Les grands enjeux de société et les idées qui en font la trame, avec humour, passion et gravité.
7 Juin 2013
« Les hindous d'antan avaient également découvert l'importance de l'union et de l'Intellect, du Souffle et du Corps. Le hatha-yoga fit la synthèse de cette découverte et préconisa, il y a cinq mille ans*, certaines postures pouvant conférer souplesse et bien-être au corps. Aujourd'hui, ce que nous appelons vulgairement "le yoga" a pris d'assaut l'Occident où il existe des dizaines de formes de hatha-yoga ; toutes ont oublié l'origine hindoue -pardon, polythéiste- de cette merveilleuse science qui n'a pas de religion. Le pranayama, ou science de la respiration, modernisé par de grands maîtres contemporains, comme Sri Sri Ravi Shankar, nous enseigne que chaque émotion correspond à un souffle : ainsi, en colère, votre respiration devient saccadée et, à vous mettre fréquemment dans cet état, vous risquez d'écourter votre vie ; au contraire, déprimé, vous en oubliez de respirer. Le pranayama nous enseigne comment contrôler notre souffle et maîtriser nos émotions grâce à certaines techniques répétitives de respiration. Il nous apporte bien-être et énergie accrue. Là encore, c'est une science hindoue. »
François Gauthier dans Quand l'Inde s'éveille, la France est endormie
Ma rectification : le yoga date bien plus longtemps que cela. Cinq mille ans correspond plutôt à une phase d'un déclin déjà entamé.

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«Vis-à-vis des hommes d'États occidentaux, c'est une exigence de l'esprit critique,
pour un journaliste, que de ne pas confondre les déclarations d'intention avec les actes.» Jean-François Revel.
Après on s'étonne, avec des publications de ce type, que les gens ne comprennent rien de rien à l'Inde ! L'auteure, Pauline Garaude, prend les thèses racistes pour faire son beurre. Selon elle (évidemment, elle n'en sait rien mais elle colporte ce qu'elle a lu ici et là, vite fait), de soi-disant aryens auraient envahi l'Inde et apporté avec eux les Védas et, par voie de conséquence, la civilisation. Elle écrit n'importe quoi !
Je détache un extrait : « Ce grand mouvement de dévotion serait lié à l'expansion du culte de la déesse Krishna, qui fit du mammifère la "vache-mère" de chaque hindou. » Je vous épargne les niaiseries qui suivent, le livre en est bourré. Pour ceux qui ne le savent pas, Krishna est un dieu et non pas une déesse. Il est le Héros, on ne peut plus démonstratif, de la Bhagavad-gita, le livre sacré le plus connu en Inde, et l'amoureux de Radha. Mais, la pauvre, elle ne le savait pas. Plus loin ( je ne peux me retenir ... ), Pauline Garaude rapporte un autre non-sens digne des plus ignorants des touristes : « D'autre part, écrit-elle, si l’abattage des bovins est interdit, et bien qu'aucun Hindou ne mange de la viande de bœuf... ». Il est pourtant de notoriété publique que les Indiens sont nombreux à bouffer de la vache. Et cette journaliste à la noix "voyage depuis dix ans en Inde" ! ( Elle ferait mieux de se recycler dans le commerce de l'import-export plutôt que d'écrire des livres -je plaisante grave. ) Mais comment peut-on voyager en Inde sans se rendre compte que les restaurants végétariens sont rares ? N'est-ce pas un indice pour commencer une enquête sur le sujet ? En outre, cela fait des décennies que certains états ont donné l'autorisation d'abattre les vaches, et les musulmans, qui sont nombreux, ont toujours eu des abattoirs. On a toujours tué les vaches en Inde, et ce depuis le début de l'âge de kali, il y a 5000 ans. Le pire, c'est qu'il y ait une maison d'édition pour publier ce pot-pourri d'insanités. C'est un manque total de respect pour la culture hindoue. On appelle ce mal, Le complexe de l'ethnologue. Celui-ci ne voit pas de l'intérieur la civilisation qu'il observe -Garaude ne la connaît pas, semble-t-il-, mais à travers ses propres critères. De cette perspective, elle apprend qu'une race supérieure, les Aryens, ont envahi l'Inde et ont civilisé les primitifs. N'est-ce pas ces thèses, indo-européennes, que l'on enseignait dans les écoles françaises ?
