Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Laziz

« La douceur de l’homme pour la bête est la première
manifestation de sa supériorité sur elle. »

Georges Courteline, 1922

Caron_livre_No Steak_végétarismeSur la quatrième de couverture on peut lire : « Mais au-delà des raisons économiques et écologiques, la science tend à prouver que, contrairement à ce que nous avons longtemps cru, les animaux exploités sont des êtres sensibles, intelligents et sociaux. »

Lorsque je critique la science, les gens me regardent de la même manière qu’autrefois, quand jeune et végétarien je déclarais que les animaux étaient beaucoup comme nous. Ils clignaient des yeux sans comprendre grand-chose. C’est ce que l’on appelle dans le langage classique l’évolution. Ça change pour un mieux avec les ans. Aymeric Caron, Grand Reporter et animateur à la télé, a titré son livre : No Steak, la prochaine phase de notre évolution. Caron s’est converti au végétarisme il y a vingt. Et Darwin a dit que les meilleurs de l’espèce s’adaptent au nouvel environnement. Il s’agit pou Caron de ne pas rater le coche. Et être à l’avant-garde. D’une pierre deux coups. Je connais personnellement des noirs qui étaient végétariens il y a quarante ans de cela. En Algérie, dans les années 70, il y avait plusieurs Algériens végétariens. Au dix-neuvième siècle, il y avait beaucoup de noirs en Asie qui étaient végétariens. Des millions. Soit dit sans offense, ils étaient plus évolués que lui. Des millions de gens de couleur sont ou étaient plus évolués que lui -selon sa thèse. D’ailleurs, je pourrais difficilement l’offenser, je ne crois pas à l’évolution, mais à son contraire. Que tout se perd.

Aymeric Caron : « Je ne cherche pas davantage à faire l’apologie des végétariens ou des végétaliens en louant leur remarquable clairvoyance. Je veux simplement expliquer pourquoi, dans un futur proche, plus personne sur cette planète ne mangera de viande. »

Et je veux vous expliquer à mon tour, comment cela est une utopie propre à un mode de pensée dont les Français ont la recette. Et cela malgré les bonnes intentions de l’auteur, car, prévient-il, ce n’est ni de la prescience, ni de l’intuition, ni de la prophétie : « Juste un constat fondé sur des éléments tout à fait objectifs. »

____________________

 

Devenez végétarien_citation_Ne pas tuer les animaux

Quand Michel Onfray pense le végétarisme

Toujours dans son livre, Aymeric Caron écrit : « Lorsque j’ai lu Le ventre des philosophes, le premier livre de Michel Onfray (1990), j’ai été, je dois l’avouer, assez choqué par sa vision plutôt rétrograde des végétariens. » Car être végétarien, pour Onfray, était (noter le temps du verbe) symptomatique d’un dégoût de soi, un mépris du corps. Lors du scandale de la viande de cheval, il défend son bout de gras avec la verve diserte qui lui sied : « On a aujourd'hui une restauration de qualité provinciale, régionale, avec des vraies bonnes spécialités. On a des grands chefs, des grands cuisiniers, on a une tradition culinaire et je pense que la gastronomie française ne se juge pas aux barquettes Findus. » Elle peut, selon lui, se juger au foie gras produit du terroir... Et, pour enfoncer le clou et faire savoir son mépris envers les végétariens, il rappelle à ses lecteurs, que l’on devine pour la plupart de la même trempe que lui, hédonistes à souhait, bouffeurs de charcuterie et goulus de foie gras, que Saint-Just et Hitler étaient végétariens. « Est-ce utile de s’étendre ? » ironise-t-il, heureux de sa trouvaille. S’il avait fait plus de recherches, il se serait rendu compte que c’est faux, Hitler n’était pas végétarien. De toute façon, le végétarisme est mal compris de nos jours ; l'engouement est une réaction, devenue un mode d’alimentation éthique, par rapport à la sauvagerie sans nom que l’on fait subir aux animaux. Ce qui n’est pas si mal, à vrai dire.

