Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Maroudiji

Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.

Publicité

Luc Ferry et les mythes grecs pour les enfants

"Je n’ai aucun doute que ces récits sont d’ores et déjà inscrits dans la mémoire de nos enfants pour les accompagner tout au long de leur parcours de vie. Il suffit simplement de les réactiver par le conte et l’enseignement."

​Revenons encore un peu sur cette conception du monde avec l'ex-ministre de l'Éducation nationale, afin de mieux cerner le paradigme occidental vis-à-vis de l'Inde. Il sera plus aisé, par la suite, de comprendre ce qu'il faut entendre par "science" aujourd'hui et d'analyser comment cette discipline a évolué

Luc Ferry : les dieux, les mythes et l'athéisme

Je  paraphrase ici — sans forcer le trait mais avec un humour sarcastique — les premières pages de "La naissance des dieux et du monde", premier chapitre du livre de Luc Ferry, La sagesse des mythes. Apprendre à vivre-2. Voilà à quoi nous, qui essayons de faire connaître la prodigieuse littérature védique (souvent jugée à tort comme ayant peu de valeur), sommes constamment confrontés. Entre le Mahabharata, la Bhagavad-gita et ces récits grecs ou la Genèse biblique, le combat pour la reconnaissance est permanent.

Au commencement du monde, une bien étrange divinité émergea du néant (mais sans vague et sans explosion, à l’instar de la théorie dite scientifique du Big Bang). Cette première entité de la mythologie grecque n’est pas une personne, contrairement à ce que l’on pourrait croire ; elle n’a rien d’humain : pas de corps, pas de visage et aucun trait de caractère. Elle a plutôt l’aspect — puisqu’il faut bien la définir d’une manière ou d’une autre — d’un trou noir, de ténèbres absolues où règne le désordre (c’est l’auteur qui souligne). En gros, c’est un monstre informe qui surgit du vide.

​Et puis, tout à coup, ô miracle, une seconde divinité jaillit de ce chaos, sans qu’on sache pourquoi. Selon Hésiode, le premier poète qui raconte cette histoire au VIIe siècle avant J.-C., quelque chose apparaît, voilà tout ; quelque chose sort des abysses : c’est Gaïa, une formidable déesse, la matrice originelle de l’univers. Du solide, quoi, après ce vagissement, car contrairement à son aînée, on peut marcher dessus. Des forêts et des montagnes vont apparaître. Et des animaux. Et le soleil, bien sûr. Et la lune. Gaïa, c’est l’opposé complémentaire de Chaos — ou du chaos, pour le dire plus simplement.

Éros, dieu de l'amour, avec Luc Ferry

Je continue à paraphraser Ferry.  Comme il n’y a jamais deux sans trois, voilà Éros, l’amour issu de leur union. La nature faisant bien les choses — ajouterai-je aux mots de l’auteur —, elle sélectionne naturellement, divinement. (Parenthèse ironique : les darwiniens pensent ainsi leur théorie de l’évolution…)

​N’entrons pas dans les détails, nous n’en avons pas les moyens et nous nous perdrions dans la noirceur. En tant que père de famille et ancien ministre de l’Éducation nationale, il m’apparaît décisif de faire comprendre à nos enfants — pour les préparer à la frénésie du consumérisme et à la vitesse technologique qui synchronise tout sur son passage — le rôle crucial et positif que jouent dans leur esprit ces mythes grecs.

​Les éducateurs, et surtout les parents, devraient revenir aux principes fondamentaux de notre civilisation en enseignant des valeurs culturelles, morales et spirituelles fortes. Je suis persuadé que les messages transmis par ces récits sur la formation du monde, sur nos rapports avec les animaux, la naissance, la mort, le bien, le mal ou l’écologie leur apporteront une lumière d’une pénétration incomparable. La Grèce étant, à mes yeux, le phare du monde, puisque grâce à son savoir, les humains ont pu s’émanciper de la superstition et des croyances primitives. Je n’ai aucun doute que ces récits sont d’ores et déjà inscrits dans la mémoire de nos enfants pour les accompagner tout au long de leur vie. Il suffit simplement de les réactiver par le conte et l’enseignement.

Il faut donc retenir ce qui suit : d’abord, s’il est éternel, le cosmos n’a pas toujours existé. C’est à partir de Chaos, Gaïa et Éros, ces trois entités primordiales, que tout va se mettre en place et que le monde va progressivement s’organiser. Bien sûr, pour ordonner l’univers, il faudra s’appuyer plus tard sur d’autres dieux, plus culturels que naturels — des dieux anthropomorphes qui devront posséder bien plus de réflexion et de conscience que les forces brutes par lesquelles débute l’univers.

​C’est là le récit des origines de toutes choses : des êtres, des éléments, des hommes et des dieux. J’en suis certain, et notre tâche est de convaincre les générations présentes et futures que c’est ainsi que nous, en Occident, comprenons la vie. C’est cette culture "primitive" qui a ouvert la voie à la raison, à la philosophie, au progrès et aux sciences ; c’est elle qui nous distingue des autres traditions de façon exceptionnelle.

​Signé Luc Ferry.
_________________

1. Le diable s’y cache.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article