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Publié par Laziz

Haine des juifs, sang et âme dans la Bible, dépravation des mœurs, hospitalité indoue, Elie Wiesel, dans son nouveau livre*, Rashi, d’un genre naïf, nous en conte des vertes et des pas mûres. C’est le diable qui bat sa femme et marie sa fille, pour étirer une formule chrétienne.

rashi de Wiesel
Note : j'ai monté cette couverture de livre

Il y a quelques années (décennies, devrais-je dire), à la sortie de ses mémoires, Tous les fleuves vont à la mer, j’avais envoyé à cet écrivain prolixe et rescapé des camps de la mort, qui reçut le prix Nobel de la paix en 1986, une lettre pour le féliciter et exprimer, entre parenthèses, quelques différents sur nos perceptions de l’Inde, pays qu’il avait visité et dont il critiquait les mœurs. Des juifs y avaient émigré au premier millénaire et s’étaient établis au Malabar, sur le littoral du sud-ouest.

Il avait répondu. Vous vous rendez-compte, un Nobel qui répondait à l’Algérien que je suis, de parents musulmans! C’était gentil de sa part.

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Ma grand-mère, ma femme et moi

Évidemment, il n’était pas d’accord. J’en étais resté là avec lui. Ses livres, traitant surtout de la culture juive, supérieure aux autres, par axiologie et dogmatisme, n’avaient pas grand attrait pour moi. Mais je gardais un œil sur lui.

Machinalement, j’ai mis la main sur son livre, Rashi. Il y décrit « la vieille histoire, bête, ridicule, mais combien sanglante » du peuple juif, selon ses propres mots. C’est une suite de pogromes que leur font subir les chrétiens quasiment partout où ils s’établissent. Les musulmans ne sont pas en reste mais sont, de loin, moins fous. En Inde, c’est le contraire. Les juifs sont accueillis avec sympathie et les hindous leur offrent des terres pour s’y épanouir. Ce sont des faits historiques qui ne souffrent aucun doute. Pour prendre un autre exemple plus récent, en 1959, lorsque le présent Dalaï-lama fuira les terribles persécutions chinoises, qui ont encore cours aujourd’hui dans une relative mesure (au moment où j’écris famille-juive-en-Inde.jpgces lignes¹, la radio annonce l’interdiction aux étrangers de se rendre au Tibet, signes récurrents de graves événements : révoltes, inspirées par le Printemps arabe?), c’est en Inde que l’incarnation du Bouddha et représentant officiel du Tibet trouvera asile, avec des milliers d’autres réfugiés. Le gouvernement hindou leur offrira un territoire aux pieds de l’Himalaya, lieu qu’ils nommeront Dharmasala.

Bref, comme j’aime l’histoire, de surcroît racontée par de bons écrivains, je me suis lancé dans la lecture de Rashi. Wiesel détaille avec art les singularités que l’on trouve dans l’Ancien testament. On sait de longue date que les perversions étaient courantes parmi le peuple juif, même chez leurs représentants spirituels les plus illustres. Dès les premières pages, Wiesel s’interroge sur les méfaits de Jacob, Ésaü et Ishmaël. Jacob, ne mentait-il pas comme il respire pour tromper son père aveugle? Non, c’était surtout son frère, nous dit Rashi, toujours rapporté par Wiesel: « Ésaü qui, hypocrite, faisait tout pour plaire à leur père afin d’être le premier béni. Autre exemple : le texte biblique raconte que ce jour-là Ésaü rentra des champs fatigué et affamé. Pourquoi fatigué? Pour Rashi (héros et titre du livre) la raison fut tout autre : il était fatigué de tuer. Pire : Rashi est convaincu qu’Ésaü était coupable des trois pires transgressions : idolâtrie, adultère et meurtre. » Ainsi de suite, de page en page, Wiesel nous fait l’exposé, comme s’il ne s’en rendait pas compte, de la barbarie de ce peuple qui se veut le favori de Dieu.

Où l’on apprend encore que:
(L’astérisque à la fin de la ligne signifie que je commente le passage.)