Livre. Hitler n'était pas végétarienEn 2014, de plus en plus de gens commencent, doucement pas vite, à trouver horrible le sort que l’on réserve aux animaux. Le plus étonnant, c’est que Michel Onfray ait enfin décidé de sauter dans le train. Il s’est repenti, ayant réalisé, lui qui se moquait en trois D de la psychologie de Freud, que les végétariens étaient à l’avant-garde du bien vivre et de l’écologie. L’évolution est en marche, faut croire, en tout cas à les lire, mais on ne lui reprochera pas d'avoir volé au secours de la victoire. « Michel Onfray serait-il devenu végétarien, se demande Aymeric Caron, comme pourrait le laisser penser ces propos ? Pas exactement, mais il n’en est pas si loin. » À un journaliste qui lui pose la question : « Cela vous poussera-t-il à devenir végétarien ? Il répond : Je le suis déjà presque, parce que finalement c'est moi qui cuisine et qui fais des courses et je ne m'achète jamais de viande et je ne mange jamais de viande quand je choisis mes repas. Je mange beaucoup de poisson mais je ne suis pas un amateur de viande. Alors je peux faire à manger de la viande pour des amis ou si je suis invité chez des amis, je mange de la viande. On pourrait dire que je suis croyant mais non pratiquant du végétarisme parce que je ne veux pas en faire une religion non plus ( N.D.A. il ne faudrait pas devenir fanatique). Mais, de fait, je ne suis pas porté sur la viande mais je sais aussi qu'on découvrira des scandales alimentaires avec des poissons d'élevage. Il n'y a pas de raisons que les saumons d'élevage ou les poissons d'élevage qui nous soient présentés aujourd'hui ne soient pas plus pollués que les viandes qu'on nous fait manger. Je pense (c’est moi qui souligne) que c'est l'élevage industriel qui est problématique. »

Il pense… Il pense dans la tradition du cogito et des Grecs qui banquetaient allongés pour mieux se goinfrer. Dans Philosophie magazine, il répondait ainsi, en 2011, à la question concernant les philosophes et la viande : « Pour la majorité des philosophes du passé, la cuisine est un art mineur attaché aux besoins alimentaires qui ne propose que des œuvres éphémères à un sens, le goût, qui est trop subjectif. Cet état des lieux vaut aujourd’hui encore… Donnez-moi les noms de philosophes qui, au XX e siècle, ont travaillé sur la question alimentaire, gastronomique ou gastrosophique… Vous n’en trouverez aucun. Vous trouverez plus de philosophes soucieux de textes et de concepts que de corps qui goûtent un plat ou un vin. »


La journée avec Franz-Olivier Giesbert s’est conclue par une discussion sur le végétarisme,
avec Michel Onfray et Aymeric Caron, samedi soir. | Photo Ouest-France

Penser n’est pas suffisant. On peut penser par exemple que tromper son conjoint n’est pas bien, mais si le corps, lui, pense, différemment et sans avoir la bride sur le coup, c’est sa volonté qui primera. C'est une tautologie. Voilà la philosophie d’Onfray. « C’est l’une de mes contradictions, avoue-il : sur le papier j’adhère totalement au discours qui conclut à la nécessité du végétarisme. Dans la vie, je ne peux me passer dans ma cuisine des poissons, des crustacés, de la viande. »

Aymeric Caron et le cannibalisme

Quand je lis le livre de Caron et que je réfléchis à haute voix sur sa manière d'analyser la différence et le degré d’évolution chez les individus et les peuples, je me dis que plus d'un sait claquer le fouet mais ne sait pas conduire.