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Voici quelques lignes provenant d’une interview avec Sarah Combe, l’auteure de Un et multiple.
Une artiste musulmane russe chante des hymnes védiques devant une audience dans laquelle le Président de l'Inde, Modi, est présent. Les premiers hymnes sont à la gloire de Ganesh, puis vers le milieu il s'agit du mantra gayatri, que chantent les brahmanes sur eur cordon sacré.
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Quand l'islam est libéral et social
J'aime. Mes parents musulmans faisaient la même chose quand ils visitaient un temple hindou.
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« C'est étonnant, les hindous sont capables d'écrire et de raisonner comme tout le monde et produisent une somme colossale d'ouvrages mais ils ne peuvent s'empêcher de philosopher toujours de travers. »

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En général, on nous dit qu’ils ne sont pas très portés sur la chose. A titre d’exemple, Christine Maillard commence par Freud : « On ne trouve que deux allusions à des données indiennes dans la vingtaine de volumes de ses œuvres complètes. […] Les cultures indiennes et extrême-orientales en général occupent une place quasiment nulle dans l’œuvre du maître. »
Otto Rank, par contre, qui était son disciple, s’y est intéressé de façon sérieuse. Maillard mentionne son intérêt pour le Mahabharata. Entre parenthèses, elle cite les personnages qui ont inspiré une de ses importantes études : Chandragupta, Krishna et Bouddha. Plus loin, elle précise : « Ainsi, l’examen systématique de ce corpus permet de dégager une constante […] car il s’agit bien de simple référence. […] Les systèmes philosophiques indiens, en revanche, intéressent peu les auteurs, dans la mesure où ils n’y trouvent pas de quoi illustrer leurs propres conceptions. » (C’est moi qui souligne.)
Plus loin : « Il en va tout autrement de l’un des plus importants collaborateurs de Freud à ses débuts, à savoir Jung, chez qui la réception de l’Inde est un phénomène majeur et constant, et également de Herbert Silberer, à qui Jung doit nombre de ses idées. […] L’examen de l’œuvre de Silberer permet de voir émerger cet autre courant de la ‘‘science de l’âme’’ qui va naître dans les années vingt avec la Psychologie Analytique de Jung, et qui va se constituer par référence à la tradition de l’ésotérisme occidental après un détour obligé et fécond par l’Orient, indien principalement. » La démarche de Silberer est en cela comparable à celle de René Guénon.
Une autre note significative : « D’une manière générale, c’est aux personnages de l’univers mythologique indien que les psychanalystes s’intéressent prioritairement et non pas du tout aux grandes notions de l’anthropologie, de la cosmologie, voire de l’éthique indienne. C’est la seule mythologie et non la pensée de l’Inde qui fait pour eux l’objet de la réception, ce qui est compréhensible dans la mesure où ils lisent les textes indiens comme des produits de l’imagination et de l’activité fantasmatique.»