1. Dieu souffre, lui-aussi, (à mon grand étonnement).*
2. Le désastre qui a induit le déluge fut une punition divine.
2 bis. Le lot d’Israël était d’aller d’un malheur à l’autre, à cause de leurs méfaits*.
3. L’ennemie d’Israël sera toujours le christianisme.
4. Les enfants d’Israël sont souvent vulgaires et démoniaques.*
5. Rashi imprima le premier livre hébreu sur la Bible autour de 1470.
6. Rashi ne fut pas aussi critiqué que l’a été Maïmonide.*
7. À l’époque de Rashi, l’âme rivalise avec le corps au pouvoir de résurrection.*
8. Israël n’est jamais entièrement coupable, même dans ses pires péchés.
8 bis. Un ange brûle les lèvres du grand prophète Isaïe.*
9. La terre d’Israël appartient aux juifs et non aux Palestiniens.*
10. Le Seigneur suprême est l’objet d’une illumination, (sans plaisanterie.)*
11. Dieu crée le monde absolument tout seul.*
12. Lorsque Dieu créa la Terre, le chaos précéda à la forme, à l’ordre.*
13. Adam pratiquait la zoophilie.*
14. L’ange annonce à Abraham de ne point égorger son fils, mais il refuse.*
15. Les animaux pensent, parlent et sont concupiscents.*
16. Ève était super jalouse.*
16 bis. Israël est comparé à une femme infidèle de la pire espèce.*
17. Rashi pense qu’avant de ramper le serpent avait des jambes.
18. Dieu manquerait de clairvoyance, tel un pauvre génie.*
19. Dieu a besoin de voir pour croire et juger.*
20. Rashi traite Ésaü de porc*
21. Jacob ment à son père aveugle mais Rashi ne le voit pas ainsi.
22. Le beau-père de Jacob est un malfrat de la pire espèce.*
23. Rashi et Wiesel décrivent la perverse mentalité qui est le lot d’Israël.*
24. Rashi ne brosse pas un portrait séduisant de Joseph.*
25. Yehuda prend sa belle-fille, aperçue dans la rue, pour une prostituée.

Mes commentaires.

dieu-mal-de-tete.jpg1 Dieu souffre, lui-aussi, (à mon grand étonnement).
Souffre-t-il d’amour uniquement comme dans le Cantique des cantiques ou a-t-il aussi mal à la tête à cause des troubles constants que lui causent son peuple et le reste de sa création?

2 bis. Le lot d’Israël était d’aller d’un malheur à l’autre, à cause de leurs méfaits.
Rashi : «Le Roi Salomon avait prévu, avec l’aide de l’esprit sain, que le destin d’Israël est d’aller d’exil en exil, d’une catastrophe à l’autre, et de se lamenter avec nostalgie en se rappelant le temps où elle était l’amante élue de Dieu.» 

4. Les enfants d’Israël sont souvent vulgaires et démoniaques.
Ésaü et Lot, le neveu d’Abraham, sont des êtres douteux. «Ismaël? Guère séduisant non plus. Fréquentant les brigands, il imite leurs mœurs.» En outre, il est «idolâtre et violent.» Vous lirez à cette suite d’autres exemples plus rudes.

6. Rashi ne fut pas aussi critiqué que l’a été Maïmonide.
Rashi plaisait mieux au peuple que son coreligionnaire, Maïmonide. C’était un illuminé (dans le sens propre du mot) qui croyait aux miracles, comme à la prophétie selon laquelle, un jour, «à l’avènement messianique, le Troisième Temple descendrait du ciel tout près.» Ce ne doit pas être un jour à venir, mais d’un autre âge dont il doit faire allusion…

7. À l’époque de Rashi, l’âme rivalise avec le corps qui a un pouvoir de résurrection.
À la mort de Rashi, un disciple a écrit : «L’âme purifiée de notre Maître a quitté ici son corps pur.» Je ne suis pas certain que Rashi aurait sanctionné cette métaphore, mais il est vrai qu’à cette époque, les juifs avaient déjà intégré dans leur gnose, la notion de l’âme éternelle au dépend strictement de la résurrection du corps. En effet, cette dernière croyance battait de l’aile sous l’influence des Grecs et de l’évolution de la pensée occidentale en général.