« On a aujourd'hui une restauration de qualité provinciale, régionale, avec des vraies bonnes spécialités. On a des grands chefs, des grands cuisiniers, on a une tradition culinaire et je pense que la gastronomie française ne se juge pas aux barquettes Findus. » Michel Onfray

Peut-on seulement la juger, cette gastronomie, ou est-ce tabou ? Parce que derrière la gastronomie il y a des hommes et des femmes avec de drôles de mentalité. Le problème, c'est que contrairement à la pensée qui est celles de Caron d’Onfray et qui veut que tout soit égal, culture, civilisation et religion ne le sont pas : parmi elles il y en a de prosaïques, pour ne pas dire primitives, dans le sens d'animal, et d'autres qui sont intelligentes. Animal ? Des cultures animales ? Comment peut-on parler ainsi ? Il n’y a pas de cultures plus connes que les autres, vous diront ceux qui sont du bois dont on fait les flûtes, mais seulement différentes. « L’anthropophagie fait partie de notre histoire, écrit Caron. Il existe plusieurs sortes de cannibalisme : celui qui consiste, pour un groupe, à manger ses propres morts ; celui qui tient à des croyances religieuses, à des pratiques de guerre, à des pratiques politiques ; il y a le cannibalisme de nécessité. » Elles ne sont pas plus connes que les autres mais différentes... Seulement, voilà, vous n'avez aucune grille pour définir ce qui est supérieur et ce qui est inférieur; alors cela donne la confusion que Caron déplore. Le comble, c’est qu’il croie dur comme fer, mine de rien, que les siennes, de culture et de civilisation, sont les plus avancées, mais il ne pas le dire. C’est héréditaire en quelque sorte.

Jugez-en par vous-mêmes. Voici une performance-dînatoire composée par Yves Camdeborde, à consommer à même le taureau de Delphine Gigoux-Martin. Ou comment déguster un Phénix. Tarif : 50€. Le dîner est servi dans la carcasse d'un taureau au Musée de la chasse... Et ils appellent ça une performance dinatoire !?! Mais où va-t-on ? se demande une végétarienne innocente. « À rebours de cette tendance à la désincarnation », explique le musée, la plasticienne Delphine Gigoux-Martin a installé dans les murs un vrai taureau camarguais, tué lors d'une corrida au printemps, "soigneusement évidé" et naturalisé... On déguste les plats debout, avec les doigts, en se servant directement dans la bête. »

Pourtant c'est très français cette mascarade et ne date pas d'hier. Aujourd'hui on s'en étonne mais c'était culturel. Quand on aime les Grecs et leur culture, cela va avec. Le Président François Mitterrand mangeait de manière absolument dégueulasse des ortolans en grande compagnie et ils se jetaient tous une serviette sur la tête pour qu'on ne les observe pas déguster leur horreur.

Ah, que n’ai-je pas encore dit là, plus haut ? J’ai employé les mots « supérieur » et « inférieur » !?! Dans notre monde traumatisé et complexé par le comportement racial de nos parents, on n’emploie -jamais- ces qualificatifs pour désigner une culture ou une civilisation. Celui qui le fait est très certainement un raciste de la pire espèce ou alors il a une araignée au plafond. Caron nous rappelle l’exemple de Voltaire, devenu presque paria de nos jours après avoir été un phare de la culture française ; il avait écrit : « Finalement je vois des hommes qui sont supérieurs aux nègres, tout comme les nègres sont supérieurs aux singes et les singes supérieurs aux huîtres. » Voyez-vous, il faut cesser de colporter des âneries de ce genre. Le singe, les huîtres, les nègres et les blancs sont tous pareils, il y en a pas un mieux que l’autre, tout est relatif. Si vous en doutez c’est que vous avez un agenda caché ou que votre inconscient est malade. Vous vous imaginez faussement que l’on vient du noir parce que celui-ci vient du singe ! Nous sommes tous frères, l’humanité forme une seule race. Même Dieudonné sait ça. Ceux qui se considèrent supérieurs sont des racistes. Caron ne se considère pas supérieur, ni Onfray, ni Dieudonné, ni Darwin, ni l’Occident, du moins plus maintenant.

