de bas étage est devenu à travers le monde la référence et la meilleure compréhension de la nature spirituelle de l'être et de Dieu. Ces gens pensent que s'ils abandonnent les privilèges de l'égo, c'est-à-dire qu'ils renoncent à leur individualité ontologique pour devenir un avec Dieu, ils jouiront d'une situation où il n'y aura plus aucune différence entre eux et Dieu. Franchement, comment peut-on arriver à une telle conclusion alors qu'une personne comme Franz-Olivier Giesbert est écouté pour son intelligence et sa perspicacité par des millions de téléspectateurs ? De rien, de l'étincelle spirituelle qu'il est, il pense dur comme fer devenir l'égal de Dieu ?! Mais il ne craint pas d'être en porte à faux avec son auditoire car, selon lui : « C'est certainement du syncrétisme, mais le spinozisme n'est pas contradictoire avec le christianisme. » Bien que cela semble tiré par les cheveux, à mon avis il n'a pas tort; je dirais plus: il n'est pas contradictoire avec l’hindouisme, l'islam et toutes les religions primitives et chamaniques. Il n'y a que le vaishnavisme, les adorateurs de Vishnou, ceux qui pratiquent la bhakti (bhakti signifiant amour personnel), qui rejettent catégoriquement cette illusion voulant que Dieu et nous soyons sur un même pied d'égalité, comme si une goutte d'eau valait quantitativement l'océan.
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Peut-on conclure qu'il s'agit de racisme ?
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Selon la Genèse, Dieu créa l'homme à son image. L'homme seulement, pas les animaux. Mais chez les Hindous, Dieu est le prototype de toutes les espèces. Si bien que l'on peut dire que le poisson ou le cheval, le lion ou la tortue, ont été créés à son image. Ce que je vous dis là est si vrai que depuis des millénaires les Hindous adorent des Animaux-Dieu dans leurs temples. Je l'ai constaté personnellement de mes yeux. C'est historique et basé sur une philosophie, qui leur est propre. Dans la Bhagavad-gita, la Bible des Hindous, il est spécifié que le monde est une manifestation de Dieu. Ce phénomène cosmique est détaillé par Krishna, usant de la philosophie du sankhya. On appelle cette forme universelle et impersonnelle de Dieu le panthéisme. On retrouve exprimé cette conception du divin dans les Puranas avec force descriptions. Il est étonnant que les Grecs* ou Spinoza**, surtout ce dernier, qui ont promu le panthéisme, n'aient pas mentionné à ce sujet la littérature issue des Védas... L'Inde géographique et spirituelle avait-elle disparu à l'entendement de ces savants à leur époque respective alors que le monde entier commerçait avec elle? Combien de temps pouvons-nous continuer à ignorer cette partie du monde et à exploiter les idées sans parler de plagiat ou de mépris ?
* « Qu'est-ce que la Nature, sinon Dieu lui-même et la raison divine immanente au monde en sa totalité et en toutes ses parties ? » Sénèque
**« Cet Être éternel et infini que nous appelons Dieu ou la Nature, écrit notre philosophe, agit avec la même nécessité qu’il existe. »
« Par Dieu, j’entends un étant absolument infini, c’est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie. » (L’Éthique).
Arjuna s'adressant à Krishna dans la Bhagavad-gita: « Ô Seigneur de l’univers, je vois, en ton corps universel, d’innombrables formes, d’innombrables yeux, bouches, bras et ventres, étendus à l’infini, Là, point de fin, de milieu, ni de commencement. Sa radiance éblouissante, dont le flamboiement et l’ampleur sont semblables à ceux du soleil, rend ta forme, parée de multiples couronnes, de masses de disques, difficiles à garder sous les yeux. »
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Le panthéisme bouddhiste, selon Hegel - Le blog de Maroudiji
" C'est une triste chose de penser que la nature parleet que le genre humain n'écoute pas " Victor Hugo Hegel écrit dans La philosophie de l'histoire : " Le lama, chez les bouddhistes du Tibet, est
https://maroudiji.over-blog.fr/2017/11/le-pantheisme-bouddhiste-selon-hegel.html
Tout le 11ème chapitre de la Bhagavad-gita traite spécifiquement du panthéisme.
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Chapitre 11 de la Bhagavad-gita - Le blog de Maroudiji
Arjuna dit : Les enseignements sur les secrets du savoir spirituel qu'avec bonté tu m'as révélés, je les ai entendus, et mon illusion s'est maintenant évanouie. Il a enfin compris. Ce ne devai...
https://maroudiji.over-blog.fr/2018/08/chapitre-11-de-la-bhagavad-gita.html