8 bis. Un ange brûle les lèvres du grand prophète Isaïe.
«Parce qu’il disait trop de mal de son peuple. »

9. La terre d’Israël appartient aux juifs et non aux Palestiniens.
  «En ces temps-là, Chrétiens et Musulmans se faisaient la guerre pour la possession d’un bout de sol (sic) nommé Palestine: chacun sacrifiait son fils pour le posséder. Alors, le juif Rashi leur rappelle  cette légende ancienne: «Un jour, les nations du monde diront aux juifs (Wiesel, par cette expression, fait très
Pierre-autochtone.jpgcertainement référence aux arabes seulement, et non au monde entier…): cette terre est à nous, vous  nous l’avez volée. Alors on leur répondra: la terre appartient à Dieu; Lui seul a le droit de dire qui y habitera. Et cette terre, il nous l’a donnée.» Cet argument ontologique me fait dire que ce n'est pas une pierre d'achoppement sur laquelle bute les Arabes mais une pierre d’autel, sacrée, sur laquelle toute leur pensée est construite. Le raisonnement ne vaut que pour eux et ils l’utiliseront à l’envie. Car, toujours selon eux, ou la Bible, ce qui est pareil, le monde fut créé pour la Torah, ou pour Israël. On ne peut plus chauvin et cela pousse les orthodoxes à appliquer les instructions à la lettre : la terre d’Israël doit être interdite de séjour aux non juifs!

10. Le Seigneur suprême, Dieu, est l’objet d’une illumination (sans plaisanterie).
«Et Dieu vit que la lumière est le Bien et Il sépara la lumière de l’obscurité.» Ne pourrait-on pas postuler qu’ici la science expérimentale trouve sa source? Car c’est seulement en testant ses pouvoirs que Dieu juge du bien fondé de son action. Utilitarisme avant la lettre? Exprimé en termes philosophiques, je traduirais cette expérience de matérialiste.

11. Dieu crée le monde absolument tout seul.
Personne n’a assisté Dieu dans la création du monde, même pas les anges. Mais il ne faut pas voir dans cette attitude un écart de conduite de sa part, car il les consulta tout de même. La leçon est importante, elle démontre «le besoin de modestie chez les grands; qu’ils demandent toujours l’avis des petits.» En tout cas, en ce qui concerne la création peut-être, mais je ne crois pas que Yahvé ait toujours consulté ses sujets sur d’autres affaires, en l’occurrence morales.

12. Lorsque Dieu créa la Terre, le chaos précéda à la forme, à l’ordre.
On peut faire le rapprochement avec la notion du chaos à l’origine du monde chez les Grecs, mais ce ne serait pas d’une grande perspicacité : généralement toute création commence par des matières brutes. Yahvé, tel que le portrait est brossé dans la Bible, ne fait pas grand usage de magie ou de pouvoirs mystiques pour créer instantanément les éléments tels la terre ou le soleil. C’est plutôt laborieux chez lui, surtout qu’il est seul à retrousser ses manches. N’avait-il pas de personnels qualifiés pour l’aider dans sa tâche? Chez les Hindous par exemple, Dieu joue de la flûte et danse, comme nous l’a rappelé Friedrich Nietzsche. Vishnou ne s’occupe pas personnellement de la création des éléments à l’intérieur de l’univers, mais Brahma, sa progéniture, née de son nombril, sur une fleur de lotus.

Brahma sur la fleur de lotus
Brahma

Brahma n’est pas venu au monde bébé et ignorant mais en pleine maturité. Comme il se retrouve dans le noir complet, dans l’univers vide et ténébreux, il décide de méditer pour comprendre ce qu'il lui arrive. Voilà comme ça commence. Par cette méditation naissent les êtres et les éléments matériels nécessaires à l’édification de l’univers. Ce démurge est ainsi entouré de millions de dieux pour l’assister. Ils supervisent dorénavant la bonne conduite des planètes, des océans et des êtres. Dieu, Vishnou, leur fait entièrement confiance. À la rigueur, en certaines occasions il interviendra sous la demande de ses "ministres", si je puis dire. Cependant, cette implication se fera d’un point de vue politique et non pas pour mettre la main à la pâte. La conception védique de l’univers n’est pas prosaïque comme dans les religions monothéistes dont les cosmogonies se limitent à l’imagination humaine et primitive des tribus Israël.



Ainsi voyait-on le monde: plat et sans profondeur.
La Terre était le centre du monde.Tout tournait autour.

Tableau de Bosh Jérôme

Quand Vishnou crée les millions et trillions d’univers, il ne transpire pas de fatigue, il n’a pas besoin de se reposer au septième jour, il le fait simplement du regard. Pendant ce temps, Lakshmi, sa compagne éternelle, est en train de le dorloter, elle lui masse les pieds. Telle est la puissance de Dieu dans la littérature védique, ce qui correspond mieux à l’idée d’un être suprême et tout puissant que les puérils contes de fée cousus de fils blancs par les juifs.

Vishnou, déesse Lakshmi et Brahma

Vishnou, allongé sur le serpent divin aux têtes infinies, en
compagnie de la déesse Lakshmi. On voit Brahma sur
la fleur de lotus dont la tige sort du nombril de Vishnou.