Amis des bêtes-festival végétarien

L’humanité toute entière ne mangera plus de viande

« Prescience ? Intuition ? Prophétie ? Rien de tout cela, affirme Aymeric Caron. Juste un constat fondé sur des éléments tout à fait objectifs. » 12 À lire la suite, il ne fait rien pour rassurer sur ce qu’il nomme son objectivité. Au contraire, il colporte tous les poncifs sur l’évolution que nous ont pondus les Picq, Coppens et compagnie, généralement adeptes du matérialisme scientifique à la Marx, celui-là même qui cherchait les faveurs de Darwin pour la préface de son Capital. S’il avait pu obtenir son approbation, son nom aurait figuré sur la liste virtuelle des nouveaux prophètes qui allaient reconstituer une histoire moderne de l’homme, le fantasme des athées : « Si l’on remonte à nos ancêtres les plus lointains, c’est-à-dire il y a 7 millions d’années, on constate que les Australopithèques (comme Lucy, il y a 3,2 millions d’années) étaient végétariens. (…) Il y a 2,5 millions d’années ou un peu moins, l’Homo habilis a vraiment commencé à manger de la viande, mais comme un charognard, en récupérant celle des proies tuées par d’autres animaux. » Sourire. J’ai monté une séquence vidéo juste pour rire de ces enfantillages qui passent pour scientifiques…

La découverte du feu

Dans le chapitre intitulé Parce que l’amour de la viande est culturel, pas naturel, Caron rappelle à ceux qui ne le savent pas ou qui l’auraient oublié, que « l’Homo erectus a découvert le feu il y a 450 000 ou 800 000 ans. »

Les Inuits mangent de la viande crue, tombent-ils malades ?

Les mangeurs de viande ne sont même pas capables de comprendre qu’il y a eu une civilisation, vieille de centaines de milliers d’années, très évoluée et qui a composé des ouvrages prodigieux tels que le Mahabharata et le Ramayana. Mais il ne viendrait pas à Caron l’idée de le rappeler tant ils sont tous obnubilés par la croyance que les Grecs ont tout inventé : « Pythagore. C’est lui qui porte la responsabilité de la découverte, et tant pis si avant lui les relations métriques dans le triangle rectangle avaient déjà étaient exposées par les Babyloniens. Les règles de l’éternité, conclut-il, sont injustes. » Et d’où les Babyloniens auraient-ils eu ces informations, de l’Esprit-Saint ? Autant en emporte le vent, mais ils jurent que nos ancêtres charognards ont découvert le feu (ce n’est sûrement pas ce qu’il veut dire mais au diable les détails!)  et qu’ils ont commencé à manger de la viande il y a 2,5 millions d’années. Et tout le monde, du plus petit au plus grand, trouve cela sensé…

On aurait cru que la méthode scientifique d’analyse imposée depuis plus d’un bon siècle déjà aurait rendu notre anthropologue en herbe plus prudent dans ses déclarations, mais il ne semble pas s’en soucier outre mesure. C’est pourquoi on peut lire sous sa plume, comme je le mentionnais déjà, et l’entendre sur tous les plateaux de télévision : « Je veux simplement expliquer pourquoi, dans un futur proche, plus personne sur cette planète ne mangera de viande. » J’imagine qu’à ses yeux le peuple inuit aura disparu d’ici là de la planète par manque d’adaptation ou qu’il aura été contraint de quitter son territoire pour aller rejoindre et s’assimiler à une civilisation plus appropriée ; « De toute façon, comme Charles Darwin l’a expliqué, l’histoire de l’être humain, comme celle de toutes les espèces vivantes, repose sur sa capacité à évoluer ». Ce faisant, les Inuits ne mangeront plus de viande ou parce que l’homme civilisé aura détruit toutes les espèces marines qui permettaient leur survie. Allez savoir !

