Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Laziz

Olivieri Farah-Moreau-Tanguay-bissonnette-Lamontagne

Quand les intellectuels québécois se braquent contre une culture qui va à vau-l'eau, ils décident, par exemple, de porter le problème sur la place publique en s'appuyant sur un nouveau livre d'essais, Argument *. La première chose que je relève durant cette causerie, étrangement, c'est qu'il n'y a eu aucun effort pour définir ce que ces littérateurs entendent par culture, aucun.

La deuxième, c'est qu'il n'y a plus d'espace public où ces questions sont débattues, ou pourraient l'être; j'en sais quelque chose car je suis confronté à cette situation en tant que Québécois. Même le Net, supposé être un lieu d'échanges démocratiques et privilégiés, n'a pas réussi à fonder un tel espace. Si bien que les échanges songés, philosophiques et historiques sur les sciences et les idées ont fondu comme neige au soleil ces dernières années. Pour cela, pour vous prouver que je ne travaille pas du bigoudi lorsque je m'exprime ainsi, je propose d'ouvrir des discussions sur le Web et d'inviter, les auteurs présents lors de cette causerie et tout autre personne qualifiée qui voudrait faire valoir ses idées; ainsi, vous vous rendrez-compte du silence qui répondra à cet appel. --Bien à vous.

Voici quelques-uns des forums sur lesquels j'ai lancé la discussion:

(Ces forums n'existent plus)

J'ai entrepris la même initiative sur plusieurs pages Facebook. En règle générale, personne ne se présente avec l'intention de donner son point de vue d'une manière soignée, surtout pas les intellectuels, eux qui se plaignent du manque d'intérêt du peuple pour la culture.

 

« Car seule une pensée ferme, une conviction assumée et forte permet de s'ouvrir à l'autre. Contrairement à ce que l'on croit, les pensées molles se sentent trop fragiles pour dialoguer. Elles conduisent plus sûrement au dogmatisme peureux, voir au fanatisme, qu'à l'ouverture. »

  ______________

 

Québec choisit son avenir: voter pour qui ?

Pauline Marois, Ministre du QuébecAu Québec, les élections battent leur plein mais les questions concernant les sciences sont mis sous le boisseau, pour ainsi dire. L'agence Science-Presse fait raisonner le tambour et demande à ses lecteurs de poser des questions aux candidats concernant les enjeux scientifiques. J'ai donc répondu: Je demanderai à chacun ce qu'il attend de la science et ce qu'il entend par ce vocable, science, sans langue de bois. Je lis et j'entends le bruit des armes que l'on fourbit pour rompre les lances dans un monde où il est de plus en plus difficile d'amasser les fonds qui cannibalisent la recherche et remplissent les poches des patrons.

Ce matin, René Homier-Roy s'exclamait sur Radio-Canada: "la science!" pour mettre en exergue la nouvelle croyance dont il faut redorer le blason mis à mal par l'empreinte néfaste laissée sur son sillage du point de vue écologique, entre autres, comme si la science était aussi vierge qu'une sainte nitouche et que le vice, inhérent à n'importe quelle profession ou discipline, aussi Extrait du magazine vitalité québec-Hubert Reevesprestigieuse soit-elle. Ailleurs, « Louise Harbour insiste sur la nécessité de baser les décisions sur des données scientifiques et non idéologiques. Cela devrait aller de soi, serait-on porté à croire. », avertissement que l’on peut lire dans une interview de L'Itinéraire. Dans une autre revue, Vitalité, c'est à Hubert Reeves que l'on pose la question dans une rubrique qui se veut, comble du désespoir, "La voix de la sagesse": «Voyez-vous émerger une nouvelle conscience planétaire chez les scientifiques?» Je note en passant l’allusion à cette prise conscience chez les scientifiques en rade sur les problèmes concernant directement les dangers dont les humains, les animaux et les plantes sur la planète sont victimes et causés par leurs découvertes, amorales et irresponsables.

Et Reeves de donner cette réponse pour la moins équivoque: «Ce sont les politiciens plutôt que les scientifiques qui exigeront de faire une telle analyse avant de procéder au développement d'un projet.» Ce qui me permet de conclure ainsi: ?!?  (Comme quoi les politiciens devront en savoir pas mal pour argumenter avec les scientifiques et les garder sur les rails, ce qui est voué à l’échec par expérience, notamment les philosophes qui s’y sont brûlés les ailes et ont quasiment disparu de la circulation, si ce n’est les nouveaux philosophes, comme on les a appellés par dérision; mais tout cela fait tourner le schmilblick et remplir les urnes. Les trois points ?!? signifient qu’il y a anguille sous roche.)

Spéculation et philosophie-citation-aphorisme

Il est triste de constater qu'un pays comme le Québec veuille construire son avenir en plaçant une femme de 65 ans aux commandes! Vous parlez d'un futur! C'est le monde à l'envers. Et les jeunes, ceux qui ont 40 ans... ou 30, ils sont où? Et cela ne vous inquiète pas outre mesure de dépendre des vieux pour diriger un pays, alors qu'ils ne devraient être que des conseillers ou des sages? Cela ne vous inquiète pas que les jeunes ne soient que des jeunes, qu’ils restent immatures et des assistés à la Tanguy? Ou alors ce serait la raison pour laquelle les étudiants exigent la gratuité des études pour ceux dont les parents ne peuvent assurer ce confort débilitant...


Les gens intelligents et posés me rétorqueront qu'il y a parmi les conseillers des jeunes et des vieux. On place généralement à la tête d'un parti une personne plus charismatique ou plus emblématique, jeune ou vieille. Tout n'est que stratégie et ego en politique.