13. Adam pratiquait la zoophilie.
Zoophilie en Inde«Idée, frappante», souligne Wiesel au moment ou Adam voit pour la première fois la femme sortir de ses côtes: «Et l’homme dit : cette fois c’est un os de mes os et la chair de ma chair.» Wiesel commente ainsi cette particularité chez le premier homme : «Cela signifie qu’Adam s’était déjà accouplé avec des bêtes et des animaux, mais ne fut satisfait qu’en s’unissant à son épouse.» Épouse? C’est vite dit. Elle est issue de son propre corps. Généralement, on ne se marie pas avec un membre de sa famille génétique directe, sachant que l’inceste engendre des débiles. D’un point de vue critique, je pense que le Dieu d’Israël aurait pu faire mieux avec plus d’imagination. Surtout qu’il n’y avait rien d’urgent.

14. L’ange annonce à Abraham de ne point égorger son fils, mais il refuse.

Personne d’autre que Dieu ne peut dicter la conduite d’Abraham. Quand la voix de Jéhovah annonça qu’il devait sacrifier son fils, celui-ci ne broncha pas, même pas par un froncement de sourcil. La Bible: « Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils.» Et s’il finit par obéir à l’ordre de ne pas trancher la gorge de son fils, commenta un érudit de cette filiation spirituelle, c’est parce que «Dieu lui promit que, parmi les descendants d’Isaac, il y aurait un certain Shlomo (Rashi).» «Là, reprend Wiesel, Abraham n’avait plus le choix.» Sinon il égorgeait en toute bonne conscience son fils unique à qui il conte, en chemin, des bobards au lieu de lui révéler ses intentions de le sacrifier sur l’autel, lui, et non une bête.

Curieux cet autre passage de la Bible dans lequel le fils demande: «Mais où est l’agneau? -Mon fils, Dieu se chargera lui-même de l’agneau pour l’holocauste.» Singulier comportement, Abraham ne l’instruira pas sur l’obéissance divine durant cette marche qui dura trois jours, avant le sacrifice, pour le fortifier spirituellement et le préparer à affronter cet affreux destin. Même si celui-ci aurait certainement accepté son sort avec stoïcisme. Au moins, un tel enseignement aurait servi pour la postérité. Non, satisfait des réponses du père, le fils, portant sur son dos le bois, et le père le feu et le couteau dans ses mains, vont cahin-caha, comme si de rien n’était. D’ailleurs, la Genèse ne mentionne aucun remords, aucune hésitation et aucun troubles de la part de l’un ni de l’autre. Ils agissent comme des automates, sans larmes et sans pitié. «Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac et le mis sur l’autel, par-dessus le bois. Puis Abraham étendit la main et pris le couteau pour égorger son fils.» Vous pensez que c’est une vielle histoire des lunes d’antan et que de tels comportements ne pourraient se reproduire aujourd’hui? Détrompez-vous, si la foi peut soulever des montagnes, elle peut par conséquent renouveler cet exploit transcendantal avec ferveur.

15. Les animaux pensent, parlent et sont concupiscents.
«Le serpent est le plus rusé des animaux et il dit à la femme… » C'est ce que lit Wiesel, et de se questionner ainsi: «Que fait le serpent dans le jardin d’Éden? Et qu’est-ce qui a provoqué son intérêt? Il les a vus soudés l’un à l’autre, dit le commentateur. Et cela l’excita.» Je préfère m’abstenir d’en rajouter

16. Ève était super jalouse.
Nicole, écumante de rageD’après Rashi, Ève, après avoir croqué dans la pomme, la tendit à son époux: «Elle craignit de mourir et de permettre à Adam de lui survivre et d’épouser une autre femme.» Ça alors, quelle femme! Qui en voudrait d’une pareille?! Et elle serait le prototype de toutes les épouses à venir? Aïe, aïe, aïe! Si possessive, Ève est prête à envoyer son mari aux enfers pour être sûr qu’il ne se remarie pas! La première Dame de l’humanité trace le pattern psychologique de la gente féminine. Les hommes sont mal partis; que dis-je, l’humanité est mal partie!

