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Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

Georges Politzer, sur l’âme et les abrutis en science

Un fameux athée matérialiste de la mouvance marxiste, le philosophe rationaliste Georges Politzer s’exprime sur son rejet de la croyance religieuse en Dieu et en l’âme; ce faisant, il lutte contre l’ignorance populaire et bourgeoise quasi omniprésente. Il n’a certainement pas tort à propos de cette ignorance mais il la combat par une autre forme d’ignorance, et c’est là toute la méthode dialectique des soi-disant progressistes de cette période qui se répercute jusque dans les consciences des penseurs et des élèves d’aujourd’hui. Lisez-le : « Au moyen âge, on avait des conceptions bizarres sur l’âme. On pensait que, dans un corps gras, on avait une âme mince et, dans un corps mince, une grande âme; c’est pourquoi, à cette époque, les ascètes faisaient de longs et de nombreux jeûnes pour avoir une grande âme, pour faire un grand logement à l’âme. » Principes élémentaires de philosophie. p.105.*

Politzer ne nous dit pas d’où il tient ces conceptions puériles, quoi que l’on sait très bien que l’Europe, baignant dans le dogme chrétien, nourrissait à satiété ce genre de croyances. Pour lui, le Moyen-âge est une période où il fait entrer sans souci, dans un même sac, tous les Moyens-âges des différentes civilisations. Toutes les cultures religieuses se valaient à ses yeux, elles étaient toutes plus folles les unes que les autres et empêchaient les hommes et les femmes d’évoluer, d'entrer dans l'histoire. 

Sauf, bien évidemment, la culture contre-religieuse qu’était le communisme et pour lequel il fondait des espoirs de l’ordre de l’utopie scientifique, dirais-je, ironique. Il croyait par exemple que l’homme -et cela était supposé prouvé par la théorie de l’évolution- allait devenir un homme nouveau, un sur-homme.*

Note. Politzer était le maître à penser par exemple d'un Jean-Paul Sartre.
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* J'ai ouvert un autre sujet le concernant dans lequel il spécule sur l'ignorance crasse des premiers hommes, ce que je critique comme étant de la bêtise de sa part. Avec Georges Politzer, mais comment peut-on être aussi persan?

On ne peut pas être à la fois un abruti et un homme de science.

Polizter, livre, principes élémentaires de philosophie

Généralement les gens s’imaginent que la science -la vraie- n’est pas sujette aux erreurs qui ont conduit par exemple l’humanité aux guerres de religion ou à croire à des faits invérifiables et fantastiques. Ils pensent que la science est trop bien protégée par sa méthode rationnelle et académique pour se compromettre avec les utopies, les passions et les croyances dont sont généralement affligés les hommes et les femmes non formés aux règles de la raison, raison qui représente le summum de la pensée raisonnable quand elle est couplée aux déductions scientifiques. Ces gens-là, qui s’imaginent que la vraie science n’est pas sujette aux erreurs, n’ont pas les pieds sur terre. La science, ne leur en déplaise, est dirigée par des hommes et des femmes ordinaires. Donc, tous leurs défauts personnels sont susceptibles d’entacher leurs recherches. Et la science, par elle-même (façon de parler anthropologiquement), se moque de savoir si le chercheur est un bon ou mauvais type. Ces gens-là aiment à déclarer que « la science est amorale », comme si c’était une vertu. Un couteau peut servir à couper du pain ou à trancher la tête d’un animal, ce n’est pas le couteau le problème, mais ce que l’on fait avec; c’est cela la science, trompète-t-on, comme un credo. Quelqu’un me disait dernièrement qu’ « une arme posée sur un bureau n'est pas un danger. Même chargée. Même la sécurité enlevée. Elle devient un danger quand un abruti la manipule sans savoir ce qu'il tient entre les mains. » La personne qui raisonne ainsi travaille dans un milieu scientifique, un laboratoire. Elle est persuadée que les abrutis ne deviennent pas ou ne peuvent pas devenir des savants à cause des garde-fous qui entourent la science. Que la notion de cinquième colonne ne peut pas exister en ce domaine. Que là les pommes ne pourrissent jamais dans le panier. En d’autres mots, sa logique lui permet de proclamer qu’en science, parmi les chercheurs et dans les laboratoires, il n’y a pas d’abruti. Qu’un tel chercheur ne peut pas être à la fois­­­ un abruti et un homme de science.

Georges Politzer : « Quand un homme de bonne foi raisonne ainsi, on peut dire qu’il raisonne en métaphysicien. L’écrivain anglais Wells est allé en Union soviétique, il y a quelques années, et a rendu visite au grand écrivain, aujourd’hui disparu, Maxime Gorki. Il lui a proposé de créer un club littéraire où l’on ne ferait pas de politique. Gorki et ses amis se sont mis, paraît-il, à rire et Wells en fut vexé. C’est que Wells voyait et concevait l’écrivain comme vivant en dehors de la société, tandis que Gorki et ses amis savaient bien qu’il n’en est pas ainsi dans la vie où, en vérité, toutes les choses sont liées –qu’on le veuille ou non. » p. 124
 

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