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Publié par Laziz

Voltaire et sa passion pour l'Inde

"La vérité n'est pas destinée à tous les hommes,
mais seulement pour ceux qui la recherche."

Ayn Rand (1905-1982)

Il fut un temps où les intellectuels étaient plus enclins à répondre au questionnement premier de la philosophie : « Comment dois-je vivre ? ». Ils montraient davantage de sensibilité et de promptitude à s’aventurer sur le terrain inconnu du savoir, surtout s’il était génial et rare.

C’est notamment le cas de Voltaire, un exemple on ne peut mieux de par la notoriété de sa personne, même si personnellement je ne partage pas ses idées.

Il fut l’un des premiers philosophes à s’intéresser passionnément à l’Inde. Il lisait déjà les premières traductions du Véda et réalisait qu’il n’y avait pas que les juifs qui avaient écrit des textes intelligents sur Dieu et l’origine du monde. C’est du moins ce que l’on croyait à l’époque et que les chrétiens, à l’instar de Bossuet, s’évertuaient par toutes sortes de stratagèmes peu catholiques de faire admettre au reste de l’humanité; une manière de prosélytisme au marteau que reprendront à leur actif les musulmans avec autant de fanatisme.

Grâce à la lecture des Védas, Voltaire va se rendre compte qu’en fait le savoir que possédaient les Grecs et les juifs provenait soit de la Chine soit de l’Inde. Dans son livre, De l’âme, il s’exclama ainsi : « Notre religion est cachée au fond de l’Inde et nous vient incontestablement des brahmanas. »

 

Professeur B. Bissoondoyal, dans Les Hindous et leurs Écritures saccrées

« Ce qui est profond, note le professeur Bissoondoyal, c’est l’élan vers un savoir nouveau, un besoin vital de s’employer par ce qui ouvre des perspectives et dérange l’habitude. »

C’était une autre époque. Aujourd’hui, vous allez sur les forums de discussion et constaterez que l’Inde reste généralement le dernier sujet à l’honneur. Autant dire jamais. Et quand des intellectuels et des religieux de chez nous, d’Occident, organisent des débats interculturels, les hindous en sont exclus : il y a les chrétiens, les juifs, les musulmans, et pour montrer leur évolution en regard au libéralisme de la parole, ils invitent des bouddhistes qui, eux sont athées. Mais des croyants en Dieu de cette partie du monde, comme le sont les visnouites, ces dévots de Rama ou de Krishna, ils ne peuvent supporter leurs Écritures qui sont pourtant les plus anciennes de l’humanité et les plus perspicace en manière de raisonnement.

 

Les Védas, les écritures les plus anciennes au monde

Le Véda et la parole de Dieu
«  Les Hindous saisirent l’excellente occasion d’insister sur le fait. Ils démontrèrent que si le Véda était le plus ancien ouvrage connu, il s’ensuit que c’est la parole de Dieu. Max Muller sentit la force de cet argument et écrivit : S’il y a un Dieu créateur du Ciel et de la Terre, il serait injuste de sa part de priver des millions d’êtres, nés avant Moïse, de son enseignement divin. La raison et l’étude comparative des religions font voir que Dieu donne son enseignement divin à l’humanité dès sa première apparition sur terre. »

B.Bissoondoyal, Les Hindous et leurs écritures sacrées. (1965)

Voltaire et la religion de l'Inde-citation

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Des thèses au relent de racisme