16 bis. Israël est comparé à une femme infidèle de la pire espèce.
Rashi: «Souvent, les prophètes comparent les relations entre Dieu et Israël à celles qui existent entre un mari en colère et son épouse pécheresse qui l’aurait trahi. Salomon composa le Cantique des cantiques en calquant cette allégorie. C’est un dialogue passionnant entre le mari (Dieu) qui aime et continue d’aimer son épouse répudiée, et l’épouse, veuve véritable d’un époux vivant, (sic) qui attend son époux et cherche à se rapprocher de lui à nouveau : elle se rappelle son amour de jeunesse tout en se rappelant sa faute.» C’est seulement par dépit que cette prostituée reviendra à Dieu, son premier homme, selon l’allégorie. La Bible décrit ainsi les errances de cette impénitente fornicatrice: «Qu’elle ôte de sa face ses prostitutions, et de son sein ses adultères! Sinon je n’aurai pas de pitié pour ses enfants, car ce sont des enfants de prostitution.» (Osée 2.9) Mais une femme de cet acabit ne change pas facilement. Dieu devra faire des pieds et des mains (pour rester dans la métaphore biblique) et l’empêcher de se précipiter chez ses amants : «C’est pourquoi voici, je vais fermer son chemin avec des épines et y élever un mur, afin qu’elle ne trouve plus ses sentiers. Elle poursuivra ses amants, et ne les atteindra pas; elle les cherchera, et ne les trouvera pas. » Là, seulement, par la force des choses, parce qu’elle n’a plus le choix, elle reviendra à son mari avec lequel elle était finalement pas si mal. Ce que l’Ancien Testament décrit comme un cas des plus romantiques et des plus exemplaire en matière de religion, ce n’est pas de la dévotion, ni de l’amour véritable entre un dévot et Dieu, mais une piètre relation qui n’a absolument rien de comparable avec l’exemple de Jésus ou de saints d’autres traditions spirituelles de loin plus remarquables que ce comportement vulgaire et honteux. Élie Wiesel est allé en Inde et ne semple pas avoir lu le Ramayana ou le MahabharataI. Dans ces ouvrages épiques on met en scèene des exemples de femmes telles Sita, Kunti ou Draupadi. Le modèle de la femme dans le Cantique des cantiques comme représentation d’un idéal spirituel est d’un ridicule sans nom.

18. Dieu manquerait de clairvoyance, tel un pauvre génie.
narayan, Dieu à quatre brasSelon la Bible: «Et Dieu vit le mal croissant en l’homme. Et il regretta de l’avoir créé. Et son cœur s’attrista.» C’est trop gros comme erreur divine pour être laissé dans cet état. Au cours des siècles, chacun ira du sien avec une parade. Rashi répondit à un mécréant qui se posait des questions, comme moi: «N’est-il pas vrai que vous croyez que Dieu prévoit l’avenir?» Et Rashi d’expliquer que Dieu est semblable à un humain : «Pareil au roi qui s’attriste à cause de son fils.» Mais tous les rois n’ont pas de fils abruti. Dieu aurait créé les humains dont le projet lui a par la suite échappé… On Inde, on appelle ce genre de dieu, daridra narayana. L’expression signifie littéralement pauvre dieu. Elle fait référence à l’homme que l’on identifie au suprême, dans le sens qu’on le respecter comme s’il était Dieu, puisqu’il en est une manifestation, c'est-à-dire conçu à Son image. Mais Narayana a quatre bras, et l’homme deux. Comme moi aussi j’ai l’imagination fertile, je propose que toute l’eau qui déborde des océans et des rivières et inonde les villes, due aux tsunamis et aux tornades, sont les larmes de Dieu qui n’en finit plus de pleurer en contemplant sa création. C’est une explication comme une autre, n’est-ce pas? Quitte à inventer, faisons dans la logique. D’aucun peut même avancer que c’est scientifique. Si l’on veut interpréter les changements climatiques d’un point de vue créationniste, voici une signification causale tout à fait plausible. C’est romantique et élégant en plus. Je suis content de moi ce matin. 

19. Dieu a besoin de voir pour croire et juger.
Avant d’envoyer la ville de Sodome aux enfers, avec tous ses habitants, sans discrimination d’âge ou de gendre, si je me souviens bien, Dieu décida de « descendre et de voir.» Évidemment, Dieu peut voir d’en haut, rassure Rashi à ses dévots, mais il faut prendre ce passage comme un enseignement. Wiesel paraphrase son maître: «Quand il s’agit de châtiment suprême, il incombe aux juges de ne pas juger à distance; ils doivent tout voir avant de prononcer la sentence.» Raisonnement anthropomorphique à l'image de lui-même.

