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Publié par Laziz

« Nous avons été vaincus, parce que, au lieu d'être
les éducateurs de la multitude, nous nous somme faits
ses esclaves. Qu'on pardonne ces réflexions amères à
un écrivain qui tant de fois joua le rôle de Cassandre ! »

Proudhon.

J'ai lu ce livre durant mon dernier voyage en Inde, il y a deux ans. Comme la littérature française ne court pas les rues dans ce pays, j'ai trouvé Voyage au bout de la nuit dans une boutique de livres usagés. Passionnant jusqu'à un certain point -je ne l'ai pas terminé, j'utilise les mots de l'auteur pour résumer son idée lucide du peuple.

Ah, le bon peuple Ah, le peuple! « Le bon peuple », comme on disait, après. Car Louis XIV s’en foutait royalement du bon peuple. C’était un gars de droite. Louis XV, lui, s’en barbouillait le derrière. C’était pas bon d’être du peuple.

Après les curés, les philosophes s’en sont occupés, du bon peuple. Ils en avaient des histoires à leur raconter. Des vérités à leur révéler. Des brillantes et des sacrées que le peuple en restait tout ébloui. « C’était ça qu’il a commencé à dire le bon peuple. C’est tout à fait ça. Mourons pour ça! »

« Vive Diderot! » et puis après « Bravo Voltaire! » Qu’on émancipe tout le monde, que tous sachent lire les journaux ! Fini l’illettrisme ! Rien que des citoyens soldats ! Qui votent! Qui lisent ! Et qui se battent ! Et qui marchent ! Et qui envoient des baisers ! Danton, le philosophe, n’était pas éloquent pour des prunes. Il vous le mobilise en un tour de main le bon peuple. Et puis ce fut le premier départ des premiers bataillons d’émancipés frénétiques. Des soldats gratuits ! Ça, c’était du nouveau. Tellement nouveau que Goethe, tout Goethe qu’il était, à la bataille de Valmy, en reçut plein la vue. Des cohortes loqueteuses et passionnées venaient spontanément se faire étripailler par le roi de Prusse pour la défense de l’inédite fiction patriotique. Goethe eut le sentiment qu’il avait encore bien des choses à apprendre.

La jeunesse, c’est de l’entrain à vieillir... 

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