L'Inde, phénomène spirituel, louis frédéricJe ne lisais pas, autrefois, les indianistes et spécialistes toutes catégories confondus de l'Inde. Jamais personne ne pouvait comprendre l'Inde authentique par la façon dont ils procédaient pour nous transmettre les informations. Voici un exemple éloquent de leurs travaux comparatifs des religions tiré de ce livre : « À côté du réalisme du Mahabharata, qu'on pourrait rapprocher de la Chanson de Roland ou de la Geste de Girart de Vienne, les afféterie précieuses et les délices symboliques des rapports entre les héros du Ramayana s’apparenteraient plutôt à notre Roman de la Rose. L'intérêt majeur de ce texte, qui prétend conter la conquête de l'île de Ceylan par les Indo-Européens (c'est moi qui souligne), est de constituer une sorte de transition entre la littérature religieuse et la littérature profane. » Voyez la façon pour le moins biaisée de laisser entendre que le Ramayana aurait endossé la thèse des Indo-européens. Ces auteurs étaient obnubilés par la race supérieure des Aryens, race qui n'a jamais existé en tant que telle dans la littérature védique, mais cette perspective laisse entendre qu'ils étaient européens... Or l'Inde, surtout dans le passé très ancien, a toujours était l'Inde, mais cela a beaucoup de peine à entrer dans un crâne préformaté.

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Deux visions de l’Inde ancienne

Bhisma-Carriere-Mahabharata-Deux visions de l’Inde ancienne

L'agonie d'un guerrier renommé, Bhisma. représenté ici par deux images par des artistes contemporains distincts et qui montrent la conception différente que l’on se fait du récit du Mahabharata. L’une est extraite du film de Peter Brook et le livre de Jean-Claude Carrière, l’autre directement inspirée des descriptions du Mahabharata. La deuxième image rend compte de façon authentique du récit extraordinaire. Car il s'agit d'entrer dans l'histoire et la resentir de l’intérieur pour assimiler la teneur de la narration et les intentions de l’auteur, Vyasa. Il ne s'agit surtout pas de revoir ou d'interpréter les enseignements quand ils ne cadrent pas avec notre raison, en les repassant par le filtre de notre culture, comme le font ethnologues et historiens. Dans ce cas-ci, l'artiste, Jean-Claude Carrière, bizarrement, représente Bhisma comme un brahmana, alors que c’est un roi, un guerrier.

http://aliette-armel.blogs.nouvelobs.com/media/00/01/280450809.jpg

http://srinigs.files.wordpress.com/2011/01/mahabharat001.jpg

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Les Éditions Almora et le sanskrit de Poggy

Les Éditions Almora et le sanskrit de Colette Poggy

Les Éditions Almora viennent d'accoucher de ce nouveau livre. Ces Éditions focalisent sur un parti pris, une version stérile de la pensée de Sankara qu'il font passer pour le fondement de la culture hindoue. Oui, il y a bien de cela dans les Védas, du sans forme, de la lumière, du silence et du vide, mais il est dogmatique de présenter l'Inde ancienne de cette façon, et seulement de cette façon, vue, par ailleurs, erronée. On appelle ce genre de penseurs des mayavadis. Ils conçoivent Dieu comme un Vide rempli d'énergie spirituelle mais qui est incapable de vous faire une bise, de boire un verre d'eau ou de se promener. Les Éditions Almora sont en quelque sorte constituées d'individus enracinés culturellement dans le christianisme et dont le Dieu n'a pas d'oreilles pour entendre, pas de bouche pour parler, pas de pieds pour marcher (ni d'ailes), pas d'yeux pour voir, pas de tête pour penser. Chez eux, ce Dieu sans forme, impersonnel et sans âme, régit pourtant le monde et tous les êtres ! Voilà donc le pot-pourri d'idées dont fait la promotion l'éditeur. Comme on dit poésie, on dit spiritualité.

À lire le premier paragraphe avec attention, on apprend que la parole est le fondement du monde et de l'existence. C'est bien ce que vous lisez vous aussi ? Pourtant, si on est innocent et naïf (dans le bon sens du terme), comme un étudiant qui viendrait à découvrir la spiritualité hindoue, il est naturel de douter de ce jeux de mots. Car, si parole il y a, jusqu'à preuve du contraire, il y a nécessairement quelqu'un pour la prononcer. Il va de soi. Si l'on n'est pas prêt d'accepter cette conséquence logique et rudimentaire, alors le vocable 'parole' n'a pas sa place dans cette introduction sur "Une philosophie de la parole accordée à la grammaire". Sauf en poésie où l'on accepte les oxymores, dans une proposition pédagogiques ou philosophique un substantif ne peut être utilisé autrement que pour ce qu'il signifie, d'autant plus s'il l'ensemble de la proposition consiste à clarifier, en définitive, une abstraction. Il faut rester simple. Si quelqu'un entend une voix lui murmurer un secret (verbal s'entend), c'est qu'une entité -esprit, ange, djinn ou une ombre quelconque derrière un voile- lui a transmis ces paroles. Il n'y a pas photo. Alors comment se fait-il que des auteurs écrivent ces spéculations paradoxales en guise d'explications sur l'origine de la vie et qu'il y ait des maisons d'édition pour les publier ainsi ? Ce n'est pas sérieux.