20. Rashi traite Ésaü de porc
«Pendant quarante ans, Ésaü volait des femmes à leurs maris et les torturait.»

21. Jacob ment à son père aveugle mais Rashi ne le voit pas ainsi.
http://www.nerrati.net/info-culture/images/europe/France/livres/histoire/histoire-du-peuple-juif-un-livre-de-marek-halter.jpg«Au yeux de Rashi, Jacob ne mentira jamais», écrit Élie Wiesel. Peu importe les faits, dois-je dire à ses dépends car le mensonge, dans cette famille juive peu civilisée, est pratique courante. Exemple : Jacob trompe son père aveugle en tentant de passer pour son frère: « Je suis Ésaü, ton ainé. » Mais Rashi change la ponctuation et le sens des mots, ce qui donne : « Je suis qui je suis, et Ésaü est ton ainé. », pour répéter le schème original instruit par Dieu lui-même. Isaac, le père, sceptique, lui demande alors: « Es-tu mon fils Ésaü? ». L’interlocuteur ne répond pas «Je le suis», mais «c’est moi». C’est qui, moi? Là encore, aux yeux de Rashi, l’un des plus fameux érudits du Pentateuque et du Talmud, Jacob est un juste et ne ment jamais. Il prêche ce qui lui semble bon pour son peuple. Ce qui n’est pas pour déplaire aux adeptes de l’Ancien Testament; écoutez Marek Halter s’en féliciter dans son Histoire du peuple juif : «La seule religion monothéiste non révélée est le judaïsme. Seuls les dix commandements ont été dictés par l’Éternel à Moise. Pour le reste, ce sont les hommes qui ont, à ma grande joie, transformé leur histoire, vrai ou mythique, en religion.» (C’est moi qui souligne.)

On notera le peu de cas que la Bible fait des connaissances universelles en ce qui a trait à l’aveugle, celui qui ne voit pas physiquement, tout comme l’indigente connaissance biblique de la nature en général: nature matérielle, nature psychique ou nature spirituelle. Dans ce cas-ci, on veut nous faire accroire qu’autrefois l’aveugle, et pas n’importe lequel, ici figure légendaire et père de ‘l’humanité’, est un handicapé, borné grossièrement par son infirmité; Isaac est incapable de distinguer son fils aîné du plus jeune. Or n’importe qu’elle personne, avec un peu de bon sens et de culture, sait qu’un aveugle possède des perceptions plus sensibles que le commun des mortels, du moins assez pour deviner la différence dans le son de la voix, si ce n’est dans les vibrations qu’émettent les personnes en sa présence. Que dire de membres de la famille! En outre, Isaac est un héros spirituel, ce qui laisse franchement à désirer…

Parenthère : Il faut voir ce beau film, Black Sun, c’est l’histoire d’un artiste, un peintre, qui devient aveugle suite à une rixe avec des voyous qui ont tenté de le cambrioler dans son appartement à New-York. Il explique sa transition effroyable, en une nuit, de voyant à l’état d’aveugle total. Puis, comment au bout d’un an, il a repris les choses en main et voyage à travers le monde. Il décrit ses visions et ses perceptions. Par son expérience, on réalise la puissance de l’homme lorsque ses sens sont exploités à profit. Rien à voir avec l’aveugle décrit ici, dans la Bible, en l’occurrence, le père qui ne peut discriminer à la voix un fils de l’autre. Malheureusement, le film n’est qu’en anglais.

 
Voici encore un autre passage dans la Bible sur l’idée que l’on se fait de l’aveugle. Isaac était très vieux, ses yeux s'affaiblissaient tellement qu'il devenait aveugle. Sentant que ses forces diminuaient et qu'il ne serait pas longtemps sur la terre il voulut bénir son fils aîné. Il appela Esaü et lui dit : « Va à la chasse, quand tu auras pris du gibier, prépare-le et apporte-le moi afin que je le mange ; je te bénirai ensuite. » Rébecca ayant entendu ces paroles dit à Jacob : « Va vers le troupeau, apporte-moi les deux meilleurs chevreaux, je préparerai à ton père un http://img8.hostingpics.net/pics/863051Esau_and_Jacob.jpgmets qu'il aime ; quand il en aura mangé, il te bénira. » Jacob obéit. Quand les chevreaux furent prêts, Rébecca revêtit son fils des vêtements d'Esaü et elle lui enveloppa les mains et le cou de peau de chevreau. Jacob prit le pain et la viande et les porta à son père. Isaac lui toucha les mains et le cou. « Cette voix est celle de Jacob, mais ce sont bien là les mains d'Esaü. » Il ne le reconnut donc pas et lui donna sa bénédiction en disant : « Que Dieu te donne la rosée du ciel et la graisse de la terre en abondance, sois le seigneur de tes frères. »
 