« Par ailleurs, écrit-il, on peut s’étonner du fait que c’est la maîtrise du feu qui nous a fait entrer réellement dans l’ère de la viande. » La manière des darwinistes de refaire l’histoire en usant des thèses abracadabrantes et puériles est stupéfiante. Vous me direz que la plupart des Français le voit également ainsi. Je comprends… On a beau dire que le fou est guéri il continue à faire peur. Singulièrement Caron décrit le comportement vicié des Français par leur intransigeance envers ce qui ne correspond pas à leurs traditions nationales, et elle ne date pas d’hier. Sur plusieurs pages, il explique que « Le végétarien est un objet de moqueries et de sarcasmes. (…) Incompris, oui. Le végétarien exaspère et on lui fait sentir. […] En France, la protection animale et tout ce qui s’y rattache est caricaturé, voire méprisé. » Selon ses amis gays, il est plus facile d’être homosexuel que végétarien. Dans les restaurants, il est gêné de commander un plat sans viande, car il sait qu’il va se faire ridiculiser : « Le patron s’approche pour prendre la commande. » Il lui dit gentiment qu’il ne mange pas de viande et demande s’il ne pourrait pas lui servir en conséquence quelque chose de bien ordinaire. C’est tout juste se ce dernier ne l’a pas insulté. « Dur, trouve-t-il, dur d’être végétarien. » En fait, ce n’est pas dur d’être végétarien, c’est plutôt le niveau d’intolérance à la différence et la bêtise qui habite ces gens soi-disant cultivés et éveillés que sont les Français (ou tout autre peuple) qui est dur. Et ce sont ces mêmes gens, qui aujourd’hui vouent aux gémonies les végétariens, dont Caron reprend les thèses et s’en inspire pour raconter l’histoire de l’humanité. L’âne frotte l’âne.

Aymeric Caron : « Rousseau est lui-même végétarien et milite pour que l’homme cesse de maltraiter les animaux. Il est le premier philosophe occidental à exprimer l’idée selon laquelle nous avons des devoirs à l’égard des animaux sensibles. »

Citation : Rousseau est lui-même végétarien et milite pour que l’homme cesse de maltraiter les animaux.

________________________

Crue ou cuite, la carotte de l’homme nouveau ?

« Il y a d’abord l’interdiction du porc, interdiction que je ne respecte pas. Mais ça c’est le plus simple. » C’est un juif qui parle ainsi. Aymeric Caron donne cet exemple pour mettre en lumière ce qu’il trouve être un comportement dépourvu de bon sens. Par là, on s’apercevra, en lisant la suite de ce texte, que même pour un végétarien ou un végan, comme beaucoup aujourd’hui le deviennent, la conversion ne garantit pas une meilleure intelligence ni une meilleure sensibilité.

Viande de porc_citation_végétarisme

_____

Le juif continue ainsi : « Dans notre religion, impossible par exemple de boire du lait en même temps que l’on mange de la viande. On peut le faire juste avant, mais pas pendant ou juste après. Il faut respecter un certain délai. D’ailleurs les deux aliments ne peuvent se retrouver à la fois dans le même frigo. »

Citation_« Parce qu’il est écrit dans la Bible qu’il ne faut pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère. » VégétarismePour un végétarien de circonstance ou par éthique, l’hypocrisie motivant ce genre de mœurs, annule toutes considérations positives ou morales. Caron ne comprend pas la raison que lui donne son « ami » avec lequel il déjeune et qu’il a connu à Europe 1 : « Parce qu’il est écrit dans la Bible qu’il ne faut pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère. » Pourtant, quelque part dans son livre, il a retranscrit une citation de Plutarque qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille : « Si tu veux manger un animal, tue-le toi-même. » Car le fait d’avoir deux frigos, deux éviers, deux types de vaisselle différents pour ne pas mélanger les deux types d’aliments, comme le font « les vrais pratiquants » ne semble avoir pour but que cette réalisation : la cruauté qui se tapit derrière ces coutumes de mangeurs de viande. Et Caron de s’en étonner : « Sur quoi se fondent exactement ces différents interdits religieux ? Est-ce sur l’observation de règles de diététiques et de santé qui auraient été comprises depuis des millénaires ? Est-il réellement mauvais, par exemple, de manger de la viande et du lait en même temps ? […] Difficile d’y répondre. » C’est trop compliqué pour lui toutes ces règles, il ne voit pas de fil conducteur. Il ne comprend pas pourquoi la religion et les textes sacrés, bibliques en l’occurrence, ne permettent pas de cuire le bébé animal dans le lait de sa mère. Et il a écrit tout un livre pour faire la promotion de « La prochaine phase de notre évolution » ! Faut croire qu’on n’y est pas encore arrivé. Le fameux Homme Nouveau, si cher aux utopistes, ce n’est pas pour demain.