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Les gens, ici et là, en grand nombre, parlent de compassion, se référant à l’Empereur Ashoka. Celui-ci est réputé pour avoir créé un génocide connu sous « L’enfer d’Ashoka ». Là, en Orissa, des milliers et des milliers de femmes et d’enfants, de vieillards et d’hommes furent massacrés comme des bêtes à l’abattoir, sous son ordre. Durant cette boucherie à ciel ouvert, contemplant cet océan de cadavres et de sang, lassé de tant d’horreurs qu’il perpétuait sur son passage, Ashoka eut une transformation de son âme, si je puis m’exprimer ainsi (les bouddhistes ne croyant pas en l’âme) et se convertit à la religion de Gautama. Soit. Je vous propose une autre histoire de la compassion, plus saine, plus vertueuse, plus ancienne encore, celle d’Arjuna, le Pandava, telle que relatée dans la Bhagavad-gita, alors seulement vous pourrez en parler, par comparaison, avec une meilleure connaissance de ce sentiment. Car ce que j’entends et je lis à ce propos, c’est comme si Bachar al-Assad réalisait soudain l’horreur qu’il a répandu sur son pays et qu’il se convertissait au judaïsme ou au christianisme. Dans son repentir, il construirait alors des hôpitaux, distribuerait de la nourriture aux pauvres et parrainerait de multiples œuvres de charité. On dirait alors qu’Assad est devenu un grand saint et l’on érigerait partout à travers le monde des monuments à sa gloire. Son nom deviendrait pour des siècles à venir symbole de paix et d’amour. Voilà comment fonctionne l’esprit religieux, sans fondement spirituel ni scientifique, basé sur le sentimentalisme, l’utopisme et la création.
Ne fait-on pas, aujourd’hui, à travers les grandes capitales du monde, des expositions dans les musées à la gloire de l’Empereur de Chine ?! A-t-il jamais existé un plus grand assassin que lui dans l'histoire ? Si oui, on n'en a pas encore célébré son nom, ici, à Montréal, mais l'Empereur de Chine, oui, et en grandes pompes.
Voici, maintenant, pour vous faire une idée d'un autre exemple de compassion, quelques lignes tirées du premier chapitre de la Bhagavad-gita.
Arjuna demanda à Krishna d’avancer son char vers l’armée adverse pour observer plus en détail l’ennemi qu’il devra affronter. Arrivé à une distance respectable, Krishna posa les rênes et se tourna vers son ami : Vois, qui est venu se joindre à Duryodhane ! Arjuna scruta l’armée des Kuru. Face à tous ces guerriers qu’il connaissait bien, certains comme ses enfants et d’autres comme ses pères, il fut subitement traversé de part et d’autres de son corps par un sentiment qui lui fit perdre toute assurance, la compassion. Ses muscles se ramollirent et il commença à trembler de tous ses membres alors que sa bouche se desséchait. Il peinait à tenir son arc et s’inquiétait sérieusement sur la pertinence à commencer les hostilités dans une telle condition.
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« Du feu de l'amour, mon cœur s'est consumé », de Ysé Tardan-Masquelier, dans Le Monde des Religion.
L'auteure va droit au but, l'amour de Dieu. Car quelle religion traite le mieux de l'amour que celle vouée à l'adoration de Krishna, le vaishnavisme (bizarrement, elle n’en parle pas). C'est rare tout de même ce genre de spiritualité, surtout dans ce magazine. Les éditeurs font comme s’ils ne savaient pas que l’Inde est une puissance intellectuelle, que de la pensée philosophique elle en a à revendre, que dire de la littérature ou de la religion ! Mais pour saisir quoi que ce soit de cet article, il faut se lever de bonheur ou, simplement, ne pas avoir envie de comprendre, au fond. Si c'est la première fois que le lecteur lit quelque chose sur la bhakti, il en ressort complètement déboussolé. J’en veux pour preuve de cette salade mal épicée, la légende qui illustre cette image. Quiconque a un souci de clarté aurait plutôt écrit : Représentation de Krishna au lieu de Représentation de Vishnu. Faut croire qu'elle a du mal avec le nom de Krishna, car même lorsqu'elle commente un passage de la Bhagavad-gita, elle préfère utiliser celui de Vishnou... Pour dire qu'elle ne s'embarrasse pas de détails
Note: À la suite de la lecture de cet article, j’ai écrit « Ma petite histoire de l’Inde » pour mieux comprendre la dynamique de la dévotion et du vaishnavisme, voir le lien ci-dessous. Je vous place également le preview d'un documentaire sur les Rajneesh, chez eux le sexe se pratiquait à gogo et reflète ce qui avait cours en Inde, au nom de Dieu.