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Les poètes et les grands récits indiens

Parlant du Ramayana, ce récit millénaire dont l'histoire se déroule longtemps avant celle du Mahabharata, l'auteur du livre Les hindous et les écritures, B. Bissoondoyal, (1965) écrit: « D'après Platon, les poètes n'étaient que des imitateurs. Si cela est vrai en ce qu'il s'agit des grecs, tel n'est pas le cas en ce qui concerne les poètes indiens. En Inde, ce sont pour la plupart les sages et les prophètes qui devinrent des poètes. Si Valmiki était un prophète, Vyasa, l'auteur du Mahabharata, l'était aussi. Le poète en Inde ne s'enferme pas dans sa tour d'ivoire, boudant le peuple. »

Jules Michelet sur le Ramayana

 

Et plus loin, l'auteur cite Michelet:

« On ne peut toujours travailler. Chaque année il faut respirer, reprendre haleine, se refaire aux grandes sources vives, qui gardent l'éternelle fraîcheur. Où la trouver si ce n' est au berceau de notre race, aux sommets sacrés d'où descendent ici l'Indus et le Gange, là les torrents de la Perse, les fleuves du paradis?

Tout est étroit dans l'Occident, continue-t-il. La Grèce est petite: j'étouffe. La Judée est sèche: j'halète. Laissez moi un peu regarder du côté de la haute Asie, vers le profond Orient. J'ai là mon immense poème, vaste comme la mer des Indes, béni, doué du soleil, livre d'harmonie divine où rien ne fait dissonance. Une aimable paix y règne, et même au milieu des combats une douceur infinie, une fraternité sans borne qui s'étend à tout ce qui vit, un océan (sans fond ni rive) d'amour, de pitié, de clémence. J'ai trouvé ce que je cherchais: la Bible de la bonté. »

Jules Michelet et le Ramayana-citation

Ce qui suit est une citation de Clarisse Bader (1840–1902), extraite de La femme dans l'Inde antique, ouvrage couronné par l'Académie française: « Nous sommes dans Ayodhya, le séjour des princes de la dynastie solaire. Dassaratha règne. Nous sommes en plein âge d'or et en lisant les curieuses descriptions de la royale cité, on se fait une haute idée de la civilisation de l'Inde, dans un siècle antérieur à celui de Salomon. » 

 

sita-rama-laksmana-arrivant-ayodhya

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Le plus sacré des livres

« Lorsque les hommes réaliseront un jour l'unité religieuse, ils considéreront ce petit livre comme l'un des plus parfaits parmi leurs livres sacrés. » Louis Pelet. 1934

louis-pelet-gita

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Sita et Rama, le premier couple monogame

Collage, art et civilisation
Collage
 

Petite note sur la femme, l'amour et la civilisation.
Non, les Grecs et les Romains ne sont pas à l'origine de la civilisation. Ils ne pouvaient pas; ils étaient trop grossiers encore dans leurs us et coutumes. C'est le christianisme, en fait, qui les rendra moins barbares.

Je lis dans Historia* que c'est vers 326 de notre ère, que naît le couple au sens moderne du terme et il s'impose au fil du temps, grâce à la morale chrétienne, comme l'une des caractéristiques de la civilisation occidentale.

Ce qui m'a fait penser immédiatement à Rama et Sita, le premier couple monogame connu de l'histoire. À rappeler que Rama est une manifestation de Dieu, comme le sera Krishna des milliers d'années plus tard.