__________________

Manger les animaux, avec Richard Martineau

Quand les animaux pensent : plus fort que les Fables de La Fontaine... (Voir le lien en bas de page.) Extrait: « Pendant longtemps, on les a considérés comme des automates biologiques guidés par leurs instincts. Mais de récentes découvertes scientifiques ont bouleversé cette conception. Elles montrent que les bêtes ont une « culture ». Une vie sociale, une subjectivité, une forme de conscience. Michel de Pracontal et Jacques Julliard expliquent pourquoi cette révolution nous oblige à repenser notre rapport au monde. »

Richard Martineau, songeur et sceptique Richard Martineau, qui a manqué le train, est révulsé par ce qu'il a lu sur le Net : « En Angleterre, un jeune fêtard qui s’est filmé en train d’avaler un poisson rouge vivant a été condamné à verser 1500 $ d’amende pour cruauté contre un animal. »

À la suite de cet article, il écrit à son tour un papier* dans lequel il conclut ainsi : « DU RACISME ! En passant, on fait quoi, avec les vers solitaires? Les coquerelles? Les morpions? Les puces de lit? Ce sont tous des êtres vivants. Pourquoi on ferait une différence entre les espèces animales? Ne serait-ce pas une forme de racisme? »

-Et les carottes, les choux et les arbres, ils ne sont pas vivant, eux ? C'était le genre d'argument que nous servaient les opposants au végétarisme quand ils se voulaient perspicaces. Il ne faut pas confondre le coco et l'abricot; le coco a de l'eau et l'abricot un noyau. Si on fait l'âne, Richard Martineau, il ne faut pas se plaindre que l'on vous monte sur le dos.
*

Sérieusement, je vous croyais plus fin que ça monsieur Martineau... Mais vous êtes sur la bonne piste, c'est effectivement du racisme. À moins, bien sûr, que vous ne jouiez sur les mots, c'est plus facile ainsi de noyer le poisson et de faire avaler des couleuvres. Il y a une grande différence entre un cheval, un chien, une fourmi ou une carotte. Il faut vraiment se mettre la tête dans le sable pour ne pas s'en rendre compte. Mais je crois que vous ne voulez pas, délibérément. Vous êtes ringard car les mentalités sont en train de changer. Aujourd'hui le monde commence à réaliser que ce sont ces mêmes haines qui ont envoyé des Richard Martineau et la viandemillions d'hommes, de femmes et d'enfants dans les camps de la mort. Il faut vraiment avoir un cœur dur comme du marbre pour ne pas voir que des patterns similaires sont à l’œuvre quand on envoie des millions de bêtes dans les abattoirs, simplement pour le plaisir du palais (et non parce que l'on a faim).

Car dans les faits, ni vous ni vos enfants n'ont besoin de leur chair et de leur sang pour être en santé. C'est même le contraire. Mais, bon, on ne réveille pas quelqu'un qui fait semblant de dormir. Si ça vous dit, dans ce texte, , je m'adresse à ce journaliste. Il est comme vous, intelligent mais incapable de voir dans sa juste perspective la souffrance que l'on fait subir aux animaux; animaux dont il y a pas longtemps encore, il était commun d'affirmer qu'ils ne ressentaient rien, qu'ils ne savaient pas penser ou qu'ils n'avaient pas d'émotions. Oui, c'est du racisme: la race humaine contre la race animale, pour vous répondre abruptement. C'est du racisme également parce que vous mettez tous les animaux dans le même sac et que vous ne faites pas de différence entre tuer pour se nourrir et tuer pour nourrir l'industrie qui suinte l'horreur!

Racisme-citation_végétarisme-spécisme

 

Les bêtes, le baptême mis à part, sont comme les gens.
Les bêtes, le baptême mis à part, sont comme les gens.

Autres liens en relation : Si manger de la viande est bon, pourquoi s'en priver ?
Foglia: Phoque et rephoque
Ne faites pas cela à vos enfants!
La viande voit rouge





 

Commenter cet article