Bonjour la stratégie! C'est pourtant l'inverse qui est requis dans le cours normal du bon fonctionnement des choses et d'une politique dynamique. Ne peut-on pas passer à une autre étape que de mariner dans la vase aux relents de tricheries et de crimes à foison d'un paradigme en perte de vitesse, et pas à peu près! Vous protestez : « Mais dans beaucoup de pays c'est comme cela! Les plus jeunes sont encouragés attendre d'avoir de la bouteille! » C'est bien ça le drame. Quand ils ont autour de 40 ans, les jeunes peuvent penser à se présenter et à se qualifier pour une éventuelle course à la chefferie, et quand ils auront autour de 60, pour la présidence du pays! C'est l'âge où l'on devrait se retirer des affaires et prendre la vie un peu plus cool, passer le flambeau à la jeunesse. Non, ils s'accrochent à leur poste tellement ils ont peur de se retrouver seuls avec leur temps et leur conscience! On se demande d'ailleurs ce qu'ils en feraient de ce temps et de cette conscience sans la politique...

__________________

La Charte québécoise : l'urgence de penser

 

Urgence de penser-livre-Étienne BeaulieuJ'ai ouvert ce livre, L'urgence de penser, et je suis tombé sur un texte d'Étienne Beaulieu, professeur, éditeur et écrivain. Il écrit ceci : « De même que l'homme descend du singe, l'homme démocratique d'aujourd'hui provient en droite ligne du christianisme, de son histoire et de sa culture. Ce n'est à cet égard pas un hasard si la démocratie à tant de mal à s'implanter dans les pays qui n'ont pas connu les siècles de christianisme nous ayons façonnés. » Je connais plein de partisans acharnés de la théorie de l'évolution, mais si je leur dis, pour critiquer, que "l'homme descend du singe", ils vont me traiter d'ignorant, mais alors bête à manger du foin ! Car selon eux, ce n'est pas vrai... Jamais, me rétorquent-ils, une telle absurdité n'a été prononcée par les darwinistes. Ce sont les opposants à la théorie de l'évolution, les créationnistes qui ont imaginé ce scénario. Les singes sont nos cousins, pas nos ancêtres...

 

Et pour ce qui est de la démocratie, Monsieur Beaulieu pourrait faire preuve de plus de discrétion et d'humilité. Faut-il donc lui faire un dessin pour qu'il réalise la raison de la dominance de la démocratie à travers le monde ? Et du christianisme ? Ou va-t-il oser nous dire que pour jouir de la liberté, il faut verser le sang et 'pacifier' les peuples récalcitrants... (À noter que le mot 'pacifier' était utilisé par les colonialistes et racistes du 19ième et 20ième siècle pour mettre aux pas les pays qui ne voulaient pas de cette domination soit-disant démocratique ou chrétienne.)

 

Quelques semaines après avoir publié cette note sur ma page Facebook, je reviens sur ce livre et je reprends le texte de Beaulieu, La religion de l'autre.

 

« Dans les faits, ce que l’on prend pour une ‘neutralité’ laïque n’a rien de neutre : elle n’est que la transformation de l’idée chrétienne de l’existence. » Transformation entreprise par des athées. Mais il est vrai qu'athéisme et christianisme peuvent très bien aller main dans la main du point de vue ontologique, particulièrement de nos jours où les costumes religieux ne se portent plus. Mais ce n'est pas la particularité de la chrétienté; islam, judaïsme, bouddhisme et de nombreuses religions hindoues participent à des croyances au Dieu sans substance, sans forme et invisible.

 

Identité du Québec et laïcité« Selon l’historien et philosophe Marcel Gauchet, nous dit-il encore, « le christianisme n’est pas une religion comme les autres, car elle se distingue, selon une formule maintenant célèbre, comme ‘la religion de la sortie de la religion’. » Ah, la fameuse exception française à l’œuvre ! Cependant, s’il y a des religions qui ont des accointances entre elles c’est bien celles issues du monothéisme.

 

Et pour enfoncer des portes ouvertes : « Le débat sur la Charte de la laïcité laisse dans l’ombre un fait d’une importance capitale : la laïcité revendiquée est un héritage issu des transformations sur la longue durée de la civilisation chrétienne. » Comment pourrait-il en être autrement?

30 Avril 2014

 

______________

 

Dany Laferrière et l'écriture

Dany Laferrière et l'écriture Selon l'auteur de L'énigme du retour, on peut apprendre à mieux écrire, comme on peut apprendre à mieux faire de la photo. « Mais on ne peut apprendre à devenir un écrivain. Être écrivain, c'est avoir un type bien particulier de présence au monde. C'est échapper à l'accélération du temps. C'est à la fois être en mouvement constant et être immobile, disponible, présent au présent. »

Je répondrais que c'est avant tout venir au monde avec des acquis. Ou, pour le dire autrement, on ne naît pas tous égaux. Est-ce une question de chance ou un problème ontologique? Trop absorbé dans ses réflexions, il n'entend pas le sens de ma question.

« Pour être un véritable écrivain, continue-t-il, il faut être animé par quelque chose qui va au-delà de l'idée même de faire un livre, quelque chose de grand, quelque chose hors de soi. »

Oui, les écrivains réussissent des performances originales, ils peuvent -peut-être, mais je n'y crois pas- échapper à leurs démons incarnés, genre Duvalier, et partir sous d'autres cieux, en prenant garde de ne point transporter dans ses valises le mental... Mais on ne se soustrait pas à son karma.

 

 

Liens en relation : L'état de la culture au Québec  
Les gaz de schiste






La laïcité québécoise: Un projet inachevé et menacé

 

Commenter cet article