Je devrais vous comparer cet exemple biblique avec celui du roi aveugle, Dhritarastra, empereur du monde (en tout cas du vaste empire qu’était Bharata, l’Inde védique, et que l’on décrit dans le livre fascinant qu’est le Mahabharata (qui signifie littéralement l’histoire du grand Bharata.) C'est d'une toute autre portée intellectuelle et morale. Oui, il faut que je vous en parle; in’shallah! En tout cas, voici déjà une image. Sur cette image, le roi âgé écoute le récit de la bataille de Kurukshetra, le récit qui deviendra la Bhagavad-gita, la Bible hindoue. Son ministre, qui a le pouvoir de clairvoyance, lui fait la description des faits d'armes de ses fils contre les Pandavas.

roi aveugle, Dhritarastra_Mahabharata

22. Le beau-père de Jacob est un malfrat de la pire espèce.
En effet, quand Laban rencontre son gendre, il lui donne l’accolade. Mais c’est pour mieux fouiller dans ses poches, explique Rashi. Et lorsqu’un jour il l’embrasse, c’est «Pour voir s’il n’a pas de pierres précieuses dans la bouche», précise-t-il. Hein, il lui a roulé une pelle ou quoi!?
 
23. Rashi et Wiesel décrivent la perverse mentalité qui est le lot d’Israël.
Par exemple, lorsque la fille de Jacob est violée, un arrangement est pris pour que les hommes de la tribu à laquelle appartient le coupable, se fassent tous circonscrire pour payer le crime. Ce que la tribu acceptera en signe de repentance, mais elle se fera tricher : «Au troisième jour après l’opération, tandis que les hommes d’en face souffraient le plus, les deux fils de Jacob, Shimon et Lévi, attaquent la ville et égorgent tous les mâle.» Voilà ce qui est écrit à propos du comportement des fils de Jacob. Ce n’est pas œil pour œil, dent pour dent, mais cent yeux pour un œil, cent dents pour une dent. Même Moïse n’échappe pas à la suspicion de son peuple. S’il devait sortir le soir ou rentrait tard chez lui, les «maris le soupçonnaient d’entretenir des relations illicites avec leurs épouses.», tel était l’esprit spirituel, ou plutôt matérialiste, qui semblait prédominer chez ce peuple, comme gravé dans ses mœurs, selon leurs Écrits sacrés.
 
24. Rashi ne brosse pas un portrait séduisant de Joseph.
La Bible le souligne : «Et lui est un garçon (entendez "adolescent".)» Commentaire de Rashi: «Joseph se comporte en adolescent. Se coiffe, soigne ses regards; il fait tout pour paraître beau.» Et alors? C’est mieux que de voir, à mon avis, tous ces hommes, encore aujourd’hui, si négligés et si sales dans leurs tenues religieuses. Mais là n’est pas le comble. Rashi ne l’aime pas parce qu’il fait du mal aux enfants de Léah. «Il raconte à leur père des choses déplaisantes sur eux. » Il sera d’ailleurs puni pour cela.
 

25. Yehuda prend sa belle-fille, aperçue dans la rue, pour une prostituée.
En outre, ce qui regarde mal avec cet égarement de la part de Yehuda, c’est qu’elle était veuve. Voici comme Élie Wiesel nous rapporte l’incident. «Comme elle se trouve à un carrefour, et a le visage voilé, il l’a prend pour une prostituée.» Ayant forniqué avec sa belle fille, quand on se rend compte du scandale -parce qu’elle est enceinte-, «on l’a condamne à être brûlée.» Grâce à Dieu, bien que dans la rue, elle ne s’était pas mise le dos au mur; elle sauvera et sa vie et son honneur, en fournissant des preuves reçus en gage avant l’acte par son ravisseur. Elle plaida ainsi son innocence: « Je suis enceinte des œuvres de leur propriétaire. ». Il reste que toute l’affaire sent le fagot. Elle portait le voile, soit, son beau-père ne pouvait la reconnaître, mais, elle, ne l’avait-elle pas identifié? Et puis, quand on baise avec une prostituée, même il y a 3000 mille ans, et qu’on est religieux jusqu’au bout de sa verge, ce n’est pas comme avec sa propre femme, on l’a déshabille et l’on veut jouir de la nudité complète du corps, ce qui inclut très certainement le visage. Il est clair, cependant, que la Bible ne dévoile pas tout au commun des mortels. Il faut être dans le secret des dieux. Rashi, qui est plus proche du Seigneur tout puissant que le commun des mortels, explique pourquoi cette femme n’a pas nommé son beau-père alors qu’elle allait se faire brûler vive: « Pour ne pas l’humilier. […] D’où la parole de nos Sages : mieux se jeter dans le feu plutôt que d’humilier quelqu’un en public. » La littérature demeure de la littérature; en l’occurrence elle décrit son époque qui n’est évidement plus la nôtre. Évolution oblige. Par son acte d’abnégation, « certains des descendants de la veuve seront rois d’Israël.» Yahvé s’en est souvenu. Lesquels des rois seront légitimes, c’est-à-dire non issu de l’inceste, vous et moi ne le savons pas, car de toute façon, « le Talmud a imposé cette règle : on a le droit de mentir si c’est pour la paix. » La paix d’Israël, s’entend.