* Oct. 2013 Historia
 

Sita-Rama, le plus célèbre couple de l'histoire
Sita-Rama, le plus célèbre couple de l'histoire

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Une des merveilles de l'Inde: Konark

Situé en Orissa, ce temple était dédié au Soleil et il a été érigé, à l'origine, par le fils de Krishna, Shamba, il y a des milliers d'années.

 

Temple du soleil Konarak, une des merveilles de l'Inde


Il fait partie d'un grand complexe de temples mais qui ont été démolis ou abîmés par les musulmans durant leur conquête. Aujourd'hui, ce temple et les grandes œuvres magnifiques autour, bien que protégés en tant que patrimoine nationale et mondial, demeurent en ruines.

 

Temple du soleil Konarak, une des merveilles de l'Inde


Cet événement extraordinaire, où le soleil arrive pile avec les conjonctions architecturales prévues à cet effet, arrive tous les 2000 ans. C'est ce que l'on appelle -planifier sur le long terme.

 

Temple du soleil Konarak, une des merveilles de l'Inde

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Histoire de cul de sac

Étudier l'Inde ancienne
et envisager son passé
tel que décrit dans la littérature,
le Mahabharata en l'occurrence,
par l'interprétation mythologique,
c'est faire fausse route.

Mais pour les athées, bigots
et religieux réfractaires au polythéisme,
ils n'ont d'autre alternative
que le rationalisme
qui les mène dans le mur.

Frapper le mur-nihilisme et athéisme

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Jean Herbert : « Bien des siècles avant nous, l’Inde a parcouru tous les systèmes philosophiques que l’Europe a vus naître. »

P. Sonnerat-livre-Voyage aux Indes et à la Chine
Krishna dansant sur la tête du serpent kaliya

Pierre Sonnerat* écrivait en 1782 dans son livre Voyage aux Indes et à la Chine : « L’Inde dans sa splendeur donna des religions et des lois à tous les autres peuples ; l’Égypte et la Grèce lui durent à la fois leurs fables et leur sagesse. On sait que Pythagore quitta la Grèce pour étudier sous les brahmanes, regardés alors comme les plus éclairés des hommes. »

Sonnerat est un dessinateur, un naturaliste et un explorateur français, né en 1748 à Lyon et mort 1814. Il est surtout connu pour ses deux récits de voyage en Asie, superbement illustrés de gravures de sa main.

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 Se fermer les yeux, les oreilles et la bouche_singe

Athées et philosophes, scientifiques et sociologues, historiens et religieux, matérialistes sans foi, licencieux et malhonnêtes, qui ne croient pas aux écritures sacrées que représentent les Védas et leurs corollaires, les Puranas, le Mahabharata et le Ramayana, qui n’ont aucun goût ou curiosité pour étudier leur contenu, qui, au contraire, les considèrent comme sujets de moquerie, les prennent pour insignifiants, spécieux ou verbeux, ces individus désespérants ne peuvent comprendre les lois de la nature et celles de Dieu. Siècle après siècle ils ont beau constater que les hommes ne naissent pas égaux, il n’en demeure pas moins que, contre la logique et le bon sens, ils se mettent un bandeau sur les yeux et déclarent soit que nous sommes tous bons au moment de venir au monde et que par la suite on se dégrade au contact de la société, soit que nous sommes mauvais au départ, à l’instar des animaux sauvages, mais que par le contact de la civilisation et une éducation appropriée, nous devenons bons. Voilà leur grossière ignorance qu’ils cultivent et protègent comme la prunelle de leurs yeux.

Avril 2016

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Erwin Schrödinger et Niels Bohr, passionnés de lecture des védas, puranas et autres textes de l'Inde ancienne_citation

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André couture, commentant sa traduction du Harivamsa. Cet ouvrage traite de la vie de Krishna enfant, Il est un prolongement consistant du Mahabharata.

 

André couture, commentant sa traduction du Harivamsa. Cet ouvrage traite de la vie de Krishna enfant, Il est un prolongement consistant du Mahabharata.

 

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