Ma petite histoire des idées religieuses de l'Inde

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Art martial, le kalaripayatt, du sud-ouest de l'Inde, le Kerala.
« Si quelqu'un vient te provoquer, emploie la parade de l'humilité et du respect afin d'éviter le combat Si l'arrogant n'entend pas raison et engage les hostilités, recule simplement d'un pas pour rester hors d'atteinte. S'il lance un deuxième assaut, aie foi en la protection divine. Si l'infortuné persiste en une troisième attaque, frappe l'un de ses marma*. Après ton coup fatal, demande pardon à Dieu et emploie tout ton savoir secret pour ranimer ton adversaire.
Mais s'il a des témoins, cours ! »
* Marma, selon un texte revisité au II siècle, correspond à « des endroits où les muscles, les vaisseaux, les ligaments, les os et les articulations se rencontrent et qui par la vertu de leur nature, sont spécialement les sièges de la vie. » Par exemple, sur le côté des yeux, mais il en existe plusieurs sur le corps, des pieds à la tête.
Liens relation : Article paru dans la revue Tao-Yin N° 3 juin juillet 1997
La guerre selon le Mahabharata
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Mais Ramanuja, (1077–1157) un grand saint, ne tint pas compte de ce conseil traditionnel et conservateur. Dès qu'il reçut le mantra de son maître spirituel, il le cria sur les toits. Il ne craignit pas d'aller en enfer pour avoir dérogé à cet ordre si, grâce à ce mantra, les gens pouvaient trouver la libération.


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« D’un bois si tors que celui dont sont faits les hommes, jamais l’on ne tirera rien de bien droit. » Emmanuel Kant, 1784
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« … Il s’est excusé invoquant une défectuosité de fonctionnement de sa voiture. Au fond, c’est tout simplement parce qu’il n’avait pas envie de se rendre à la réunion.
-Il aurait délibérément menti, répondis-je, étonné. Encore hier, il me témoignait personnellement de la bonne condition de sa voiture. Il a donc menti ?! Comment peut-on mystifier ainsi un ami ? Naïvement, je pensais qu’une personne, aussi respectée pour son âge et ses connaissances, ne ment pas. Surtout s'il est accepté comme un sage dans sa communauté.
-C’est la vie, mon cher, tout le monde ment.
-Peut-être, mais pas quelqu’un d’aussi religieux que lui, rétorqué-je. Je sais bien, tu vas me dire que Maharaj Yudhistir a menti, mais c’était sous l’ordre de Krishna, et c’était exceptionnel.
- Pas seulement Yudhistir, de nombreux saints ont menti. Bouddha, Sankara, Krishna, d’ailleurs ce dernier était réputé menteur par excellence. Même le grand Thakur Bhaktivinod avait prêché que l’enfer n’existait pas…
-Cette posture n’est pas différente de celle des politiciens ! Au moins, avec eux, cela peut se justifier ; en tout cas, on comprend. En ce qui me concerne, un gentleman ne ment pas à ses proches, encore moins s'il est un spiritualiste. Sinon, à quoi tend la religion quand le mensonge dessert la foi et la vérité ?
-C’était un bon mensonge, l'intention était de faire le bien.
- Relativisons ! Relativisons ! m'exclamé-je. Mentir, à mon sens, est toujours une faiblesse. Dire la vérité est une qualité du brahmana. De toute façon, brahmana ou pas, bon mensonge ou mauvais mensonge, une personne engagée sur la voie spirituelle doit être intègre et ses rapports avec les autres exemplaires !
-Sais-tu ce que Chanakya pandit déclara à ce sujet ?
-Quoi ?
-Observe la lisière d’une forêt, disait-il, tu seras surpris de constater que seuls les arbres mal formés demeurent, ceux qui étaient droits ont été coupés.
-Bien sûr, Chanakya était un politicien ! C’était le Machiavel des indiens. 1500 ans avant lui...


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Oh My God! This is so true.Advertiser: Indian Head Injury Foundation
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Sur la quatrième de couverture : |