sexe dans la bible

26. Israël est le berceau de l’humanité et le centre du monde.
Les juifs croient dur comme fer que leur pays est le centre du monde et le pivot de l’histoire. «Sentiment de supériorité?» se demande Wiesel. (Jamais un bon juif ne cultiverait un sentiment semblable. Les mauvais, par contre, sauront exploiter cette flatteuse qualification, prétexte identitaire qu’ils useront jusqu’à la corde.) Et notre prix Nobel de préciser la position des justes: «Non: plutôt de singularité. » La distinction est subtile, n’est-ce pas? Voyez vous-même la nuance lorsqu’il décrit l’importance de la terre de ses ancêtres électifs; quatre couples, «les pères et les mères de l’humanité» y ont leurs tombes : Adam et Ève, Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, Jacob et Léah. Et pour être sans ambigüité, il ajoute : «Dieu donna les prophètes à Israël seul.» (C’est moi qui souligne.)

Dans son humilité caractérielle, sûrement aggravée par sa détention dans les camps de la mort, d’où il en est sorti indemne par miracle à la libération par les Américains, Wiesel ne s’aperçoit pas qu’il fait du nombrilisme. Dès les premières pages, il en donne le la. Pour lui, l’humanité ou le monde, quand ces mots sont prononcés dans la Bible, ne se distinguent guère du peuple juif et des territoires qui entourent la région d’Israël. Il pense tout comme les hommes pensaient, dans leurs conceptions géographiques et cosmologiques il y a quelques milliers d’années. Il écrit : «Rashi s’adresse à tout le monde. Je veux dire : sa passion de pénétrer un texte pour y déceler un sens caché qui sera ensuite transmis par des générations est capable de toucher, d’intéresser et d’enrichir tous ceux dont la vie est dominée par l’étude.» Généralisation? Tout à fait. Ma vie personnelle, à moi, Laziz, est dominée par l’étude mais je ne m’identifie en rien à sa religion, à la voix de Rashi, son maître à penser et guide spirituel, voix qui «nous parvient de loin, de très loin dans le temps et l’espace, mais elle nous permet de ne pas nous détacher du but et de ne jamais nous égarer en chemin.» C’est lui qui le dit. Les exemples citées dans la Bible abondent dans le sens inverse, et l’histoire de son peuple, qui s’est déroulé jusqu’à nos jours, nous brossent un autre tableau, beaucoup plus réaliste et décevant. Il suffit de constater avec quel despotisme les sionistes s’approprient les terres des Palestiniens aujourd’hui, sans aucune honte, tels des brigands et des assassins.http://www.e-monsite.com/s/2010/04/02/juifrancaisioniste/55808066torah-logo-50-gif.gif


Autre exemple de cet ethnocentrisme à fleur de peau : pour expliquer l’élection d’Israël, Wiesel répète les faiblesses de jugement de la Bible qui, autrefois, pouvaient se concevoir mais qui, aujourd’hui, sautent aux yeux du lecteur profane. Dieu aurait proposé: « la Torah à toutes les nations de la terre et toutes l’auraient refusée sauf Israël.» Pourquoi, qui aurait eu envie parmi les grandes civilisations de cette époque d'accepter ces incohérences, par exemple que le monde ait été créé quelques milliers d’années auparavant ou en six jours, pour ne citer que ces spéculations de la plus primitive ignorance!?!

FIN

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(en l'occurrence biblique)

 

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