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Publié par Laziz

Albert Jacquard-réinventons l'humanité-évolution« À qui appartient la Terre ? » Telle est la question qu'on posa à Albert Jacquard de son vivant. « C'est une question purement artificielle », rétorqua-t-il, car la Terre n’appartient à personne : « La nature fabrique des planètes ; pas de conscience d’être. »

Selon ce scientifique de réputation notoire, la nature agit « en aveugle ». Dieu n’a rien à voir dans l’existence des mondes,
cela va de soi, puisque Jacquard ne croit pas en une Intelligence supérieure à celle de l’homme. Il déclare plutôt : « Par hasard, l'évolution des vivants s'est organisée en une espèce humaine qui a peuplé la Terre. Celle-ci a voulu comprendre le développement des évènements face aux forces en présence », celles qui ont par chance enfanté ce monde ; et pour cela « elle a imaginé des concepts ». Mais notre espèce, toujours selon lui, « n'est pas encore consciente du statut radicalement original » que représente la Terre dans la parcelle du domaine cosmique où elle est apparue. »

Il est athée, mais très certainement chrétien, c’est courant. Que la Terre et les humains soient une exception dans l’Univers, c’est aussi un dogme provenant du judaïsme qui a la peau dure. Et c'est un scientifique de grande réputation qui nous parle ainsi, dans Réinventons l'humanité. Il a réalisé que d’un point de vue athée et rationnel, « l’Univers, n’est pas définissable. »

« À qui appartient la Terre ? » Telle est la question qu'on posa à Albert Jacquard de son vivant.Par conséquent, si nous sommes une exception, les extra-terrestres n’existent pas. C’est une logique irrécusable car nous sommes « incapables de vivre sur un autre astre. » Got it ? Pour cette raison, la vie intelligente et civilisée n’existe que sur la nôtre.

Il y a cependant des grains de sable dans cette rhétorique qui voit le monde comme le fruit du hasard et qui mise sur le fait que l’homme peut et doit prendre sa destinée en main, grâce à la science.

Il est vrai qu’aujourd’hui, les scientifiques, à l'instar d'Albert Jacquard, ont ajusté tant bien que mal leurs théories matérialistes ; il n’en demeure pas moins que dans le monde scientifique les délires et les dérives sont monnaie courante.

Pour preuve cet exemple cité à la toute fin de ce livre, emprunté à la plume d’Yves Coppens : « Qu’on cesse donc de peindre l’avenir en noir ! L’avenir est superbe. La génération qui arrive va apprendre à peigner sa carte génétique, accroître l’efficacité de son système nerveux, faire les enfants de ses rêves, maîtriser la tectonique des plaques, programmer les climats, se promener dans les étoiles, et coloniser les planètes qui lui plairont. Elle va apprendre à bouger la Terre pour la mettre en orbite autour d’un plus jeune soleil. Elle va conduire, n’en doutons pas, l’humanité vers une réflexion meilleure, une liberté plus grande encore et une plus grande conscience des responsabilités qui accompagnent cette liberté. »

Ce fantasme d'anticipation, tout ce qui a de plus sérieux à la gente des anthropologues, avait été publié dans un journal français très sérieux Le Monde, en 1996. Jacques Chirac, durant son mandat de Chef d'État, avait confié à Coppens la très haute responsabilité d’éduquer les citoyens en le nommant à la présidence de la commission sur le développement durable et l’environnement…

Bref, avec ce genre de leaders intellectuels qui hantent les universités et les départements de la recherche scientifique, qui conditionnent l’imagination des jeunes* avec un acharnement frisant le fanatisme, l’humanité s’est tirée une flèche dans le talon. Et voilà que nous n’avons rien trouvé de mieux pour soigner le mal que de vouloir réinventer l'humanité !

Yves Coppens et l'origine de l'homme- évolution

* Nouveau magazine qui vise l’éducation des jeunes, une référence parmi d’autres :
http://curiummag.com/

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